Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 14:32

 

 

cheminee.jpg

L

 

es résultats d’une étude publiée dans le Times intitulée "pourquoi la plupart d'entre nous se moquent bien de savoir quelle planète ils laisseront à leurs petits-enfants" n’ont rien d’étonnant.

Il n’y a rien de choquant ou du moins de surprenant dans le fait que chacun privilégie ses intérêts à ceux des autres fussent-ils leur descendance plus ou moins lointaine.

Ne doit-on pas prendre acte que les citoyens réagissent en fonction de leurs intérêts et préfèrent des résultats à court terme à des promesses de "lendemains qui chantent" et qui "chanteraient" d’ailleurs essentiellement pour d’autres qu’eux ?

Les hommes ont inventé la politique pour compenser le naturel égoïsme des hommes et pour assurer une certaine solidarité entre eux.

C’est du moins l’une des plus nobles missions de l’engagement politique spécialement lorsque les bouleversements que nous vivons augmentent incroyablement les tensions entre les communautés humaines.

C’est donc aux politiques de créer les conditions d’une solidarité intergénérationnelle en favorisant le développement des énergies renouvelables et des "négawatts" par des aides aux particuliers et aux entreprises, par une véritable politique industrielle pour permettre l’émergence et le développement de solutions énergétiques innovantes, par le financement de programmes de recherches à des niveaux comparables à celui, par exemple, qu’il fournit pour l’hypothétique maitrise de la fusion nucléaire "civile" (je parle bien sûr d’Iter).

La solidarité avec les générations futures cela consiste d’abord à faire en sorte que l’effort demandé aujourd’hui soit considéré comme un investissement à long terme et donc supporté par la communauté et pas seulement par les usagers actuels qui n’ont, sans incitation forte, aucune chance de voir le retour sur investissement.

Les prévisions liées aux conséquences du réchauffement mettent bien en relief le coût exorbitant à terme pour l’humanité.

Éviter ce réchauffement excessif c’est éviter une partie de ces coûts pour les générations futures et donc c’est rentable au niveau de la planète.

Il est donc non seulement raisonnable mais juste d’aider nos concitoyens à œuvrer dans ce sens.

C’est en tout cas plus réaliste et probablement plus efficace que de faire appel à je ne sais quel "sens du devoir", d’évoquer une sorte de "religion" écologiste, de brandir une "éthique du sacrifice" ou encore d’essayer de culpabiliser les citoyens parce qu’ils ne font pas suffisamment d’économie d’énergie, parce qu’ils ne mangent pas bien, pas assez bio, parce qu’ils sont en un mot égoïstes!

Au-delà des vœux pieux exprimés lors du débat sur la transition énergétique faut-il encore que viennent des mesures concrètes c'est-à-dire d’ambitieuses aides aux investissements et aux coûts de fonctionnement des énergies renouvelables encore loin d’être compétitives aujourd’hui.

Il faut également une réelle transparence sur le coût à terme - pour les consommateurs et pour la compétitivité de notre pays - d’objectifs trop souvent d’abord justifiés par des marchandages politiques et par l’exploitation de la peur distillée sur le nucléaire à l’aune de la catastrophe de Fukushima.

Il faut aussi tirer toutes les leçons de l’exemple allemand comme le signale Cécile Boutelet dans sa chronique du monde du 23 août dernier intitulé "Les effets pervers de la transition énergétique en Allemagne".

La politique de nos voisins d’outre-rhin a pour conséquence que "les consommateurs et les petites et moyennes entreprises payent pour cette énergie un des tarifs les plus élevés d'Europe" ?

L’Allemagne a augmenté ces émissions de CO2 de 2% en 2012 du fait du retour du charbon dont on ne peut pas dire que ce soit une énergie particulièrement économe en émission de gaz à effet de serre.

Et pour finir Cécile Boutelet note que "la population, qui avait ardemment souhaité la sortie du nucléaire en 2011 après les accidents de Fukushima, se montre réticente à l'idée d'accueillir dans son jardin les milliers de kilomètres de lignes à haute tension nécessaires pour raccorder les parcs offshore du nord au sud industrialisé".


Patrice Leterrier

27 octobre 2013

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 15:50

stress.jpg


U 

ne étude , publiée par des chercheurs de l’Université Concordia, de l’Université de Montréal et d’HEC Montréal (citée par Michel Alberganti sur son blog Globule et Télescope), fait apparaître que l’attachement contraint des employés à leurs entreprises peut conduire à une forme d’épuisement psychique.

Alexandra Panaccio, coauteure de l’étude écrit "les employeurs devraient peut-être tenter de minimiser chez leurs salariés l’engagement “par manque de choix”".

La question n’est évidemment pas de mettre en cause ce vœu pieux mais de regarder combien la dureté des temps a modifié la donne dans l’entreprise et sur le marché du travail.

Le chômage ne touche plus seulement le personnel sans qualification et les vieux que l’on souhaite pousser dehors.

Aujourd’hui même les cadres jeunes et bien formés sont menacés.

La pression permanente des actionnaires qui ont pris le pouvoir dans l’entreprise, la concurrence exacerbée par la mondialisation qui se moque bien de la pérennité de notre modèle social, le renchérissement des matières premières et des énergies fossiles, la frilosité des banquiers, tout concourt, au contraire, à augmenter ce sentiment de “manque de choix”.

Il semble arranger, dans un premier temps, des employeurs terrorisés par les actionnaires et libérés ainsi de la peur de perdre leurs meilleurs éléments et donc de la nécessité d’avoir une conception des relations humaines motivante et des politiques salariales incitatives.

Alexandra Panaccio ajoute «Il se pourrait qu’en l’absence d’un lien émotionnel avec l’entreprise, l’attachement par obligation soit vécu comme une forme d’endettement – une perte d’autonomie qui finit par être émotionnellement épuisante au fil du temps».

Quel piètre motivation que ce sentiment d’endettement alors que nous savons que notre seule chance de faire face à la montée en puissance des pays - dont ont continue à dire qu’ils sont émergeants alors qu’ils nous submergent littéralement – c’est la recherche et l’innovation.

Les entrepreneurs, s’il en reste encore quelques uns aux manettes, savent pourtant combien il est antinomique de faire cohabiter épuisement psychique et curiosité, culot, anticonformisme, droit à l’erreur qui sont des clefs essentielles de la créativité et donc de l’innovation.

Michel Alberganti cite dans son article le Baromètre Ipsos Edenred sur le "Bien-être au travail et la motivation des salariés français" qui indique que "si les salariés Français s’affichent comme les recordmen de la démotivation (40%, +2), le constat est plus mitigé : 86% se disent ainsi en parallèle «heureux dans leur travail » et «fiers de leur travail»".

Cette constatation est la plus sévère et la plus grave condamnation des dirigeants français puisqu’elle démontre- ce que l’on soupçonnait avec le taux de suicide dans des entreprises comme Renault ou France Télécom – que les lignes de management, pressées par des objectifs souvent contradictoires et irréalisables, ont complètement perdu de vue que les premiers "actifs" d’une entreprise, les seuls créateurs de valeur, ce sont les collaborateurs et qu’on ne peut pas sans risque pour le devenir même des entreprises les désespérer indéfiniment.

La bonne nouvelle étant que, malgré ces conditions souvent effroyables, ils n’ont pas perdu leur fierté et leur goût pour leur travail, ce qui laisse supposer que la situation pourrait être réversible pour peu que, ne serait-ce que par intérêt, les dirigeants oublient un peu les actionnaires et reconnaissent mieux leurs salariés, ce qui - in fine - pourrait aussi être dans l’intérêt des actionnaires…


Patrice Leterrier 

5 avril 2012

 

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 18:19

erectus01.jpg

A

vez-vous déjà goûté au porc-épic ? Non ? Alors, venez dîner ce soir. Une fois les épines retirées, vous verrez, c’est un délice.

Cette conversation est imaginée par Yves Coppens et serait l’invitation d’un Homo habilis ayant découvert la gastronomie en même temps que la consommation de viande.

Plus tard Homo egaster ayant découvert le feu a peut-être aussi découvert la cuisson mais les traces d’agapes cuites sont incontestables en ce qui concerne Homo erectus.

Depuis c’est un lieu commun de dire que, s’il faut manger pour vivre, l’homme vit aussi pour manger contrairement à l’adage qui voudrait que l’on s’en tienne à la seule nécessité.

Il est d’ailleurs assez évident qu’il n’est pas le seul à rechercher le plaisir dans la nourriture.

Il n’y a qu’à voir les astuces dont sont capables les singes et même les rats pour obtenir une nourriture en l’absence évidente de toute nécessité.

L’homme ne mange donc pas que pour se nourrir.

Il ne s'agit pas d'une remarque cynique feignant d’ignorer qu'un milliard d'humains sont victimes de sous-nutrition ce qui est un des scandales les plus inacceptables de notre belle société dominée par la toute puissante finance.

Mais dans nos pays surdéveloppés, le rythme anxiogène de la vie dite moderne, pousse hélas trop souvent un nombre de plus en plus important d’individus à manger pour calmer une angoisse en se remplissant convulsivement, le plus rapidement possible et trop de nourritures trop grasses, trop riches, trop sucrées avec les conséquences que l'on connait sur le nombre sans cesse grandissant d'obèses pris au piège de la dépendance non pas à la nourriture mais à l’acte de manger à la recherche d’une satiété hypothétique.

Mais manger peut aussi être un plaisir, c'est-à-dire, autre chose qu’un reflexe plus ou moins compulsif, une activité sociale et élaborée parfois jusqu’au raffinement.

Le plaisir tient bien sûr d’abord à la délicatesse et à l’harmonie des saveurs que les cuisiniers qualifient souvent de notes complétant ainsi l’analogie avec la musique déjà consacrée avec le piano du chef cuistot.

Mais le plaisir de la table ne se résume pas aux contenus des assiettes même s’il constitue un préalable disqualifiant en cas de médiocrité.

C’est aussi attendre avec plus ou moins de patience une promesse alléchante souvent décrite dans une surabondance de qualificatifs, c’est apprécier le dressage harmonieux et raffiné d’une table, c’est quelquefois admirer un paysage dont le souvenir pourra se trouver associé aux saveurs délicates d’un plat et au plaisir partagé, c’est encore être intimidé par la renommée du chef dont il serait malséant de mettre en doute le talent, c’est déguster la saveur du nectar qui accompagne un plat en admirant sa robe, c’est partager en rivalisant de superlatifs avec des proches, etc...

Mais la renommée du chef, la hauteur vertigineuse de la note, la majesté du cadre, la qualité de la compagnie ne sont pas toujours les clefs de nos souvenirs.

Parfois la réminiscence du goût d’une madeleine pour Proust, d’un riz au lait jamais égalé de sa mère, de caramels incomparables de sa grand-mère revient en caravane et nous envahit sans que nous ayons le moindre contrôle sur ce processus.

En conclusion de son article sur la cuisine moléculaire, Bernard Thys pose la question "manger c’est quoi ?" nous invitant à renoncer à l’esclavage de la cuisine traditionnelle.

Il ajoute la recherche des goûts déclinés note à note à cette rencontre de l’homme avec le goût et le plaisir.

Manger, quand il ne s'agit pas uniquement de se nourrir, c'est un acte social, culturel mettant en œuvre de nombreuses connexions dans notre cerveau dont les neurologues pourront sûrement un jour décrypter le mécanisme sans pour autant nous priver de ce plaisir rare quand la gastronomie touche à l’art.


Patrice Leterrier 

18 Mars 2012

 

Fichier PDF 

Partager cet article
Repost0
12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 18:33

incandescence


D 

ieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres."

On peut aussi tout aussi mystérieusement évoquer le Big Bang, cette formidable explosion de lumière, donnant naissance, il y a 13,73 milliards d’années, à l’espace, au temps, à la matière, un chaos brulant d’une chaleur inimaginable qui ne cesse depuis de se dilater et de se refroidir tout doucement.

Depuis que la terre existe, le soleil nous envoie tous les jours sa chaleur et sa lumière indissociablement liées à l’origine de la vie sur terre.

Il y a environ 400 000 ans notre ancêtre homo erectus domestiquât  pour la première fois le feu.

Il venait ainsi de créer, en se débarrassant de sa peur naturelle du feu, le premier foyer qui chauffait sa tribu ainsi réunie dans un partage à la fois magique et protecteur.

Il permettait de s’affranchir un peu de l’obscurité de la nuit, de tempérer la rigueur des saisons froides, de cuire les aliments qui exhalaient ainsi des goûts inconnus pour nos ancêtres ainsi devenus gourmets, de prolonger l’espace explorable à l’intérieur de cavernes plus profondes.

Ces torches primitives resteront longtemps le seul moyen de transporter le feu et la lumière.

La lampe à huile apparaitra ensuite générant plus d’odeur et de fumée que de lumière.

La chandelle, dont les bouts constituent l’archétype des petites économies, fait son apparition au moyen âge pour devenir bougie dans une ordonnance de Philippe le Bel en 1315.

L’invention du gaz d’éclairage par Philippe Lebon et le dépôt du brevet de sa thermolampe le 21 Septembre 1799 va ouvrir l’ère du bec de gaz qui illuminera les grandes capitales européennes.

La lampe à incandescence inventée en 1878 par Joseph Wilson Swan fera aussi la fortune de Thomas Edison qui eut l’idée d’enfermer un filament de bambou du Japon sous vide préservant (bien brièvement au début) le filament porté à incandescence de la combustion.

130 ans après, le 8 décembre 2008, les états de la communauté européenne ont approuvé l’interdiction progressive des lampes à incandescence.

Si l’homme n’a cessé d’améliorer les techniques pour obtenir de la lumière, elle reste inséparablement liée à la production de chaleur.

Même si les puissances consommées sont considérablement réduites dans les tubes fluorescents et encore un peu plus dans les LED par rapport aux lampes à incandescence y compris les lampes halogènes, on ne sait toujours pas émettre des photons sans agiter un peu la matière et donc produire de la chaleur.

Si on peut toucher sans risque une LED ou une lampe fluorescente de basse consommation, il est fortement imprudent d’approcher de trop prés ses doigts d’une lampe halogène ou d’une lampe traditionnelle au risque couru par tant de bambins de s’y brûler les quenottes.

Les lampes traditionnelles devraient être interdites à la vente l’année prochaine.

On commence à en trouver sur les étals de certains vide-greniers.

Elles seront probablement des objets de collection pour les aficionados de la lumière incomparable du tungstène plus chaude que la lumière bleutée des LED.

Il reste le culot des lampes qui reste inchangé depuis Edison mais qui aurait le culot de le changer ?


 

Patrice Leterrier 

12 Septembre 2011

 

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 12:36

Indgnados 

L

a révolte des grecs massés sur la place Syntagma, les indignados espagnols, les émeutiers anglais démontrent à la fois la défiance irréconciliable des citoyens envers la démocratie représentative, le refus révolté de la main mise de la finance internationale sur notre destin et le profond décalage qui existe aujourd’hui entre la lenteur de l’action politique et le rythme effréné des profonds bouleversements engendrés par le rôle primordial des technologies et de la science dans la vie quotidienne de tout un chacun.

Peut-on ignorer le cinquième pouvoir que représente aujourd’hui Internet en permettant l’expression instantanée, libre, désordonnée, protéiforme et fractale d’opinions qui se dégagent dans le vacarme assourdissant et plein de bruits de la toile ?

S’il ne constitue certes pas une alternative à l’expression démocratique, il remet tout de même fondamentalement en cause non pas la légitimité des principes même de démocratie représentative tels qu’ils ont été développés par Emmanuel-joseph Sieyès et Nicolas de Condorcet mais certainement la forme par laquelle elle s’exprime encore comme si rien n’avait changé depuis l’institution du suffrage universel.

On ne peut non plus contester que la question de la complexité croissante de l’impact de la technologie, des sciences de la vie en général et le poids énorme de l’action humaine sur les questions d’éthique et d’environnement dépassent très largement le seul horizon des échéances électorales qui ne cessent de polluer le vrai débat politique.

Avec la complicité du quatrième (la presse) et du cinquième pouvoir (l’internet) le discours politique atteint ce que Daniel Cohn-Bendit qualifie de triple zéro.

La démocratie devient une sorte de médiacratie dominée par la toute puissance de l’apparence, de la langue de bois et investie par des apprentis sorciers qui prétendent en toute impunité apporter des solutions miraculeuses à nos difficultés.

Nos dirigeants se montrent incapables de contenir la toute puissance de la sphère financière internationale.

Les discours des politiciens de tout bord aussi bien sur les problèmes quotidiens de nos concitoyens (logement, éducation, pouvoir d’achat,.) que sur les grands problèmes du monde (la faim dans le monde, la question de l’énergie, le réchauffement climatique, les nanotechnologies, l’égalité numérique, les biotechnologies, etc..) ne se traduisent trop souvent que par des actions quelquefois aussi spectaculaires qu’inutiles voire contreproductives quand elle ne sont pas purement symboliques.

Entre le bruit incessant des médias et de l’internet, les bavardages des politiciens, les avis contestables et contestés des experts et des scientifiques, dont on a trop vite oublié qu’ils étaient d’abord des hommes et des femmes susceptibles d’arrière-pensées et d’intérêts, le citoyen se retrouve face à des enjeux qu’on évite de lui demander de trancher devant l’impossibilité de l’éclairer objectivement, ce qui est tout de même la condition fondamentale de l’expression démocratique.

On préfère l’amuser avec des grandes phrases, des solutions miracles, des anathèmes sur les autres, une conception guerrière des relations humaines, des apparences qui cachent la réalité.

A moins de laisser définitivement la place à la toute puissance financière internationale, il serait plus que temps qu’un débat s’ouvre sur les moyens et institutions à mettre en place pour réconcilier les citoyens du monde avec leurs élites (politiciens, scientifiques, philosophes, économistes, sociologues, psychologues,…) censées éclairer les décisions à prendre et défendre leurs intérêts qui ne se réduisent pas à la satisfaction des besoins à court terme mais englobent bien les conséquences prévisibles à moyen et long terme des décisions prises.

Il y va du futur de la démocratie confrontée à la montée en puissance des intolérances ethniques et religieuses et de la définition même de l’identité de citoyen du monde qui ne peut se définir ni par l’origine, ni par les coutumes, religions et traditions ni même par la culture seule.


Patrice Leterrier 

22 Août 2011

 

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 18:44

www


L 

e cap des 7 milliards d’humains est sur le point d’être franchi.

Il y a plus de 5 milliards de téléphones portables dans le monde dont prés de 80% dans les pays en voie de développement.

Les 140 millions d’ouvrages de bibliothèque du congrès à Washington (la plus grande du monde) ne pèsent pas lourd face au volume astronomique des informations contenues sur internet qui, transcrites en pages papiers, représenterait une pile dont la hauteur dépasserait dix fois la distance de la Terre à Pluton, la plus éloignée ex-planète du système solaire.

Il y a à peine 20 ans, le 6 août 1991, Tim Berners-Lee publiait la première page Web de l’histoire, donnant ainsi naissance au World Wide Web qu’il venait de lancer.

Le nombre de sites Web s'élève aujourd'hui à quelque 463 millions dans le monde et la filière internet pèse déjà plus de 3% du PIB mondial.

Le taux de pénétration des liseuses électroniques a presque doublé en six mois aux Etats-Unis atteignant douze pour cent de la population.

Les outils de communication et d’acquisition des connaissances ont plus changé en 20 ans que depuis l’invention de l’imprimerie par Johannes Gutenberg en 1440 ou même depuis celle de la radio en 1895 par l’italien Guglielmo Marconiou encore celle de la télévision en 1926 par l’anglais John Baird.

N’est-il pas grand temps d’en finir avec cette question sans fondement de savoir si internet est bon ou mauvais pour les gamins et plutôt de se demander quel enseignement et quels outils doit-on leur offrir pour les préparer à un futur tellement différent du monde dans lequel nous vivons ?

Comment par exemple peut-on continuer à favoriser autant la forme linéaire de la communication alors qu’elle est aujourd’hui kaléidoscopique et multidimensionnelle ?

Beaucoup de nos jeunes poussins feront des métiers qui n’existent pas aujourd’hui.

Tous vivront dans un monde submergé par un gigantesque tsunami d’informations et de connaissances.

Peut-on continuer d’ignorer les remarquables nouvelles compétences cognitives qu'ils sont en train d’acquérir en manipulant leur console, leur ordinateur ou encore leur téléphone portable parfois depuis l’âge de 2 ans ?

Ce n’est pas parce que certains sont dépassés par les prouesses numériques de nos bambins que l’on doit transformer leurs frustrations en dénigrement systématique des conséquences du bain numérique dans lequel nous vivons.

L’alphabétisation numérique est déjà aussi nécessaire que le traditionnel apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Il est aussi stupide de nier la place de la lecture linéaire, qui est irremplaçable pour accéder aux univers passionnants des auteurs, que de nier les apports de l’hypertextualisation ouvrant la voie à une acquisition multimédiatique, interactive et fractale des connaissances et de l’information.

La pratique de cette nouvelle manière d’hyperlire n’est pas sans conséquence sur la façon dont nous mobilisons nos capacités cognitives et notre attention.

Elle doit être étudiée et enseignée pour éviter que la surabondance d’informations visuelles ne conduise à une dégradation de l’efficacité et à un papillonnage stérile alors qu’elle offre potentiellement de formidables opportunités d’approfondissement des connaissances acquises.

Le web n’a que vingt ans mais nous n’avons pas vingt ans pour adapter l’enseignement à ce nouveau paradigme informationnel.


Patrice Leterrier 

10 Août 2011

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 17:10

Vitrail Cathédrale Chartres 2007


letttrine Les magnifiques verrières qui ornent les cathédrales gothiques nous rappellent qu’avant de nous servir à faire entrer la lumière dans nos habitations, le verre fut d’abord le matériau de captation de cette lumière.

Il s’agissait d’émerveiller les fidèles par de magnifiques représentations faites d’un subtil mariage de la lumière et de la couleur.

Les vitraux témoignaient de ce désir de construire l’imaginaire culturel d’une religion triomphante et ne reculant devant aucun faste pour signifier la toute puissance du divin sur le matériel.

En l'an 1330 Philippe de Cacqueray, réussit à produire du verre "au plateau" d’un diamètre de 40 à 60 cm qui devaient être montés comme des vitraux pour garnir une fenêtre.

D’un produit de luxe à l’époque, la fenêtre vitrée est devenue de plus en plus grande.

Elle laisse aujourd’hui la lumière et le paysage envahir nos intérieurs.

Dans son livre Technics et civilisations, Lewis Mumford écrit : "en perdant la couleur, la fonction qu'il occupait dans la décoration des églises médiévales en laissant entrer les formes et les couleurs du monde extérieur, le verre a servi aussi comme un symbole du double processus de naturalisation et d'abstraction qui avait commencé à caractériser la pensée de l'Europe".

Mais la fenêtre n’est pas réalité mais bien une représentation à plat de la réalité, une image partielle sur le monde extérieur.

Elle délimite le paysage, en définit le cadre et conduit à l’abstraction qui sépare l’image de la réalité.

Reprenant l’idée développée par Xerok, Steve Job lança en 1983 Lisa - qui fut un retentissant échec commercial.

Il se doutait probablement que son ennemi intime Bill Gates préparait la première version de Windows qui fut lancée trois ans plus tard.

Même si la paternité du concept revenait aux chercheurs de Xerok, même si Steve Jobs fut le premier à en saisir l’immense potentiel, c’est bien la fenêtre de Microsoft qui allait révolutionner le monde de la microinformatique.

L’incroyable facilité d’utilisation de Windows libérait soudain l’utilisateur d’un apprentissage long et fastidieux.

Il fut à l’origine de l’émergence d’un véritable marché grand public de l’informatique.

Les vitraux de nos cathédrales avaient un enfant inattendu né de l’imagination de l’homme qui allait, avec l’explosion d’internet, bouleverser définitivement notre rapport au monde.

Aujourd’hui les possesseurs d’Ipad qui jonglent du bout des doigts pour faire défiler, agrandir, déplacer des images, des films, des textes se doutent-ils qu’ils perpétuent le regard des fidèles du moyen âge avec cette fenêtre sur le monde, une image de sa réalité mais aussi des univers tout aussi virtuels que la fantasmagorie des représentations médiévales ?

Le film Made Of Glass de Display Technologies Corning fait un peu froid dans le dos en nous représentant une famille idéale, les yeux littéralement rivés sur les multiples écrans envahissant leur environnement dans une apparente convivialité.

Le rapport aux autres y devient un rapport à l’image de l’autre, une sorte d’abstraction de la relation humaine isolant de la réalité et de l’échange humain fait de vision mais aussi de proximité physique, de gestes plus ou moins volontaires, de parfums et d’odeurs, de bruits divers, etc.

Aujourd’hui déjà certains préfèrent s’envoyer des textos plutôt que d’avoir une conversation, s’isolent sur leurs consoles de jeux plutôt que d’écouter le rossignol chanter ou de faire une partie de scrabble, vagabondent sur le web plutôt que de lire un livre.

Je ne suis pas tout à fait sûr qu’il s’agisse réellement d’un progrès…


Patrice Leterrier 

6 Juin 2011

 

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 12:08

people-of-europe

E 

n préambule du G8, Nicolas Sarkozy a prononcé aujourd’hui un discours devant le gotha international d’Internet réuni au Jardin des Tuileries.

Il a brandi le spectre du mal : "ne laissez pas la révolution que vous avez lancée véhiculer le mal, sans entrave, ni retenue".

Dans la lignée de sa pensée sur ce qu’il appelle l’"internet civilisé", il a déclaré "il est temps d’entrer dans l’ère de la responsabilité, individuelle et collective", ce qui s’inscrit dans la parfaite continuité de la loi HADOPI.

Au prétexte d’un monde internet qui respecte la vie privée, contrôle la cybercriminalité, la pédophilie, respecte les droits d’auteur, on peut craindre un monde internet régulé et policé pour ne pas dire policier.

Alors que l’on croyait disparu avec Georges Bush la notion de "lutte du bien et du mal", la voilà remise au centre d’un débat crucial pour l’avenir de la démocratie : la liberté d’expression sur la toile.

Il est d’ailleurs symptomatique qu’aucun représentant de la société civile n’ait été invité et que l’on n’entende pas la voix des utilisateurs, de ceux qui ont fait l’internet !

Un collectif comportant la Quadrature du Net (LQDN) Net Users’ Rights Protection Association (NURPA) l’Open Source Initiative (OSI), Privacy International , Reporters Sans Frontières (RSF) et bien d’autres a publié un communiqué qui donne le ton des inquiétudes des utilisateurs : "En tant que responsables des pays les plus puissants, vos politiques ont une influence majeure pour l’évolution d’Internet au niveau global. Malheureusement certaines de décisions prises dans les économies les plus développées fragilisent l’ouverture et la neutralité d’Internet – des qualités essentielles qui sont l’essence de son potentiel démocratique et économique. Nous pensons que les états membres du G8 devraient utiliser la réunion du e-G8 comme une opportunité pour s’engager publiquement à étendre le droit d’accès à Internet pour tous, combattre la censure numérique et la surveillance, limiter la responsabilité des intermédiaires dans le monde numérique et soutenir les principes de la neutralité d’Internet ». « Dans beaucoup si ce n’est tous ces pays nous voyons à quel point l’accès à Internet est une porte d’entrée vers une pléthore d’autres droits politiques et civiques, et avant tout aux droits fondamentaux des êtres humains".

Parmi la nuée de personnalités invitées dont le retraité Bill Gates (dont la capitalisation boursière de l’ex-empire Microsoft vient de se faire dépasser par IBM, piquant clin d’œil de l’histoire), Mark Zuckerberg (Facebook), Eric Schmidt (Google), Jimmy Wales (Wikipedia), Jeff Bezos (amazon), et plein d’autres, on remarquera l’absence de Tim Lee-Berners, rien moins que le co-inventeur du web avec le belge Robert Cailliau.

Peut-être parce que Tim Lee-Berners est aujourd’hui le défenseur inconditionnel des normes ouvertes et des droits électroniques de l'homme (Electronic Human Right) dont tout le monde peut mesurer l’importance, à la lumière du printemps arabe.

Dans un article de Scientific American, il nous met en garde contre les ilots applicatifs comme facebook, google, itunes et autres qui accumulent dans leurs tours d'ivoire, bien isolées du monde ouvert du web, à notre insu, des milliards d'informations privés nous concernant (nos amis, nos goûts, nos sites préférés, nos préférences littéraires, politiques etc..).

Bien sûr les états préfèrent ces acteurs identifiables et donc contrôlables à qui on peut demander des comptes, exiger de délivrer des informations.

A contrario ils détestent les francs tireurs comme on a pu le voir avec l’affaire des révélations de wikileaks.

Il y a un décalage croissant entre les aspirations de la jeunesse pour un monde ouvert et qui ne soit plus dominé par la logique purement financière et l’attitude recroquevillée de nos élites.

Commentant la révolte de la jeunesse espagnole, Fernando Vallespin, professeur de sciences politiques à l’Université autonome de Madrid, écrit : "Elle peut dériver vers un populisme de gauche. Trois facteurs sont en effet présents : la méfiance à l’égard des élites, l'appel au peuple et la simplification des problèmes et la condamnation générale du personnel politique et des partis.

En France la menace viendrait plutôt du désintérêt de la jeunesse pour la politique et du champ libre ainsi offert au populisme de droite.


Patrice Leterrier 

24 Mai 2011

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 16:01

Autruche politique


L 

IPCC (International Panel on Climate Change) vient de publier un rapport sur la contribution possible des énergies renouvelables à la diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Cent vingt experts venus du monde entier ont étudiés 160 scénarios de contribution des différentes sources d’énergie renouvelables : bioénergie, solaire, géothermique, hydraulique, énergie des océans, éolienne.

Ils en ont retenu quatre qu’ils ont étudié plus avant dans le but d’éclairer (si possible) les hommes politiques de la planète dans leurs décisions.

Le plus optimiste (mais qui n’a rien d’irréaliste) de ces scénarios aboutit à la prévision que d’ici 2050 plus de 77% de la demande mondiale en énergie pourra être fournie par des énergies renouvelables.

Ce scénario prévoit entre autre une réduction significative de l’augmentation de la demande. C’est un message adressé aux politiques qu’il ne faut  pas sous-estimer les négawatts. Ils sont une des sources les plus rentables et les plus faciles à mettre en œuvre pour diminuer la demande.

La question des coûts des énergies renouvelables est souvent mise en avant par les réalistes tenant du statuquo contre les rêveurs adeptes des énergies renouvelables.

A ce sujet, le rapport souligne que si on tenait compte des impacts environnementaux tels que les émissions de polluants et des gaz à effet de serre, et sans tenir compte des innovations et améliorations attendues, la comparaison ne serait pas si défavorable aux énergies renouvelables.

Le message des experts est donc que dans le bilan économique d’une source d’énergie les dirigeants devraient déjà intégrer ces coûts indirects mais bien réels sous forme de taxes ou d’impôts pour les pollueurs puisque tôt ou tard ils seront à payer sous une forme ou sous une autre par les générations futures.

Les experts soulignent également que les énergies renouvelables contribueront plus à la baisse du CO2 dans l’atmosphère que le nucléaire ou que la recapture et le stockage du gaz carbonique des centrales thermiques.

Voilà donc qui contredit les tenants du tout-nucléaire qui ont toujours mis en avant la faible émission de CO2 dans l'atmosphère de la source nucléaire.

Dans l’esprit de beaucoup les énergies renouvelables ne sont que des énergies d’appoint étant donné l’ampleur de la demande.

Pourtant les scenarios analysés en détail n’utiliseraient que 2,5% des énergies renouvelables potentiellement utilisables sur notre planète…

Il y a donc de la marge et les scenarios étudiés ne sont pas l’œuvre de quelques savants rêveurs prenant leurs désirs pour des réalités !

On dit souvent que l’abandon du nucléaire ferait bondir la facture énergétique de la France et serait un retour au moyen âge.

C’est probablement vrai à court terme mais c’est tout de même aussi beaucoup faire la politique de l’autruche et faire payer la facture environnementale aux générations futures.

Il est vrai que les élus ne le sont que pour cinq ans et qu’on parle ici de l’avenir des enfants et de nos petits enfants.


Patrice Leterrier 

11 Mai 2011

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 20:05

Martinique 0506 51


U 

ne étude conduite par Connor Diemand-Yauman, du département de psychologie de l’université de Princeton aux Etats-Unis, démontre que la lisibilité des caractères d’un texte a une influence sur sa mémorisation.

Des présentations utilisant une police familière comme arial noir étaient changées enHaettenschweiler, Monotype Corsiva ou encore Comic Sans Italicized.

De plus la copie faite était rendue floue en bougeant la feuille pendant la photocopie.

Le résultat quelque peu inattendu de ce traitement fût que les étudiants, ayant reçu la version la moins lisible, étaient ceux qui en retenaient le mieux le contenu.

L’hypothèse faite par les chercheurs est que la difficulté de déchiffrage oblige à mettre en jeu des stratégies plus évoluées pour décoder le sens alors que la lecture aisée n’a pas besoin de tels processus pour appréhender le contenu.

En quelque sorte un éloge de plus de l’effort par rapport à la facilité.

C’est ce qui semble faire défaut, à moins qu’il ne s’agisse plus cyniquement d’une stratégie, à certains hommes politiques apprentis sorciers qui veulent absolument nous faire croire que l’ennemi qui menace notre avenir est l’extrémisme islamique qui, au passage ne peut aligner à son tableau de chasse en 2009 un seul attentat sur 294 en Europe, même si l’actualité récente montre à quel point leur haine de l’occident et singulièrement de la France est vivace.

Selon un rapport de Price Waterhouse Coopers, La Chine deviendrait la première puissance économique en 2040 et à l’horizon 2050 le Brésil, l’Indonésie, le Mexique feront partie du top ten reléguant la France en 11ème position.

Mais au fond la date importe peu, ce qui compte c’est plutôt le renversement radical de l’équilibre économique mondial qui semble inéluctable.

Le déclin inexorable de l’occident et singulièrement de l’Europe est en route.

Elle y perdra non seulement son leadership économique mais aussi celui de l’intelligence au profit de la Chine, de l’Inde et d’autres pays faisant preuve d’un dynamisme bien supérieur à nos petites inquiétudes sur les dangers supposés de l’Islam ou encore devant la perspective cataclysmique d’une retraite retardée de quelque mois.

On se trompe tragiquement d’objectif lorsqu’on se focalise sur ces crispations.

Dans Télérama, Alain Touraine, constatant que la mondialisation a englouti le social, écrit :

"Vous ne pouvez plus dire : je parle au nom de Dieu, de l'Histoire, du Progrès, de la Nation, de la Science. La seule chose que vous puissiez dire, c'est : je parle au nom de la survie de la Terre et je parle au nom de la défense des droits humains universels."

L’occident qui depuis le siècle des Lumières a porté le flambeau des droits de l’homme à travers le monde, sans d’ailleurs toujours les appliquer avec rigueur, doit avoir l’ambition de faire partager ces valeurs au monde entier, de se réinventer en oubliant son arrogance comme nous y invite hakim-el-karoui.

Edgar Morin dans un article du monde au beau titre "Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra" écrit : "La course a commencé entre le désespérant probable et l'improbable porteur d'espoir. Ils sont du reste inséparables : "Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve" (Friedrich Hölderlin), et l'espérance se nourrit de ce qui conduit à la désespérance".


Patrice Leterrier

11 Janvier 2011

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0