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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 17:41

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S 

elon le dernier rapport de l’OCDE sur l’obésité, la France reste le pays où le taux d’obésité est le plus bas d’Europe (10% d’obèses et 40% de personnes en surpoids vs 65% aux Etats-Unis).

Il n’en reste pas moins que, par ses conséquences, elle reste un problème majeur de santé publique.

Parmi les facteurs favorisant le surpoids, la famille joue un rôle majeur puisque les enfants dont au moins un des parents est obèse ont 3 fois plus de risques d’être obèse.

Les critères socioéconomiques jouent aussi un rôle déterminant puisque les enfants issus des milieux les plus défavorisés ont deux fois plus de risques d’être obèses que les enfants des milieux les plus riches.

Une étude récente publiée dans PlosOne montre également que la fréquentation des magasins "hard discount" favoriserait une augmentation de l’IMC (indice de masse corporelle) et ce d’autant plus que le niveau de scolarité est le plus faible, dont on sait qu’il est directement lié au niveau socioéconomique.

En somme l’obésité et le surpoids seraient une forme de double peine pour les foyers les plus pauvres.

Non content d’accumuler les soucis économiques liés à la difficulté de trouver un travail, un logement, d’avoir à supporter des temps de transports de plus en plus longs et incertains, d’être confronter à une difficulté grandissante d’accès à l’éducation et à la culture, ils courent des risques plus grands pour leurs santés.

Il y a en prime la pénalisation toujours traumatisante pour des enfants du regard des autres dans un monde où les canons de la beauté mettent en exergue des silhouettes laissant plutôt supposer l’anorexie qu’une alimentation équilibrée.

On peut évidemment trouver des causes multiples aux "mauvaises habitudes" alimentaires.

Il y a bien sûr le stress lié au rythme de la vie moderne qui a réduit en peau de chagrin les périodes d’échange et de convivialité et pousse à "se remplir" pour combler l’angoisse.

Les industriels de l’agroalimentaire ne sont pas en reste eux qui, dans leurs publicités, vantent des sucreries et des plats préparés déséquilibrés tout en glissant un bandeau recommandant hypocritement la modération.

Que dire des stratégies cyniques des restaurateurs "rapides" qui poussent à consommer de plus en plus de produits trop sucrés, trop salés, trop caloriques.

La télévision et les jeux vidéo entrainent les plus jeunes à consommer en permanence.

Il y a aussi l’irréalisme des campagnes des autorités qui parlent d’une diversité inaccessible à la plupart des foyers modestes pour des raisons économiques mais aussi de temps à consacrer à la préparation.

On assiste également à une culpabilisation de plus en plus présente des "gros" pris dans le cercle infernal des régimes, définitivement et structurellement indissociables des effets rebonds et donc d’une spirale infernale vers le surpoids.

L’obésité est une vraie maladie et ce n’est pas une question de volonté mais bien d’abord un problème d’"offre" avant d’être un problème de discipline, de prévoyance, de suivi médical, d’accompagnement et d’éducation.

Les industriels ont beau jeu d’évoquer les "lois du marché", l’offre et la demande alors qu’ils façonnent sans scrupule la demande à l’offre.

C’est cette "offre" qui est aujourd’hui la cause de la malbouffe généralisée.

C’est bien sûr l’affaire de tous mais à commencer des pouvoirs publics qui devraient imposer des règles plus rigoureuses aux industriels, voire interdire certains produits qui sont de véritables "bombes à retardements" pour les plus jeunes.

L’offre pourrait aussi être adaptée pour gommer les disparités de ressources et permettre aux foyers les plus modestes d’accéder à ces fameux "fruits et légumes" et autres produits de la mer dont on nous rabâche les bienfaits mais qui sont terriblement absents des étals des "hard discounters" bradant des tonnes de hamburgers surgelés trop gras et des monceaux de frites tout autant surgelées aux qualités diététiques plus que discutables.


Patrice Leterrier 

22 mai 2012

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 12:55

big-bang-2.jpg

D 

ans un entretien avec Pierre Barthélémy, Jean-Marc Bonnet-Bidaud, astrophysicien au CEA, nous parle de l’ouvrage "un autre cosmos" qu’il a codirigé avec l'historien et philosophe des sciences Thomas Lepeltier.

L’argument central de leur thèse est d’inciter à se pencher sur des modèles cosmologiques alternatifs à celui du Big Bang.

La légitimité de la démarche n’est pas en cause. L’histoire des sciences est faite de ces ruptures avec les modèles établis : Copernic, Galilée, Newton ou encore Einstein ne sont-ils pas d’abord des grands contestataires des certitudes de leurs contemporains ?

La pertinence de la contestation du modèle dominant du big bang reste cependant conditionnée à ce qu’elle puisse déboucher sur un modèle plus explicatif des phénomènes observés.

Newton n’avait pas vraiment tort et Einstein n’avait pas non plus vraiment raison au sens d’une vérité révélée mais la théorie de la relativité est un modèle qui nous donne une explication des phénomènes plus en accord avec certaines des observations.

L’introuvable boson de Higgs n’existe peut-être pas mais il faudra alors trouver alors un nouveau modèle standard pour décrire la physique des particules rendant compte des observations.

La certitude scientifique n’existe que dans le cadre étroit du référentiel qu’elle considère et des instruments de mesure qu’elle utilise.

Elle prend souvent  la forme d’une équation mathématique qui décrit mais ne se confond pas avec les faits et dont la simplicité déroutante (comme e=mc2) nous fait parfois entrevoir un ordre paisible pour l’univers.

La pomme de Newton continue à tomber selon la loi de la gravitation universelle (h=1/2 gt2) et Einstein n’apporte pas grand-chose à Newton pour décrire ce phénomène même s’il en est tout autrement pour les particules accélérées dans le grand collisionneur de hardons (LHC).

Les mathématiques (à la fois puissantes, belles et même parfois poétiques) ne sont que des outils qui sont utilisés par les scientifiques pour les aider à décrire des modèles qui ne sont eux-mêmes que des représentations conceptuelles de la réalité.

Cette foutue réalité dont nous n’avons que l’intuition qu’elle existe en dehors de nous, comme nous avons l’intuition des autres, ne nous parvient qu’à travers ses manifestations qu’elles passent directement par nos sens ou par le biais d’instruments plus ou moins sophistiqués (comme par exemple le LHC).

Elle ne nous est accessible qu’à travers notre conscience (au sens neurologique et pas moral) dont on sait combien elle est sous le contrôle de l'amygdale c'est-à-dire de nos émotions.

La permanence des perceptions, le partage avec les autres par l’éducation, l’échange, la controverse,… l’existence d’une causalité apparente entre des phénomènes (la pomme tombe…), notre expérience de la vie nous donne cette intuition que nous tenons pour preuve de la réalité de notre univers comme nous avons l’intuition de notre mort certaine.

Dans un article intitulé "The Amygdala Made Me Do It", James Atlas cite Timothy WilsonWe are strangers to ourselves” et il ajoute "strangers who can learn how to be friends".

Sage conseil de devenir son ami plutôt que son ennemi !

Mais alors que par essence même nos croyances sont soumises au filtre de notre subjectivité pourquoi parler d’ânerie lorsqu’il s’agit des propos des autres puisqu’in fine leurs croyances ne peuvent être ni prouvées ni infirmées ?

Probablement parce que nous tenons plus à nos croyances qu’à celles des autres et que notre amygdale nous joue souvent des tours…

Voltaire disait "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire".

Cela ne l’empêchait pas d’être d’une ironie féroce pour combattre les idées des autres  et notamment celles de son ennemi juré Jean-Jacques Rousseau.

On se souvient de sa fameuse lettre qu’il écrit à ce dernier en réponse aux "Discours sur l’inégalité des hommes" :

On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre Bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j'en ai perdu l'habitude, je sens malheureusement qu'il m'est impossible de la reprendre.

Il déformait avec malice les idées de son adversaire peut-être parce qu’il admirait ce qu’il ne savait ni ne pouvait être.


Patrice Leterrier 

17 mai 2012

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 19:55

Apocalypse.jpg

E

t il y eut un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune entière devint comme du sang,  et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu'un figuier secoué par un vent violent jette ses figues vertes. Le ciel se retira comme un livre qu'on roule ; et toutes les montagnes et les îles furent remuées de leurs places." Ainsi s’exprime Saint Jean au chapitre 6 de son Apocalypse.

Depuis que l’on a découvert le plus ancien calendrier Maya, dans une habitation excavée sur le site de Xultún au Guatemala, dont les dates permettent de se projeter 7000 ans plus tard, la prédiction d’une fin du monde devant intervenir le 12 décembre 2012 parce que marquant la fin des 5 125 années du calendrier maya, perd un peu de son aura entretenue par les annonciateurs d’une apocalypse imminente.

Mais pourquoi donc le thème de fin du monde est-il toujours aussi puissant ?

Pourquoi plus de 90 films relatant des formes plus ou moins extravagantes de fin du monde sont-ils répertoriés sur le site apocalypticmovies.com, depuis le passage au 21e siècle ?

Peut-être comme le dit Bertrand Gervais, directeur de Figura et du Laboratoire NT2, parce que "si les visions d’apocalypse ont de tout temps fait partie des structures narratives par le biais desquelles l’humanité a pensé ou imaginé le devenir de la vie sur terre, il nous a semblé que nous assistions, en ce moment, surtout depuis le 11 septembre 2001, à une réactivation sans précédent des discours, mythes et métaphores liés, de près ou de loin, à l’idée de catastrophe totale."

On pourrait probablement ajouter que des catastrophes comme celle de Fukushima, le débat sur le réchauffement climatique et son cortège de discours alarmistes distillés par des marchands de peur en quête de notoriété, les crises à répétition qui secouent nos économies, l’inexplicable incohérence de l’action humaine qui laisse en chemin le 1/3 de ses représentants croupir dans la misère, la maladie et la faim, l’envahissement fulgurant des technologies qui menacent de rendre l’humanité contingente à elle et non l’inverse, la violence des conflits sur fond de fanatisme religieux et racial, tout pousse à douter de la sagesse, de la prévoyance et comme corolaire de la pérennité d’une espèce humaine qui ne cesse à la fois de reculer les limites de la science et dans le même temps ne semble pas parvenir à faire face aux défis qui l’attendent ni à faire triompher le droit et la justice.

Certes la fin du monde n’est plus envisagée de nos jours, comme dans l’apocalypse de Saint Jean, sous la forme d’une punition divine à l’impiété de certains et d’une libération éternelle des sages ayant craint la fureur de Dieu.

Il y a la vision traditionnelle de fin du monde comme la collision de la terre avec un astéroïde gigantesque ou encore celle d’un cataclysme sanitaire provoquée par la libération volontaire ou pas d’un virus résistant à toutes les parades humaines.

Il y a aussi ceux qui mettent en scène la fin naturelle d’une absurdité aveugle qui pousse l’humanité à sa propre perte.

Il est vrai que cette vision d’une humanité qui organise elle-même ses futures funérailles dans une schizophrénie sidérante est finalement beaucoup plus inquiétante qu’une fatalité toujours possible mais contre laquelle nous n’avons pas grand moyen d’agir même si certains construisent des scénarii pour dévier la course d’astéroïdes menaçant la terre.

Et on a bien l’intuition que la fin du monde conçue comme la fin de l’humanité est beaucoup plus proche qu’une hypothétique fin glaciale de l’univers que nous prévoit les astronomes bien après que le soleil ne soit devenu une naine blanche dans environ 5 milliards d’années.

Etrange préoccupation en vérité alors que notre fin à nous, qui est incontestablement, la seule dont ne pouvons avoir aucun doute, nous menace infiniment plus qu’une hypothétique apocalypse qu’elle ait ou non la magie poétique du texte de Saint jean.


Patrice Leterrier 

7 mai 2012

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 15:55

diable.jpg


L

e Diable demanda au charbonnier "Que crois-tu ?" et l’homme lui répondit "je crois ce que je crois".

Cette légende résume à merveille une croyance qui ne repose sur aucun argument théologique ou philosophique mais sur une intime conviction inébranlable.

A l’inverse, et même si certains philosophes prétendent le contraire, un neuroscientifique comme Stanislas Dehaene nous expliquerait que la moindre de nos pensées, de nos sentiments, de nos ressentis, de nos croyances qu’ils soient conscients ou inconscients, qu’ils s’agissent de cognitions ou de métacognitions trouvent leur totale explication dans le ballet fascinant d’une foule de neurotransmetteurs dansant agilement dans la cathédrale gigantesque que constituent les réseaux neuronaux dont la complexité dépasse l’imagination à la fois par leurs nombres astronomiques et leurs interconnexions incommensurables.

Bien sûr nous n’avons aujourd’hui que des bribes misérables de compréhension de ces mécanismes.

Peut-être même qu’un esprit s’observant ne peut intrinsèquement jamais se connaître complètement.

Par ailleurs l’observation même modifie l’objet qu’on observe.

Les scientifiques ne cherchent jamais autre chose que le comment "tout cela marche" alors que les croyances sont censées remplir l’énorme vide cognitif du "pourquoi" auquel aucun savant censé n’oserait répondre au nom de la science.

Depuis que nos ancêtres ont pris conscience que la vie était une histoire qui finissait mal, depuis qu’ils ont pris le soin d’enterrer leurs morts, le sentiment religieux semble inscrit peut-être dans le fonctionnement même de notre cerveau mais sûrement dans toutes les cultures du monde.

Greg Miller sur le site de Sciences semble démontrer que les pensées analytiques peuvent diminuer le sentiment religieux.

Les pensées analytiques ne peuvent évidemment pas justifier le sentiment religieux sauf au prix de contorsions permettant d’égarer notre sens critique.

Peuvent-elles vraiment ébranler la foi du charbonnier puisqu’elle n’a besoin d’aucune raison rationnelle pour se conforter ?

Du reste toute tentative de justifier rationnellement les croyances religieuses est vouée à l’échec quel que soit la sophistication des arguties mises en avant.

Les croyances sont en général éminemment respectables.

Elles doivent être respectées lorsqu’elles ne restreignent pas les libertés individuelles, qu’elles garantissent l’égalité entre les hommes (et les femmes) mais aussi tant qu’elles ne prétendent pas se mêler de sciences.

Les sciences n’ont pas grand-chose à dire sur les croyances si ce n’est peut-être un jour dans quelles zones du cerveau elles prennent naissance ce qui ne renseigne pas beaucoup sur les croyances elles-mêmes.

Ne dit-on pas "libre à vous de croire ?" comme argument qui prélude une démonstration visant généralement à démontrer le contraire alors que la liberté évoquée sonne comme un aveu d’incapacité à convaincre ou plus souvent comme une sorte de jugement un peu dédaigneux sur la faiblesse des croyances de l’autre.

Mais peut-être disons-nous aussi cette phrase parce que nous savons inconsciemment combien il est difficile de changer les croyances de nos semblables.

Mais croyez moi si vous voulez nous sommes loin d’avoir fait le tour du problème du mystère des croyances.


Patrice Leterrier 

29 Avril 2012

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 15:48

lettre-de-descartes.jpg


E 

tonnante rencontre entre le monde internet tamisé au filtre de google et l’histoire de la pensée humaine que cette découverte hasardeuse d’une lettre de René Descartes dérobée au début du 19ème siècle par le mathématicien, bibliophile mais néanmoins kleptomane comte Guglielmo Brutus Icilius Timeleone Libri-Carucci dalla Sommaja, élu membre de l'Académie des sciences en 1833, peut-être en raison de son titre et de sa fortune.

Piquant rapprochement entre le nom Libri (livre en latin) de ce personnage et sa passion névrotique et pathologique des documents anciens.

Pour assouvir sa kleptomanie érudite, il intriguât pour se faire nommer secrétaire de la Commission du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France ce qui lui permit de dérober quelques 1 800 pièces manuscrites, lettres et livres de Galilée, Fermat et Descartes.

Son larcin découvert et sur le point d’être arrêté en 1848, le comte Libri choisit de fuir en Angleterre, où il vendit ensuite sa collection à Bertram Lord Ashburnham, grand collectionneur.

La collection fut rachetée en 1888 par la Bibliothèque nationale mais il y manquait une trentaine de lettres de Descartes dont celle découverte presque par hasard sur internet par le philosophe Erik-Jan Bos de l'Université d'Utrecht, au Pays-Bas.

Homo sapiens est d’abord comme l’affirme Nancy Huston Homo narrans, l’espèce fabulatrice qui construit sa réalité en la façonnant en permanence sous le burin tranchant des émotions qui rabote et lisse sans arrêt nos souvenirs.

Curieux destin que celui de l’homme qui, devant renoncer à trouver dans les textes sacrés une explication du monde qui l’entoure et de cette terre qui pourtant tourne, doit inventer le roman pour qu’il puisse se plonger dans des imaginaires qui sont souvent plus réalistes et plus rationnels que la réalité ressentie de son vécu c'est-à-dire la fable de sa vie.

Nancy Huston rejoint dans son analyse le point de vue des neurologues d’aujourd’hui et notamment celui d’Antonio Damasio lorsqu’il écrit "L’erreur de Descartes : la raison des émotions".

Le dualisme défendu dans l’œuvre de Descartes n’est certes pas la partie la plus moderne de l’enseignement de ce grand penseur.

Personne, du moins s’il prétend avoir une approche scientifique, ne peut contester que la physique et la chimie du cerveau sont les sources uniques de toutes les activités intellectuelles et en particulier de la conscience humaine.

Il reste que la magie de ces interactions permanentes et innombrables est encore, et peut-être pour toujours, assez mystérieuse et inaccessible à l’entendement humain.

Notre conscience de nous même, des autres et de notre monde ne précède pas nos actions comme nous pourrions le croire mais sont un tout petit sous ensemble d’un processus cybernétique et biologique d’une complexité fascinante dont nous ne découvrons, à force d’imageries médicales de plus en plus fascinantes, qu’une infime écume superficielle.

Sur son blog Frontal Cortex, Jonah Lehrer rapporte une expérience conduite par Neil Brewer, un psychologue de l’université Flinders en  Australie.

Elle démontre que les témoignages visuels sont d’autant plus fiables que l’on laisse peu de temps au témoin pour reconnaître un visage.

Lorsque le conscient intervient trop dans un témoignage visuel, le risque est grand qu’il déforme le souvenir pour le mettre en accord avec le désir conscient ou inconscient du témoin d’apporter une réponse tranchée à la question posée.

Illustrant cette impossibilité flagrante de séparer nos émotions de notre conscience, notre état de conscience des multiples activités inconscientes de notre cerveau, nos images construites par le cerveau de la réalité insaisissable, Nancy Huston affirme que "notre cerveau nous raconte des bobards".

La lettre retrouvée de René Descartes est un poignant témoignage de l’extraordinaire histoire de la philosophie, de ce "bobard" qu’est cette recherche acharnée, condamnée à l’échec et probablement unique à l’homme, du sens de ce court parcours qu’est la vie de chacun.


Patrice Leterrier 

21 Avril 2012

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 13:54

Lamp_a_l_huile.jpg


L 

e rachat d’Instagram par facebook pour la bagatelle d’un milliard de dollars peut être qualifié de folie ou de coup de génie suivant la valeur qu’on donne à la possibilité d’améliorer des photos directement sur des smartphones.

En tout cas elle met l’accent sur ce mouvement de plus en plus visible qui transforme les téléphones en compagnons électroniques, sur le rôle montant des tablettes comme l’Ipad et sur une probable convergence des deux supports.

Avec la généralisation en vue de ces indispensables "compagnons", notre rapport aux autres et au monde est de plus en plus intermédiatisés à travers les SMS, le MMS, les emails, les tchats, les interventions sur facebook ou sur twitter, les blogs, les sites d’informations, les encyclopédies libres, etc.

Nicholas Carr sur son blog Rough Type nous livre dans un article intitulé Flame and filament sa réflexion sur l’influence de l’éclairage dans l’évolution des relations humaines et sur notre vision des objets courants.

L’idée qu’il défend c’est que la technologie ne change pas seulement les rapports sociaux entre nous mais aussi la nature de la vision de la réalité qui nous entoure.

Avec l’apparition des lampes à filament, dont Edison a su faire un objet familier, le cercle familial n’avait plus de raison de se réunir autour d’une source unique de lumière.

Cette généralisation et banalisation de la source de lumière a fracturé l’unité de la famille qui se rassemblait en veillée autour de la source de lumière des lampes à huile puis à pétrole.

C’était un lieu de convivialité où l’on écoutait un conte raconté par la grand-mère, on discutait des événements de la journée ou tout simplement encore on entamait une partie de cartes, de jacquet ou de dominos.

Nicholas Carr souligne aussi qu’un objet éclairé à la bougie ou par les lueurs d’un cheminée apparaît dans des contours, des nuances différentes de ceux qu’il offre sous la froide lumière des lampes à basse consommation d’aujourd’hui.

L’ordinateur, les tablettes, les téléphones portables libèrent certes de la nécessité d’une proximité physique pour communiquer mais ils changent véritablement aussi la nature même de la communication.

Ils transforment aussi notre vision du monde en nous donnant accès à une réalité dite améliorée parce que retouchée par des algorithmes savants (plus une seule photo sur internet n’est un original sans retouche) quand elle n’est pas carrément remplacée par un avatar construit à partir de plusieurs personnes pour arriver à un concept de corps parfait.

Les images réelles ou pas sont de plus entachées du parti-pris du regard de celui qui les montre à travers un écran c'est-à-dire aplaties en deux dimensions.

Nous sommes peut-être les derniers survivants ayant vécu au cours de notre vie des révolutions aussi bouleversantes pour notre mode de vie que le téléphone, la télévision, les microordinateurs, les smartphones et surtout l’internet.

Déjà nos petits enfants ne peuvent imaginer ce qu’était un monde sans internet, sans télévision, sans console de jeux mais ils seront peut-être eux aussi frappés d’obsolescence lorsque leurs propres descendants s’étonneront qu’ils aient pu vivre sans tous les outils de réalité "augmentée" qu’ils utiliseront sans se poser la moindre question sur leur utilité ni même sur les conséquences dans leur vision du "monde" puisqu’ils feront tout simplement partie de leur univers

Espérons tout de même que nous saurons transmettre aux jeunes générations la valeur irremplaçable de l’échange construit dans un lieu unique et partagé, à la faible lueur de bougies ou d’un feu qu’il soit celui d’un camp ou d’une cheminée.

Certains des plus anciens d’entre vous partagent probablement avec moi le souvenir magique de l’écoute en commun sur le poste de TSF familial des maitres du mystère ou des lectures avec son accent inimitable de ses œuvres par Marcel Pagnol.


Patrice Leterrier 

19 Avril 2012

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 09:43

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T

he Economist publie un article s’appuyant sur une étude d’Igor Grossmann de l'Université de Waterloo, au Canada, comparant la sagesse d’américains et de japonais en faisant varier l’âge des participants.

Les critères retenus pour évaluer et comparer le niveau de sagesse sont les suivants :

·     La recherche de solution aux conflits

·     La capacité à rechercher des compromis

·     La conscience des limites de ses connaissances

·     L’acceptation de points de vue différents du sien sur un problème

·     La prise en compte du fait que les choses peuvent s’aggraver avant de s’améliorer.

A partir de ces critères, les auteurs de l’étude distingue deux axes de mesure de la sagesse : L’axe intergroupe qui serait censé mesurer en quelque sorte l’aptitude plus ou moins grande de prendre des décisions collectives sages et l’axe interpersonnel plus lié à la relation de personne à personne.

Le résultat de l’application de ces critères semblent démontrer que les japonais seraient naturellement plus sages que les américains mais que les vieux américains seraient mieux armés que les japonais de tout âge sur l’axe intergroupe.

L’hypothèse émise pour expliquer ce phénomène est que nous aurions plus besoin de compétences interpersonnelles lorsque la société est orientée en premier sur le collectif et plus de compétences intergroupes lorsqu’elle est au contraire, comme la société américaine, essentiellement tournée vers l’individualisme.

Ces résultats sont, en tout cas, une sorte de pied de nez au symbole du vieux sage assis sur son tatami et enseignant les règles de la sagesse au petit scarabée écoutant les yeux écarquillés ce vénérable personnage lui distillait les règles de vie conduisant à la zénitude.

On peut aussi s’interroger sur la complétude des ces critères pour évaluer la sagesse et notamment sur leur orientation presqu’exclusivement tournée vers la capacité de résoudre des conflits entre les hommes.

N’y aurait-il donc de sagesse que dans la confrontation à l’autre, dans l’altérité ?

La sagesse ne serait-elle mesurée qu’à la capacité de prendre une bonne décision collective ou de régir les relations interpersonnelles ?

Déjà sur ces simples critères le paysage politique devient plus que clairsemé en matière de sagesse mais si on y ajoute l’injonction socratique, d’ailleurs impossible à réaliser, "connais-toi toi-même" c’est alors un véritable désert qui s’offre à nos yeux.

N’y aurait-il pas aussi une certaine forme de sagesse à regarder la réalité de notre monde sans complaisance et son évolution possible avec lucidité, à s’indigner devant les injustices grandissantes qui excluent plus d’un milliard d’humains du banquet de la vie, à cesser de martyriser la terre avec nos déjections industrielles, à prendre conscience que plus de technologies ne peut pas être la solution unique au progrès, à regarder le ciel non pas pour y voir d’hypothétiques aliens mais pour garder la mesure de la fragilité de notre condition, à repenser le bonheur autrement qu’en terme de possession de plus en plus de biens et de gadgets qui nous isolent en nous donnant l’illusion d’une communication élargie ?

Ne faut-il pas en définitive un brin d’utopisme pour prétendre à la sagesse ?

Jean Cocteau a écrit dans Opium: "La sagesse est d'être fou lorsque les circonstances en valent la peine". 


Patrice Leterrier 

26 Mars 2012

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 20:29

hollandais-volant.jpg


L

’information a failli faire un buzz aussi important que celui des neutrinos supralumniniques sur internet : Un hollandais a posté une vidéo qui le montrait volant comme un oiseau à la seule force de ses bras et de deux petits moteurs d’aéromodélisme.

Le farceur s’est dénoncé lui-même dans une interview mais le plus troublant c’est qu’un site comme Wired Science, plutôt reconnu pour le sérieux de ses articles, a été le premier à relayer le scoop qui s’est avéré faux.

Il y a bien sûr cette frénésie presque pathologique du journaliste hanté par la crainte de manquer un scoop.

Il y a aussi une curieuse montée de la crédulité mise à rude épreuve par un tas de démonstrations brillantes qui ont toutes l’apparence de la vérité et qui envahissent la toile.

Elles chatouillent notre imaginaire au point de nous faire sombrer parfois dans l’irrationnel que ce soit par crainte ou au contraire par espoir fou de pouvoir se libérer des contraintes de la vie moderne et de la société.

Parce que nous ne sommes plus contraints à croire en je ne sais quel Dieu, serions-nous plus enclins à être crédule ?

A priori savoir quels sont les facteurs qui font d’homo sapiens un homo credens n’est pas forcément le même sujet que la crédulité qui peut frapper aussi bien des croyants que des athées.

Bien sûr les athées s’empresseront de qualifier les croyants de crédules.

Mais le fait est que les croyants (et le sentiment religieux) qu’ils s’appellent catholiques, protestants, juifs, musulmans, hindouistes ou bouddhistes (et j’en oublie sûrement) se retrouvent sur toutes les latitudes, dans toutes les cultures.

Il existe même des traces paléontologiques de l’universalité du  sentiment religieux (notamment à travers le culte des morts).

Les variations d’expression du sentiment religieux et de la foi sont sûrement culturelles mais il est probable que la proportion de croyants et d’athées n’ait pas tant tellement variée même si, comme pour l’homosexualité, la libération des mœurs et la liberté d’expression ont fait qu’il n’est aujourd’hui pas plus dangereux ni honteux de se déclarer athée que de se déclarer homosexuel (enfin presque partout si on exclut certains régimes dictatoriaux et certains milieux intégristes).

Certains psychologues soutiennent que la religiosité est une adaptation culturelle à deux traits fondamentaux de la personnalité, eux-mêmes partiellement exprimés dans le patrimoine génétique d’un individu : l’amabilité et l’esprit consciencieux qui seraient plus représentés chez les croyants.

D’après eux, il semblerait donc que les personnes altruistes, douces, confiantes, réfléchies, honnêtes, disciplinées et persévérantes (autrement dit de vrais saints pas tellement sexys) ne le sont pas parce qu’ils sont religieux mais sont religieux parce qu’ils ont ces caractéristiques plus que d’autres, qu’ils ont vécus très tôt dans un contexte familial et éducatif religieux et sont enclins par nature à maintenir fort le lien familial.

L’abbé Pierre était dans cette compassion au monde parce que c’était sa nature et non parce qu’il était l’abbé Pierre et d’ailleurs la relation n’est pas bijective puisque Coluche n’était pas frère Coluche tant s’en faut…

Toujours selon cette étude, aux non-croyants les qualités d’extraversion et d’ouverture à l’expérience regroupées sous le générique de plasticité, caractéristiques qui favorisent peut-être aussi une certaine forme de crédulité.

Reste qu’il est tout de même troublant que croyants et non-croyants puissent être aussi crédules lorsque des joueurs de flutes en tout genre nous font miroiter que les autres sont la cause évidente de nos difficultés.


Patrice Leterrier 

23 Mars 2012

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 17:44

esclavage.jpg


L

a reconnaissance de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité par la loi du 21 mai 2001 consacrait solennellement le devoir de mémoire que nous impose l’histoire.

Les débats que nous vivons aujourd’hui autour du réchauffement climatique, de l’acidification des océans, des avancées fulgurantes des biotechnologies, de la génétique, des nanotechnologies, du rôle envahissant des technologies de l’information ou encore, par exemple, de la controverse sur l’énergie nucléaire soulèvent la question de savoir s’il n’existe pas aussi une sorte de "devoir d’anticipation" ?.

Le devoir de mémoire est censé nous amener à regarder le passé avec toute l’objectivité scientifique de l’historien.

Il s’agit de prendre conscience de faits dont on peut considérer par les témoignages, les écrits, les documents existants qu’ils sont avérés et incontestables.

Ce n’est à l’évidence pas le souci du législateur lorsqu’il inscrit dans la loi du 23 février 2005 "le rôle positif de la présence française outre-mer".

Le devoir de mémoire, même et peut-être surtout lorsqu’il est outrageusement manipulé par les politiques, peut agir sur nos comportements.

Il peut donc avoir un effet sur le futur dans la mesure où celui-ci est partiellement conditionné par nos agissements d’aujourd’hui.

Le devoir d’anticipation se heurte à une difficulté majeure de savoir, au sens de la connaissance, ce que nous pouvons ou plutôt  nous devons anticiper.

Sans soulever l’énorme problème des croyances qui viennent sans arrêt troubler le discernement des hommes, sans tenir compte du fait que Gaïa est devenue un enjeu marketing et un gagne pain pour certains acharnés "écologistes", y a-t-il un seul domaine où l’on puisse raisonner sur le futur en terme de certitude incontestable ou même à défaut de probable consensuel ?

Le devoir d’anticipation ne peut s’exprimer en démocratie sans que nous soyons collectivement sollicités pour nous prononcer sur les enjeux.

Mais quelle valeur a une opinion lorsque ceux qui savent (les scientifiques) ou ceux veulent (les politiques) sollicitent des citoyens qui n’ont en général aucun moyen d’arbitrer ?

Comment pourraient-ils le faire, sur des sujets qui font l’objet d’âpres débats entre spécialistes et qui en général sont des enjeux mondiaux dépassant largement la compétence des états ?

L’inscription du principe de précaution dans la constitution, si elle peut donner mille raisons de ne rien faire, n’en donne guère pour trancher sur les dangers potentiels que nous font courir notre insouciance face à la question environnementale et les avancées de la science dont il est bien difficile de mesurer les retombées.

Le devoir d’anticipation ne peut donc s’appuyer que sur une compréhension hypothétique des enjeux, sur des hypothèses et des statistiques dont on ne peut vraiment pas dire que nous soyons naturellement armés par notre intuition pour les interpréter.

De plus le devoir d’anticipation vise en général à protéger non pas notre propre avenir non pas même celui de nos enfants mais plus probablement celui des enfants des enfants de nos enfants voire plus lointain encore et les cycles politiques sont plutôt au mieux des décades.

Le devoir d’anticipation, c'est-à-dire notre responsabilité d’assurer un avenir vivable pour les générations futures, ne peut se manifester avec force que si la politique au sens noble du terme remet l’éthique au cœur de sa réflexion et renonce à la démagogie et à la dictature de la finance qui, par nature, est court-termiste.

La déclaration universelle des droits des générations futures est à écrire.


 

Patrice Leterrier

14 Mars 2012

 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 19:23

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O

n dit que lorsque le sage montre la lune, le sot regarde le doigt. La maxime est à prendre avec précaution car le doigt du sage exprime peut-être un sentiment ou renforce son discours et il n’est pas forcément si stupide de regarder d’abord le doigt avant d’obéir à l’injonction de celui qui sait.

Aujourd’hui des savants, qui n’ont aucune prétention à la sagesse, regardent la lune pour mieux y voir la terre.

L’idée est apparemment farfelue sauf que cette façon indirecte de regarder le reflet de notre planète pourrait nous apprendre à mieux ausculter des exoplanètes et déceler ainsi les traces d’une possible vie sur l’une des milliards d’exoplanètes qui peuplent l’univers.

Tôt ou tard ils découvriront les traces de formes de vie intelligente dont il est sans importance de fantasmer sur un anthropomorphisme quelconque et une "rencontre de troisième type".

Elles ne seront que les signatures, les tags indélébiles de mondes disparus depuis des millions d'années.

Peut-être que nous déchiffrerons les messages qu’ils auraient pu avoir laissé dans l’immensité vertigineuse qui ne cesse de s’étendre et, encore moins probable, peut-être que ces messages nous donneront les clés de la sagesse.

Sans attendre ce jour béni mais hautement hypothétique, les savants continuent de déchiffrer les mécanismes subtils et complexes de notre cerveau en commençant souvent par celui des rats.

Michel Alberganti sur son blog globule et télescope rapporte les expériences faites sur des muridés équipés d’une interface cerveau-machine qui démontre que ces petits rongeurs sont capables, après un court apprentissage, de commander par la pensée l’obtention de nourriture.

L’expérience est  à la fois passionnante et terrifiante. C’est une preuve de plus que l’interface entre l’homme et la machine va devenir tellement intégré qu’il sera, dans un avenir pas si lointain, impossible de faire la distinction entre l’homme et des outils multipliant ses capacité physiques et cognitives ou ses prothèses d’organes absents, perdus ou inopérants.

On se réjouit bien sûr des perspectives pour les para ou tétraplégiques, les aveugles, les sourds et d’autres handicapés ou malades chroniques qui pourraient ainsi accéder à une autre vie dans l’ère pas si lointaine de la post ou trans humanité.

Ces avancées spectaculaires des nanotechnologies, de la biocybernétique, des neurosciences,... rendent indispensable et urgentissime le rétablissement d’une vraie dialectique entre la science et l’éthique, le comment et la finalité.

Elles ouvrent des perspectives terrifiantes si l’éthique ne reprend pas la place qu’elle doit avoir en démocratie au risque d’engendrer une sous humanité.

Hélas les crêpages de chignons auxquels nous assistons de la part des prétendants à la magistrature suprême sont juste dignes (et encore) de cours de récréations de maternelles  et bien loin des enjeux que la science ne fait que proposer à la société.

Je frémis à l’idée farfelue (quoique le bourrage de crâne ça existe déjà…) d’un dispositif conditionnant notre comportement à des impulsions électriques dans notre cerveau et dont les entrées seraient les discours politiques actuels.

On arriverait sûrement à un taux d’abêtissement généralisé des populations qui est déjà largement entamé avec le triomphe de la médiacratie qui monte en épingle le moindre chahut inévitable face aux provocations ou encore le sujet hautement important de savoir la façon dont les animaux sont abattus avant d’être consommés…..

Il est vrai qu’une société qui compte 8 millions de pauvres n’a rien d’autre à faire que de discourir sur des sujets qui divisent un peu plus les français et qui visent à illustrer, à contresens, la phrase de Jean-Paul Sartre "l’enfer c’est les autres"


Patrice Leterrier 

5 Mars 2012

 

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