Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 11:42

 


N

os bambins ont repris depuis maintenant deux semaines le chemin de l’école.

Premières notes, premières félicitations pour les meilleurs, premières punitions, avertissements et autres sanctions pour d’autres.

Autorité, obéissance, discipline, des mots chargés d’opprobre par  les inconditionnels de Françoise Dolto, réhabilités, avec un certain talent médiatique, par des psychologues comme Didier Pleux  auteur "de l’enfant roi  à l’enfant tyran" qui ose  poser la question  "Est-ce un crime de lèse-majesté que d'affirmer que l'interprétation analytique de Françoise Dolto a participé à certaines confusions pour l'éducation de nos enfants ?".

On connaît aussi les écrits de Marcel Rufo sur l’autorité parentale. Dans une interview parue dans Famille & Education il affirmait "Le bonheur, ce n’est pas toujours immédiat. Anna Freud le disait : « La frustration, c’est nécessaire ». Savoir attendre ce que l’on désire, c’est important. Les familles ne sont peut-être pas assez frustrantes".

A vrai dire beaucoup de débats inutiles pourraient être évités si, comme nous y invite le professeur Daniel Marcelli, chef du service de psychiatrie infanto-juvénile du CHU de Poitiers, nous revenions simplement à l’étymologie du mot obéir, “Oboedire” qui veut dire être soumis, docile mais aussi écouter, prêter l'oreille. En forme presque de provocation, cet éminent spécialiste nous affirme qu’il n’est pas "interdit d’obéir", de faire la distinction entre obéissance et soumission.

On peut obéir, "prêter l’oreille" parce qu’on y est contraint, parce qu’on veut faire plaisir ou pour la meilleure des raisons qui est que l’enfant a compris son propre intérêt caché derrière le commandement de l’adulte.

Obéir c’est aussi donner du sens à la désobéissance puisqu’il s’agit de reconnaître la différence entre l’éducation, le transfert du savoir et le dressage, l’arbitraire qui consiste à soumettre au besoin par la contrainte(6). "Éduquer un enfant, c’est l’amener à se sentir libre d’obéir" affirme Daniel Marcelli.

Mais les règles de l’éducation ont tellement changé depuis le temps des coups de règle au bout des doigts, des bonnets d’âne et autre vexations et châtiments que beaucoup de parents sont désemparés ou tout simplement démissionnent.

La psychanalyste Arlette Garih rapporte l’anecdote suivante "Je rencontre des parents totalement désemparés, qui viennent épuisés à ma consultation avec des petits de trois ans dont ils n'arrivent pas à venir à bout. Quand je demande au bambin : “Sais-tu pourquoi tu es ici ?», la réponse fuse : “ben oui, c'est parce qu'ils ne veulent pas faire ce que je veux…”".

Alors sans vouloir réhabiliter les pratiques du bon vieux temps de la discipline imposée, militaire obtenue par la contrainte et les brimades en tout genre, il paraît tout de même souhaitable de "reparler d’interdictions , de règles et de cadre, s’employer à réintroduire des limites afin de permettre à ces enfants de pouvoir vivre en société", d’arrêter avec le mythe désastreux de la frustration obstacle au développement de l’enfant. Il ne s’agit pas moins que de leur apprendre à devenir des hommes et des femmes libres mais responsables de leurs actes, à devenir des homo civilis en quelque sorte.


Patrice Leterrier

21 Septembre 2009

  

 Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 21:04


L

a taxe carbone fait couler beaucoup d’encre noire comme du charbon et pose au moins trois questions auxquelles chacun apporte sa réponse avec plus ou moins d’objectivité et en ayant pris la peine de se documenter plus ou moins sur le sujet :

° Est-elle nécessaire ?

° Quel doit être son montant ?

° Comment la compenser pour éviter qu’elle devienne insupportable pour les plus exposés ?

Les textes concernant les trois sujets pullulent sur le net et dans la presse écrite sans pour autant qu’aucun de ces nombreux éclairages ne puisse avec évidence dégager un consensus.

A vrai dire c’est un véritable piège dans la mesure ou ne rien faire serait forcément condamné comme une injure inacceptable à la planète (même si le poids des émissions de la France pèse bien peu dans la facture carbone mondiale comme le rappelle Claude Allègre), quel que soit son niveau elle sera trop lourde pour les uns et ridiculement basse pour les autres et enfin, malgré les martingales complexes des techniciens de Bercy, on trouvera toujours telle ou telle catégorie qui sera privilégiée ou au contraire victime des mesures prévues.

Insignifiante pour les extrémistes verts de rage, inutile et catastrophique pour Claude Allègre, scandaleuse pour Maryse Le Pen, injuste selon Ségolène Royal au fond ce que caractérise ce débat c’est la cacophonie.

Mais on peut, sans partager le lyrisme d’un Daniel Cohn-Bendit, plus simplement retenir qu’il s’agit d’un premier pas qui renverse la logique de taxation du travail et des profits pour s’attaquer à la dette à long terme que représente notre empreinte écologique.

Et puis taxe carbone ou pas l’énergie fossile deviendra de plus en plus chère et il faudra bien que nous nous habituons à développer la culture du "Negawatt" et du "Negabaril" c'est-à-dire à d’abord économiser l’énergie par des mesures simples en changeant nos mauvaises habitudes de gaspillage.

Dans un article signé Michael Grunwald, spécialiste de l'environnement du Time et publié par Slate.fr, la conclusion assez irréfutable de l’auteur est qu’il nous faut d’abord changer nos comportements, nos modes de vie pour éviter que la facture écologique de l’énergie devienne insupportable pour la planète.

Inutile d’attendre béatement le salut des biocarburants, des énergies renouvelables ni même du nucléaire dont le retour sur investissement semble être aussi lointain que la perspective d’innocuité des déchets qu’elle génère.

Au fond aussi le message qu’il nous transmet est plutôt rassurant puisqu’il semble dire que notre salut énergétique est autant dans nos mains que dans celles des dirigeants des états voyous qui se gavent sur leurs réserves ou des dirigeants qui adroitement ou maladroitement cherchent à nous éduquer en nous taxant.

Alors taxe carbone pourquoi pas, mais efficacité avant tout en arrêtant de gaspiller par des gestes très simples les milliards de kilowatts pour des douches qui coulent à flots, des climatisations exagérées, des lampes qui chauffent plus qu’elles n’éclairent et que l’on oublie d’éteindre, des appartements surchauffés alors qu’un pull pourrait suffire, des isolations déplorables, ….

Arrêtons de focaliser sur l’énorme poutre de la carence publique pour s’attaquer aux millions de pailles qui pèsent finalement plus lourds que l’on ne pourrait croire.

D’ailleurs promis à la fin de mon édito j’éteins mon ordinateur…


Patrice Leterrier

14 Septembre 2009

 

 

Fichier PDF

 

 

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 12:45


Qu’est-ce qui peut réunir des concepts aussi différents que la dette publique, la nation ou encore la littérature ?

Rien en apparence si ce n’est qu’Ils font partie des évidences universelles qu’il paraît iconoclaste de tenter de revisiter à l’aune de la modernité.

Par exemple qui contesterait aujourd’hui que c’est le devoir des états de ne pas trop s’endetter pour ne pas ruiner les générations futures ?

Le principe selon lequel "toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation" est inscrit dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et il y a cette certitude que nous devons vénération à la nation sans bien sûr que l’on prenne le soin de se demander ce dont on parle.

Ou encore cette absolue évidence que la littérature est faite de mots écrit sur du papier avec plus ou moins de ponctuation qu’il suffit de lire et de laisser aller son imagination.

En fait nous nous arc-boutons sans cesse avec gravité sur des valeurs ancestrales présentées ou plus simplement vécues par nous comme immuables, comme les fondements de ces certitudes sans lesquelles nous craignons de perdre pied.

Pour autant ces valeurs ancestrales, ces axiomes inébranlables, ces certitudes indiscutables sont-ils à ce point intouchables qu’il soit interdit d’au moins s‘interroger sur leur signification ou plus encore de contester leur pertinence pour certains d’entre eux ?

Prenons le cas de la dette, comme le fait avec talent Conor Clarke dans les colonnes de Slate.fr. SI vous suivez les arguments assez rationnels de ce correspondant de Theatlantic.com, vous vous interrogerez comme lui sur la dette qu’ont, en fait, virtuellement, les générations futures envers nous. On nous incite (pour ne pas dire nous contraint) à ne pas trop entamer leur futur gâteau. Il s’agit, comme une évidence incontestable, de ne pas faire payer aux générations futures nos supposés excès d’aujourd’hui alors qu’ils en auront probablement les moyens avec les progrès technologiques qui ne cessent d’augmenter l’efficacité du travail des hommes. Au fond, argumente ce jeune iconoclaste d’évidences indiscutables, la démocratie nous enseigne que la société doit compenser les inégalités. Pourquoi n’y aurait-il pas une sorte de solidarité des générations futures, probablement beaucoup plus aisées que nous, pour nous aider alors que nous sommes dans l’embarras ?

Pourquoi tant de trémolos des hommes et femmes politiques sur la nation, ses valeurs, son unité (menacée outrageusement nous dit-on par le port de la burqa !) dès lors qu’aujourd’hui le concept ne couvre qu’un minuscule coin de rue d’une immense communauté mondiale. Déjà Victor Hugo écrivait à Robert Pœhlen "l'idée de nation se dissout dans l'idée d'humanité".

Nous sommes aujourd’hui prés de 7 milliards d’êtres humains sur la terre dont 1 milliard environ d’africains. Leur nombre doublera en 2050 (soit 1 homme sur 4) et atteindra presqu’un homme sur 3 en 2100 malgré les épidémies et le Sida qui ravagent ce continent.

Que deviendra à cet horizon un concept aussi étriqué que celui des nations actuelles ? N’est-il pas temps, plutôt que de déblatérer sur quelques centaines de burqas - anachronisme sans importance sauf pour les victimes de cette coutume archaïque - d’élargir notre vision communautaire au moins à l’échelle du continent européen ?

Quant à la littérature, elle ne peut se résumer à son apparence. La ponctuation ne traduit pas toutes les nuances de l’intention de l’auteur. Comme l’usage veut que le blanc entre les mots soit unique, comme il n’existe pas de portée pour le texte comme pour les notes, comment entendre la mélopée voulue par l’auteur ? Pourtant la lecture comme la musique fait appel à l’intonation, au rythme mais aussi au silence si souvent ignoré. Pourquoi, alors que les contraintes techniques liées à l’invention de Gutenberg ont disparu, les textes n’utilise-t-on pas toutes les capacités qu’offre l’informatique pour nous faire découvrir le relief des écrits ?

Ces quelques exemples ne sont certes pas des certitudes, des évidences remplaçant d’autres évidences mais plutôt une tentative, que je concède partiale, partielle et imparfaite, de pied de nez goguenard au conformisme ambiant ; on brandit des préjugés comme des paravents à l’allure de valeur éternelle. Ils cachent trop souvent une absence de réflexion, un vide de pensée, un manque total d’imagination.


Patrice Leterrier

11 Septembre 2009

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 20:39

 

F

rancis Pisani dissertant sur les mérites comparés du flux RSS et de Twitter en arrive à la conclusion que la valeur d’un blog est plus dans l’art de l’auteur de dénicher un sujet inédit (éventuellement intéressant ça ne peut pas nuire..) plutôt que de disserter savamment et de manière originale sur un sujet d’actualités déjà tellement couvert par toutes sortes de médias qu’il est bien difficile de trouver un angle d’attaque original.

Il n’est pas douteux que de dénicher un sujet inédit et pas trop scabreux, capable de titiller les neurones endormis des surfeurs en tout genre, reste une source de contribution majeure. il est aussi vrai que l’abondance de commentaires est plus à craindre sur des sujets sans importance comme le malaise du Président dans le Parc de Versailles, la cause de la mort de Michael Jackson, les contorsions maladroites des dirigeants du Parti Socialiste, le couac d’une annonce anticipée d’un remaniement ministériel… j’en passe et des pires.

En revanche peu d’articles ni de commentaires sur un sujet aussi important que les conséquences de la découverte faite par les glaciologues d’eau liquide sous les calottes glaciaires de l’antarctique et du Groenland qui fragilise leur équilibre et les rend probablement plus sensibles que prévu au réchauffement climatique.

Juste une interview de Gordon Hamilton, glaciologue et professeur à l'Institut du changement climatique (ICC) de l'université du Maine, sur un blog du journal Libération suivie d’une série de commentaires assez hallucinants, comme par exemple un supposé complot pour entretenir l’effervescence médiatique sur le réchauffement climatique, qui font perdre son sang froid à l’intervieweuse Laure Noualhat.

Sans jouer les cassandres esquimaux, quelques chiffres éloquents parlent d’eux-mêmes (ce qui est leur rôle puisqu’ils sont éloquents…) : La fonte des calottes  de l’antarctique ouest élèverait le niveau de la mer de 6 mètres, du Groenland de 7 mètres, et de l’antarctique de rien moins que 52 mètres…

Il n’est pas étonnant ni choquant que les médias soient mobilisés pour ouvrir les paris sur le nombre putatif de victimes de la grippe A(H1N1). L’article de Slate.fr au titre accrocheur "20 à 30 000 morts de la grippe en France ?" (admirez le ? qui vaut dans ce cas son pesant de lecteurs effrayés…) est un modèle dans le genre beaucoup de bruit pour rien. Il fait en effet le tour de la question pour conclure que personne ne peut prévoir quoi que ce soit dans ce domaine. Comme disait Michel Audiard "ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule" ! Mais l’objectif est atteint puisque cet article arrive en tête en terme de lecteurs sur ce site devant l’étonnant coup de gueule de Jacques Attali contre l’aéroport de Roissy qualifié du pire au monde.

La compréhension de ce qui se passe sous les calottes glaciaires me paraît pourtant un sujet d’une plus haute importance que la crise de nerfs de Jacques Attali contre les salons réservés aux classes affaires à Roissy même s’il est difficile de capter l’attention avec un sujet aussi glacial…

L’information sur le net c’est un peu comme un iceberg : la plus grande partie reste invisible sous la surface de l’océan médiatique et les twits ou autre RSS font plutôt plus de bruit que de signal dans la cacophonie ambiante.


Patrice Leterrier

29 août 20

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 09:41

T

axe Carbone : Fausse bonne idée ou vraie révolution comme le voit Daniel Cohn-Bendit?

Claude Allègre, qui se voyait il y a encore peu de temps dans le gouvernement de François Fillon, tire à boulet rouge dans l’édition du Parisien du 23 Août sur ce projet parlant "d’une initiative catastrophique pour notre pays". Il argue, à juste titre, que l’émission de CO2 de la France représentant les cinq millièmes des émissions mondiales, c’est un coup de lime à ongle dans un océan…

A-t-il lu le sondage du Figaro du 29 Juillet où 16 071 internautes s’étaient prononcés à 75,88% contre cette taxe ? Veut-il ainsi s’offrir une sorte de regain de popularité populiste pourtant bien inutile pour un retraité des affaires ? Peut-être est-il aussi désabusé et vexé que le Président de la République n’ait pas jugé bon de faire appel à son immense talent de dégraisseur de Mammouth ?

A-t-il raison pour autant ? On peut en douter si on prend le parti de croire qu’il s’agit en réalité d’autre  chose que de statistique en l’occurrence. Cette taxe, si controversée et si difficile à mettre en œuvre sans pénaliser certains contribuables à revenus modestes bien obligés d’utiliser leur voiture,  ne serait-elle pas la première manifestation d’une nouvelle façon de penser la fiscalité ? N’est-il pas temps sur le plan de l’éthique politique, si ce mot à un sens,  de faire un premier pas ? De mettre en quelque sorte l’action de l’état en accord avec la prise de conscience naissante que le premier bien à préserver pour les générations futures est notre bonne vieille planète terre ?

Au prétexte qu’une vie ne représente pas grand-chose pour l’équilibre démographique mondial doit-on renoncer à des combats comme une juste révision du procès de Troy Davis ou pour la libération de la prix Nobel Birmane Daw Aung San Suu Kyi ? Doit-on renoncer à l’aide humanitaire parce que le scandale de la faim dans le monde peut et doit être résolu au niveau mondial ?

Claude Allègre a aussi raison lorsqu’il affirme que "parler d'une taxe carbone pour l'ensemble Europe-Amérique du Nord, qui représente presque 50% des émissions de CO2, peut être un sujet de débat". Mais comment défendre cette cause avec un minimum de crédibilité en ne faisant rien ? Si le poids de la France sur le plan international est légèrement supérieur à sa contribution en émission de CO2, il ne peut être que renforcé par l’exemplarité éventuelle de son action dans ce domaine.

Plutôt que le pragmatisme désabusé auquel nous invite Monsieur Allègre, ne doit-on pas au contraire comprendre qu’il est préférable de taxer le carbone pour changer les habitudes que de renforcer la fiscalité sur les éléments moteurs de l’économie comme la valeur ajoutée, les revenus du travail ou la stupide taxe professionnelle ?

Cette taxe carbone ne résoudra certainement rien à court terme de l’immense problème du réchauffement climatique. Elle marque peut-être une inflexion historique en politique. Elle est et sera certainement critiquée utilement ou comme hélas trop fréquemment en France par reflexe politicien suranné d’une opposition systématique.

Comme tout nouvel impôt, elle est déjà et sera encore plus quand elle sera à payer impopulaire. Elle sera certes difficile à mettre en œuvre sans devenir une véritable usine à gaz (à effet de serre ?). La tentation sera grande en cette période de déficits publics abyssaux de détourner cette manne qui doit être – c’est promis- entièrement redistribuée. Si ces objectifs sont atteints, elle est aussi appelée à disparaître.

Elle est au niveau mondial symbolique comme le souligne Monsieur Allègre. Elle démontre en tout cas que la préservation de l’environnement  est un sujet politique majeur et que cette valeur ne peut plus être ignorée par un homme politique quel que soit son camp.

Saluons ce premier pas en attendant avec circonspection son application pratique alors que certains, comme Christian Gollier directeur du laboratoire d'économie des ressources naturelles de la Toulouse School of Economics, crient déjà à la catastrophe devant la modestie des projets du gouvernement (14 à 20 euros par tonne au lieu des 32 euros préconisés dans le rapport Rocard)


Patrice Leterrier

25 août 2009

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 13:41

 

C

itant le philosophe américain David Weinberger, Francis Pisani sur son blog Transnets affirme que la transparence est la nouvelle objectivité "parce qu’elle permet de voir les sources de l’auteur et les valeurs qui l’ont amené à prendre la position qui est la sienne".

Il suit ainsi, peut-être sans le savoir, la pensée de Gaston Bachelard qui disait "l'objectivité n'est que le produit d'une objectivation correcte" et objectiver suppose évidemment en premier lieu avoir accès aux sources et aux valeurs.

Dans son dernier livre "Everything is Miscellaneous: The Power of the New Digital Disorder", David Weinberger analyse les bouleversements provoqués par la révolution numérique et en particulier par l’explosion d’Internet. Il passe en revue les conséquences de ce nouveau paradigme de communication et d’information sur le monde des affaires, le marketing, la politique, la culture, la musique et les relations sociales en général.

Aujourd’hui l’information sur internet devient en quelque sorte fractale par la multitude des explorations que le net permet y compris cette forme de vagabondage qualifiée par Francis Pisani de serendipité nous entrainant dans des domaines que nous n’aurions sans doute pas explorer sans la facilité du double click ouvrant des fenêtres vers des sanctuaires que nous n’aurions jamais découverts autrement.

Nous voici donc les heureux acteurs ou les esclaves (au choix de chacun) d’une vie en "béta perpétuelle", c'est-à-dire naviguant dans un univers en construction, en mouvement permanent, instable, imparfait et surtout protéiforme à souhait.

Beaucoup de concepts se trouvent ainsi bousculés ou même balayés dans ce nouveau maelstrom informationnel. Certains métiers disparaitront et d’autres devront se réinventer et notamment celui de journaliste. Comme le fait remarquer Francis Pisani, l’objectivité supposée du reporter nous donnait autrefois les raisons (ou l’alibi ?) de croire sur parole parce que s’était écrit. Nous nous abandonnions facilement à la paresse de la certitude sans faire l’effort du doute et sans prendre le soin de vérifier les sources.

Aujourd’hui les sources sont souvent en référence au texte et donc facilement accessibles ce qui nous incite à vagabonder pour enrichir notre certitude ou au contraire raffermir notre interrogation, nous rendant ainsi plus responsable de nos croyances.

Mais les sources ne sont que la trace de la subjectivité de l’auteur, la signature de ses recherches et de sa pensée, empreinte consciente ou inconsciente de son parti-pris, même si la transparence en donne l’apparence de l’impartialité.

Que dire de l’objectivité de l’enseignant qui ne peut se confondre avec la transparence ? L’élève ne peut en général pas mettre en cause ses dires. Le maître, quoi qu’il soit comme quiconque pétris de subjectivité, est censé être détenteur de "la connaissance" à laquelle il prétend nous faire accéder souvent sans dévoiler en transparence son cheminement personnel.

Apprendre c’est transformer son savoir par destruction et reconstruction dans une dialectique permanente de la pensée et des émotions. Apprendre c’est admettre un peu sans preuve que la subjectivité de l’autre est plus féconde que le brouillard de sa propre confusion. Appendre c’est en tout cas confronter sa propre subjectivité à celle de l’enseignant.

Bien sûr il existe aussi ce qu’on appelle les sciences exactes - même si leur rapport au réel est définitivement ébranlé par le principe d’incertitude d’Heisenberg. Elles nous proposent des référentiels de plus en plus sophistiqués pour éclairer un réel définitivement inaccessible mais avec pour principale ambition la prédictibilité. Elles sont par construction plus efficaces que vraies ou objectives.

Et comment ne pas penser à l’extraordinaire aventure du cerveau de l’enfant - qui n’a rien d’un cerveau adulte en miniature - et qui se nourrit gloutonnement de la subjectivité ambiante.

Il n’empêche que les humains n’aiment rien moins qu’imiter, épouser en quelque sorte la subjectivité de l’autre, peut-être comme leurs cousins les singes capucins pour être aimé.

Parole, parole, parole disait Dalida comme pour déchirer l’apparence rassurante des mots qui souvent nous endorment par leur douceur trompeuse…


Patrice Leterrier

21 août 2009

Fichier PDF

 

 



Partager cet article
Repost0
1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 10:12

 

T

ous les jours nous sommes bombardés de statistiques et chiffres mis plus ou moins honnêtement au service de causes défendues par des commentateurs plus ou moins sincères et compétents pour les analyser.

Certains nous prédisent les pires catastrophes, d’autres au contraire contestent ou relativisent des risques chiffrés agités comme des dragons chinois aux yeux des badauds de lecteurs que nous sommes.

La menace de pandémie de grippe A(H1N1) est un exemple parfait de l’utilisation que l’on peut faire des chiffres en manipulant le nombre de vaccins ou de doses de Tamiflu© disponibles, la prévalence et le taux de mortalité que l’on ne pourra que constater une fois la vague passée. En attendant des voix s’élèvent pour dénoncer qui la légèreté, qui l’excès de précaution des autorités.  

Le tour de France a fait l’objet d’une controverse alimentée par des chiffres de VO2max et de watt jetés aux yeux de lecteurs bien incapables d’analyser ou de contester les inférences qu’en déduisaient les spécialistes dont on ne peut pas dire que les propos soient nuancés sur le sujet. La conclusion inévitable était : tous dopés, tous pourris et tous complices de cette apparente supercherie d’un tour propre. Même si l’intuition, qui peut nous faire faire le meilleur choix mais aussi le pire, peut nous pousser à suivre les Antoine Veyer, Greg Lemond et autres Marie Georges Buffet qui demande des explications sur l’évolution de performances trouvant ainsi là un sujet pour réveiller l’espace d’une picoseconde son parti en coma dépassé. Le doute reste là lancinant et assez incompréhensible pour ceux qui naïvement rêvent de moyens scientifiques incontestables de trancher le débat.

Il y a aussi la polémique sans fin sur les combinaisons au polyuréthane dont on discute encore de l’apport sur des nageurs dont la morphologie se rapproche plus d’haltérophiles gonflés aux stéroïdes anabolisants et amphétamines que de celle de sportifs harmonieux.

Il y a le combat d’experts brandissant chiffres et courbes pour nous prouver le danger (ou au contraire l’innocuité) des antennes relais et des téléphones portables.

Il y a ces économistes qui, non content de n’avoir rien vu venir du tsunami "subprimien", se mettent maintenant à disserter savamment sur les chiffres annonciateurs ou pas d’une reprise sans que le lecteur moyen ne puisse, bien entendu, participer à ces débats autrement qu’avec ses états d’âmes qui l’habitent et son intuition souvent trompeuse.  

Mais le summum de l’utilisation à tort et à travers de chiffres et de statistiques, c’est sûrement le domaine des statistiques médicales ! Gerd Gigerenzer dans un passionnant article publié par le journal Cerveau et Psycho de Mai-Juin 2009, nous illustre avec quelques exemples limpides comment l’interprétation des chiffres en matière de santé est difficile et souvent très mal faite par des professionnels de santé, brillants spécialistes de leur domaine mais très souvent piètres statisticiens. Il démontre en particulier le danger d’utiliser des indices comme le taux de survie ou par exemple l’annonce du doublement d’un risque très faible dont les effets peuvent être au mieux trompeurs au pire désastreux en termes de santé publique.

Saviez-vous aussi par exemple que, dans une épidémie, plus le taux de mortalité est important plus la prévalence diminue rapidement une fois le pic de l’épidémie atteint ?

Dans le même ordre d’idée, Jeremy Singer-Vigne publie un article iconoclaste contre le sacro-saint IMC (indice de masse corporelle) classant les individus en maigre, de corpulence normale, en surpoids ou obèse alors que la morphologie et le sexe ont une influence importante sur la valeur de ce chiffre magique qui n’avait à l’origine qu’un objectif statistique.

Alors doit-on réclamer l’émergence de médiateurs de l’information chargés d’éclairer par des données chiffrées pertinentes comme le réclame Nicolas Vanbremeersch sur Slate.fr ? Cette expertise de l’information peut-elle être, parce qu’elle s’appuie sur des chiffres, aussi impartiale et incontestable que ça ? Et le serait-elle emporterait-elle notre intime conviction ?

La diversité, le débat contradictoire, la polémique parfois ne sont-ils pas, paradoxalement, les meilleurs garants d’une objectivité, d’une vision que chacun doit se construire en essayant d’extraire le signal du bruit médiatique ambiant ?

A vous de vous faire une opinion mais je ne vous donnerai pas de chiffres ni de statistiques pour autant !


Patrice Leterrier

1 août 2009

Fichier PDF

 

Partager cet article
Repost0
28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 17:26

Connexions Internet

F

rancis Pisani sur son blog Transnets au sous-titre prometteur "des gadgets aux réseaux" nous invite à vivre notre vie en béta perpétuelle...

Il ne s’agit pas de sa part d’une invitation à la contemplation béate du monde dans je ne sais quel monastère perdu quelque part sur les pentes népalaises ou tibétaines !

Il fait ici allusion aux sollicitations de plus en plus fréquentes de la part des éditeurs de logiciels pour tester à grande échelle leurs œuvres en version béta dont tout le monde sait qu’elle suit la version alpha et n’a rien d’une version oméga probablement jamais délivrée…

Une version béta n’est pas figée et l’objectif de l’éditeur sollicitant notre collaboration est d’éliminer -autant que faire se peut- les scories inévitables qui se sont glissées dans les millions de lignes de code de développeurs compétents mais humains…

Par analogie le blogueur constatant l’incomplétude structurelle de la connaissance et la nécessité de la concevoir à l’aire du numérique comme un continuum en perpétuel mouvement, nous propose de nous adapter à ces changements permanents pour en faire notre nouveau paradigme cognitif comme nous devons nous adapter aux continuels changements, pas toujours positifs, d’une version béta.

Le débat pourrait paraître celui d’un "aristonumérique" jonglant avec ses moultes prothèses communicantes, l’oreillette collée au pavillon et les yeux fixés sur son écran plat alors qu’il tapote fébrilement sur son clavier en attendant qu’il puisse parler directement à son ordinateur.

Voire ! La toile numérique mondiale n’est plus un espace confidentiel où quelques privilégiés échangeaient sur d’horribles claviers de télétypes recyclés de courts messages alphanumériques comme aux temps glorieux de l’origine du WEB.

A part quelques résistants dont certains font de leur décalage avec la technologie une posture à but plus ou moins lucratif, à part les exclus de la révolution numérique qu’il s’agisse de certains de nos ainés ou des pauvres qui ne peuplent pas seulement les pays pudiquement qualifiés d’"en voie de développement" alors qu’il sont en voie d’exclusion du grand banquet de la richesse mondiale, qui peut réellement aujourd’hui se passer de donner son adresse courriel en même temps que le numéro de son portable pour prolonger une connexion de visu avec quelqu’un ?

Dans l’étude que je citais hier de la sémillante professeur Tracey Shors, nous apprenions que tout nouveau neurone qui ne se serait pas connecter dans un délai d’une à deux semaines à ses voisins mourrait dans l’indifférence générale.

Il est probable qu’"homocybernitus" subirait le même sort social s’il refusait de coopérer avec ses amis, ses collègues de travail ou encore les communautés qu’il aurait choisi ou qui lui seraient plus ou moins imposées.

Certes la protection de la vie privée prend ainsi une dimension nouvelle et pose de vrais défis techniques, éthiques et politiques, certes la cybercriminalité a de beaux jours devant elle, certes la tyrannie de la technologie doit être combattue, certes la manne doit être justement répartie entre les fournisseurs de tuyaux et les créateurs autrement que par la stupide contrainte inutile, injuste et inefficace de l’Hadopi mais le monde a définitivement changé.

Ce n’est pas un hasard ni un détail si la blogosphère iranienne, que le pouvoir en place bloque avec des moyens fournis par Siemens et Nokia, est la troisième au monde !

Il est donc fortement probable qu’il devienne progressivement impossible de vivre une vie intellectuelle, sociale et culturelle pleinement remplie sans plonger sans complexe dans le monde du numérique.

Alors vive la prise qui connecte les hommes mais gare aux "cybernocutions"…


Patrice Leterrier

28 juillet 2009

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0
22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 17:32


N
otre pays se prépare à l’arrivée avec l’automne de la grippe A(H1N1) alors que nous vivons sous la tyrannie du principe de précaution détourné de son objet qui était de prévenir un "risque de dommages graves et irréversibles" selon les termes de la loi Barnier de 1995.
Il avait été officiellement entériné dans l’euphorie du sommet de la terre de Rio en 1992. Il visait à l’époque essentiellement la préservation de la diversité biologique avec le succès que l’on connaît du fait de l’indifférence générale sur le sujet.
Au nom de ce principe s’est développée une véritable paranoïa sécuritaire visant à éliminer tout danger putatif pouvant se cacher sournoisement dans les objets les plus usuels et les plus banaux que nous utilisons.
Par exemple dans le cas du téléphone portable, des experts plus ou moins qualifiés se déchirent sous fond d’arrière pensée médiatique et mercantile. Ils rivalisent de surenchère pour nous rassurer ou au contraire nous inquiéter allant jusqu’à comparer le risque à celui de l’amiante comme le fait le professeur Thierry Bouillet, cancérologue à l'hôpital Avicenne de Bobigny, dont je ne doute pas de la compétence en tant que… cancérologue. Rien n’y fait pour désamorcer l’inutile polémique ! Pas même les déclarations de l’Oms affirmant que le principe de précaution "ne saurait se transformer en machine alarmiste, surtout quand plusieurs milliards de portables sont utilisés dans le monde sans conséquences sanitaires apparentes depuis 15 ans."
Voilà que des bouteilles plastiques contenant du polyéthylène téréphthalate (c'est le nom savant du PET) provoquant chez des levures des changements de couleur et chez des petits escargots une fécondité deux fois inférieure à la normale déclenchent une panique et une jubilation des écologistes extrémistes défenseurs de l’eau du robinet dont on dénonce par ailleurs régulièrement les dangers.
Nous analysons, aseptisons stérilisons et désinfectons tout ce qui nous touche de prés ou de loin.
Coco Ballantyne, journaliste scientifique à New York nous rappelle pourtant, dans la revue Pour la Science, que le mieux est clairement l’ennemi du bien dans ce domaine de précaution aussi. Elle nous révèle que les savons "antibactériens" sont non seulement inutiles mais qu’ils favorisent en fait la résistance des bactéries et sont donc contreproductifs.
Et si Christophe Colomb avait appliqué le principe de précaution serai-il parti cap vers l’ouest à la recherche d’un continent ? Au nom du principe de précaution, Pasteur aurait-il inoculé treize fois en dix jours son vaccin au petit berger alsacien de Steige âgé de neuf ans, Joseph Meister, mordu l'avant-veille par un chien ? Et si le 3 Septembre 1928 Alexander Fleming, de retour de vacances avait jeté, selon toujours le même principe, les colonies cotonneuses d'un blanc verdâtre, souches d'un champignon microscopique, le penicillium notatum, qu'utilisait son voisin de paillasse, un jeune mycologue irlandais Charles J. Latouche, et qui avaient contaminées les staphylocoques qu’il cultivait ? Et si le Président américain John Fitzgerald Kennedy n’avait pas osé l’impossible, aurait-il précautionneux permis que le 21 juillet 1969 à 3h52 l'homme pose pour la première fois le pied sur la Lune ?
A vrai dire je me sens un peu désemparé devant tant de lumière sur des fausses certitudes et sur ces angoisses largement entretenues par les médias alors qu’un milliard d’humains souffrent de malnutrition et qu’un autre milliard sur les six qui peuplent la planète souffrent d’obésité dans une indifférence quasi générale !  
Martin Hirsch, l’ancien président d'Emmaüs France et le nouveau haut-commissaire à la Jeunesse, prés de dix jours après la publication de ses propositions pour refonder la politique en faveur des 16-25 ans, s’impatiente. Une grande partie de notre jeunesse en errance, un monde qui n’a pas de problème de nourriture mais qui est incapable ne nourrir correctement un humain sur six et qui nourrit mal un autre milliard, voilà de quoi mobiliser sans précaution inutile nos énergies pour faire que le 21ème siècle soit celui de l’espoir et de la dignité et qu’il continue d’être celui du génie humain toujours en quête de nouvelles découvertes au prix quelquefois d’un certain risque.

Patrice Leterrier  

22 juillet 2009

Fichier PDF

 

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 16:51


L
’adage populaire le clame presque comme un défi au sort : L’argent ne fait pas le bonheur !
Nos amis allemands disent "Geld macht nicht glücklich", les espagnols "el dinero no da la felicidad", et les anglo-saxons, qui ramènent tout à un business, prétendent que "money doesn’t buy happiness", ce qui veut dire que l’argent n’achète pas le bonheur.
Les Parisiennes, qui chantaient dans les années 60 sur la musique de Claude Bolling et dansaient sous la direction de Roland Petit, prétendaient que ce proverbe était un sacré mensonge.
Il est tout à fait clair que l’argent que l’on attribue sous forme de médaille au premier perdant d’une compétition fait rarement le bonheur de celui qui le reçoit encore tout dépité de sa défaite.
Il est au moins aussi limpide que celui, qui manque cruellement aux nécessiteux et à tous les exclus si nombreux du banquet de la terre, participe par son absence à leurs malheurs.
Mais voilà qu’une étude menée par le Professeurs Edward Deci et ses collègues de l'Université de Rochester (Etats-Unis), réalisée auprès de 147 personnes nous apprend que non seulement l'argent ne fait pas le bonheur mais qu’il aurait plutôt tendance à le faire fuir.
Ces chercheurs en psychologie distinguent deux types de motivation : une motivation dite intrinsèque qui vise à une pleine réalisation de soi comme être en bonne santé, avoir de bonnes relations avec son entourage etc…et une motivation dite extrinsèque de type "American Dream" qui aspire à "réussir", à devenir riches, célèbres ou atteindre un idéal physique de minceur par exemple ce qui n’est pas rien pour des américains dont un sur trois sont menacés d’obésité.
Les résultats sont sans appel : ce sont les égoïstes ambitieux et avides qui sont les plus malheureux et en moins bonne santé, envahis par l’anxiété, la colère et la tristesse.
En revanche, les altruistes poussés par une motivation intrinsèque sont épanouis par l’atteinte de leurs objectifs.
Ainsi la réussite ne suffit pas à rendre les gens heureux et il semblerait même qu’au contraire la quête incessante du toujours plus favorise l’apparition de pathologies.
Ces travaux convergent avec ceux de Sonja Lyubomirsky, professeur de psychologie à l’Université de Californie et auteur du livre The How of Happiness. Ils confirment que le bonheur est intimement lié à la poursuite (et l’atteinte) d’objectifs de réalisation de soi.
Cette étude complète aussi par une autre approche, une enquête de l’Insee. Elle démontrait que les périodes de plus grand bonheur ne coïncident pas avec celles de la plus grande aisance financière. Le bonheur, mesuré dans cette enquête par le sentiment de bien-être, culmine aux alentours de 70 ans, qui est en général une période de moins grande aisance matérielle, alors qu’il atteint son plus bas au summum de l’opulence matérielle et de l’activité professionnelle qui se situe entre 45 et 50 ans.
Au demeurant je continuerai peut-être, de temps en temps, à prendre un billet à l’Euro million, ne serait-ce que pour rêver quelques instants de toutes les formidables choses que je pourrais faire avec ce gros lot que tout le monde rêve de gagner.

Patrice Leterrier

16 juillet 2009
Fichier PDF
Partager cet article
Repost0