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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 18:25

journaux horloge


N

icholas Rough analyse l’équilibre économique à trouver pour la presse entre l’information gratuite - c'est-à-dire financée par les bandeaux publicitaires - et l’information payante sous différentes formes : à l’unité, abonnement, location à durée déterminée, couplage papier et électronique (PC, Smartphone ou tablette)…

Au cœur des expériences que mènent aujourd’hui les grands acteurs de la presse, il y a bien sûr la question du rapport du coût à la valeur.

La valeur en matière d’information est indissociable à celle du temps éminemment variable selon qu’il s’agit par exemple de celui d’un dirigeant pressé ou de celui d’un retraité plus ou moins nonchalant.

Outre la concurrence acharnée à laquelle se livrent les grands acteurs du paysage journalistique, la presse doit aussi faire face à celle des blogueurs qui proposent, souvent avec une certaine pertinence, des analyses dont certaines sont clairement libres de toute pression "lobbystique" mais qui ne sont par contre astreints à aucune déontologie ni sanctions qui menacent le journaliste peu scrupuleux de vérifier les faits qu’il rapporte.

L’internaute se trouve ainsi face à une surabondance de "gangues d’information".

Il reste à en extraire les pépites par raffinages successifs.

Cet épurement peut être obtenu par des moteurs de recherche comme google et/ou exploration des nombreux liens hypertextes dont sont aujourd’hui truffés les informations, par consultation des "productions" des blogueurs.

Tous ces outils permettent de confronter des opinions souvent très contrastées, parfois contradictoires.

Même si ce foisonnement rend théoriquement possible de se passer de la valeur ajoutée des analyses d’experts reconnus qui monnayent leurs apports, cela suppose que l’on soit à même de faire ce travail de sélection et de digestion c'est-à-dire d’avoir d’abord le temps, une certaine maîtrise des outils internet mais aussi une connaissance suffisante du domaine, ce qui ne peut être le cas pour toutes les nouvelles qui nous assaillent.

Il est à noter que même dans cette hypothèse, la confrontation avec des opinions pertinentes et patentées pourrait encore justifier que l’on sacrifie une certaine somme d’argent pour enrichir sa compréhension des faits.

Au centre du débat entre le gratuit et le payant, il y a donc la question fondamentale de la valeur attribuée à l’information, valeur certes liée au temps nécessaire pour rassembler les informations mais aussi à notre capacité ou non de savoir les relier dans une chaine de causalité pertinente.

Nicholas Rough note très justement qu’à la différence de l’offre de musique ou de vidéo, l’offre journalistique est un produit de consommation qui s’utilise comme un fruit que l’on mange qu’une fois pour le digérer plus ou moins bien…

Mais contrairement à la musique ou au film dont la valeur est directement reliée au plaisir attendu, l’information se mesure rarement, sauf peut-être pour la presse people, à l’aune du plaisir mais plus à celle de la soif de compréhension qu’il s’agisse d’intelligence économique ou de curiosité personnelle.

Le défi pour la presse en ligne semble donc de savoir retenir l’attention de l’internaute par la qualité de sa vitrine, en général gratuite, pour qu’il ait envie d’aller plus loin et de gagner du temps en franchissant le paywall (mur à péage) acceptant ainsi de dépenser un peu d’argent pour lire les analyses qui restent parmi les contributions les plus nobles du journaliste.

La noblesse de la presse n’est-elle pas plus dans la tradition d’un Emile Zola publiant le 13 Janvier 1898 son J’accuse dans l’Aurore que dans la transmission d’informations qui font l’objet d’avalanches d’images et de commentaires sur internet, à la radio ou à la télévision ?


Patrice Leterrier 

16 Septembre 2011

 

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 11:43

Ipad 1


N

ous avons eu enfin droit, après de folles rumeurs soigneusement entretenues, à l’annonce tant attendue par la presse de l’Ipad d’Apple.

La mise en scène de Steve Jobs était impressionnante de simplicité et d’efficacité.

Le fondateur d’Apple, en jeans et col roulé noir trop large, rappelant indirectement la terrible lutte qu’il mène depuis maintenant six années contre la maladie et qui force le respect, découvrant nonchalamment l’appareil pour le montrer à son public, conquis d’avance, était un chef d’œuvre d’intelligence marketing.

On aurait d’ailleurs tendance à plutôt dire l’Ipad de Steve job tant le charisme et l’empreinte de ce talent hors du commun est forte sur le renouveau incroyable de cette marque.

Dans une chronique intitulée l’Ipad ou l’hypermédia, Jacques Attali souligne qu’il n’ya aucune innovation technologique majeure dans cet Ipod de la taille d’un cahier d’écolier.

Ceci reste tout de même à voir au niveau du logiciel de ce produit à l’ergonomie époustouflante mais il est vrai que comme dans le cas de l’Iphone ou de l’Ipad, la firme de Cupertino fondée il y a 34 ans – exactement le 1 Avril (ça ne s’invente pas..) 1976 - par Steve Wozniak, Steve Jobs et Ron Wayne s’illustre plus par un talent marketing et un art consommé de l’assemblage de technologies venues d’ailleurs que par des innovations marquant une rupture avec l’existant.

Il n’y a qu’à regarder le tout nouveau Système 7 de Microsoft pour s’apercevoir à quel point Apple fait la course en tête en matière d’ergonomie.

C’est probablement sur ce terrain que se jouera l’avenir des tablettes comme l’Ipad et d’autres qui suivront probablement.

On se rappelle que Microsoft avait déjà essayé d’imposer sans succès sa PC-Tablet en 2001 et certains se souviendront de l’étonnante démonstration de l’Expansive Tablet faite par Bill Gates en personne en 2007.

Dans la liste de ceux qui n'ont rien innové mais tout simplement inventé des objets qui ont révolutionné notre environnement on peut rajouter le peintre Samuel Morse qui n'a inventé ni le télégraphe précédé par le français Claude Chappe, dont le principal apport était l’organisation d’un réseau terrestre de transport d’informations, ni le télégraphe électrique qui doit beaucoup plus aux travaux de savants comme André Marie Ampère, ni même d’ailleurs l’alphabet qui porte son nom dû à Alfred Lewis Veil.

Le génie de Samuel Morse fût de concevoir un appareil simple à fabriquer et surtout de convaincre le congrès américain de financer la première ligne télégraphique entre Washington et Baltimore distant de 60 Km.

Plus récemment comment ne pas se souvenir de l’histoire du premier PC commercialisé par IBM et dont le système d’exploitation fut confié en 1981 à un jeune bricoleur nommé Bill Gates qui s’empressa d’acquérir les droits d'exploitation de 86-DOS à la société Seattle Computer Product (SCP) et de refuser le paiement cash d’IBM pour demander des royalties sur les ventes. Il s’agissait pour les grands stratèges d’IBM de ne pas déranger, ne serait-ce que quelques heures, les ingénieurs de Poughkeepsie en charge des systèmes d’exploitation des énormes calculateurs historiques de la firme. Ces ingénieurs de talent étaient probablement parmi les meilleurs experts au monde dans ce domaine. On connaît la suite….

L’histoire nous dira si l’Ipad, dont le nom est déjà raillé sur twitter en Itampon ( Pad signifie tampon féminin), marque une virage radical dans la diffusion des imédias qui suivront ou le premier flop d’Apple depuis le retour de son mythique fondateur.


Patrice Leterrier

28 janvier 2010

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:16

copenhague 2009


U

ne fois de plus l’ONU, le "machin" comme l’appelait Charles de Gaulle, a montré au monde consterné ses pitoyables limites.

Incapable de faire régner la paix dans le monde, d’empêcher le génocide rwandais, l’aventure irakienne, le désastre au proche Orient, cette organisation, née à la fin de la deuxième guerre, a montré à Copenhague sa faiblesse et en l’occurrence son incapacité à faire régner la paix et la justice écologique sur la planète.

Les chinois ne voulaient pas que l’on puisse vérifier ce qu’ils font chez eux.

Barak Obama semble de plus en plus coincé entre les puissants lobbies américains et son opinion publique très sceptique sur les conséquences du réchauffement et surtout sur l’origine anthropique du phénomène.

Mais il y avait eu toutes ces déclarations de bonnes intentions, ce petit jeu du "plus écolo que moi tu meurs", cette réunion unique de 130 chefs d’états et un espoir fou que les grands de ce monde puissent se montrer aussi empressés pour la planète qu’ils l’avaient été quand il s’agissait de sauver le système financier à la dérive.

Hélas ce qui était encore il y a quelques jours un espoir se traduit par une bouillie diplomatique insipide concoctée à la dernière minute, derrière des portes closes, en contradiction avec les règles multilatérales des Nations Unies, par les Etats-Unis, la Chine, l'Inde et l'Afrique du Sud rejoint par le Brésil et l'Europe en désespoir de cause. Ils sont certes les principaux émetteurs de gaz à effet de serre (Ges).

Ce texte de trois pages est un engagement sans contrainte de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport au niveau préindustriel. Les pays les plus industrialisés se sont par ailleurs engagés à verser une aide d'un montant total de 30 milliards de dollars d'ici à 2012 aux pays les plus vulnérables au réchauffement climatique.

Dont acte mais on connaît la portée de ce genre de document comme par exemple les engagements du millénaire sur l’éradication de la faim dans le monde.

Le délégué du petit archipel de Tuvalu, dans le Pacifique sud, directement menacé par la montée des eaux liée au réchauffement de la planète parle d’"une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir".

Les Maldives crient leur désespoir devant la perspective d’être rayées de la carte.

Le soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, qui préside le G77 (130 pays en développement), parle "du pire accord sur le développement et le changement climatique de l'histoire" et met en doute que l’Inde et la Chine membre du G77 aient signé ce texte.

Cuba fustige Barak Obama, qui se conduit selon eux comme "le chef d’un empire" et qui part en douce après avoir annoncé un accord qui n’existe pas.

Après une nuit de confusion où le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, épuisé, a donné la parole à des délégués furieux dénonçant cet accord conclu dans leur dos, la conférence a "pris note" ce matin de l'Accord de Copenhague, adopté la veille par 28 pays industrialisés et émergents. Un terme juridiquement et politiquement moins engageant qu'une adoption formelle par consensus.

Quant à notre délégation, qui s’était voulue en pointe pour imposer un nouvel ordre écologique au monde, elle repart sans avoir réussi ni à imposer les contrôles indispensables, ni la réduction de 30% d’émission de Ges pour l’UE en 2020, ni la taxation des transactions financières après des annonces confuses et contradictoires.

Mais au fond doit-on vraiment s’étonner que ces dirigeants soient aussi égoïstes que leurs électeurs et qu’ils ne se sentent pas plus solidaires des générations futures qu’ils ne le sont dans les faits des pays pauvres écrasés par la marchandisation de l’agriculture ?

Une fois de plus le paiement de la dette écologiste est reporté à plus tard. Elle coûtera infiniment plus cher à supposer qu’elle puisse être honorée.


Patrice Leterrier

19 décembre 2009

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 22:39


A

u moment où Barak Obama se heurte à la difficile tâche de dépasser le stade de discours novateurs, au moment où il doit négocier des dossiers aussi difficiles que ceux de la réforme du système de santé américain ou encore ceux brûlants du Proche-Orient, de l’Afghanistan, de l’Irak ou encore celui hautement sensible du nucléaire iranien, était-il vraiment nécessaire ni même utile ni encore opportun d’ajouter le poids d’une icône à porter à sa difficile tâche ?

Il a, jusqu’à présent il est vrai, beaucoup et bien parlé comme au Caire. Mais n’attend-on de Barak Obama plus, à savoir  qu’il fasse enfin de la politique au sens noble c'est-à-dire qu’il transforme ses idées nouvelles, généreuses et porteuses d’espoir en actes ?

Le monde n’espère-t-il pas comme un espoir fou qu’il ajoute une pierre décisive à la paix dans le monde en faisant aboutir des négociations qui s’annoncent longues, difficiles et risquées ?

L’académie suédoise, en couronnant l’ancien président Jimmy E. Carter ou l’ancien vice-président Albert A. Al Gore ou encore Mohammed el-Baradei, avait montré sa réprobation envers la vision manichéiste de Georges Bush.

Si on s’en tient au testament d’Alfred Nobel, le prix Nobel de la paix doit en principe récompenser  "la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix".

La récompense attribuée à Barak Obama ne répond pas à cette définition mais sonne plutôt comme un pari, une marque de confiance, un espoir peut-être aussi fou que celui qui prévalut à la distinction du trio Yaser Arafat- Itzhak Rabin et Shimon Pérès, en 1994 alors que quinze ans après la violence, la haine et l’incompréhension continuent de gangréner cette région qui ne cesse de souffrir de la folie des hommes.

Itzhak Rabin a payé de sa vie son courage politique, assassiné par un extrémiste israélien le 4 Novembre 1995, Yasser Arafat s’est éteint le 11 novembre 2004 à l’hôpital militaire de Percy à Clamart. Le seul survivant du trio, le président Shimon Pérès a déclaré à l’annonce de cette récompense frappant de surprise Barak Obama "Vous avez apporté à l'humanité toute entière un nouvel espoir [...]. Sous votre leadership, la paix est devenue une vraie priorité".

Fort bien ! Si on ajoute la consécration que salue Nicolas Sarkozy du "retour de l'Amérique dans le cœur de tous les peuples du monde", les chancelleries rivalisent en qualificatifs flatteurs pour saluer cet événement.

Mais en couronnant si hâtivement Barak Obama, l’académie Nobel ne le gêne-t-elle pas potentiellement ?

N’est-il pas ainsi condamner à rester une icône alors qu’il doit gérer de bien difficiles dossiers avec ce qu’il faut de pragmatisme, de fermeté, potentiellement de démonstration de force et même parfois d’un certain cynisme pour parvenir à ses fins ?

On peut déjà voir l’utilisation boomerang qui peut être faite de cette distinction avec la réaction d’Ali Akbar Javanfekr, conseiller du président Mahmoud Ahmadinejad  qui déclare : "Nous espérons que cela (la récompense) l'incitera à emprunter la voie qui apportera la justice dans le monde. (…) Nous ne sommes pas contrariés et nous espérons qu'en recevant ce prix, il commencera à entreprendre des démarches concrètes en vue de mettre fin à l'injustice dans le monde."

Barak Obama a bouleversé le langage de la diplomatie américaine empêtrée dans la vision du bien et du mal de son prédécesseur. Il n’a pour l’instant pas obtenu grand-chose en retour de cette ouverture, si ce n’est ce prix.

Pour autant ce n’est pas une raison de renoncer à l’espoir d’un vrai changement et au fond c’est le message de l’académie Nobel au monde.


Patrice Leterrier

10 Octobre 2009

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 20:24


B

arak Obama, s’exprimant à l'université du Caire devant près de 3 000 invités, a déclaré que "le cycle de la méfiance et de la discorde devait s'achever" et que le nouveau départ devait être fondé "sur cette vérité que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas".

Les analyses fusent. On peut lire par exemple "l’erreur du Caire" sous la plume de Lee Smith(1) et à l’opposé "le pouvoir des idées" selon Jean-Marie Colombani.

Les congratulations des chancelleries sont presqu’unanimes, y compris celle d’Israël qui déclare espérer que ce discours "conduira de facto à une nouvelle réconciliation entre le monde arabo-musulman et Israël".

La France, pour sa part, salue sous la plume du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevallier, ce discours en déclarant : "Il montre des Etats-Unis d'Amérique résolument tournés vers le dialogue, la tolérance, le respect mutuel, le refus de toute perspective de tensions entre cultures, entre civilisations".

Il y a donc un consensus pour interpréter ce discours comme la volonté nouvelle affichée par le Président américain d’ouvrir une nouvelle ère entre les musulmans et les Etats-Unis en tournant résolument le dos à la croisade entre les forces du bien et du mal de son prédécesseur.

La formulation est clairement ambigüe (ça c’est un vrai oxymore…) dans la mesure où il est bien difficile d’identifier politiquement le monde musulman sauf à le restreindre de façon caricaturale aux états islamiques ou organisations islamistes. Ce n’est en tout cas sûrement pas une marque de faiblesse face aux tenants du radicalisme anti-américain comme Al Qaïda qui, la veille de l’arrivée de Barak Obama en Arabie Saoudite, dénonçait les "messages de sang" laissés derrière eux par les militaires américains.

Mais au fond, plus que de savoir si Barak Obama a les moyens de ses ambitions diplomatiques, ce qui ressort d’abord et éclate aux visages des commentateurs c’est l’incroyable liberté de ton et la modernité du discours de Barak Obama.

C’est le même homme qui brave sans arrière pensée le puissant lobby juif en tenant tête fermement face à Israël.

C’est le même homme qui ose sans complexe ouvrir le voile sur les pratiques inavouables de son prédécesseur dans le camp de Guantanamo.

C’est aussi celui qui critique qu'un pays occidental (suivez mon regard…) "dicte les vêtements" qu'une musulmane "doit porter", ajoutant en affirmant qu'"on ne doit pas dissimuler l'hostilité envers une religion devant le faux semblant du libéralisme".

Sans tomber dans l’Obamania délirante et un peu romantique qui suivit son élection, on ne peut que se réjouir de la liberté de ton et de l’engagement du président américain pour diminuer les tensions entre l’occident et le monde musulman, si ce mot a un sens depuis la disparition du dernier califat définitivement aboli par Mustafa Kemal Atatürk le 3 mars 1924.

Il n’est d’ailleurs que voir les recherches et réflexions menées par son entourage sur la mise en place des sites présidentiels sur internet. On peut y voir clairement la volonté de s’éloigner du style compassé des communiqués de “relations publiques” et d’adopter un ton plus personnel, plus direct, plus "Web 2.0".


Patrice Leterrier

4 juin 2009

 

(1) Lee Smith est membre du Hudson Institute de Washington.

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 21:33


Davis Troy

D

avis Troy n’aura pas droit à un nouveau procès. Il a été condamné en 1991 pour le meurtre supposé mais jamais prouvé d’un policier blanc de 27 ans, Mark MacPhail, sur un parking d'un Burger King à Savannah dans l'état américain de Géorgie dans la nuit du 19 août 1989. Sur neuf personnes ayant témoigné, sept se sont depuis rétractées, assurant avoir fait l'objet de pressions de la part des policiers juste après les faits. L'arme du crime n'a jamais été retrouvée, ni aucune empreinte digitale ni trace ADN. Un autre homme, témoin à charge dans le procès contre Troy Davis, se serait même vanté ensuite d'avoir tiré ce soir-là sur la victime. Hier, une cour d'appel américaine a rejeté son appel. L'exécution de Davis Troy est toutefois suspendue pour 30 jours car il peut faire appel devant la Cour Suprême. Lors d'un arrêt rendu, la cour d'appel fédérale d'Atlanta (Géorgie) a estimé, par deux juges contre un, que Troy Davis n'avait pas fourni "des éléments suffisamment convaincants pour démontrer son innocence et nous obliger à agir". Beaucoup de leurs arguments se basent sur des problèmes de dépassement de délais pour le dépôt d'appels ou de recours. La troisième juge, Rosemary Barkett, en désaccord avec les deux autres, a affirmé que "le fait d'exécuter Davis, alors qu'il y a un volume significatif de preuves qui pourraient établir son innocence, est inconcevable et anticonstitutionnel". L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a regretté cette décision, qualifiée "d'entrave à la justice, qui pourrait conduire à l'exécution d'un homme qui présente de fortes probabilités d'innocence".C’est au moins la quatrième fois que ce condamné à mort obtient un sursis avant son exécution. Par trois fois, il a appris une suspension de l'exécution quelques heures avant l'injection mortelle. "La décision d'aujourd'hui est un affront aux droits de l'homme et démontre que les détails techniques sont devenus une dangereuse excuse qui affaiblit l'exigence de justice", écrit Larry Cox, directeur d'Amnesty international USA. La peine de mort est sérieusement mise en question aux Etats Unis du fait de son coût. Le 18 février, le journal le monde nous apprenait que "La condamnation à mort coûte en effet parfois jusqu'à dix fois plus cher que la condamnation à la prison à vie. Outre un procès plus complexe et plus long, les procédures d'appel durent des années et, la plupart du temps, les condamnés sont défendus par des avocats payés par l'Etat. Entretenir un couloir et une chambre de la mort est aussi plus onéreux en termes de surveillance notamment". Mais même si on peut se scandaliser des raisons de cette mise en question de la peine de mort, même si pour ces raisons Davis Troy est probablement un des plus onéreux des condamnés, même s’il échappe encore une fois à l’exécution, il reste que cet homme est depuis presque 20 ans en Prison pour un  crime qu’il n’a probablement pas commis. Barak Obama serait bienvenu de s’occuper de ce scandale plutôt que de nous parler de son chien qui alimente la presse américaine.


Patrice Leterrier

17 Avril 2009

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 19:48

P

uis-je vous avouer que je suis presque pris soudain d’une Obamallergie. Car enfin ne nous y trompons pas! Barak Obama n’est ni un Dieu, ni le christ ni même l’abbé Pierre. C’est un avocat américain ex-sénateur démocrate de l’Illinois qui navigue adroitement dans le marigot politique américain où il y a beaucoup plus de requins et de barracudas que de carpes. Certes le pire n’étant jamais vraiment décevant, l’Amérique avait touché avec Georges W Bush un tel abysse de médiocrité, d’erreurs historiques et de cynisme masqué sous un torrent de bons sentiments dégoulinant de morale à trois balles et manichéens à souhait qu’à part l’élection d’un vieillard vétéran rescapé d’un autre temps – je parle de Mc Cain bien sûr - il ne pouvait vraiment rien arriver de pire aux américains après un tel désastre. Mais pourquoi cet engouement hystérique pour Barak Obama en France? Parce qu’il a honteusement piqué toutes ses idées à Ségolène Royal comme elle l’affirme dans le très sérieux journal Le Monde? N’en déplaise à l’ex-futur Présidente, sans faire un crime de lèse royauté, je me permets de dire que je n’y crois pas une seconde. Parce qu’il a un taux de mélanine un peu supérieur à celui d’un viking? Probablement que la symbolique d’un président métis à la peau noir, un bronzé comme dit par provocation Silvio Berlusconi, joue son rôle dans cette nouvelle religion épousée sans réticence par les médias. La gueule de bois des lendemains qui déchantent risque d’être à la hauteur de l’engouement fantastique que cette prise de pouvoir provoque. Chacun attend la petite phrase qui viendra trôner au Panthéon des vérités éclairant l’avenir comme le "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays" de J.F Kennedy. Quelque soit l’enthousiasme et l’énergie de ce bel esprit impressionnant, Barak Obama n’est pas un magicien. La tâche qui l’attend est gigantesque et les espoirs qu’il porte sont démesurés et souvent totalement irréalistes tant les fondamentaux du partie démocrate sur les grands sujets du monde ne sont pas si différents au fond de ceux défendus par Georges W. Bush. Il ne s’agit bien sûr pas dans cette crise d’allergie médiatique à l’Obamania de ne pas se réjouir du changement. Il ne s’agit pas par exemple de le qualifier, comme l’intellectuel américain Noam Chomsky, "du moins pire des deux maux". Mais Barak Obama, tout talentueux et tout désireux de changer les choses qu’il soit, ne pourra pas réaliser de miracle. Il est peu probable par exemple, même si c’était une divine et délicieuse surprise, qu’il puisse libérer totalement la politique américaine de l’influence de l’American Israël Public Affairs Committee devant lequel il a d’ailleurs promis en Juin 2008 son soutien à Israël en s’engageant à "aider Israël dans sa recherche de partenaires crédibles avec qui faire la paix" tout en le protégeant "contre les ennemis jurés à sa destruction". Bien sûr, l’histoire retiendra qu’aujourd’hui les Etats Unis d’Amérique ont officiellement un président à la peau noire qui porte l’espoir d’un renouveau et surtout pour nous celui d’une plus grande écoute du reste du monde. Mais ce serait injuste à son égard d’attendre qu’il puisse en un instant bouger toutes les lignes et bousculer les pesanteurs si influentes de la société américaines. Bonne chance à l’Amérique de Barak Obama et à bas l’obamania qui est l’une des pires caricatures de la médiacratie dominante.

Patrice Leterrier

20 janvier 2009

 

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