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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 22:22

L

es armes se sont tues à Gaza. Personne ne sait pour combien de temps puisque même pour arrêter de se battre ni le Hamas ni Israël ne sont parvenus à se mettre d’accord déclarant des cessez le feu unilatéraux presque concomitants. Quel spectacle désolant que de voir deux peuples, qui ont tant souffert, se déchirer alors que leur destin incontournable est de vivre côte à côte sur cette terre chargée d’histoire. Et pourquoi l’ombre de l’holocauste vient-il en permanence troubler un débat qui devrait être celui d’une double reconnaissance ferme et définitive du droit d’Israël à exister et de celui des palestiniens à avoir un territoire à eux et un état reconnu? Il ne s’agit évidemment pas de nier la réalité atroce du crime des nazis ni encore moins de l’oublier mais plus d’un demi-siècle après la fin des faits, il semble possible d’exprimer sa réticence voire son indignation devant les milliers de victimes civiles palestiniennes sans être soupçonné d’un antisémitisme primaire ou pire encore d’être assimilé à ces délabrés abjects et dérisoires de la mémoire que sont les négationnistes. Est-ce se montrer amnésique de l’histoire cruelle des juifs que de ne pas approuver les actions militaires de l’état hébreu légitimées par une équation fondamentalement raciste qui veut qu’un mort hébreu pèse environ 100 morts palestiniens? Est-ce faire preuve de cynisme macabre que d’évoquer les arrière-pensées politiciennes qui animent les dirigeants israéliens à la veille d’échéances électorales? Il est tout aussi illusoire de penser que l’anéantissement du Hamas  ne soit ni tolérable ni possible que de continuer de nier le droit d’exister à Israël. Cette guerre inutile et sanglante n’a aucune chance de déboucher sur une victoire militaire. Elle renforce sans aucun doute le poids du Hamas et probablement annonce un retour en force de la droite au pouvoir en Israël. Elle éloigne donc encore les chances d’un règlement entre les deux parties. Elle consolide durablement la haine des uns et l’autisme des autres. Il n’est pas réaliste de penser que ce conflit puisse se régler entre israéliens et palestiniens sans une volonté forte des états unis, de son nouveau président – qui sera investi dans des pompes sans précédent demain et dont on attend probablement trop sur ce dossier aussi! Et pourtant seule la volonté forte et affichée de la communauté internationale pourrait ramener à la raison les deux camps et permettre un règlement de ce conflit interminable. Est-ce trop attendre de la communauté internationale, qui avait su imposer l’état d’Israël en 1947, qu’elle impose - sans plus attendre d’interminables négociations qui n’ont aucune chance d’aboutir à un résultat - une coexistence pacifique des deux communautés dans des territoires reconnus et garantis? En gagnant la guerre de Palestine de 1948, l’état d’Israël avait conquis par la force 81% de la Palestine de 1947. Il n’est pas déraisonnable de penser que des territoires puissent être rendus aux palestiniens. Jeter des cocktails Molotov sur des synagogues n’est pas de même nature que de juger sévèrement les actions militaires de l’état hébreu ni de déplorer le poids excessif de la diaspora juive sur la politique américaine.. Mettre en avant l’holocauste pour justifier l’injustifiable est indigne et ne sert pas la cause d’Israël.

Patrice Leterrier

19 janvier 2009


 

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 09:36

 


 

S

elon un sondage anglais qui a interrogé 1000 femmes de toutes les tranches d’âges, elles s’inquiètent d’abord à 50 % pour leur poids avant tout autre problème médical. Vieillir est leur seconde peur et en troisième vient le stress, loin devant le cancer, les problèmes cardiaques et l'infertilité. Une étude sur les mêmes (ou d’autres) femmes anglaises indique que sur une semaine, 60 % des femmes portant du 38 ont fait l'amour, contre 50 % des femmes portant du 42. Elle met également au jour que des personnes se disant obèses n'ont pas eu de relations sexuelles pendant plus d'un an, de peur d'être vues nues. De même, 12 % des personnes dont l'indice de masse corporelle est élevé ont avoué ne pas avoir eu de rapports sexuels pendant un an ou plus. On pourrait par inférence tirer la conclusion que les femmes inconsciemment ont peur de moins faire l’amour et donc ont peur d’abord de grossir….Elémentaire mon cher Watson ! Encore faut-il que le partenaire de madame éprouve lui aussi suffisamment de désir pour satisfaire les légitimes envies de sa partenaire. Et c’est là ou la nouvelle qui nous parvient aujourd’hui est de la plus haute importance. Elle nous vient cette fois de la capitale de la valse, Vienne qui est aussi la ville où le cher docteur Sigmund Freud exerça ses talents et bâtit les fondements de la psychanalyse. Une étude menée par les chercheurs de l'université médicale de Vienne est formelle : jardiner améliore les performances sexuelles des hommes. Trente minutes hebdomadaires de travail dans le jardin suffiraient pour améliorer grandement les performances masculines sous la couette (ou bien ailleurs va-t-on savoir avec cette foutue fantaisie des fantasmes…). Creuser, semer ou remuer la terre réduirait les risques d'impuissance d'un tiers. L’étude menée montre également que d'autres formes d'exercices modérés comme la danse ou le vélo ont le même effet sur la libido masculine. Les résultats seraient assez spectaculaires puisque selon les chercheurs les hommes qui passent plus de temps à cultiver des légumes pourraient réduire de moitié leurs risques d'être impuissants. Les médecins devraient utiliser ces découvertes pour encourager leurs patients à faire plus d'activités physiques et à adopter un mode de vie plus sain car outre le bien connue effet du sport modéré sur le système cardiovasculaire voilà maintenant qu’il peut aussi jouer le rôle de Viagra naturel. Donc messieurs il n’y a pas de doute et inutile d’esquiver le problème : A vos bêches, à vos pelles, sautez sur vos selles de vélo. Vous pouvez aussi vous précipiter dans les cours de danse. Cela aura un double avantage : Vous pourrez y pratiquer cette activité préparatoire à vos exploits sexuels et en plus repérer les femmes qui portent du 38. J’ai pris aujourd’hui le parti de rire de l’actualité car les nouvelles qui nous viennent manquent tellement d’humour qu’elles pourraient presque nous faire oublier que nous sommes des privilégiés. Il convient donc d’éviter de sombrer dans la sinistrose ambiante, non pas pour renoncer au combat pour plus de justice, plus de paix, moins de morts, moins de faim dans le monde et autres balivernes inacceptables qui pourrissent notre planète, mais pour éviter d’avoir à évoquer, pour parler de l’état désastreux du monde, Alfred de Musset qui écrivait à propos du théâtre de Molière :

"Quelle mâle gaieté, si triste et si profonde

Que, lorsqu'on vient d'en rire, on devrait en pleurer !"

Patrice Leterrier

16 janvier 2009


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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 11:39

C

andide, épouvanté, interdit, éperdu, tout sanglant, tout palpitant, se disait à lui-même : « Si c’est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ? Passe encore si je n’étais que fessé, je l’ai été chez les Bulgares. Mais, ô mon cher Pangloss ! Le plus grand des philosophes, faut-il vous avoir vu pendre sans que je sache pourquoi ! Ô mon cher anabaptiste ! Le meilleur des hommes, faut-il que vous ayez été noyé dans le port ! Ô Mlle Cunégonde ! La perle des filles, faut-il qu’on vous ait fendu le ventre ! » Il s’en retournait se soutenant à peine, prêché, fessé, absous et béni, lorsqu’une vieille l’aborda et lui dit : "Mon fils, prenez courage, suivez-moi.". Cet extrait du Candide de Voltaire pour illustrer la finesse, la variété, le rythme incomparable de la langue française et surtout la magie de la lecture. Cette magie qui nous faisait écouter, devant le poste TSF à la petite lumière verte vacillante en façade, les feuilletons radios qui nous passionnaient enfants. Nous dégustions comme des friandises les mots qui faisaient des phrases, les phrases qui faisaient des actions, les actions qui faisaient des intrigues. Chacun avait son imaginaire, sa couleur à lui, chacun s’identifiait à sa manière à tel ou tel personnage pour mieux ressentir l’émotion, pour mieux sentir les odeurs ou voir les images que la voix chaude et grave du narrateur suggérait avec tant de force et de précision.  Oh bien sûr nous ne saisissions pas tous les mots raffinés ni toutes les tournures de l’écrivain mais c’était encore une raison de plus à notre gourmandise. Elle nous donnait ainsi le prétexte pour plonger dans le dictionnaire, pour s’enrichir d’une des perles de la langue française. Et de perle en perle, le collier qui se confectionnait ainsi dans notre jeune cerveau nous donnait la joie de varier l’expression pour essayer de coller aux sentiments et nous inciter un peu plus à plonger dans la lecture des grands auteurs. Aujourd’hui les enfants sont livrés sans défense à la tyrannie de l’image : images de la télévision, images des consoles de jeux, images de téléphones portables. Ils ingurgitent des quantités monstrueuses de feuilletons au mieux inoffensifs au pire violents, ils entendent des dialogues d’une pauvreté à faire retourner dans sa tombe un Jacques Prévert ou même un Michel Audiard qui pourtant avait sacrément secouer le cocotier de la grammaire traditionnelle. On abandonne les enfants face à des images qui vont trop vite pour qu’ils puissent les assimiler, ou qui les excitent car ils n’arrivent pas à leur trouver un sens. On renonce à leur faire découvrir le plaisir solitaire de la lecture, le délicieux travail de l’imaginaire, la délectation d’une discussion qui permet ce lent chemin vers la maturité. Dans un article publié sur Lacroix.fr, Christine Legrand cite la psychanalyste Martine Fourré : "la principale conséquence de l’intrusion de ces images dans le vécu sensoriel des enfants, c’est que les parents, les éducateurs sont délégitimés dans la transmission des savoirs". Mais n’y a-t-il pas d’abord et avant tout une démission des parents eux-mêmes contaminés par la tyrannie cathodique? Une sorte de facilité coupable dans laquelle ils s’installent en maugréant contre cette télévision qu’ils s’empressent de regarder en lieu et place d’autres activités à partager en famille. On a focalisé le débat sur les dangers de la télévision autour de la violence sans prendre garde que ce monde tout image qui est maintenant celui des enfants avait aussi comme conséquence l’appauvrissement dramatique du langage et de l’apprentissage de la culture. Alors devra-t-on en venir après l’interdiction du tabac presque partout à celle des jeux vidéo et de la télévision pour les enfants? Non! Bien sûr, mais peut-on rêver d’un peu plus de mesure, d’un sursaut des parents redécouvrant les belles vertus de l’autorité et surtout celles du dialogue avec leur progéniture pour parler d’autres choses que des mérites comparées des derniers candidats de la Star’Ac?

Patrice Leterrier

14 janvier 2009

 

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 11:34

L

e 13 Janvier 1898, Emile Zola publiait à la une de l’Aurore son célèbre article J’accuse où il dénonçait les officiers français et les experts coupables ou complices de ce qui allait se révéler comme une des plus célèbres erreurs judiciaires en France et provoquer un séisme antisémite dans le pays. Cet article valut à Emile Zola d’être condamné d’une part à un an de prison et 3 000 francs d'amende pour ses attaques contre l'état-major et d'autre part à un mois de prison et 1 000 francs d'amende pour sa dénonciation des trois pseudo-experts, dont chacun devait recevoir 10 000 francs de dommages-intérêts. Emile Zola s’exila en Angleterre pour éviter la prison. La France en cette fin de 19ème siècle se trouva coupée en deux entre les dreyfusards et les antidreyfusards. Des violences antisémites éclatèrent dans plus de vingt villes françaises. Il y eut même plusieurs morts à Alger. On est aujourd’hui atterré par la bassesse des caricatures de l’époque comme par exemple celle reproduite ici. Elle est l’œuvre de Caran d’Ache, de son vrai nom Emile Poiré, dans Psst. La légende d’une grande finesse "la vérité sort de son puits" se passe de commentaire. Il y avait aussi celles que l’on trouvait dans la publication d’Edouard Drumont La libre Parole qui rependait un fiel immonde fait d’un mélange d’antisémitisme, de xénophobie, de populisme et d’antiparlementarisme. Aujourd’hui la Palestine est en flamme victime de l’impossibilité du dialogue entre le Hamas, qui refuse l’existence même d’Israël, et Israël qui se drape dans son droit de se défendre pour ensanglanter la bande de Gaza avec ce qu’elle appelle pudiquement les effets collatéraux sur les civils. En France ce regain de violence donne lieu à des manifestations pro palestiniennes qui n’ont rien de la neutralité pacifiste souvent mise en avant par les organisateurs. Et on assiste aussi à des actions antisémites, comme l’attaque aux cocktails Molotov contre le centre communautaire juif Ohr Menahem et la synagogue à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, qui rappellent les pires heures de notre histoire. Dans le Figaro d’hier Gilles Bernheim, le grand rabbin de France écrit: "Ma compassion, comme celle de tous mes coreligionnaires, s'étend aux populations civiles palestiniennes" mais il s’empresse d’ajouter "et je regrette que les guerriers du Hamas soient entrés dans une folie meurtrière qui les dépasse et les broie", ce qui – sans juger de la pertinence de l’analyse - est clairement une prise de position en faveur de l’état d’Israël. La France compte environ  600 000 juifs et quelque 6 millions de musulmans. Le drame serait qu’ils soient, les premiers des inconditionnels de la cause de l'état hébreu, les seconds des défenseurs fanatiques du Hamas. Que l’on ne nie pas le droit à Israël d’exister ni celui des Palestiniens d’avoir enfin un état à eux paraît, vu de ma petite lucarne, une telle évidence que tout ce qui se passe aujourd’hui prend un tragique aspect d’absurdité criminelle. Il est clair qu’un des dangers de cette période d’embrasement, c’est aussi de faire renaître l’antisémitisme qui sommeille mais se refuse à mourir dans la société française. Le risque est tout aussi grand de provoquer le déchainement d’un racisme anti maghrébin toujours latent chez certains de nos compatriotes. En ce jour d’anniversaire de la parution du J’accuse de Zola, puisse sa recherche courageuse de la justice nous éclairer pour éviter une scission de l’opinion sous fond de racisme et d’antisémitisme. La prise de fonction de Barak Obama sifflera probablement la fin de la récréation pour la diplomatie française dont la tentative de règlement de ce conflit ne pouvait aboutir. Peut-on espérer que Barak Obama ne nous décevra? Peut-on rêver qu’il ne revête pas les habits systématiquement pro-israéliens de son prédécesseur? Ce serait un vrai changement et un véritable espoir pour cette région depuis si longtemps à feu et à sang.

Patrice Leterrier

13 janvier 2009

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 20:41

 

Alors heureux ?


L

es français affichent un pessimisme que l’on pourrait presque qualifier d’historique. Les derniers sondages - dont celui réalisé par TNS Sofres pour le journal La Croix - sont édifiants. Aucun des sujets traités par ce sondage - que ce soit le chômage, l’emploi, le pouvoir d’achat, le financement des retraites, l’économie et même le système de santé pourtant fleuron de la fierté nationale – n’échappe au jugement négatif de nos concitoyens déprimés ou désabusés. Bien sûr, il y a une forte tentation à la lecture de ces résultats de saluer la clairvoyance des français, leur maturité face à la crise puisque l’analyse détaillée du sondage ne marque pas de différence sensible en fonction de l’étiquette politique du sondé. Il a aussi quelque chose d’inquiétant dans le peu de crédit qu’ils accordent à l’efficacité du plan de relance du gouvernement. J’ai d’ailleurs la conviction  que ce sentiment d’impuissance de la politique pour changer les choses, ce fatalisme  n’est pas de droite ou de gauche à part peut-être pour les partisans du facteur Besancenot rêvant d’un hypothétique grand soir. Mais on peut aussi s’étonner de ce tsunami de pessimisme dans un pays qui fait rêver tant d’immigrés à la recherche d’un eldorado, dans un pays qui peut s’enorgueillir d’être un des champion de la longévité, dans un pays où la protection sociale est l’une des meilleures au monde, dans un pays au taux de natalité record et dans un pays où la réglementation des crédits immobiliers a protégé les français d’une catastrophe comme celle que vivent certains foyers américains ruinés et jetés dehors de chez eux. Et puis il y a aussi sûrement l’effet malsain du matraquage de la presse et en particulier de la télévision qui s’attarde avec complaisance sur les mauvaises nouvelles (il est vrai qu’il n’en manque pas!). Si vous n’êtes pas des "addicts" de l’écran cathodique (devenu plat et plus du tout cathodique) et que vous n’allumez la télévision qu’au moment des informations, vous ne pourrez que constater le lot de mauvaises nouvelles concernant l’état de notre pays que nous égrènent des présentateurs souriants béatement de toutes ces misères. On pourrait presque croire que le dessein machiavélique des ces icones télévisuelles soit de nous anesthésier avant de nous relater presque sur un ton léger quelques uns des grands désordres mondiaux que sont la guerre, la faim dans le monde, les épidémies et autres calamités qui font des victimes par millions. Certes il ne s’agit pas de minimiser la dureté des temps qui est réel, ni de nier la remontée probable du chômage en 2009. Certes il ne s’agit pas de banaliser la mort toujours tragique d’enfants victimes d’erreurs médicales. Certes la libération par négligence de dangereux psychopathes n’est pas acceptable. Certes le système de retraite par répartition, bien qu’à l’abri du vent de folie boursier, devra s’adapter coute que coute face à l’évolution de la démographie. Je pourrais probablement continuer cette litanie des adaptations plus ou moins douloureuses et plus ou moins conjoncturelles qui devront être entreprises. Mais comment oublier que nous restons tout de même dans des conditions de santé, de confort, de sécurité que nous envient des millions de personnes dont le rêve est d’atteindre ce niveau de vie qui nous pèse tant. Et puis le sondage n’a pas été fait mais je ne suis pas sûr que le pessimisme ambiant affecte dans la même mesure le sentiment de bonheur dont nous savons maintenant qu’il est contagieux. Alors oserai-je lancer un appel à tous les gens qui, comme moi, se sentent plutôt heureux de vivre en France : vive le prosélytisme du bonheur !

Patrice Leterrier

12 janvier 2009


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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 20:46

I

l y a face à la crise toutes sortes de postures. La posture de l’altermondialiste ressemble à celle du célèbre commissaire Antoine Bourrel des cinq dernières minutes qui s’écriait avant la fin du mystère qu’il venait d’élucider la célèbre phrase devenue mythique "bon sang mais c’est bien sûr!". En effet, pour ces incorrigibles adeptes de la certitude, nous l’avons enfin cette preuve de la mort du système capitaliste. Ils sont tout frétillants à l’idée de pouvoir enfin sauver les masses laborieuses victimes du libéralisme et du grand capital incarné par ces patrons sans foi ni loi qui se gavent de leurs mirobolantes indemnités reçues en récompense des naufrages qu’ils ont provoqués. Il y a l’attitude du fanatique du libéralisme sauvage qui ne voit dans cette crise que la répétition prévisible des régulations cycliques qui font le charme surprenant des caprices du dieu Economia qui n’a pas son pareil pour assurer le bonheur de tous et la richesse du monde. Il y a les nostalgiques de  Karl Marx, orphelin de l’effondrement du bloc communiste, qui tiennent enfin leur revanche de l’assassinat de leur idéologie par le pragmatisme triomphant qui voyait dans le grand désordre mondial une sorte de salut du monde, comme un destin conduit par une main invisible drapée d’une sagesse presque mystique. Il y a bien sûr les incorrigibles économistes savants qui, refusant de porter enfin le costume de la modestie à défaut d’une dignité perdue dans leur conjectures toutes contredites par les faits, se mettent à nous expliquer que tout ce qui arrivent était écrit, prévisible alors qu’ils se sont faits prendre au coin du bois comme de vulgaires petits chaperons rouges dépités et décrépis.  Il y a enfin les philosophes de tout bord qui n’y vont pas avec le dos de la cuillère dans un indécent bavardage inutile. Ainsi Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne, qui se lance dans le Figaro d’aujourd’hui dans une exégèse du mot crise écrivant ce monument de banalité "De la discussion du Café du commerce aux savantes élucubrations des économistes en mal de prophéties, sans oublier les préoccupations des cabinets ministériels, relayées bien entendu par le tam-tam obsédant de tous les médias, le mot "crise" est devenu un leitmotiv incontournable". Il ose même ce que l’on pourrait prendre pour un mauvais pastiche de Pierre Dac en écrivant "la sagesse des peuples sait, au travers de mythes divers, qu’aucun Capitole n’est loin de la roche Tarpéienne". Il se lâche enfin dans une vision cosmique en nous assommant avec un gigantesque "On ne se lassera jamais de le redire, la crise survient quand on ne sait pas penser. Quand on a oublié de se penser. C’est, pour reprendre une expression de ce grand peintre, ingénieur, penseur et mystique que fut Léonard de Vinci, une cosa mentale. En bref, la crise vient de l’intérieur". Il appelle Heidegger à la rescousse en le citant "le manque provient de la richesse" finissant ainsi de déployer un brouillard confus sur nos esprits. Enfin pour bien nous faire mesurer la distance qu’il existe entre le commun des mortels et sa seigneurie la philosophe, ce monsieur jette en pâture au lecteur, censé émerveillé par sa vision cosmique, les mots du langage courants que sont linéarisme, corsi et recorsi ou encore sotériologie et hédonisme… J’arrête ici mon fiel, mon indignation devant ce manque de pudeur pour les millions de victimes de cette crise, quel que soit le mot que l’on choisi pour qualifier cette étrange période que nous traversons. Je ne peux cependant décolérer devant cette suffisance qui consiste à se gorger de mots pour masquer une faiblesse de la pensée.

Patrice Leterrier


9 janvier 2009

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 20:52


J

ean-Yves Camus, politologue et chercheur associé à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), parle sur libération.fr de la guérilla informatique à laquelle se livrent les internautes à propos du conflit israélo-palestinien. On atteint un summum de violence verbale qui serait dûe selon le chercheur à ce que "l’expression sur Internet est plus polémique qu’une discussion classique. Internet protège l’anonymat. Le discours radical se tient plus facilement à distance que de vive voix.". On peut ne pas partager la "naïveté" du chercheur sur l’anonymat garanti par internet mais il est vrai que l’internaute peut avoir cette impression d’impunité. Il peut laisser alors couler sur le clavier tout le fiel de son aigreur ou le cri violent de son désespoir. De part et d’autre la haine explose avec violence, partialité, racisme et xénophobie. Sans bien sûr approuver ce déchainement de passion, on pourrait cependant presque souhaiter que cette violence épistolaire et virtuelle puisse avantageusement remplacer les violences tout ce qu’il y a de réelles qui embrasse cette région depuis si longtemps. Au-delà de ces débordements "internautiques", il est clair que l’information n’est plus la même depuis que la toile a recouvert le monde. Même si, selon le baromètre TNS Sofres Logica commandé par le journal la Croix, la toile laisse encore indifférent 42% des personnes interrogées (en baisse de 5 % par rapport à 2007), l’Internet gagne en crédibilité comme source d’information, (34 % d’opinions favorables, contre 31 % l’an dernier) alors qu’ils sont encore 24% (soit 2% de plus que l’an dernier) à avoir des doutes sur les informations transmises su internet. Il reste tout de même que prés d’une personne interrogée sur quatre pense que les choses ne se sont pas passées comme il le lit sur internet. Plus de 60% d’entre eux doutent de l’indépendance des journalistes vis-à-vis du pouvoir et de l’argent. Malgré tout, l’information sur internet gagne en crédibilité et surtout en audience.Comme preuve s’il en était besoin de cette évolution, la Croix ajoute que "Lemonde.fr et Lefigaro.fr, avec respectivement 47 et 22 millions de visites mensuelles en novembre dernier selon l’OJD, se sont imposés comme des marques à part entière. Ils rivalisent, voire supplantent, pour la première fois, les portails d’information de Google et Yahoo!". Au fond ce qu’il y a de plus frappant dans ce sondage en demi-teinte c’est que de plus en plus d’internautes avertis pensent qu’ils peuvent se faire une opinion en consultant des points de vue très différents sur un même sujet. Bien sûr,il y a aussi de la propagande sur internet. Elle est rarement le fait de journaliste, du moins dans les pays démocratiques. Elle fait surtout comme victime des esprits fragiles qui ont tôt fait de s’enflammer en découvrant des articles scandaleux ou des images souvent insupportables diffusées sur le net. Elle est quelquefois le fait d’inconscients aveuglés mais aussi souvent propagée par des apprentis sorciers qui utilisent machiavéliquement l’émotion pour assouvir leurs haines et leurs ambitions. Mais il est plus à la fois plus facile et plus difficile de dire ou de montrer n’importe quoi sur internet. Plus facile puisqu’avec un clic on peut atteindre des millions de lecteurs ou de vidéo spectateurs. Plus difficile parce qu’on risque d’être contredit, souvent preuve à l’appui, dans l’instant qui suit. Internet apporte incontestablement une vitesse de propagation et une audience sans commune mesure avec la presse écrite. C’est pourquoi ce média réclame de la part des professionnels de l’information encore plus de rigueur dans la vérification des sources et dans la partialité éclairée dont ils doivent faire preuve. Il est absurde de parler d’information impartiale lorsqu’il s’agit de drame géopolitique comme le conflit Israélo-palestinien.

Patrice Leterrier

8 janvier 2009

http://www.liberation.fr/monde/0101310208-gaza-il-existe-une-sorte-de-guerilla-informatique-sur-les-forums

 

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 20:58


L

'infirmière - qui a reconnu avoir administré par erreur au petit Ilyès le 24 décembre dernier une perfusion de chlorure de magnésium au lieu d'un sérum glucosé destiné à le réhydrater, ce qui a coûté la vie au petit garçon hospitalisé pour une angine - a été mise en examen pour "homicide involontaire", vendredi 26 décembre, par le juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy. A l'issue d'une garde à vue de plus de 36 heures, elle a été remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire, avec une interdiction provisoire d'exercer. Fait rarissime, "Constatant d'ores et déjà un dysfonctionnement collectif et sans attendre les conclusions complètes de l'audit, le directeur général, souhaitant que l'AP-HP assume son entière responsabilité, vient de demander au juge d'instruction que l'AP-HP, en qualité de personne morale, soit mise en examen". Une semaine plus tard, c’est cette fois un nourrisson de 6 mois, Louis-Joseph, en attente d’une greffe d’intestin, qui a succombé après une erreur de dosage dans une perfusion, commise par une aide-puéricultrice et validée par une infirmière. À en croire le remuant président de l'Association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, qui réclame la démission du ministre de la Santé madame Roselyne Bachelot, le pays va au-devant d'un risque de "catastrophe sanitaire". Dans le cas du terrible accident qui a conduit à la mort du petit Ilyès selon la ministre "sept membres du personnel hospitalier pour onze enfants hospitalisés étaient présents au service de pédiatrie générale" et "une infirmière et une aide soignante s'occupaient de cinq enfants dans l'unité de soins" du garçonnet. Elle conclue donc que "le service était tout à fait doté en personnel". Et elle dénonce avec indignation "certains se sont livrés à une récupération politicienne tout à fait déplorable de ce drame épouvantable". La ministre a sûrement raison de dire qu’il faut traiter dans le calme et avec rigueur l’enquête sur ce cas précis. Elle aurait tort de ne pas voir le malaise grandissant de la profession d’infirmières. Elles ne cherchent pas à nier la responsabilité de leurs deux collègues d’autant que ces infirmières ont reconnu leur erreur. Depuis la mise en place calamiteuse des 35 heures à l’hôpital, les RTT s’accumulent par milliers. Les infirmières, encouragées par leur hiérarchie, prennent leurs jours en fin d’année pour ne pas les perdre, ce qui ajoute une surcharge de travail alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour souligner le malaise d’une profession au bord du découragement. "On parle souvent de la fatigue physique, du fait de toujours devoir courir d’un endroit à l’autre. Mais il y a aussi une fatigue nerveuse. En pédiatrie, vous êtes toujours sur la corde raide car, en quelques minutes, l’état d’un enfant peut se dégrader très vite. On n’est jamais tranquille, on est toujours dans l’hypervigilance. Psychologiquement, c’est épuisant", avoue au journal La Croix une infirmière-puéricultrice dans le service de pédiatrie et néonatalogie de l’hôpital de Chalon-sur-Saône. La dépense publique de santé est absorbée tous les ans pour plus de la moitié par l’hôpital. Soit quelque 52 milliards d'euros. Cette somme est, par tête d'habitant, l'une des plus élevées au monde. Il est donc urgent de repenser en profondeur l’usage de ces budgets. Il est vital pour notre système de santé de redonner une dignité au métier d’infirmière, si important dans la chaine des soins. Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière déclare "il n’y avait pas lieu de les traiter comme des criminelles, comme cela a été le cas avec la garde à vue prolongée de notre collègue de Saint-Vincent-de-Paul". Ce n’est, en tout cas, sûrement pas comme ça que l’on suscitera des vocations pour se dévouer pour 1500 euros par mois en région parisienne.

Patrice Leterrier

6 janvier 2009


 

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 21:04

 

P

lus de 360 millions de messages électroniques ont été échangés le 1er janvier en France, un record qui a pulvérisé celui enregistré un an plus tôt, de 252 millions de SMS. Les MMS, ces messages accompagnés de photos ou de vidéos, sont aussi de plus en plus prisés et le phénomène avait été déjà remarqué pour Noël. Plus difficile de faire le compte des courriels accompagnés ou non de vidéos ou d’images plus ou moins de bon goût. Fini la carte de vœux personnalisée où l’on se creusait la cervelle pour trouver le mot gentil, le vœu adéquat en pensant quelques instants à des parents, amis, relations que l’on s’empressait d’oublier pour le reste de l’année une fois la corvée des vœux terminée. Moins de travail pour les postiers me direz-vous, moins de coups de fil conventionnels où on passe quelques instants à ne rien dire où le hit parade revient incontestablement à la santé que l’on souhaite massivement de peur qu’elle ne nous échappe si on oubliait de la flatter comme la chose à laquelle on tient le plus. Il y a quand même quelque chose de regrettable dans cette addiction SMSienne….N’y a-t-il pas dans cette convulsion sur des claviers minuscules ou il faut bégayer pour obtenir un e ou un u, taper 3 fois (sans se tromper sinon on est bon pour recommencer) pour obtenir la lettre o, c ou l…une véritable régression ? Ce cauchemar ergonomique pour être sûr d’être le premier à y penser. A penser à quoi d’ailleurs ? A la personne à qui est destinée ce chef d’œuvre de concision d’un message : bon fet’ & a bi1to bizz…?.Que nenni, généralement l’accroc du clavier pense déjà au prochain message à envoyer en espérant que le réseau sera disponible. Les plus malins répliquent les mêmes vœux ou font des listes de destinataires longues comme un inventaire à la Prévert. Les seuls gagnants de cette mode sont évidemment les opérateurs qui facturent ces petites merveilles de littératures modernes. Les relations humaines se résumeraient-elles à un asynchronisme sans âme ? On parle à son clavier, on envoie et le tour est joué. Une bonne chose de faite! Pas besoin d’écouter l’autre vous parler un instant, ne serait-ce que quelques secondes, de lui, de ses joies, de ses peines, de ses misères, de ses douleurs…bref, de ce qui le préoccupe. Autrefois, nous devions aller visiter ces personnes souvent isolées pour leur souhaiter nos vœux. Les enfants avaient confectionné un de ces horribles souvenirs que l’on plaçait d’abord sur une coiffeuse, une table de nuit ou un vieux buffet à coté de la crèche et qui finissaient par encombrer des boîtes à chaussures au fond d’une armoire, à la cave ou au grenier. Mais il y avait une vraie convivialité même furtive, un vrai moment de douceur où les personnes âgées pouvaient caresser une chevelure blonde, une joue rebondie et recueillir le miel de la parole adressée. Je n’ai pas calculé le coût cumulé de 360 millions de SMS et des plus de 4 millions de MMS mais je n’ose imaginer le nombre de repas qui auraient pu être servi aux restos du cœur avec cet argent parti dans les poches des opérateurs. On s’interroge sur les dangers potentiels du téléphone portable pour la santé mais on ignore qu’il est en train de battre en brèche les derniers ilots de convivialité de notre société. Bientôt deux personnes dans la même pièce s’appelleront pour être sûr de capter l’attention de l’autre. Ah bon ? C’est déjà le cas…..

Patrice Leterrier

5 janvier 2009


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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 21:11

I

l n’est bien sûr pas question de peser les morts et les blessés qu’ils soient palestiniens, israéliens, américains, afghans ou africains. Tous sont évidement en trop mais comment ne pas s’indigner devant le silence assourdissant et surtout l’inaction odieuse de la communauté internationale devant les drames qui secouent l’Afrique. Le Congo, l’Erythrée, le Tchad, le Soudan, l’Ethiopie, le Rwanda, le Zimbabwe, pour ne citer quelques exemples criants récents, sont des preuves douloureuses des convulsions politiques et des crises humanitaires qui secouent ce continent. Depuis 1970, plus de 30 guerres ont fait rage sur le continent africain. Celles-ci furent responsables de "plus de la moitié de tous les décès causés par des conflits dans le monde entier", faisant "plus de 8 millions de réfugiés et de personnes déplacées", selon les Nations unies. Encore aujourd’hui, l’Afrique est la région du monde où l’on compte le plus grand nombre de conflits armés majeurs. Qu’on les appelle "Kadogos" en République Démocratique du Congo, ou encore "Craps" au Rwanda, les enfants soldats dont l’Organisation des Nations unies estime le nombre à 300 000 dans le monde, sont 120 000 en Afrique. Emportée dans une spirale infernale, l’Afrique n’en finit pas d’être le théâtre de la violence. Alors il est certain que lorsqu’un coupable idéal se présente en la personne d’un vieux despote sénile et cynique – je parle de Robert Mugabe - la communauté internationale crie au tyran, demande son départ mais ne fait rien. Un peu comme si la présence de cet horrible personnage permettait d’oublier les autres malheurs du continent. Certes le drame du Zimbabwe est atroce. Plus de 30 000 personnes y ont contracté le choléra, 1 586 patients ont succombé à la maladie depuis le mois d'août, selon un nouveau bilan publié, jeudi 1er janvier 2008, par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).Certes, selon une estimation du groupe Santé zimbabwéen, coordonné par l’OMS et composé de soignants, d’organisations non gouvernementales et du ministère de la Santé et de la protection de l’enfance, l’épidémie pourrait provoquer plus de 60 000 cas. Certes, cinq experts des droits de l'homme de l'ONU estiment que "la crise sévère affectant le Zimbabwe ravage le pays à une vitesse alarmante". Ils appellent le gouvernement et la communauté internationale à "faire plus pour reconstruire le système de santé, mettre un terme à l'épidémie de choléra et assurer de la nourriture pour toute la population". "Il n'y a pas assez de nourriture, que ce soit au niveau national ou dans les foyers. On estime à 5,5 millions le nombre de personnes qui pourraient avoir besoin d'assistance alimentaire", s'est alarmé le rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à s'alimenter, Olivier de Schutter. Certes enfin, "Reporters sans frontières dénonce le comportement inacceptable des autorités zimbabwéennes qui, après avoir enlevé et détenu au secret la journaliste et militante des droits de l’homme Jestina Mukoko, l’accusent désormais, avec plusieurs autres militants du parti d’opposition Movement for Democratic Change (MDC), de "complot terroriste visant à renverser le président Robert Mugabe". La journaliste risque une condamnation à la peine de mort. Mais aussi atroce et inacceptable que soit cette situation dramatique, elle ne doit pas faire oublier que pendant que nous nous lamentons sur notre crise planétaire mettant en cause notre confort de nantis, des conflits continuent avec des enfants comme soldats et des épidémies, qu’elles s’appellent SIDA ou paludisme déciment les populations. Sur les 50 pays les plus pauvres du monde, classés selon l’indicateur de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement, 33 sont situés en Afrique subsaharienne. Malnutrition, pauvreté, illettrisme, situation sanitaire désastreuse... le continent est la première victime du creusement des inégalités dans le monde. Si de 1960 à 1980, les pays d’Afrique ont enregistré des progrès sensibles en matière de développement économique et social, ces progrès se sont ralentis, notamment du fait des effets désastreux des plans d’ajustement structurel menés par les institutions financières internationales. Combien faudra-t-il de victimes pour que la communauté internationale et singulièrement la France, le pays des droits de l’homme selon l’image d’Epinal, prenne la vraie mesure de ce drame et comprennent qu’il ne sert à rien de se sauver si nous laissons l’Afrique agoniser.

Patrice Leterrier

2 janvier 2009

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