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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 17:34

Un jambon beurre !


Hamburger 1 – jambon-beurre 8. C’est plus un score c’est carrément une raclée ! En France, et en France seulement, la tyrannie de l’hamburger venu d’outre  atlantique n’a pas pu terrasser la tradition franchouillarde du sandwich jambon-beurre. Il s’est encore vendu en 2008, 8 jambon-beurre pour un hamburger dans nos bonnes villes de France. Ce chef d’œuvre de simplicité et d’équilibre continue à être dégusté parfois trop vite, souvent hélas sans le moindre plaisir, avec des miches plus ou moins fraiches et des jambons qui ne mériteraient pas toujours les pauvres bêtes dont ils sont issus. On les consomme sans y penser sur un coin de comptoir accompagnés d’un ballon ou d’un demi pour finir par avaler machinalement l’expresso qui n’a plus rien du café pris délicatement en contemplant l’inoubliable foule grouillante d’une place de Toscane. Garçon !  Un jambon beurre et un demi. Qui n’a pas un jour clamé cette commande au coin d’un comptoir? Il était à l’époque encore en zinc. Il s’agissait de raccourcir sans la sacrifier le temps d’une pause restauratrice. Les boiseries vernies du bar dessinaient des volutes tarabiscotées nées de l’imagination en panne d’un décorateur besogneux. Sur le comptoir trônaient des œufs durs pas toujours du jour, d’horribles distributeurs de cacahouètes qui trainaient ensuite dans les sous tasses vertes ourlées de doré qui faisaient la paire avec les tasses de petits noirs. Quelques cendriers à moitié pleins aux couleurs contrastées chef d’œuvre de mauvais goût, à la gloire de je ne sais quelle anisette ou Suze, complétaient le tableau…On parcourait négligemment les journaux du jour retenus, pour ne pas disparaître, dans une grande règle en bois. La télévision ne beuglait pas encore les derniers résultats des courses et les forts en gueule se chargeaient de l’ambiance. Bien des choses ont changé depuis cette époque mais reste le jambon beurre ! On en consomme encore 830 millions par an dans l’hexagone. Le voilà donc toujours, et de loin, le champion français de la restauration rapide qui ne s’appelait pas encore fast food. Son prix varie de plus de 3 €uros à Paris pour un prix moyen de moins de 2 euros à Corte, la capitale de la Corse de Pascal Paoli. Je serais curieux de savoir le prix de ce classique typiquement français dans un palace (si on peut avoir autre chose que ces infâmes pains de mie dans ce genre d’endroit). Comme une sorte de pied de nez à ce chef d’œuvre de simplicité nourrissante, on apprend en même temps qu’un nouveau restaurant vient de se voir décerner trois étoiles au Michelin. Elles récompensent Éric Fréchon au clavier du fourneau du palace parisien le Bristol. Et pour faire bonne mesure, ou plaisir à notre ministre vert Jean-Louis Borloo, le même guide rouge vient de remarquer à Arles, deux chefs dont la cuisine provient de leurs jardins bio : Jean-Luc Rabanel (deux étoiles) et Armand Arnal (La Chassagnette, une étoile). Hélas, pas d’annexe dans ce gastronomique ouvrage sur les meilleurs sandwichs jambon-beurre…

Patrice Leterrier

3 Mars 2009


 

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:42


Gabrielle Russier

 

N

ous naviguons en pleine tempête financière avec le sentiment désagréable qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion. Les analystes, dont la constance à se tromper dans leurs prévisions est ce qu’il y a de plus remarquable, n’arrêtent pas de nous déverser leurs explications plus abscondes les unes que les autres. Ils sont comme les médecins de Molière qui cachaient leur ignorance sous une avalanche de mots latins incompréhensibles. Ils font ce que Benoît Mandelbrot appelle de l’astrologie financière…mais comme monsieur Jourdain faisait de la prose… sans le savoir. Pour ne rien arranger les politiques de tous les pays et de tous bords déclinent leurs litanies de mesures anticrises dont le nombre ne rassure pas plus qu’une ordonnance trop remplie pour soigner une septicémie. Notre président, dont l’activisme n’est plus à démontrer, nomme un ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance de l'économie, qui est étonnement silencieux alors que son goût pour les médias nous avait plutôt habitués à des overdoses de communication. Mais où est donc passé le sens dans tout ça ? Peut-être que certains d’entre vous, dont l’âge est plus proche du mien que de celui de mes petites filles, se rappelle le "comprenne qui voudra" de Georges Pompidou, le 22 Septembre 1969. Il commentait le suicide de l’enseignante marseillaise Gabrielle Russier. Cette jeune femme de 32 ans venait de se donner la mort après avoir été condamnée pour détournement de mineur. Elle avait eu une liaison amoureuse avec un de ses élèves, Christian Rossi, alors âgé de seize ans. A la question que lui posait Jean-Michel Royer, journaliste à radio Monte Carlo, il avait pris un long moment de réflexion, pour finalement répondre en citant Paul Eluard : "comprenne qui voudra- moi mon remords ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdu, celle qui ressemble aux morts, qui sont morts pour être aimés" et tirait avec panache sa révérence à l’assemblée. Il concluait ainsi une conférence de presse très gaullienne où il venait d’évoquer, dans un style d’une perfection littéraire qui était propre à ce grand érudit, l’état de la France. Il invoquait le choc de Mai 68, les accords de Grenelle, la fuite massive de capitaux et les augmentations de salaires inflationnistes difficiles à digérer, pour justifier une nième dévaluation du franc. Il est assez intéressant d’écouter sur les archives de l’INA l’extrait de cette conférence de presse (voir lien hypertexte ci-dessous). Elle pourrait être méditée par beaucoup de nos hommes (et femmes) politiques d’aujourd’hui comme un exemple de l’art et la manière de parler franc (si j’ose ce jeu de mots facile) et directement aux français, avec une pédagogie simple, sans simplification réductrice, sans agacement incongru, sans condescendance blessante, sans accumulation de chiffres inutiles, sans référence caustique et surtout dans une langue s’écoulant naturellement, simplement comme le courant d’un fleuve tranquille. Georges Pompidou a écrit une anthologie de la poésie française qu’il conclut par "c’est dire que le choix, ici plus qu’ailleurs, trahit l’auteur. Tel quel, voici le mien". Peut-on réellement douter que les choix des politiques face à la crise trahissent leurs auteurs ? Certainement pas bien sûr mais pour citer Paul Eluard en déformant légèrement sa phrase "comprenne qui pourra…".

Patrice Leterrier

2 Mars 2009


http://www.totalvod.com/videos/extraits_conference_de_presse_de_m_pompidou_22_09_1969_87349.html

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 17:48


Quand la mer monte m’avait fait découvrir une Yolande Moreau irrésistible de sensibilité, de justesse et d’humour grinçant. La voilà au panthéon des Césars rejoignant deux icones du cinéma français Romy Schneider et Catherine Deneuve! Elle pourrait dire, malgré sa douceur naturelle, "Veni, vidi, vici" comme le dictateur romain (et non l’artiste contesté du pouce, auteur de l’horrible objet lourd qu’elle a reçu)! Elle n’a rien d’une vamp, elle ne fait pas le bruit d’un Dany Boon – qui, non content d’avoir été l’acteur le mieux payé du cinéma français avec 26 millions d’euros, avait trouvé le moyen de relancer la pub des Ch’tis en déclenchant une polémique sur les Césars. C’était bien la peine pour finalement venir faire piteusement un numéro de pitre indécent en bas de jogging orange et veste de smoking, remuant devant nous son égo dégoulinant sans la moindre pudeur. Rien à voir avec la finesse et la sensibilité d’une Yolande Moreau, qui est simplement une grande actrice, ayant le don de nous émouvoir sans subterfuge inutile, sans paillette, certes avec un faux nez ridicule clin d’œil à la "commedia dell’arte" dans la mer monte mais surtout un immense talent enfin reconnu. J’irai donc voir Séraphine en me délectant par avance ! Il fait un temps splendide sur notre belle région de Provence en ce matin du dernier jour de février. C’est ainsi depuis 1583, selon le calendrier instauré par le pape Grégoire XIII, de son vrai nom Ugo Boncompagni (pape de 1572 à 1585). Il avait confié au savant jésuite allemand Christopher Clau dit Christophorus Clavius le soin pour corriger la dérive séculaire du calendrier julien. Bien sûr il a fallu ajouter une seconde à 2008 pour tenir compte du fait que la terre ralentit en moyenne, d'environ 2 millisecondes par jour sur un siècle. Cette seconde rajoutée n’a pas bouleversé - pourrait-on oser un soupir? – le grand désordre du monde malgré les espoirs un peu fous qu’auraient pu avoir les adeptes de l’effet de l’aile de papillon. Vous savez cet effet célèbre depuis que le météorologue Edward Lorenz l’avait évoqué en 1972 dans une conférence à l'American Association for the Advancement of Science intitulée "Predictability: Does the Flap of a Butterfly's Wings in Brazil Set off a Tornado in Texas?"(*). Hélas rien de tel avec cette seconde qui s’est perdue noyée dans l’océan du temps et dans l’indifférence générale. Et pourtant, en s’appuyant sur sa théorie des fractales, qui représente assez bien l'instabilité de comportement d’un système chaotique dont l’effet papillon est une manifestation, Benoit Mandelbrot avait élaboré dès 1961 une théorie financière qui prévoyait la survenue des variations extrêmes que nous vivons aujourd’hui et décrite, pour les amateurs, dans son ouvrage "Une approche fractale des marchés" (Editions Odile Jacob).  Mais pour revenir à la nouvelle du jour, souhaitons donc à Yolande Moreau que la mer du succès monte enfin…

Patrice Leterrier

28 février 2009


 

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 17:57


A

u nord du Kenya, presqu’à la frontière avec l’Ethiopie voisine, au bord du lac Turcana, anciennement dénommé lac Rodolphe en honneur prince héritier de l’Empire austro-hongrois Rodolphe de Habsbourg-Lorraine, prés de la ville d’Ileret, le professeur Brian Richmond, professeur à l’Université George Washington, et son équipe viennent de découvrir des empreintes de pas d’ancêtres de l’homme vieilles de 1,5 millions d’années. La démarche, la foulée et le poids de leurs auteurs sont tous dans les normes des humains modernes. En se fondant sur la taille des empreintes, qui correspondrait à un bon 43 d’aujourd’hui, et leurs caractéristiques anatomiques, ils attribuent ces marques à l'Homo ergaster ou aux tout premiers Homo erectus. Il s'agit des premiers hominidés dont les proportions du corps (jambes plus longues et bras plus courts) sont comparables à celles d'Homo sapiens. Non loin de là, à Nariokotome juste en face d’Ileret sur la rive Ouest du lac, Kamoya Kimeu avait découvert en 1984, le squelette, très complet (mais sans pied !) d’un adolescent d’Homo ergaster baptisé "Turkana Boy" de même datation que les empreintes d'Ileret. Il mesurait environ 1,60 m, il aurait pu atteindre 1,85 m à l’âge adulte et… chausser du… 43. Ce squelette était le premier découvert encore beaucoup plus complet que la célèbre Lucy, une jeune fille australopithèque de 20 ans datée de 3 Millions d’années mesurant 1,2 mètre et pesant environ 25 kg. Sa découverte, le 30 novembre 1974, non loin de là au sud de l’Ethiopie, par une équipe internationale dont faisait partie Yves Coppens, avait fait grand bruit à l’époque et immortalisé la chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds, publicité clandestine pour le LSD en vogue à l’époque. L’empreinte d’Ileret correspond à une morphologie très différente de celle des empreintes d’Australopithecus afarensis découvertes en 1978 à Laetoli en Tanzanie, datées à peu prés de l’époque de Lucy. Elles montrent une évolution nette vers la bipédie de l’homme moderne même si on trouve encore des traits simiens comme par exemple un gros orteil écarté. Ces empreintes sont une source extraordinaire d’informations sur la forme et la structure des tissus mous qui ne sont pas accessibles dans des ossements fossilisés. Tous les spécimens présentent un gros orteil parallèle aux autres doigts du pied, à la différence des singes chez qui tous les orteils sont nettement séparés, une configuration utile pour s'accrocher aux branches des arbres. Ainsi il y a plus de 1,5 millions d’années, quelque part en Afrique, berceau de l’humanité, un groupe de nos ancêtres marchait sur un sol meuble qui a gardé à jamais la trace de leurs progressions. Allaient-ils chercher de la nourriture, un point d’eau ou fuyaie,nt-ils je ne sais quelle bête féroce ou quels rivaux agressifs? Les empreintes ne nous l’apprendront pas mais elles sont là pour témoigner de la longue marche de l’évolution vers homo sapiens, alias "homo cybernetus" accroché aujourd’hui à son clavier dernière prothèse, dernier outil en date d’une évolution fascinante.

Patrice Leterrier

27 février 2009

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 18:14

U

ne étude publiée aujourd’hui par le "The new england journal of medicine" (voir fichier joint pour les amateurs de détails…en anglais) nous révèle une preuve que nous intuitions tous inconsciemment mais que les chercheurs ont eu le mérite de démontrer. Il n’y a pas de régime miracle pour perdre du poids et ce qui compte avant tout c’est un apport calorique modéré, la motivation et le suivi du régime. Il y a par contre de véritables dangers pour la santé dans les régimes déséquilibrés. L’étude a porté sur 800 cobayes en surpoids ou obèses dont 40% d’hommes entre 30 et 70 ans et avec un indice de masse corporel(*) variant de 25 à 40. L’indice 25 correspond à un surpoids (c’est mon cas avec un indice à 27…) et 40 une obésité dite morbide ou massive. Dans mon cas l’indice 40 correspondrait à la bagatelle de 135 kg…. Ont été exclu de l’étude des sujets diabétiques, ceux présentant des risques cardiovasculaires, qui prenaient des médicaments ayant un impact sur le poids mais aussi ceux qui n’étaient pas assez motivés sur la foi de leurs réponses à un questionnaire ou à la suite de leurs entretiens. Quatre régimes ont été testés. Le résultat est qu’aucun ne se distingue. Ce qui compte avant tout c’est la motivation et l’apport modéré de calories indépendamment de combinaisons plus ou moins magiques des macronutriments du régime. Les résultats sont assez modestes: sur 6 mois les participants de l’étude avait perdu en moyenne 6 kg mais seulement 4 kg au bout de deux ans. Les prescriptions du programme de recherche on été suivies par la moitié des participants. Les résultats les plus spectaculaires ont été obtenus par ceux qui suivaient régulièrement les sessions d'information organisées durant les 2 ans du programme. Les chercheurs enfoncent le clou en déclarant "Notre étude montre que, dans la perte de poids, les facteurs comportementaux jouent un rôle plus important que le métabolisme des trois nutriments". Il n’y a donc aucun doute, les régimes ne font durablement maigrir personne (si ce n’est les portemonnaies des gogos) et ils peuvent être dangereux pour la santé! Ils engraissent par contre généreusement les charlatans qui les promeuvent! Il n’y a aussi aucun doute un apport calorique modéré (autour de 2 000 calories pour une femme sédentaire de 60 kg) est la seule chose qui permet durablement d’éviter le surpoids (promis! je vais m’y mettre..) et l’obésité (qui ne me guette pas encore…). Mais contrôler son alimentation et son appétit n’est pas évident comme chacun à pu en faire l’expérience… Gene-Jack Wang, du Laboratoire Brookhaven dans l'état de New York, et ses collègues ont cherché à élucider les mécanismes cérébraux mis en œuvre dans le contrôle volontaire de la faim. Le résultat étonnant est que, selon ces chercheurs, ces processus sont différents entre hommes et femmes. Quel que soit leur sexe, lorsque les participants avaient envie du plat, plusieurs régions cérébrales (l'amygdale cérébrale l'hippocampe, l'insula, le cortex orbitofrontal et le striatum), impliquées dans la régulation émotionnelle et la motivation, s'activaient. On demandait ensuite aux participants de supprimer ou atténuer leur sensation de faim ou l'envie de manger à la vue de ces plats - un phénomène nommé inhibition cognitive. Les hommes y arrivaient bien et les régions cérébrales précédemment citées étaient inhibées. En revanche, ces aires responsables de l'appétit restaient actives chez les femmes, même si certaines affirmaient avoir réussi à supprimer leur envie de manger. L’origine de ce phénomène (probablement hormonal) n’est pas connue mais il explique pourquoi aucune femme aimant le chocolat ne peut résister à la tentation. Aucune étude comparable n’a été menée à ma connaissance sur l’appétit sexuel mais je parierais bien que c’est l’inverse qui se produit…..

Patrice Leterrier

26 février 2009

  

(*) L’indice de masse corporelle se calcule en divisant le poids par le carré de la taille en mètre.


 

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 18:23

J

e sens que la crampe des zygomatiques me guette tant j’ai décidé de m’escrimer à lutter contre la morosité ambiante. Malgré cette menace, j’ai résolument l’intention de garder le sourire envers et contre tous les ronchons de la terre. Dieu et bien d’autres savent pourtant combien ils sont nombreux, journalistes, hommes politiques et autres râleurs à adopter ce conformisme dominant…qui veut que tout soit pour le pire dans le pire des mondes possibles. Evidemment la matière pour alimenter ce travers est abondante! Mais ma pugnacité acharnée pour garder le sourire n’est rien à coté de celle de Xie Zuojine, pharmacienne de Fengkou en Chine, qui a décidé, à 48 ans, de s'inscrire à l'école primaire parce que son analphabétisme la gênait dans son travail. Force est aussi de constater que mon Trouble Obsessionnel Compulsive de béatitude n’arrive pas à la cheville de l’idée de Yannick Miel, ce jeune homme qui, titulaire d'un master 2 "Intelligence économique et management des organisations" à Bordeaux IV, après avoir envoyé 300 candidatures et passé une vingtaine d'entretiens, "sans succès à ce jour", a mis son CV aux enchères sur eBay! Faut dire que son diplôme en "intelligence économique" a du prendre un sacré coup de vieux avec la crise qui consacre la bêtise navrante des économistes de tout poil et bouleverse tous les repères académiques …On pourrait aussi remarquer que ma persévérance irresponsable à ne pas sombrer dans la déprime est ridicule comparée à celle de Sa Cha-Soon, une coréenne du sud de 68 ans qui, ayant tenté de passer sans succès 775 fois la partie écrite de l'examen du permis de conduire, ne désarme pas ! Je n’en suis que très modestement à mon troisième refus de commenter les actualités désespérément déprimantes…Peut-être que certains d’entre vous seront intéressés de prendre connaissance des résultats d’études menées par des chercheurs de l'Université de Colombie-Britannique, à Vancouver, Ravi Mehta et Rui Zhu. Ils ont testés, tout ce qu’il y a de sérieusement, sur des dizaines de participants l’influence de la couleur sur les performances cognitives. Les résultats sont que le bleu favoriserait la créativité alors que le rouge serait la couleur de la vigilance. Pas de quoi fouetter un chat noir pour le rouge, tant l’usage systématique de cette couleur est universellement adoptée pour signaler un danger. La nouvelle que de voir la vie en bleu (et non en rose comme dans la célèbre chanson de Piaf) stimule la créativité est plus intéressante. Cela me pousse à admirer sans relâche le ciel de Provence (les parisiens peuvent en faire de même aujourd’hui mais c’est une exception …).Ce faisant il me devient difficile de taper sur le clavier! Je choisis donc de prendre des bouffées de ciel bleu pur pour entretenir mon addiction à l’écriture. Et pour finir cette tentative de maintenir un moral de ciel bleu, je ne peux résister à la tentation de vous rassurer : Le Bureau de cosmétologie de Floride a interdit la pratique consistant à plonger les pieds ou les mains dans un aquarium rempli de poissons nettoyeurs pour éliminer les peaux mortes, avant même qu'elle soit proposée par un institut de beauté dans l'Etat. Une porte-parole du Bureau a expliqué que l'inquiétude portait sur l'impossibilité de désinfecter un bassin rempli de poissons entre deux utilisations.  L’histoire ne dit pas si les mouvements de défense des animaux avaient exprimé leurs réprobations sur cette pratique…

Patrice Leterrier

25 février 2009

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 18:31

S

ébastien Bohler, rédacteur à cerveau & Psycho, nous révèle les résultats étonnants d’expériences réalisées par V. Klucharev et ses collègues à l'Université de Nijmegen aux Pays Bas. Ces chercheurs ont étudié les mécanismes cérébraux en jeu dans le conformisme, qui s’avère être de loin un comportement dominant de l’homme. En bon darwiniste il nous rappelle que si le cerveau s’est doté de structure favorisant le conformisme c’est parce qu’il représentait pour la survie de l’espèce un avantage, "ce qui tombe sous le sens si l'on songe qu'en des temps reculés, l'être humain ne pouvait subsister qu'au sein d'un groupe". Dans ces expériences les sujets devaient indiquer en observant des photos d’hommes et de femmes lesquelles leur semblaient les plus beaux ou attirants pendant qu’un scanner mesurait l’activité du cerveau. Il ne se passait pas grand-chose quand on leur communiquait l'avis de la majorité et que leur avis concordait. Dans le cas contraire, deux zones cérébrales s'activent. Nommées noyau acumbens et cortex cingulaire rostral, elles constituent ce que les neuroscientifiques nomment le "circuit de détection des erreurs". Lorsqu’il ne connaissait pas l’avis de la majorité, et qu’on lui communiquait après coup, s’il était différent, il était convaincu de s’être trompé et qu'il lui fallait réviser son jugement. Il existerait donc un circuit cérébral du conformisme qui nous conduirait naturellement à réviser nos opinions pour mieux  nous ajuster à l'avis dominant. Dès 1958, le psychologue Solomon Asch avait fait l'expérience de "conformisme social". Des volontaires devaient indiquer laquelle des trois barres de droite avait la même longueur que la barre de gauche. En réalité, il n’y avait qu’un vrai volontaire, les autres étant des complices. L'ensemble des "complices" donnaient une réponse manifestement absurde mais le volontaire donnait aussi la même réponse, sous la pression des autres. On se souvient aussi des expériences terrifiantes menées par le sociopsychologue Milgram, de l’Université de Yale, dans les années soixante, sur la torture et la soumission. Milgram annonçait alors à ses sujets "maître" qu'il désirait étudier les effets de la punition sur l'apprentissage de syllabes à mémoriser. Il attendait d'eux qu'ils jouent le rôle de "maître", chargé de punir "l'élève" de plus en plus sévèrement pour chaque erreur commise. Il les plaçait alors devant une série de boutons, dont la manipulation était censée déclencher l'émission de chocs allant de 15 à 450 volts (ce dernier voltage étant capable d'occasionner de grandes souffrances et des dommages physiques importants. A vrai dire, un simple choc de 24 volt peut entraîner la mort). Quant à "l'élève", il était assis dans une pièce voisine, sur un siège bardé de fils électriques. Milgram a montré que lorsqu'un sujet sait qu'il n'a qu'un rôle d'intermédiaire et qu'il ne peut donc être directement tenu pour responsable de l'acte posé, le taux de docilité monte à 90 %. Des recherches ultérieures ont montré que lorsque les sujets étaient en présence d'autres individus refusant d'obéir, ils refusaient à leur tour de le faire, dans une proportion de 90 %, ce qui semblerait renforcer la prédominance du conformisme sur le respect de l’autorité. Et pourtant, depuis Galilée et bien d’autres c’est bien en luttant contre le conformisme dominant que la connaissance a fait les progrès que nous pouvons admirer. C’est la preuve que la lutte contre le conformisme est un véritable combat et non pas une attitude adaptée. Rien que d’avoir voulu me distinguer de la banalité ambiante en vous communiquant ces résultats, je me sens un peu fatigué et je vais donc me reposer avec un peu de conformisme télévisuel.

Patrice Leterrier

24 février 2009

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 21:39

L

e Zimbabwe, vous savez, c’est ce pays où 7 millions de personnes survivent grâce à l’aide alimentaire internationale, où 94 % de gens sont sans emploi et où le choléra qui sévit depuis août dans le pays, a fait 3 712 morts et contaminé 78 882 personnes dans une population affaiblie par la faim, selon un dernier bilan communiqué mercredi par le Bureau de l'ONU pour la coordination de l'aide humanitaire (Ocha). En dépit des gesticulations de la communauté internationale qui réclame son départ, le Zimbabwe est toujours dirigé par l’ignoble Robert Mugabe, ce tyran sénile et cynique. Et bien saviez-vous que le 21 février, il fêtera son 85ème anniversaire, et que les membres de l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF), son parti, se sont lancés dans une souscription pour fêter l’événement. Inconscients de la situation dramatique de leur pays ou d’un cynisme écœurant, ils souhaitent ainsi se procurer 2 000 bouteilles de champagne (de préférence du Moët & Chandon ou du Bollinger 1961 sic..), 8 000 homards, 100 kg de grosses crevettes, 4 000 portions de caviar, 8 000 boîtes de Ferrero Rocher, 3 000 canards, et bien d’autres choses encore… Un post-scriptum précise : “Pas de mealie meal”, une bouillie de maïs dont se nourrissaient l’immense majorité des Zimbabwéens avant que l’effondrement du pays ne fasse de cet aliment de base un produit de luxe. En 2007, il avait rassemblé 20 000 invités dans le stade Mboka, à Gweru et l’événement avait été retransmis à la télévision nationale. N’est-ce pas la preuve flagrante que le régime de Mugabe n’a aucune intention de s’amender et que la formation d’un gouvernement d’union nationale avec le Mouvement pour le changement démocratique n’est probablement qu’une dernière grimace du vieux singe au nez et à la barbe de la communauté internationale? Peut-être que certains d’entre vous se rappellent que le Zimbabwe était surnommé le grenier à blé de l’Afrique. Il participait même en tant que fournisseur de denrées au Programme alimentaire mondial (PAM). Depuis, l’arrivée de Mugabe et l’expropriation des fermiers blancs, la moitié de ces terres ont été morcelées ou redistribuées en dépit du bon sens à des amis du régime ou à des fermiers noirs sans aucune expérience de la gestion d’exploitations agricoles. Le cynisme de ce méprisable personnage connait comme la monnaie de son pays une hyperinflation sans limite (le dollar zimbabwéen a perdu toute valeur en raison d'une hyperinflation record de plusieurs milliards pour cent)! Mais au fond ce qu’il y a d’encore plus choquant dans cette affaire, c’est l’indifférence ahurissante de la communauté internationale. Elle est pourtant si prompte lorsqu’il s’agit de fustiger le terrorisme international ou de venir au secours du système bancaire mais elle se montre totalement incapable de sauver ce qui reste à sauver d’une population martyrisée.

Patrice Leterrier

20 février 2009

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 21:35


D

es chercheurs de l’université de Lafayette, qui se situe à Easton en Pennsylvanie, se sont intéressés à la philématologie. C’est quoi ? Voyons, vous savez bien sûr que c’est la science du baiser! Il était évident qu’il fallait que ce soit une université à référence française (Lafayette) qui se lance dans ce genre d’étude… La connaissance sur ce domaine est restée trop longtemps aux mains des écrivains, chanteurs, poètes, peintres, sculpteurs comme Rodin (et son célèbre baiser) ou pire encore psychiatre décortiquant l’inconscient. Donc assez de baliverne sur un sujet aussi important et place aux résultats tangibles et mesurables ! Oublions donc l’explication freudienne d’une réminiscence du reflexe d’allaitement. Selon l’illustre père de la psychanalyse, nous nous embrassons adultes comme nous tétions bébés ce qui serait une manifestation de notre refus de grandir… Deux chercheurs Cary Wilson et Wendy Hill ont mené une expérience sur un groupe de jeunes étudiants hétérosexuels de 18 à 22 ans. Ils ont comparé le niveau de cortisol et d’ocytocine des couples avant et après une séance de baiser de 15 minutes. Le cortisol est une hormone secrétée par la glande surrénale qui joue un rôle régulateur du stress tandis que l’ocytocine synthétisée dans l'hypothalamus joue un rôle essentiel dans l’attachement. Les résultats sont formels : le baiser fait baisser (avec 2 s sinon c’est un pléonasme..ou un espoir) le niveau de stress des deux partenaires. Les résultats pour l’ocytocine sont surprenants : le niveau d’ocytocine augmente pour l’homme alors qu’il diminue chez la femme. Les conditions de l’expérience sont peut-être la cause de ce curieux résultat : l’expérience était menée dans un centre de soin… Les femmes, c’est connu, sont beaucoup plus romantiques que les hommes et ne peuvent pleinement apprécier un baiser que s’il est accompagné de mots doux, de fleurs, de la lumière tamisée de bougies, des compliments, de sérénades, de …diamants ou autres cadeaux, bref d’un contexte favorable… les hommes, pauvres êtres rustiques sans finesse, ont juste besoin d’un baiser. Les chercheurs ont donc décidé de la reproduire dans un lieu plus relaxant avec l’aide de musique appropriée…On attend avec impatience les résultats même si l’étude ne dit pas si les couples pourront se choisir… Helen Fisher de l'université de Rutgers, qui a participé à la même session sur "les sciences de l’amour", nous révèle que le baiser est quasi-universel puisque c’est une pratique adoptée par plus de 90 % des sociétés humaines. Elle l’analyse selon trois volets : la pulsion sexuelle, l'amour et l'attachement. Elle affirme par ailleurs qu’elle détient "la preuve que la salive contient de la testostérone et que les hommes préfèrent les baisers plus humides et pratiqués avec les lèvres largement ouvertes. Ce qui nous suggère qu'ils veulent inconsciemment donner de leur testostérose à la femme pour stimuler son appétit sexuel". Elle insiste aussi sur le fait qu’un simple baiser peut provoquer une véritable tempête dans le cerveau et qu’il peut être le point de départ d’une grande histoire d’amour… si vous embrassez la bonne personne. Les chercheurs ne disent évidemment pas comment choisir cette bonne personne! Finalement Guy de Maupassant avait raison lorsqu’il écrivait :"Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout".

Patrice Leterrier

20 février 2009


 

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 21:41


H

ier soir, selon une stratégie parfaitement huilée, le président et son équipe n’ont laissé à personne, surtout pas aux partenaires sociaux, le soin de communiquer sur la montagne du 18 février qui venait d‘accoucher d’un souriceau chétif…La méforme du Président était criante! Tout le monde a pu voir un homme fatigué, tendu, un peu grisonnant, comme accablé par la charge qui est la sienne. Il lisait sans conviction sur son prompteur un chapelet de mesures comme une ordonnance trop remplie d’un médecin hésitant sur la thérapie idoine face à un malade en errance médicale. Les français sont assez matures pour savoir que pas plus ce président que n’importe qui en France ne peut être ce magicien que promettent sans risque quelques apprentis sorciers faisant de la détresse des français leur fond de commerce politique. Aucun n’attend de lui de miracle pour nous sortir de la crise. Au demeurant,  même si elle a des effets assez désastreux sur l’emploi et en particulier l’emploi des jeunes, elle ne touche pas encore le pouvoir d’achat des français qui – selon l’INSEE - à continuer à augmenter de 1,1% en 2008 et continuera de croitre (probablement sous l’effet d’une certaine déflation) de 0,6% au premier semestre 2009. Il pourrait facilement balayer l’argument qui consiste à opposer stupidement investissement et consommation, alors que l’intérêt premier d’une relance par la demande publique est d’offrir du travail, et donc de la consommation, à des milliers d’employés des petites entreprises et d’artisans. Au lieu de ça, Il nous assène avec une lassitude visible et une forme d’irritation la justesse de plan de relance par l’investissement, son refus certes pertinent mais impopulaire d’augmenter les bas salaires et son refrain préféré sur la religion du travail qui forcément irrite ceux qui sont menacés de le perdre. On peut discuter de ce correctif social, évalué à 2,6 milliards, au plan de 26 milliards et aux 1000 mesures. On peut s’interroger par exemple sur les mesures d’exonérations d’impôts face aux difficultés dans lesquels se trouvent les 16,5 millions de français qui ne paient pas d’impôt. Que dire du quasi silence de ce plan face au grave problème du désespoir d’une jeunesse sans avenir dont on peut voir, prémices inquiétants, les convulsions dans les Antilles comme on l’avait vu en d’autres temps dans les banlieues? Est-il réaliste de demander aux entreprises bénéficiant des crédits du plan de relance, comme le secteur automobile, de former et recruter des jeunes alors qu’ils se sont déjà engagés à ne pas licencier malgré leurs sureffectifs? Même si on peut aussi être d’accord sur l’importance des réformes, on peut s’interroger sur la méthode quand on voit le fiasco dans l’éducation et la recherche. Et puis ce n’était pas le sujet qu’il adressait avec son effet d’annonce de la réunion d’hier présentée comme le sésame de la réponse aux inquiétudes des français, reconnues légitimes par lui-même. On aurait pu aussi souhaiter par exemple qu’il prenne acte de la contre productivité des mesures qu’il avait prises, en son début de règne triomphant, sur les heures supplémentaires face aux menaces de chômage et de licenciement. Il aurait pu les suspendre à des jours meilleurs…Au fond ce correctif n’est pas à contre sens, même si on peut ça et là en regretter la timidité ou les oublis. Il a une certaine cohérence pour soulager les chômeurs et les classes moyennes. Le compte y est-il ? On peut en douter mais avons-nous les moyens de faire plus et est-il pertinent de faire autrement? Son principal défaut ne serait-il pas qu’il ne parait pas convaincre son auteur? Ce n’est pas la fracture sociale mais bien une sorte de fracture des français avec son président qui risque de se produire. Sur internet le Nouvel Observateur a lancé un sondage auquel prés de 10 000 personnes ont répondu et 74% d’entre eux "n’attendent plus rien de Sarkozy"! La traversée du désert ne fait probablement que commencer pour Nicolas Sarkozy et il n’a même plus l’opportunité de profiter de l’interrègne américain pour occuper la scène internationale.

Patrice Leterrier

19 février 2009


 

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