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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 13:38


L

e magazine turc "Science et technique" voulait consacrer sa "Une" à Charles Darwin pour célébrer le bicentenaire de sa naissance. Il avait programmé, dans son numéro de mars, un dossier de 16 pages sur les recherches du père de la théorie de l’évolution. A la dernière minute, le vice-président du Conseil de la recherche scientifique et technologique (Tübitak), qui édite la revue, s’y est opposé. Le mensuel est donc sorti en kiosque avec un dossier consacré au réchauffement climatique. La rédactrice en chef a été démise de ses fonctions. Une victoire pour le courant créationniste qui, dans sa version moderne, est né aux Etats-Unis il y a une vingtaine d'années. Ses adeptes, généralement des groupes d'inspiration religieuse, récusent les découvertes de Darwin pour expliquer l'histoire à la lecture exclusive, et sans interprétation pour les plus radicaux d’entre eux, des textes religieux et de la Genèse: C'est l'intelligent design, dont les représentants se rencontrent aussi bien dans les milieux chrétiens que musulmans. On pourrait voir dans cette actualité une preuve du retard de la Turquie par rapport à l’Europe à laquelle elle aspire à adhérer mais hélas aujourd'hui, les thèses créationnistes, qui sont une véritable injure à la raison et à la science, se répandent progressivement en Europe. En Pologne, le ministre (d’extrême-droite) de l'éducation a condamné publiquement le darwinisme à l'automne dernier. En Italie, la ministre de l'éducation du gouvernement Berlusconi, avait déposé sans succès en 2004 une proposition de décret destiné à abolir l'enseignement de l'évolutionnisme dans le primaire et le secondaire. La ministre avait remis sa démission. Au Royaume-Uni, après l'approbation par Tony Blair en 2006 de l'enseignement créationniste dans certains établissements de la High Scholl et trois jours de rassemblements d'adeptes venus du monde entier, le plus important syndicat de professeurs du pays, le National Union of Teachers a demandé que soit mise en place une barrière légale afin d'entraver la progression du créationnisme. Guy Lengagne, ancien député français, membre du conseil de l’Europe le qualifie de "cancer mortel pour la pensée scientifique" et affirme que "nous assistons aux prémices d’un retour au Moyen Age". En Allemagne, des professeurs d'un lycée privé reconnu par l'Etat ont décidé d'enseigner que les différents types d'animaux sont l'œuvre directe d'un "créateur". Aux Etats-Unis, les lobbys créationnistes se battent pour faire reconnaître cette doctrine au même titre que la théorie de l’évolution, qui, selon eux, n’est qu’une "hypothèse parmi d’autres". Le 1er août 2005, le président George W. Bush avait déclaré que les thèses de l'intelligent design devaient être "correctement enseignées" dans les écoles américaines. Début 2007, un luxueux ouvrage l'Atlas de la Création, était envoyé aux recteurs d'universités de France ou d'écoles supérieures. Le contenu apparemment scientifique n'appelait aucune méfiance au premier abord. Mais une lecture plus attentive dévoilait les intentions de l'éditeur, un Turc nommé Harun Yahya, qui étaient de détruire la théorie évolutionniste de Darwin par de multiples exemples, notamment en démontrant, photos à l'appui, que nos espèces contemporaines se rencontraient déjà abondamment dans les fossiles, et donc que la théorie de l'évolution était fausse. La France avec sa tradition de l’école laïque et républicaine est relativement à l’abri de cette offensive. Mais le désarroi, qui s’installe chez beaucoup de nos compatriotes confrontés aux ravages planétaires de la crise du capitalisme, est un terreau fertile pour entretenir la confusion entre capitalisme et matérialisme scientifique. Les créationnistes pourraient bien s’engouffrer dans cette faille en brandissant le retour au sens transcendantal de la création s’opposant aux progrès de la science baignée depuis Lamarck et Darwin dans le bain évolutionniste. La science paierait ainsi la facture de son utilisation "bestiale" par le marché et certains esprits fragilisés retomberaient dans la nuit du moyen âge scientifique comme le craint Guy Lengagne.

Patrice Leterrier

17 Mars 2009

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 16:34

Gestes et langage

 

 


M

eredith Rowe et Susan Goldin-Meadow, de l'Université de Chicago se sont intéressés au langage des gestes de très jeunes enfants. Ils ont démontrés que plus l'enfant recourt à des gestes sémantiques à 14 mois, plus son vocabulaire sera riche quand il aura quatre ans et demi. On savait depuis les travaux de Boris Cyrulnik sur les enfants roumains, abandonnés à la triste époque des époux Ceaucescu, qu’en l’absence de contenant affectif et de communication, certaines zones du cerveau pouvaient ne pas se développer normalement. Il a aussi découvert la réversibilité de ces anomalies chez certains des enfants, donnant ainsi un fondement biologique à sa théorie de la résilience. Mais les études faites par les chercheurs de l’université de Chicago ajoutent une nouvelle dimension à ce lent travail d’exploration des fondements du langage et de la communication chez l’homme. Même sans attendre le paroxysme horrible des enfants roumains, on sait depuis longtemps que quand leurs parents sont malheureux, dépressifs ou gravement malades, les enfants ont un langage appauvri. On a ainsi observé qu'en moyenne, les enfants issus de familles de faible statut socio-économique ont un vocabulaire moins riche que ceux issus de familles favorisées (n’écarquillez pas trop les yeux devant cette porte ouverte enfoncée...). Ce retard existe dès l'âge de quatre ans et persiste pendant toute la scolarité si l'on ne fait rien. On savait aussi que cette tendance dépend de la façon dont les parents parlent à leur enfant dès son plus jeune âge. Les psychologues américaines ont filmé pendant 90 minutes 50 bébés âgés de 14 mois dans leur environnement familial et ont analysé tous les gestes et paroles des enfants et de leurs parents. En moyenne, les bébés font 20 gestes signifiants et prononcent 13 mots, et leurs parents font 40 gestes et disent 364 mots (à un près on était à un mot par jour…). Mais plus les parents font de gestes sémantiques en direction de leur enfant, plus ce dernier leur répond. Les psychologues ont ensuite évalué le vocabulaire des enfants à quatre ans et demi : il est d'autant plus riche que les enfants et leurs parents faisaient beaucoup de gestes sémantiques. Bien sûr, faire des gestes à son enfant de 14 mois n'est pas le seul facteur impliqué dans la qualité du vocabulaire. Mais il s'avère qu'ainsi, on peut augmenter l'acquisition du vocabulaire chez l'enfant à un âge où les disparités langagières n'existent pas encore. Ainsi donc le langage des gestes ne se résument pas à vos yeux écarquillés de tout à l’heure, à des bras d’honneur, à des doigts levés ou pointés en signe de menace, à des vrilles effectuées sur la tempe, à des explorations plus ou moins profondes des fosses nasales, à des postures semblables à celle de Monseigneur Henri, François-Xavier de Belsunce de Castelmoron, les bras ballants et ouverts pour accueillir les pestiférés de Marseille en 1720, puisque je ne viens de citer que quelques gestes et que les chercheurs américains en ont identifié 40 dans la relation entre les parents et leurs rejetons. Il suffit d’ailleurs d’assister à un match de football, surtout à Marseille, pour compléter la liste ci-dessus d’une quantité impressionnante d’attitudes et de gestes signifiants. J’imagine que ces élucubrations sur la gestuelle ont provoqué chez certains d’entre vous des haussements d’épaules devant la banalité des faits rapportés. J’oserai peut-être à mon tour un haussement de sourcil pour suggérer qu’il y a plus d’intérêts à se focaliser sur les gestes tendres d’une mère envers son enfant que de disserter sur le sens hypothétique des parades et rodomontades d’un Jean Marie Le Pen devant les caméras…

Patrice Leterrier

16 Mars 2009


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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 23:47

Nos chers chérubins

 


L

’équipe du professeur R. Sprengelmeyer de l’Université de Saint Andrews en Ecosse vient de lever le voile d’un mystère vieux comme le monde. Tout le monde a pu assister à la maternité, dans les jardins publics ou plus simplement chez soi, chez une amie, en famille au spectacle sidérant de femmes se penchant sur un berceau. L’effet totalement magique d’un visage de nourrisson est immédiat sur le comportement des femmes. Elles se mettent à ânonner des borborygmes incompréhensibles en souriant béatement comme pénétrées d’un plaisir qui pourrait parfois faire croire qu’elles frôlent l’orgasme à la vue de ces petits êtres souvent rougeauds, grimaçants et agités par des mouvements saccadés peu gracieux. Tout le monde a pu aussi constater le contraste avec la réaction des représentants de la caste masculine qui, au mieux, restent prostrés dans un silence diplomatique accompagné d’un sourire de circonstance au pire en profitent pour aller discuter boulot ou match de football devant un verre. Les scientifiques appellent cela l’effet nourrisson. Et bien mesdames ne cherchez plus une raison sordide à l’insensibilité de vos compagnons et vous messieurs ne vous flagellez pas inutilement en vous sentant coupable de votre insensibilité irraisonnée. Tout ça est, tout simplement et prosaïquement, une vulgaire question d’hormones! La démonstration a été faite par les scientifiques de l’université de Saint Andrews. Ils ont montré à des jeunes femmes et à des jeunes hommes des visages de poupons présentant des différences plus ou moins apparentes quant à la taille des yeux, la rondeur des joues ou du nez, qui les rendaient plus ou moins attirants. Comme on s'en doutait, les femmes ont détecté ces différences bien plus efficacement, mais la suite de l'expérience a permis de comprendre pourquoi : chez les femmes âgées de plus de 53 ans, l'effet nourrisson s'estompe, signe d'une influence hormonale, puisque les hormones féminines telles que la progestérone et les estrogènes cessent d'être produites à partir de la ménopause, vers 51 ans. La progestérone et les estrogènes expliqueraient donc l'effet nourrisson. Les psychologues s'en sont assurés en étudiant la sensibilité de jeunes femmes à l'effet nourrisson, selon qu'elles prennent ou non la pilule. Cette dernière contient en effet une association de progestérone et d'estrogènes. Le test fut sans appel : la pilule renforce l'effet nourrisson. Là encore, c'est logique, puisque les estrogènes et la progestérone reproduisent le climat hormonal de la femme enceinte. En pareille situation, l'organisme se prépare à être en totale fusion avec un probable nouveau-né. Nous voici donc rassurés sur l’état mental de nos compagnes face aux chérubins et dédouanés de notre manque d’attirance pour ces chérubins qui finissent pour la plupart par être adorés assez également par leurs pères et mères.

Patrice Leterrier

13 Mars 2009


 

 
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 23:53

 


L

e cousin du cantonnier de Fernand Reynaud, le professeur de philosophie passait ses nuits à disserter du rapport entre la pensée de Blaise Pascal qui a dit  "la vie est misérablement courte" par rapport à la thèse d’Albert Einstein qui a dit "plus on va vite, plus le temps est court". Pendant ce temps là, le cantonnier, qui ramassait des airelles, des champignons, quelques amandes sauvages et une poignée de noix, qui rentrait en sifflotant vers 16 heures, qui ne connaissait ni les impôts, ni la télévision ni internet, lui pendant ce temps …il dormait. La dernière étude sur le sommeil des français de l’INEPS* (institut national de Prévention et d’éducation pour la santé) intitulée "les français et leur sommeil" donne évidemment raison au regretté amuseur qui savait si bien observer ses compatriotes. Certains d’entre vous se souviennent peut-être du sketch du boulanger, un chef ‘œuvre de finesse sur la xénophobie. Selon ce rapport le travail est la principale cause déclarée de manque de sommeil (53 %), suivi des difficultés psychologiques (40 %) et, dans une moindre mesure, les enfants (27 %), les loisirs (21 %), et le temps de transport (17 %). Si les personnes en dette de sommeil attribuent pour la majorité leur manque de sommeil au travail (57 %), les insomniaques l’attribuent plutôt à des difficultés psychologiques (66 %). L’étude confirme également que les insomniaques et les personnes en manque de sommeil sont des grands surfeurs et de grands amateurs de jeux vidéo devant l’éternel peut-être mais plus prosaïquement derrière leurs écrans. Le cercle vicieux s’affole littéralement pour les hypochondriaques qui consultent sans interruption les sites médicaux pour donner naissance à une nouvelle addiction que les spécialistes appellent la cyberchondrie. Ainsi le site de "Pour la science" nous rapporte le cas d’Eric qui ne dormait plus depuis trois nuits à cause d’un mal de tête qui le tenaillait depuis qu'il avait lu, sur un site Internet, qu'il souffrait peut-être d'une tumeur cérébrale. L'angoisse et le stress s'ajoutaient à ses douleurs, qui s'amplifiaient et qui l’empêchaient de dormir ce qui n’améliorait pas ses céphalées. Mais ce rapport nous apprend aussi qu’une personne sur deux a l’habitude de lire durant l’heure précédant son coucher et plus d’un quart de l’échantillon (28 %) le fait toujours ou très souvent. Le rapport ne dit pas l’effet de l’intérêt du lecteur pour l’ouvrage sur l’endormissement. On peut cependant supposer que l’endormissement plus ou moins rapide du lecteur soit un bon indicateur de la qualité perçue de l’ouvrage…ou de son état de fatigue. Il est d’ailleurs connu que quelqu’un qui vous avoue avoir passé une nuit blanche à finir un livre n’est pas pour autant atteint de troubles du sommeil mais plus probablement "victime" d’un vrai plaisir de lecteur. Je vous conseille donc de consulter ce texte avant de vous coucher de manière à profiter de son effet léthargique. Bien sûr, malgré mes efforts, je ne peux prétendre concurrencer la télévision qui est regardée par plus d’un français sur deux avant de dormir dont la moitié le fait au lit.

Patrice Leterrier

12 Mars 2009


 

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 09:09

 

C

ertains d’entre vous ont probablement suivi - avec consternation, indignation, peine, inquiétude, tolérance aveugle pour les inconditionnels du Saint Siège, amusement pour les anticléricaux, peut-être colère pour les mères - l’affaire de l’évêque de Recife (Brésil). Ce prélat a excommunié la mère et l’équipe médicale qui avait fait avorter une petite fille de 9 ans violée par son beau-père depuis l’âge de 6 ans. L’excommunication a été confirmée avec une célérité étonnante par le cardinal Giovanni Battista Re, Préfet de la congrégation pour les évêques. C’est lui qui a signé le décret réintégrant l’évêque négationniste Richard Williamson... Il trouve que le viol "est moins grave que l'avortement". Une étrange contradiction avec la loi des hommes, une sorte de retour en arrière consternant alors que la décision était motivée en raison des dangers que faisait courir cette grossesse à la petite fille enceinte qui mesure 1,36 m et pèse 33 kg. Jean-Marie Guénois nous rappelle dans le Figaro, en guise d’argument modérateur qu’"Il y a près de 430 000 paroisses et autres entités catholiques dans le monde. Cette «multinationale de la charité», animée par 410 000 prêtres, par plus de 750 000 religieuses et près de 5 000 évêques, touche, au jour le jour, plus d’un milliard de personnes. Ces chiffres n’excusent rien mais donnent une idée de la proportion des déclarations de… deux évêques". L’argument du nombre est évidemment recevable pour ne pas se tromper de cible dans notre indignation. Il n’en demeure pas moins que, comme dans une entreprise, les déclarations du secrétaire général engagent plus la société que celles d’un ouvrier d’une de ses usines… Certes ces cardinaux ne sont pas l’église et les propos de deux hommes qui cumulent à eux deux prés de 150 ans ne sauraient être un prétexte pour rejeter la faute sur tous les catholiques. Le verre n’est probablement ni à moitié plein ni à moitié vide (facile comme tautologie!) dans cette affaire qu’on oubliera probablement assez vite sauf à vouloir régler un compte ancien avec la religion catholique et/ou sa hiérarchie dominée par des vieillards. Le verre est hélas encore beaucoup trop plein pour nos jeunes dont l’alcoolisme inquiète (selon les dernières données hospitalières, chez les moins de 15 ans, les hospitalisations ont augmenté de 50 % entre 2004 et 2007). A double titre, car c’est non seulement un problème de santé mais aussi une preuve de plus de la désespérance d’une partie de notre jeunesse. Mais assez de mauvaises nouvelles! Il a fait beau aujourd’hui sous le ciel de Provence. La TVA va enfin baisser dans la restauration. Le permis de conduire a 110 ans. Les français dorment moins de 7 heures par nuit en semaine. Un singe planificateur surdoué au zoo de Stockholm intrigue les chercheurs bousculant une idée reçue sur le caractère purement humain de cette capacité (Vous me direz dans les temps qui courent, on peut même se demander si certains hommes politiques et certains économistes n’ont pas perdu cette belle vertu qu’est la prévoyance…).Et je ne résiste pas au plaisir de vous annoncer la nouvelle prouvant que les hommes d’église peuvent aussi avoir de l’humour et s’adapter. Courrier International nous apprend en effet que le diocèse de Modène invite ses ouailles à renoncer aux SMS tous les vendredis de carême.

Patrice Leterrier

11 Mars 2009


 

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 09:01

 

L

a science, bien avant Galilée et bien longtemps après, a toujours eu des rapports complexes avec les autorités religieuses. Aujourd’hui, le débat fait rage autour de la bioéthique. La science, pas plus les neurosciences que d’autres disciplines, ne pourra jamais apporter la réponse à la question de savoir si Dieu existe! Certains peuvent penser hélas, d’autres affirmeront sans hésiter heureusement. Mais une question taraude certains chercheurs. Existerait-il une zone cérébrale identifiée où siégerait le sentiment religieux? Les recherches menées depuis des années pour essayer d’identifier cette "zone" connaissent aujourd’hui une avancée intéressante. En 1997, une équipe de l’université de Californie dirigée par le Docteur Michael A. Persinger avait crû identifier une zone, impliquée dans les troubles épileptiques, dont la stimulation semblait provoquer l’apparition de sentiments religieux. Il avait construit un "casque de Dieu" qui, par une stimulation magnétique des lobes temporaux, provoquait, selon ses observations le sentiment d’une présence spirituelle. Ces travaux ont alimenté des spéculations sur le rôle de l’épilepsie dans les apparitions divines, phénomène commun à toutes les religions. Il est évidemment impossible de vérifier la présence ou non de troubles épileptiques frontaux chez Moïse, Jésus Christ, Saint Paul ou encore Bernadette Soubirous ni même chez Mahomet ou Bouddha… Le Professeur Richard Dawkins, un éthologiste fervent militant de l’athéisme auteur de "pour en finir avec Dieu"*, avait contesté ces résultats en expérimentant lui-même sans succès le "casque de Dieu". On peut opposer au très médiatique prosélyte de l’athéisme que sa forte suggestion négative faussait probablement les résultats. Mais voici que des chercheurs de la Washington University in Saint Louis (USA) viennent de battre définitivement en brèche la théorie d’une zone de la religiosité dans le cerveau. Ces chercheurs ont demandé à des volontaires, dont on peut supposer que les croyances étaient sincères, de penser à des thèmes religieux. En utilisant l’imagerie cérébrale basée sur la résonance magnétique ils ont pu identifier non pas une zone mais plusieurs zones impliquées dans les processus cognitifs des volontaires. Ils ont en particulier décelé une zone des lobes frontaux du cortex (spécifique à l’homme) et aussi une zone plus interne du cerveau que nous partageons avec les grands singes et d’autres primates. L’homme serait-il pour autant programmé génétiquement pour avoir des croyances religieuses? Rien ne permet de l’affirmer mais, toujours selon ces chercheurs, les croyances religieuses amélioreraient les chances de survie des individus, ce qui expliquerait, selon les adeptes de Darwin, pourquoi elle est universelle. Ils affirment aussi que les croyances et comportements religieux sont propres à l’espèce humaine et n’ont pas d’équivalent chez les animaux. L’identification de zones spécifiques impliquées dans le sentiment religieux ne permet évidemment pas de trancher sur l’origine culturelle, biologique ou divine des croyances. Bien sûr les croyants ont leur explication transcendantale et personne, sauf peut-être les adeptes du professeur Dawkins, ne songent à les en dissuader…

Patrice Leterrier

10 Mars 2009

 

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:15


A

u moment où le projet de loi sur la création et l’internet va s’ouvrir à l’assemblée, les esprits s’échauffent. La lutte contre les fraudeurs pose d’énormes problèmes techniques et déontologiques pour des résultats aléatoires. Faut-il pour autant ne rien faire alors que l’industrie du disque est en pleine bérézina ? Les députes vont probablement s’étriper sur le sujet pris une fois de plus en otage d’arrières pensées politiciennes alors que le sujet pourrait, pour une fois, faire l’objet d’un consensus sans compromission. Dans ce contexte, le Figaro publie aujourd’hui un intéressant sondage sur le piratage informatique. L’un des enseignements de ce sondage est que le piratage est une affaire d’âge. Alors que 57 % des jeunes entre 18 et 24 ans reconnaissent avoir déjà téléchargés des contenus de manière illégale, le pourcentage tombe à 6 % pour la tranche des internautes dont l’âge est compris entre 50 et 64 ans pour s’effondrer à 1% pour les internautes de 65 ans et plus. D’aucuns, promptes à manier l’âgisme comme paravent, y verront peut-être un effet de l’inégalité flagrante des générations devant l’outil. Qui peut d’ailleurs contester qu’un homme ou à fortiori (mais là, je vais me faire écharper par les chiennes de garde…) une femme d’un âge respectable n’a pas la dextérité (c’est quelquefois bêtement une question d’arthrose...) et surtout l’absence totale d’inhibition devant le clavier d’un gamin de 5 ans qui pianote avec l’agilité d’un Paganini sur son stradivarius? Peut-être un peu mais peut-être aussi qu’il s’agit de quelque chose de plus fondamental. Ne sommes-nous pas plus devant un véritable problème de société? La virtualisation à outrance qui envahit notre univers ne fait-elle pas finalement perdre la notion même de propriété intellectuelle pour des jeunes qui sont depuis leur plus jeune âge immergés dans la technologie à travers la télévision, les consoles de jeux et l’internet? Comment concevoir qu’un clic - licite lorsqu’on "tchate", on recherche des informations, on ouvre ses courriels, on écoute de la musique en ligne, on regarde des extraits vidéos - puisse devenir illicite lorsqu’il aboutit au téléchargement de musiques ou de films? La valeur d’une œuvre devient, dans une discontinuité sémantique bien difficile à concevoir, monnayable alors que le clic d’avant était gratuit, c'est-à-dire en fait dans l’esprit de l’internaute payé indirectement par les abonnements et les multitudes de bandeaux qui envahissent les écrans plats. On connait bien sûr les arguments des industriels du disque et des gardiens de la propriété artistique mais le décalage est grand avec la pratique généralisée de l’instantanée sans contrainte. L’enquête ne dit pas si les jeunes, qui pratiquent le téléchargement illégal, ont la notion même de faire une infraction. La riposte graduée qui est l’esprit du projet de loi semble adresser ce souci éducatif. Le contrevenant recevrait un premier courriel d'avertissement, un deuxième avertissement par lettre recommandée puis, pour le récidiviste, une proposition de transaction à l'amiable. Dans le cas de nouvelle récidive et en l'absence de toute transaction, l'abonnement sera suspendu pour une durée allant de deux à douze mois. La sanction risque de punir les parents qui ne surveillent pas leurs enfants disent les détracteurs du projet. Après tout, n’est-ce pas de la responsabilité des parents d’inculquer le respect de la propriété intellectuelle à leurs enfants?

Patrice Leterrier

9 Mars 2009


 

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 09:22

I

l y a la fête des mères de Philippe Pétain, la fête des grand-mères, il y a la sainte Catherine et puis il y a la journée de la femme instaurée en 1982 sous le règne de François Mitterrand. Pourrions-nous en déduire avec malice que tous les autres jours de l’année sont consacrés à l’homme? Que nenni bien sûr! Mais alors à quand la journée de l’homme? Le journal La Croix fait sa une sur une question d’actualité: La femme est-elle libérée par le Web? A vrai dire on est d’abord un tantinet surpris par la photographie choisie par ce quotidien où une jeune femme a l’air totalement béate devant son écran… Dans un encart en page 3 Isabelle Juppé, la femme du meilleur d’entre tous d’après Jacques Chirac, écrit "Je n’imaginais pas à quel point Internet pouvait permettre à de nombreuses femmes de presque réinventer leur vie, de retrouver une place sociale, affective, voire économique dans la société". Les chiennes de garde - qui viennent de décerner le titre de macho de l’année à Monseigneur Jean Vingt-Trois pour avoir déclaré "le plus difficile est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête" - me reprocheront sans doute ma référence à Alain Juppé. Pourquoi diable ne pas parler tout simplement de l’écrivain (sans e) ou de son nouveau job chez Lagardère comme directrice (et pas directeur) du développement durable. Pour revenir au sujet, nul doute que l’internet en général, la blogosphère comme on dit maintenant, les courriels ont profondément changé nos habitudes à tous (hommes et femmes) comme d’ailleurs l’autre phénomène de la fin du XXème siècle, le téléphone portable. Qu’y a-t-il de spécifique à la femme dans ce bouleversement? Si je voulais m’attirer encore un peu plus le regard réprobateur de la gent féminine, je parlerais de mariton.org ou d’oneline.carrefour.fr ou encore d’aufeminin.com. D’ailleurs comment ne pas saluer l’édito de Constance Legrand, Rédactrice en Chef du site, qui nous apprend que "les entreprises féminisées semblent globalement se sortir d'affaire mieux que les autres" en ces temps de crise. Tout le monde sait que les femmes sont plus audacieuses, adaptatives et créatives que les hommes (sauf peut-être dans la musique, allez savoir pourquoi?). Plus sérieusement, il me semble assez incontestable que la levée des barrières spatiotemporelles que permet l’internet crée plus de nouveaux espaces de liberté pour la femme que pour l’homme et donc la libère probablement plus qu’elle ne nous facilite la tâche. Le danger restant, dans les deux cas, l’interpénétration grandissante entre vie professionnelle et vie privée. La société de l’écran est donc aussi celle du clavier et de l’oreillette. Depuis que les premiers ancêtres des hommes ont laissé leurs empreintes quelque part non loin du lac Turcana au Kenya, l’outil a toujours été un moyen de libération, de progrès mais quelquefois aussi hélas d’aliénation. Quant à la supposée inégalité devant l’apprentissage de la technologie, je n’y crois pas une seconde. Mon expérience professionnelle dans le monde de l’informatique m’a appris que les femmes réussissent au moins à l’égal des hommes, avec souvent plus d’humour et parfois plus de charme… si je peux tenter cette dernière remarque sans me faire traiter de macho par une meute de chiennes gardant je ne sais quoi en sacrifiant leur féminité!

Patrice Leterrier

7 Mars 2009


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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 09:31


Des femmes dans un camp de réfugiés près du village
de Seleah au Darfour (photo AP/Curtis)


P

eut-être auriez-vous apprécié que l’on revienne sur l’origine du sandwich? Que l’on parle de Lord Sandwich, ce joueur invétéré qui, ne pouvant s’arrêter de se livrer à son addiction, a, le premier selon la légende, inventé cet agencement de nourriture entre deux tranches de pain? Ou alors pensiez-vous voir la lumière au bout du tunnel? Mais voici que la justice des hommes s’invite dans l’actualité. Tous les journaux (ou presque) titrent aujourd’hui sur le mandat d’arrêt international lancé par la Cours Pénale Internationale contre le Président soudanais Omar El Béchir pour sa responsabilité dans les crimes commis au Darfour. Omar el-Bachir est le premier chef d'Etat en exercice à être visé par un mandat d'arrêt de la CPI. Le procureur de cette Cours, l'Argentin Luis Moreno-Ocampo ne fait pas l’unanimité. On lui reproche notamment le licenciement abusif de son conseiller médiatique, qui l'avait accusé de harcèlement sexuel à l'encontre d'une journaliste sud-africaine, et le départ contraint de nombreux enquêteurs depuis 2005. Il n’a pas obtenu que le président soudanais soit poursuivi pour génocide. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine a annoncé qu'il allait demander au Conseil de sécurité de l'ONU d'"interrompre" la procédure de la CPI contre Bachir, afin de donner une chance à la paix au Soudan. Jean Ping, le président de l'organisation, déclare "nous constatons que la justice internationale ne semble appliquer les règles de la lutte contre l'impunité qu'en Afrique comme si rien ne se passait ailleurs, en Irak, à Gaza, en Colombie ou dans le Caucase". L’Egypte se dit "très troublée", l'Ethiopie, estime que la décision "n'aide pas à la résolution de la crise au Darfour", le président russe parle de "dangereux précédent" et de "risque de conséquences négatives sur le Soudan", le président sénégalais Abdoulaye Wade a déclaré avoir "l’impression que ce tribunal ne juge que des Africains" et même l’Afrique du Sud parle de "conséquences négatives sur le processus de paix en cours au Soudan", par la voix de sa ministre des affaires étrangères, Nkosazana Dlamini Zuma. Omar El Béchir, 65 ans, a donc beau jeu de s’écrier indigné, en s'adressant à des dizaines de milliers de ses partisans réunis dans le centre de Khartoum, qu’il s’agit d’un "complot 100% sioniste". L’argumen-taire de ceux qui s’opposent à cette décision est toujours le même. Il ne s’agit pas de nier la responsabilité de l’accusé mais d’invoquer le réalisme pour justifier l’injustifiable. Car enfin les chefs d’accusations sont sérieux : crimes contre l’humanité (meurtre, extermination, transfert forcé de populations, torture et viol) et crimes de guerre (attaque intentionnelle contre des civils et pillage). Avec ce mandat d’arrêt, le compte y est-il? Sûrement pas bien sûr! Charles Taylor attend son jugement, Slobodan Milosevic et Saddam Hussein sont morts mais Robert Mugabe a pu fêter son 85ème anniversaire ce week-end dans une opulence insolente, alors que le Zimbabwe, son pays, sombre dans une crise économique, sanitaire et alimentaire sans précédent. Le bilan des victimes du choléra au Zimbabwe est désormais supérieur au nombre de personnes ayant succombé à la maladie sur l’ensemble du continent africain. Que dire aussi, sans risque de se faire traiter d’antisémite ou d’islamophobe primaire, du drame de Gaza face à la riposte démesurée d’Israël et le machiavélisme honteux du Hamas? Omar el Béchir n’est qu’un représentant de plus dans une liste déjà longue de dirigeants sans pitié pour ses victimes. Il n’est évidemment pas le premier ni le dernier hélas à utiliser des enfants comme soldats ni à se rendre coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Maurice Druon a dit "C'est toujours sur une démission collective que les tyrans fondent leur puissance".

Patrice Leterrier

5 Mars 2009


 

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:36

Bout du Tunnel ?


E

urotunnel versera cette année pour la première fois de son histoire un dividende à ses actionnaires, grâce à un bénéfice net de 40 millions d'euros dégagé en 2008. Les 500 000 actionnaires d'Eurotunnel n'avaient jamais touché le moindre centime depuis la création de l'entreprise en 1986. Ce dividende, qui est vraiment symbolique, a été fixé à 4 centimes d'euro par action. Les heureux bénéficiaires  n’ont donc eu à attendre que… 24 ans pour recueillir les premiers fruits, certes modestes mais non moins délicieux, de leur investissement qui a frôlé plusieurs fois le zéro absolu après moult et moult plans de restructuration de la dette. A ce rythme là, Il leur faudra des siècles pour récupérer leurs mises…Quant à l’espoir d’une plus-value nous sommes là dans le domaine du pur imaginaire ! C’est donc surtout une bonne nouvelle pour la santé de l’entreprise mais l’événement semble donner raison à ceux qui disent qu’il ne faut jamais désespérer. En 1996 les gouvernements français et russe s’étaient mis d’accord sur l’indemnisation des héritiers des souscripteurs de l’emprunt tsariste. Viktor Tchernomyrdine, le premier ministre russe de l’époque, avait promis que son pays allait rembourser le fameux emprunt levé voici quatre-vingts ans pour financer les chemins de fer de son pays. Environ 4 millions de titres restaient bel et bien dans les portefeuilles de 400 000 porteurs, héritiers des 1,6 million de souscripteurs d’origine. Le 23 Août 2000, le premier ministre de l’époque, un certain Lionel Jospin, publiait enfin le décret définissant les conditions pour ces indemnisations. Elles concernaient essentiellement sur des titres  d'emprint émis ou garantis avant le 7 novembre 1917. Il n'y a donc pas de raison de désespérer puisque de bonnes nouvelles peuvent survenir plus de 90 ans après la ruine de nombreux épargnants trop confiants dans le dynamism et la respectabilité du régine stariste. André gide écrivait dans son journal  "Ne te détoune pas, par lâcheté, du  désespoir. Traverse-le. C'est par-delà qu'il sied de retrouver motif d'espérance. Va droit. Passe outre. De l'autre côté du tunnel tu retrouveras la lumière". Même s’il semble avoir raison dans le cas d’eurotunnel, même s’il n’a pas tout à fait tort pour les possesseurs de titres russes, on peut cependant mettre en doute cet optimisme car si une chose est certaine c’est qu’au bout du tunnel, l’avenir est toujours aussi incertain qu’à son entrée. La bourse nous apprend tous les jours qu’après une mauvaise nouvelle, il peut arriver une nouvelle pire encore. C’est bien connu que, comme pour la loterie, les courses, le casino et autre domaine où règnent l’aléatoire et l’injustice (sauf pour l’état qui gagne à chaque coup), la seule façon de ne jamais perdre en bourse, c’est de ne jamais jouer! Mais allez donc expliquer à un joueur qu’il va probablement perdre….

Patrice Leterrier

4 Mars 2009


 

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