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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 17:49

J

acques Brel, qui savait si bien la valeur du temps qui lui restait à vivre, avait écrit de magnifiques textes sur les iles Marquises où le temps s’immobilise…Aujourd’hui près d’un milliard et demi d’hommes et de femmes avancent leurs montres d’une heure en été pour la retarder d’une heure en hiver. Cette pratique avait été mise en place en France en 1975 par Valéry Giscard d’Estaing. Les défenseurs de cette mesure trouvent leurs arguments dans les économies d’énergie. En effet, pour ces disciples de l’heure mouvante, cette heure de soleil en plus le soir permettrait de réduire l'utilisation d'électricité pour l'éclairage. Selon la très officielle Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) l’économie d'électricité annuelle réalisée serait de 1,3 milliard de kWh, soit 4 % des consommations d'éclairage en France, soit encore la consommation totale d'électricité sur une année d'une ville de 200 000 habitants. Ces chiffres sont évidemment contestés par les disciples de l’heure fixe qui ont leur association la dynamique ACHED (Association française contre l'heure d'été double) qui réclame l’abandon de cette pratique réfutant les chiffres de l’Ademe, affirmant même que le "bilan énergétique est négatif" si l'on prend en compte la surconsommation totale d'énergie liée à l'augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps et de climatisation les soirs d'été. Elle argue aussi les effets directs sur la santé de ce changement qualifié de contre nature. Une étude publiée par le très sérieux "New England Journal of Medecine" le 30 Octobre 2008 semble apporter de l’eau à la clepsydre de ces révoltés contre la manipulation du temps. Des chercheurs du Karolinska Institute de Stockholm en Suède ont comparé la prévalence des infarctus du myocarde dans les sept jours qui suivent le changement d’heure par rapport aux deux semaines qui précédent et aux deux semaines qui suivent. Le résultat est sans appel : le changement d’heure est un facteur aggravant du nombre d’infarctus du myocarde. Voilà une nouvelle à avoir un coup au cœur tant l’argument écologique des économies d’énergie semblait convaincant au départ. Voilà une fois de plus des citoyens déstabilisés, angoissés et à minima perplexes devant un débat de plus d’experts incapables de nous dire si deux et deux font toujours quatre ou si ça pourrait dépendre de la position de la lune, du réchauffement climatique ou de je ne sais quel autre paramètre brandi comme une preuve irréfutable de la valeur ou de l’ineptie du système."Horloge! Dieu sinistre, effrayant, impassible, dont le doigt nous menace et nous dit : Souviens-toi !" écrivait Charles Baudelaire….Parce que les babyloniens comptaient en base six, les cercles sont divisés en 360 degrés et leurs journées d’abord en six périodes. Comme ils étaient de redoutables mathématiciens, ils eurent besoin de plus de précision et divisèrent la journée en deux fois six périodes pour le jour et la nuit. Parce que les astronomes égyptiens avaient besoin d’encore plus de précision pour leurs calculs, ils divisèrent encore les périodes des babyloniens par deux. Voici pourquoi les milliards d’humains qui peuplent la terre comptent le temps sur des horloges à 24 heures et non pas par exemple en France avec un très républicain système décimal. Mais au fond six, dix, douze ou vingt-quatre heures par jour, le temps passe toujours trop vite. Chacun choisira donc son camp entre les partisans du temps fixe et les inconditionnels du mouvement estival et hivernal. Une fois de plus aucun des camps ne pourra convaincre l’autre de la justesse de ses arguments, faute d’unisson scientifique salvatrice. La Commission européenne, qui décidément se mêle de tout y compris du temps qui passe, a harmonisé les dates de changement d'heure des Etats membres en 1998 sans rendre ce système obligatoire. Allez ! Je vous laisse méditer car je sais que l’heure de sommeil volée ne me sera rendue que le 25 Octobre…alors d’ici là j’essayerai de suivre le conseil de Charles Baudelaire "Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!"


Patrice Leterrier

30 Mars 2009

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 12:54

Paule Constant


J

’étais hier un des nombreux participants au rendez vous que Paule Constant nous avait donné avec la littérature et la passion. L’amphithéâtre de l’Institut d’Études Françaises pour Étudiants Etrangers d’Aix en Provence était comble. Elle avait invité une pléiade d’écrivains et de personnalités de la société civile qui se commettent en quelques aventures littéraires(1). Elle avait elle-même planté le décor dans l’interview donnée à Paul Vallet(2) en clamant avec sa passion habituelle que la passion était le don total de l’être à l’autre. Nous avons pu nous délecter d’une richesse et d’une variété d’intervenants exceptionnelles. Ils ont martyrisé nos préjugés, réveillé nos souvenirs, suscité notre com..passion, excité notre curiosité, enrichi nos connaissances, ébloui par la fulgurance des idées, provoqué d’irrépressibles éclats de rire, soulevé notre indignation et même interpellé en provocant notre dégoût. Impossible d’oublier la cataplexie qui m’a envahi après la fulgurante intervention de Monique Canto-Sperber, ouvrant les débats, en philosophe m’inondant de ses réflexions pour me laisser dans l’embarras d’avoir mesuré la profondeur immense de sa pensée mais aussi dans le doux plaisir d’avoir eu la chance de l’écouter. Qu’il y a-t-il d’autre à faire que de citer Musset disant sur Molière "que lorsqu’on vient d’en rire, on devrait en pleurer" après avoir essuyer nos larmes de rire en écoutant fasciné un Jean-Louis Fournier merveilleux d’humour et de tendresse. Comment oublier les confidences de maître Gilbert Collard sur sa "marginalité par procuration" et son étonnante capacité à séduire la salle sur un sujet aussi original que l’histoire de l’"assassin saint" Georges Fesh? Qui ne pourrait reconnaître son désarroi face à la malice d’une Elisabeth Rudinesco qui suscita notre dégoût en évoquant les pires mortifications des exaltés mystiques pour nous laisser finalement sans conclusion nous débrouiller avec notre désarroi? Comment ne pas se délecter du récit captivant de Jean Tulard évoquant comme dans un feuilleton la vie du "divin" marquis de Sade ? Impossible d’oublier la gouaille et l’accent de Jean-Didier Vincent, nous proposant un kaléidoscope éblouissant de neurotransmetteurs comme fils conducteurs de cet "état central fluctuant" animant en harmonie ou en opposition le corps, le cerveau et le temps selon son expression. Que dire de l’analyse au scalpel d’un Frédéric Vitoux nous confiant les clefs de l’univers de Ferdinand Céline pour nous assener que ce grand auteur ne pouvait avoir de disciples car il nous avait claqué la porte au nez du monde par la complétude de son œuvre. Comment ne pas partager la passion d’une Laure Adler sur la trop courte vie de Simone Weil ? Quel plaisir d’entendre Laurent Gaudé nous révélait le mystère du tigre bleu d’Alexandre le Grand pour nous plonger dans la réflexion avec cette citation de Paul Claudel "il n’y a qu’une chose de nécessaire, c’est quelqu’un qui vous demande tout et à qui on est prêt à tout donner". Je pourrais ainsi citer tous les intervenants mais au fond, à la fin de ces deux jours d’écoute passionnée, je peux m’en retourner, un peu ivre de plaisir, avec la certitude probablement partagée par une grande majorité des participants que la passion de la lecture ne pouvait, ne devait s’éteindre après un tel étalage de talents. Voilà donc la preuve irréfutable, tangible, éclatante et sensuelle à souhait que l’homme ne peut vivre sans se nourrir de l’autre et que l’autre est souvent au rendez-vous d’une page lue qu’il nous transporte, qu’il nous émeuve ou même qu’il nous rebute jusqu’à la répulsion. Le thème proposé par Paule Constant était la passion selon… Nul doute que sa passion pour la littérature a envahi de son ombre puissante l’immense majorité des participants.


Patrice Leterrier

29 Mars 2009

 

 

 

(2) http://www.france-info.com/spip.php?article270000&theme=36&sous_theme=39

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 16:50

Tata Nano : la deuche du 21ème siècle ?


O

ctobre 1948, en France l’actualité est dominée par la grève des mineurs qui se durcit. Le pays sort péniblement de la guerre avec la valse des gouvernements qui va conduire la quatrième république à sa perte, les dévaluations successives du franc, un blocage des prix, une inflation galopante mais aussi le tout nouveau aéroport d’Orly, la création d’Air France et l’inauguration du barrage de Génissiat, sur Rhône qui est alors la centrale électrique sera la plus importante d’Europe occidentale. Le nouvel état israélien (proclamé par David Ben Gourion le 14 Mai) prépare l’opération Hiram (en référence au nom biblique du roi de Tyr) qui aboutira à la conquête de la Galilée en 60 heures. Les communistes s’apprêtent à prendre le pouvoir en Chine sous la conduite de Mao Tsé Toung, l’Amérique à réélire Harry S. Truman et l'Assemblée générale des Nations unies à adopter la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Mohandas Karamchand Gandhi a été assassiné le 30 Janvier à New Delhi par Nathuram Godse. Le 7 octobre, au Grand Palais à Paris, s’ouvre le 35ème salon de l’auto inauguré par le Président Vincent Auriol. Sur le stand Citroën, c’est la stupeur! Pour la première fois on voit un véhicule d’encombrement normal, avec quatre vraies places, mais totalement dépouillé, utilitaire à l’extrême sinon démodé avec ses phares rapportés et une suspension en caoutchouc! Le moteur reste un secret car le capot avant est scellé. On précise juste que c’est un moteur de 375 cm3 bicylindre à quatre temps refroidis par air et qu’elle consomme quatre à cinq litres au 100 Km. La première livraison doit intervenir courant 1949 pour 185 000 Fr (Anciens Francs), soit l’équivalent d’après les tables de l’INSEE(*) de 5985 euros d’aujourd’hui... Seule la réputation de Citroën empêche de croire à une supercherie. Et pourtant c’est bien l’un des plus grands mythes automobile du siècle, la fameuse deuche, qui vient de naître! Sa gestation a été longue parce qu’interrompue par la guerre. Un prototype avait été présenté le 3 septembre 1939 sous le nom de code de TPV (toute petite voiture). Le cahier des charges était à la fois simple et innovant : ne pas dépasser une consommation de trois litres aux cent kilomètres (objectif non tenu), faire 2 chevaux fiscaux, pouvoir transporter 50 kilos de bagages, traverser un chemin sans briser un œuf dans le coffre et rester fidèle à la traction avant, chère à la marque. 23 mars 2009, plus de soixante ans après et plus d’un an après l’avoir dévoilée au grand public, le constructeur indien Tata Motors lance sa fameuse Nano. C’est, et de loin, la voiture la moins chère du monde. Elle sera mise en vente le mois prochain en Inde. A 100 000 roupies (soit environ 1 500 euros) hors taxes pour le modèle de base. Elle devrait permettre à des millions d’Indiens aux revenus modestes d’accéder enfin à la voiture individuelle. Pierre Boulanger avait le même rêve pour les français lorsqu’il confia, au milieu des années trente, le projet TPV à l’ingénieur André Lefebvre avec le concours de Flaminio Bertoni, dit "doigts d’or", comme styliste. "Nous espérons que cette journée marquera l’avènement d’une nouvelle ère du transport", a déclaré Ratan Tata. Minuscule et dotée d’un moteur de seulement 623 cc, celle que les médias ont baptisé la "voiture du peuple" est une véritable prouesse technologique sur laquelle bien peu auraient parié il y a encore deux ans. On mesure aussi le chemin parcouru par l’industrie automobile depuis 60 ans, même si la version répondant aux normes européennes devrait coûter pas loin de 5000 euros. La deuche à sa sortie était encore plus rustique que la nano à 1500 euros pour un prix 4 fois plus important. Et je ne parle même pas des délais de livraison astronomiques compris entre 3 et 5 ans de la 2 CV à son lancement, ce qui faisait, qu’à ces débuts, elle était plus chère sur le marché d'occasion que neuve.


Patrice Leterrier

25 Mars 2009

(*)http://www.insee.fr/fr/themes/indicateur.asp?id=29&type=1&page=achatfranc.htm

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 22:17

Il y a de quoi se faire des cheveux blancs…


D

ésespérante cette actualité ! Entre le Pen qui en remet une couche sur les chambres à gaz "détail de l’histoire", soucieux de faire parler de lui alors que son parti continue sa descente aux enfers qu’il n’aurait jamais dû quitter, la stigmatisation de la polémique sur les rémunérations de certains patrons pour détourner l’attention, le 80 000 chômeurs de plus en février (à ce rythme là ils seront 1 million de plus d’ici la fin de l’année…), les contorsions bien tardives du quotidien officiel du Saint-Siège, l'Osservatore Romano qui vient d’admettre publiquement l'efficacité prophylactique du préservatif, le coût du déplacement de Nicolas Sarkozy mardi soir à Saint-Quentin estimé par le député apparenté socialiste René Dosière, à environ 400.000 euros (au fait combien a couté le bid intégral de Martine Aubry au Zénith ?), la polémique relancée par des chercheurs sur les dangers des antennes relais de téléphones portables – on se demande vraiment comment trouver une raison de sourire ou de garder confiance devant cette avalanche de nouvelles plus déprimantes les unes que les autres. On aurait plutôt tendance à se faire des cheveux blancs selon l’expression populaire. Et justement une équipe de scientifiques européens a découvert par quels mécanismes les cheveux finissent par devenir gris puis blancs avec l’âge. Les cheveux se décolorent à cause d’une accumulation massive de peroxyde d’hydrogène plus connu sous le nom d’eau oxygénée (H202), le même que celui utilisé pour décolorer poils et cheveux. Ils ont constaté que l'accumulation de peroxyde d'hydrogène est causée par la diminution avec l’âge d'une enzyme qui décompose le peroxyde d'hydrogène en eau et en oxygène (catalase). Ils ont également découvert que les follicules pileux ne peuvent pas réparer les dégâts causés par le peroxyde d'hydrogène en raison de faibles niveaux d'enzymes qui, normalement, assurent cette fonction. L’effet décolorant du peroxyde et le blocage de la production de mélanine entrainent le blanchissement des cheveux. Ainsi donc nos cheveux blancs sont le résultat d’un phénomène assez semblable à celui qui perturbe aussi certaines fonctions cognitives et mnésiques avec l’âge : des dérèglements de production d’enzymes (ou de neuromédiateurs pour le cerveau) qui viennent modifier des équilibres fragiles. Le monde serait-il aussi en train de vieillir victime de dérèglements semblables ? Assisterait-on à une sorte de carence en enzyme de confiance, qui entrainerait un déséquilibre de l’économie mondiale et les réactions en chaine que nous subissons sans pouvoir les expliquer ? Comparaison n’est pas raison dit le proverbe ! On peut en tout cas espérer que contrairement à ce qui se passe pour la couleur perdue à jamais de certains de nos cheveux (pour ceux à qui il en reste…) et les dégâts de l’âge sur notre mémoire et nos capacités intellectuelles (quand il en reste encore un peu…), la carence de confiance puisse se renverser et que la spirale ne tourne pas au cataclysme mondial. Sinon il y aurait vraiment de quoi s’arracher les cheveux !

Patrice Leterrier

25 Mars 2009

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 15:49

Haro sur les patrons

H

ier je vous parlais des fables de la Fontaine préférées des Français. Devant le succès de leur enquête en ligne, le Figaro.fr a décidé de continuer en demandant aux internautes de désigner la morale de fable qu’ils préfèrent. Le verdict est encore plus sans appel que pour "la Cigale et la Fourni" puisque les internautes de ce site reportent à plus de 26% leurs suffrages sur la morale des animaux malades de la peste "Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir". L’actualité avec les bonus des dirigeants de la Société Générale, les indemnités que s’est généreusement octroyé le PDG de Valéo Thierry Morin (une des entreprises susceptible de recevoir une partie de l’aide de l’état à l’industrie automobile) n’est pas forcément étrangère à ce désabusement des internautes sur la justice du monde. Mais pour revenir à cette célèbre fable, on se souvient l’ire déclenchée par l’aveu de l’âne d’avoir tondu illicitement "de ce pré la largeur de ma langue" et le sort qui lui fut réservé pour ce forfait. En somme une autre version du bouc émissaire, de l’arbre qui cache la forêt et des autres fausses barbes pour masquer un désarroi général face à la peste (oh ! pardon la crise mondiale). Le risque n’est pas nul qu’aujourd’hui ces inexcusables dirigeants, ces "flambeurs qui pensent qu'il n'est pas indécent d'accumuler des bonus et des stock-options", comme l’écrit plein d’indignation le journal le Monde en utilisant l’image forte de "fracture morale", ne soient en fait qu’une diversion inespérée, une sorte de contre-feu allumé par la classe politique pour détourner la colère du bon peuple contre ces mauvais patrons qui font certes honte à leur corporation mais qui ne représentent pas et de loin la majorité des dirigeants. Alors que l’on s’extasie sur l’explosion de la création d’entreprise en France dopée par le nouveau statut d’auto-entreprise, la véritable bronca déclenchée par les indemnités de Thierry Morin et les bonus des dirigeants de la Société Générale n’est pas de nature à réconcilier les français avec les entrepreneurs qui prennent des risques avec l’espérance légitime de gains importants. Et, même si les sommes annoncées sont astronomiques pour la plupart des français, ce n’est pas avec ces montants que l’on va sortir du bourbier infâme dans lequel se débat l’économie mondiale. Grâce à des expériences d'imagerie cérébrale, réalisées des chercheurs de  l’université de Cambridge en Angleterre, on sait maintenant que les mêmes zones du cerveau s'activent, à quelques infimes différences près, lorsqu'on perd de très peu et lorsqu'on gagne. Plus la défaite est infime, plus ces zones du gain s'activent. Simplement, leur activation s'arrête juste avant l'embrasement procuré par une victoire, ce qui constitue un aiguillon irrésistible pour aller plus loin. Ce qui expliquerait le comportement compulsif de certains joueurs et probablement aussi les dérapages de spéculateurs qui ont participé à la pandémie d’actifs nocifs qui ont envahi des placements réputés sûrs pour finir par contaminer l’économie toute entière. Les français ne sont sûrement pas assez naïfs pour croire qu’une solution miracle existe pour sortir de ce cauchemar mais ils ne sont pas non plus assez stupides pour mordre dans les os médiatiques qu’on leur met sous le nez pour leur faire oublier l’essentiel. Les hommes et femmes politiques auraient grand intérêt à abandonner leurs méprisables manœuvres dérisoires pour se pencher TOUS ENSEMBLE sur le désastre qui se prépare ou le réveil risque d’être brutal et douloureux. Le monde est malade de la peste financière et en pleine récession. Les indemnités de Monsieur Thierry Morin, pour scandaleuses qu’elles soient, ne sont qu’une manifestation de plus de l’immoralité générale, une sorte d’âne de la fable pour se détourner du devoir de vaincre la peste."Celui qui accepte les inconvénients de la vie politique, ses servitudes, ses responsabilités, ses salissures et parfois ses risques, le fait pour agir, pour imprimer sa marque aux événements, en un mot pour gouverner" Georges Pompidou Extrait d'un discours à Poésie et politique - 28 Avril 1969.


Patrice Leterrier

24 Mars 2009

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 15:37

La France et Sarko

Le Coche et la mouche

Dans un monde sanglant, miséreux, maltraité,

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,

Et de tous les côtés aux conflits exposé,

Et de tous les côtés au Soleil exposé,

Six forts pays tiraient l’Europe.

Six forts chevaux tiraient un Coche.

Un ensemble divers et sans doute interlope.

Femmes, Moine, vieillards, tout était descendu.

L'attelage suait, soufflait, était rendu.

L'attelage suait, soufflait, était rendu.

Un sarko survient, et de ses poings tendus;

Une Mouche survient, et des chevaux s'approche

Prétend les animer par son bourdonnement;

Prétend les animer par son bourdonnement;

Stimule l’un, pique l'autre, et pense à tout moment

Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

Qu’il fait avancer la machine,

Qu'elle fait aller la machine,

S’assied sur le perron, passe à la télé;

S'assied sur le timon, sur le nez du Cocher;

Et pendant que les autres triment,

Aussitôt que le char chemine,

Et qu'il voit les choses avancer,

Et qu'elle voit les gens marcher,

Il s’en attribue uniquement la gloire;

Elle s'en attribue uniquement la gloire;

Va, vient, fait l'empressé; Il semble que ce soit,

Va, vient, fait l'empressée; il semble que ce soit

Un nouveau caporal, allant en chaque endroit

Un Sergent de bataille allant en chaque endroit

Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.

Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.

Sarko en ce commun besoin

La Mouche en ce commun besoin

Se plaint qu'il agit seule, et qu'il a tout le soin;

Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin;

Qu'aucun n'aide aux pays à se tirer d'affaire.

Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.

Tandis que le Fillon récite son bréviaire,

Le Moine disait son Bréviaire;

Prenant ainsi son temps ! Bayrou s’égosillait;

Il prenait bien son temps ! Une femme chantait;

C’était bien de chansons alors qu’il s’agissait !

C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait !

Dame Royal des militants endort les oreilles,

Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles,

Et fait cent sottises pareilles.

Et fait cent sottises pareilles.

Après bien du travail l’Europe peut souffler.

Après bien du travail le Coche arrive au haut.

Respirons, dit Sarko, je n’ai plus ce boulet !

Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt :

J'ai tant fait que ces gens ne sont plus dans la gêne.

J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.

Messieurs les électeurs, payez-moi de ma peine

Ca, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,.

S'introduisent dans les affaires :

S'introduisent dans les affaires :

Ils font partout les nécessaires,

Ils font partout les nécessaires,

Et, partout importuns, devraient être chassés

Et, partout importuns, devraient être chassés

Patrice Leterrier

Jean de la Fontaine

23 Mars 2009

Fable IX, Livre VII

 

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 15:32

 

L

e Figaro a lancé aujourd’hui une mini-enquête en ligne pour connaître la fable de la Fontaine préférée des français. Le résultat du trio de tête est révélateur de l’atavisme profond de nos concitoyens. D’abord la tradition d’épargnant acharné ne s’est pas démentie. Les français, malgré une évolution certaine depuis vingt ans, restent des épargnants comme le confirme le choix de "la cigale et la fourmi" comme la fable préférée avec ¼ des suffrages. Une enquête du très sérieux Institut Nationale de la Statistique et des Études publiée le 3 mars(1) révélait que les liquidités (dont le fameux livret A) représentaient encore en 2007 29% des actifs financiers des français (certes contre 63% en 1978). Même si le bas de laine se vide, il reste après l’immobilier un des postes le plus important du patrimoine des français et avec les assurances que l’on peut aussi classer dans la catégorie Fourmi. Comme le souligne le rapport de la cour des comptes(2) le taux d’épargne des ménages français est un des plus élevés de l’OCDE. Toujours selon ce rapport il serait en moyenne de 12,04 % en France contre 7,9% en Italie et 0,6% pour les cigales américaines avec les conséquences que l’on connait de cette habitude de vivre au crédit du reste du monde dont le paroxysme a été atteint avec la crise des subprimes. La seconde fable dans la préférence des sondés est aussi intéressante par la morale qu’elle illustre puisque c’est "le Corbeau et le Renard" qui consacre la victoire immorale des flatteurs. Mais elle peut être comprise aussi comme une sorte de lucidité des français face aux nombreux apprentis sorciers qui pensent pouvoir s’attirer leurs bonnes grâces en stigmatisant avec démagogie les milliards déversés "généreusement" aux banques et pour soutenir l’industrie notamment automobile. De nombreux français ont des inquiétudes légitimes pour leurs emplois et réclament d’être mieux protéger contre cette gigantesque panne du moteur économique mondial. Ils ne sont pas pour autant stupides au point de croire qu’une solution miracle existe. Cependant, comme le rappelle Alain Minc dans sa lettre ouverte aux dirigeants publiée aujourd’hui par le Figaro, "le pays a les nerfs à fleur de peau, les citoyens ont le sentiment, fût-il erroné, de subir une crise dont nous [les dirigeants] sommes tous à leurs yeux les fautifs ?". Le danger est donc grand que l’autisme égoïste de certains patrons, qui restent sourds aux demandes faites par le gouvernement sur leurs rémunérations, alimente le sentiment de rancœur des français. La révolte qui gronde risque d’être brutale et désastreuse pour le pays. Alors sans un sursaut d’honneur et de solidarité, auquel les convie Alain Minc, les dirigeants risquent eux aussi d’être invités à déchanter comme la cigale de la fable…et je ne suis pas sûr qu’ils aient le choix de danser. Puis, au fond, on ne peut que se réjouir que les internautes du Figaro aient placée "le laboureur et ses enfants" en troisième position car ce pourrait être vu comme un encouragement à l’effort et à une forme d’espoir en l’avenir puisque sa morale consacre la vertu du travail et de l’investissement.


Patrice Leterrier

23 Mars 2009

(1) http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1229#inter4

(2) http://www.ccomptes.fr/fr/JF/documents/divers/Rapport-Patrimoine-des-menages.pdf

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 17:25


O

n le soupçonnait, on s’en doutait mais comment mettre en cause d’honorables personnages qui se vêtent parfois d’accoutrements d’un autre siècle et de chapeaux pouvant sérieusement concurrencer les incroyables coiffes de la reine d’Angleterre. Le chercheur californien Robert Hodgson vient d’en faire la démonstration flagrante, assez peu honorable et un tantinet ridicule pour ces experts. Lors de la California State Fair, il vient de réaliser la première étude sur les compétences des œnologues, critiques, vignerons et autres spécialistes qui jugent les crus qui leur sont proposés. Lors d'une dégustation à l'aveugle, il a servi le même produit à trois reprises, à différents moments. Publiés voici peu dans le Journal of Wine Economics, les résultats montrent que rares sont ceux qui se sont aperçus de la supercherie. Le plus troublant sur la compétence de ces supposés possesseurs de papilles gustatives ultrasensibles et de nez d’exception, c’est que, pour beaucoup, leurs appréciations du même vin varient énormément. Seuls 10 % des juges ont donné une appréciation similaire chaque fois qu’ils ont goûté le même produit. Les autres lui ont attribué une évaluation tantôt meilleure, tantôt moins bonne, en fonction de l'humeur du moment. Les plus mauvais sujets, au total 10 % des juges, paraissent avoir tout bonnement jugé au hasard et non au pif puisque cet appendice joue un rôle essentiel dans le goût. Après avoir d’abord déclaré qu'une bouteille méritait la médaille d'or, ils l'ont qualifiée de médiocre lors de la seconde dégustation. La conclusion qui s’impose donc, après ce test incontestable d’objectivité, c’est que l'attribution d'une médaille dépend avant tout du hasard et non de la qualité du vin. La preuve est donc faite que les êtres humains n'ont tout simplement pas les qualités requises pour établir avec fiabilité ce type de jugement, pas même de soit-disant "experts". Il y a deux ans, les grands jurés testés par Robert Hodgson avaient couronné un cru distribué par Trader Joe's (l’équivalent américain de Leader Price) comme le meilleur chardonnay de Californie. Cette bouteille de piquette industrielle à 2 dollars leur est apparue maintes fois plus délicate que des rivales censées d’une toute autre qualité… J’entend déjà les commentaires gloseurs de certains me reprochant de comparer les bouches à jamais massacrées par les cocas colas, hamburgers et autres chefs d’œuvres de la gastronomie (c’est une injure pour ce mot mais je n’en ai pas d’autre…) américaine avec les fins palais de nos experts français délicatement entrainés à déguster les merveilles de nos grands chefs. Voire! Je prendrais bien le pari qu’un tel test en France donnerait des résultats assez comparables. Car Juger un vin est une affaire bien mystérieuse, presqu’ésotérique. D’ailleurs ceux qui se targuent de savoir le faire se cachent, signe habituel d’ignorance, derrière une multitude de qualificatifs abscons pour le commun de mortels comme chaleureux, corsé, coulant, boisé, empyreumatique, enveloppé, épais, épanoui, équilibré, étoffé, faible, ferme, fondu, franc, frais, gouleyant, harmonieux, musqué, onctueux, ouvert, plat, plein, puissant, raide, râpeux, rond, rude, sévère, solide, soyeux, vert…Au fond les arômes ne jouent qu'un rôle secondaire dans ce déluge de vocabulaire. D’ailleurs une équipe de psychologues de Mayence a récemment montré que même la couleur de la lumière ambiante pouvait être déterminante. Au final, rien n'est aussi important que le prix. Car comment ne pas apprécier le bouquet d’un vin lorsque son prix atteint des sommets himalayens? Que celui qui ne s’est jamais extasié, par convenance sociale ou simplement par peur du ridicule, en dégustant une bouteille cajolée par son heureux propriétaire comme un joyau rare me jette la première pierre…symbolique cela s’entend bien sûr. Même si ma vanité naturelle me pousse à me croire capable de distinguer un bon vin d’une infâme piquette, je ne prendrai aucun pari sur ma capacité à déjouer le piège imaginé par le malicieux Robert Hodgson.


Patrice Leterrier

20 Mars 2009

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 16:43

Une statuette égyptienne vieille de 6.000 ans montre déjà un Égyptien muni d'un "étui" anti-contraceptif, Sous le règne de Ramsès II, (plus de mille ans avant notre ère) un fourreau en lin était destiné à se protéger des maladies. Autour du Xème siècle de notre ère les Chinois optent pour le papier de soie huilée et les Japonais connaissent sous le nom de Kabuta-gata, des accessoires fabriqués en écailles de tortues ou en cuir que l'on rangeait dans des "boîtes joyeuses". Ils pouvaient, grâce à leur rigidité, servir tout aussi bien de godemichés. L'anatomiste et chirurgien italien Gabriel Fallope, né à Modène en 1523, est célèbre pour avoir le premier décrit les trompes qui portent son nom et qu'il appela "meatus seminares… vel tubae" et le clitoris dont il fait la première description en 1562. Il est aussi l'inventeur du "fourreau d'étoffe légère, fait sur mesure, pour protéger des maladies vénériennes". Il a aussi conduit des essais sur 1 100 hommes utilisant le préservatif, aucun de ces hommes de Naples n'ayant été infecté par la "carie française" ou syphilis. Shakespeare l’appelait le "gant de vénus". En France, le roi soleil (Louis XIV) les utilisait malgré une loi qui rendait passible de prison le fait de posséder ou de vendre des préservatifs. La Marquise de Sévigné, dont les lettres à sa fille la Comtesse de Grignan pour l’initier au secrets intimes du mariage ont fait les beaux jours de jeunes puceaux en mal de détails sur le sujet, en parle comme d’"une cuirasse contre le plaisir, une toile d'araignée contre le danger". Le célèbre Giacomo Casanova le désignait sous différents noms "redingote anglaise", "calottes d'assurance" mais ce serait lui qui, en 1718, baptisa ce petit bout de boyau de "capote anglaise". Son plus grand reproche était: "Je dois m'enfermer dans un bout de peau morte pour prouver que je suis bel et bien vivant". Sade en parle en ces termes : "D'autres obligent leurs fouteurs de se servir d'un petit sac de peau de vessie, vulgairement nommé Condom, dans lequel la semence coule sans risque d'atteindre le but...!". Le terme "préservatif" apparut dans une réclame discrète en 1780, lorsque la "Maison du Gros Millan" ouvrit ses portes à Paris au Palais-Royal, important centre de prostitution à l'époque. Son prospectus donne les précisions suivantes: "Fabrique de préservatifs de toute sécurité...bandages, suspensoirs, articles d'hygiène...Exportation discrète pour la France et l'étranger". Il faudra attendre la Révolution française puis les mœurs "faciles" du Directoire pour voir l'utilisation et le commerce du préservatif légalisés. Les nouveaux moyens de contraceptions, la diminution sensible des contaminations et surtout les armes antibiotiques disponibles semblaient condamner le préservatif à être un sujet de curiosité au musée. C’était sans compter sur la pandémie du VIH. Le virus de la maladie a été découvert il y a 25 ans. Il a été disséqué minutieusement, ses constituants étudiés, bloqués, modélisés. Rien n'y fait. Si son anatomie est relativement bien connue aujourd'hui, le virus continue à défier les biologistes. Les immunologistes ont pour le moment échoué à mettre au point un vaccin. Quant aux traitements, les trithérapies sont heureusement efficaces mais d'une part, des souches virales résistant à ces traitements apparaissent, et, d'autre part, tous les malades n'ont pas accès aux trithérapies du fait des coûts. Le meilleur et l’unique moyen de protection reste le préservatif. Alors les déclarations de Benoît XVI selon lesquels le problème du sida ne "peut pas être réglé" par la "distribution de préservatifs" et qu’"au contraire, leur utilisation aggrave le problème" sont de dangereuses contre-vérités désastreuses pour le combat continuel et difficile contre ce fléau. Daniel Cohn-Bendit va jusqu’à qualifier les propos du pape de "presque meurtre prémédité". Alain Juppé, que l’on ne peut pas qualifier d’agitateur, déclare  "ce pape commence à poser un vrai problème"  car il vit "dans une situation d'autisme total". Quant aux contorsions plus ou moins habiles dans la pure tradition jésuite de certains ecclésiastiques ou de l’ineffable Christine Boutin pour expliquer l’inexplicable, elles ne font qu’aggraver le fossé grandissant entre l’opinion publique et ces "autistes" rigides sûrs de la justesse de leurs interprétations de la religion. Puis-je vous inviter en guise d’incantations contres ces dangereux prosélytes de la mort à rendre grâce à cette merveilleuse invention vieille comme le monde et qui sauve encore des milliers de vie un peu partout dans le monde?


Patrice Leterrier

19 Mars 2009

* l’étymologie de "Condom" vient probablement d’une transcription du verbe latin "Condere" qui signifie "cacher ou protéger". Cependant en 1817, le médecin allemand Francois Xavier Swediaur, affirma que ce nom de Condom était celui d’un anglais inventeur de l'ustensile. Une autre version affirme que cette invention serait le fait des bouchers des abattoirs de la ville de Condom, au cœur du Gers, qui eurent l'idée, grâce à des morceaux d'intestins d'animaux, de se prémunir contre les maladies vénériennes




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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 20:50

D

ans son éditorial du Figaro d’aujourd’hui, Martine Perez pose une question en forme de provocation: "les experts scientifiques sont-ils tous pourris?". Diable ! La question interpelle dans le landerneau comme on dit. Tout le monde se souvient du scandale de l’affaire Outreau. Les experts psychologues avaient déclaré "crédibles" les enfants. Leurs accusations avaient conduit aux assises du Pas-de-Calais les dix-sept personnes et fait condamner injustement six personnes finalement acquittées en appel. S’agissant de paroles d’enfant et de psychologie, on peut invoquer la difficulté de la tâche des experts. On peut même avoir des doutes sur le caractère scientifique et probant de leurs avis. Certains d’entre eux se justifient bien maladroitement en évoquant la misérable contrepartie financière de leur travail… Mais l’argument scientifique ne tient pas vraiment quand on voit les experts chimistes qui se contredisent dans l’affaire de l'explosion de l'usine AZF, qui a fait 31 morts et plus de 2.000 blessés à Toulouse le 21 septembre 2001. Dans ces deux cas, on peut éventuellement parler de légèreté ou d’incompétence mais on ne soupçonne pas qu’il s’agisse de prise d’intérêts des experts grassement payés par des lobbies. Les choses sont différentes lorsqu’il s’agit d’OGM, d’antennes-relais de téléphones portables ou encore du premier verre de vin. On se souvient du tollé provoqué par l’avis des experts de l’AFSSET sur l’innocuité du maïs transgénique MON 810 accusés d’être à la solde de Monsanto. Ils déclarent dans un communiqué intitulé "les experts en ont assez" que "les avis émis par les comités d'experts scientifiques ne sont pas systématiquement favorables à tous les OGM" mais que "curieusement, les avis négatifs ne sont jamais objets de récriminations". Dans l’affaire des antennes de téléphones portables, trois jugements de justice ont intimés l’ordre à des opérateurs de démonter leurs équipements alors que l’académie de médecine a émis un avis en s’appuyant sur différents rapports internationaux et concluant à l’innocuité de ces équipements. Immédiatement les experts de l’académie de médecine ont été accusés d’être à la solde des opérateurs mobiles. Alors que le sujet des antennes de téléphonie mobile fera l’objet d’une table ronde gouvernementale présidée par Roselyne Bachelot le 23 avril, deux sénateurs Verts Jean Desessard et Marie-Christine Blandin ont décidé de prendre les devants et d’organiser un colloque le 23 mars prochain sur le sujet. Jean Desessard annonce son intention de déposer une proposition de loi afin de "faire reconnaître l’électrohypersensibilité comme un handicap", alors que le concept ne repose sur aucune donnée scientifique étayée. Quant à l’institut national du cancer qui déclare que la consommation d’un verre de vin par jour régulièrement augmenterait les risques de cancer, il provoque une colère sans retenue des viticulteurs. La confusion entretenue par ces querelles entre des experts accusés de corruption et des militants, n’ayant pas forcément les compétences techniques et qui peuvent être aussi pris dans des conflits d’intérêts cachés (par exemple électoraux), laisse les citoyens dans la plus grande incertitude et alimente une angoisse inconsciente de type "Tchernobylienne"…Alors au nom de cette incertitude, la tentation est forte de mettre en avant le principe de précaution, espèce de puits sans fond à la définition vague, mis à toutes les sauces pour s’attirer les bonnes grâces des électeurs fragilisés. Ne devrait-on pas plutôt réclamer de vrais débats publics et sérieux au lieu de réveiller des vieilles peurs dont on ne peut valider les fondements ?

Patrice Leterrier

18 Mars 2009

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