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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 22:59


"I

l n'est pas besoin de grand débat sur la République, sur l'identité nationale. Il est simplement nécessaire de faire vivre les principes qui sont les nôtres: liberté, égalité, fraternité".

Ainsi s’exprimait aujourd’hui Dominique de Villepin devant près d'un millier de membres de son club politique, le Club Villepin, réunis à la Maison de l'Amérique Latine à Paris.

Oublions-nous trop vite que l’ancien premier ministre de Jacques Chirac n’est pas seulement l’ennemi intime de notre président, ni le contestable acteur plus ou moins passif de la ténébreuse affaire Clearstream ?

Il est aussi celui qui s’exprimait avec force le 14 février 2003 au nom de la France sur l’Irak avec une étonnante prémonition du désastre à venir en ces termes : "l'option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n'oublions pas qu'après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l'unité de l'Irak, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l'intrusion de la force".

Il rappelait en quelque sorte et avec une certaine élégance les valeurs de la république, les droits de l’homme et la liberté devant l’assemblée générale des nations unies.

Alors quand on supporte un tel héritage de liberté, un tel legs de tolérance et d’ouverture au monde, pourquoi cette volonté exprimée par le ministre Eric Besson, fils de Marie-Thérèse Musa, d'origine libanaise et d’un pilote-instructeur pour l'armée française mort en vol trois mois avant sa naissance, de relancer un débat qui réveille les pires pages de l’histoire récente et encore douloureuse d’une France divisée ?

Ce débat n’est-il pas en fait et sournoisement une interrogation en creux ?

Ne s’agit-il pas de définir l’identité nationale pour mieux exclure ceux qui ne rempliraient pas la liste forcément limitative de critères à satisfaire pour pouvoir y prétendre ?

Et ce débat n’est-il pas aussi plus bassement encore un prétexte pour relancer la polémique sur le port de la burqa, somme toute marginale dans notre beau pays de cocagne, comme pour mieux siphonner les voix du Front National selon l’expression de Laurent Joffrin.

Le ministre prend tout de même le temps et juge opportun d’affirmer qu'elle était "contraire aux valeurs de l'identité nationale". "On peut débattre sur l'opportunité de la loi […] mais sur les principes il n'y a pas de débat : la burqa est inacceptable et contraire aux valeurs de l'identité nationale." ?

Ne s’agit-il pas, d’une façon contestable, de déplacer le débat, de cristalliser une urticaire plus ou moins viscérale pour masquer la vanité d’un débat sur l’identité nationale, le transformant en une polémique sur l’exclusion, une controverse digne de Valladolid pour définir ce que n’est pas l’identité nationale plus que sur la tâche impossible de tenter d’expliquer ce que cela signifie autrement que, comme le rappelle opportunément Dominique de Villepin, une adhésion à des valeurs universelles ?

Dans une lettre à Rober Poehlen Victor Hugo écrivait déjà "Pour moi, l'idée de nation se dissout dans l'idée d'humanité", sublime intuition de la vanité d’un repli frileux, d’une peur psychotique de l’autre, celui qui n’est pas comme nous, porteur de sa propre tradition, de son histoire ni pire ni meilleure que la notre mais dont nous ne pouvons que nous enrichir.


Patrice Leterrier

27 Octobre 2009

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 17:20


I

l y a quelque chose d’assez révoltant à voir des millions de litre de lait déversés en pure perte sur la chaussée.

Un milliard d’humains souffre de sous-nutrition tandis qu’un autre milliard se rend coupable de surnutrition et que la plupart des citoyens des pays développés surconsomment des protéines animales.

Ces protéines favorites des pays dit développés (mais surement ni responsables ni matures) sont le plus souvent fabriquées avec d’autres protéines animales comme celles provenant d’une surexploitation des océans comme le rappelait avec sa fougue habituelle Nicolas Hulot dans sa dernière émission Ushuaïa Nature hier sur TF1.

On se souvient aussi du scandale de la vache folle provoqué par l’utilisation de carcasses d’animaux pour fabriquer de la viande de bœuf.

Loin de moi l’idée de faire retomber la responsabilité de ce choquant gâchis paradoxal sur les agriculteurs pas plus que de les accuser dans le cas des algues vertes en Bretagne.

Ils sont les premières victimes de cette marchandisation des ressources alimentaires incarnée avec cynisme par certains grands distributeurs évoquant trop facilement les dures lois du marché.

Comme dans le cas de l’énergie, où on peut faire la chasse au gaspillage avant d’imaginer de nouvelles sources d’énergie, de nouveaux carburants, qui sont d’ailleurs aujourd’hui scandaleusement concurrents de l’alimentation dans les pays pauvres, ne pourrait-on pas d’abord promouvoir la "négacalorie" alimentaire, c'est-à-dire un usage plus sobre, plus efficace, plus sain et plus responsable des ressources alimentaires ? 

Sans tomber dans les excès des végétaliens ni même l’ascétisme alimentaire des végétariens, pourquoi ne pas changer nos habitudes ?

Même s’il faudra de toute façon plus de productions alimentaires pour nourrir plus et mieux la population mondiale, pourquoi ne pas en même temps nous soucier aussi d’économiser des calories en consommant par exemple plus de nutriments d’origine végétale ?

Il existe des négawatts énergétiques plus simples à produire que le photovoltaïque, l’éolien ou autre forme de nouvelles énergies renouvelables.

En réduisant l’éclairage, en utilisant des lampes à basse consommation, dont on doit rappeler qu’elles sont sans danger, en éteignant systématiquement les veilleuses, en mettant un pull quand il fait un peu frisquet, en isolant correctement sa maison, etc. on participe significativement à la réduction des gaz à effet de serre, on fait de réelles économies, cela ne demande pas d’investissement considérable et peut être mis en œuvre rapidement.

De même arrêter de nous gaver de protéines animales et autres produits sophistiqués de notre alimentation sur-consommatrice de calories n’est qu’une question de changement de comportement.

Cela peut avoir des effets considérables en termes d’économie quand on sait qu’il faut 15 kilos de protéines végétales pour obtenir 1 kilo de protéines de bœuf, 7 kilos pour le porc, 5 kilos pour le poulet et 4 kilos pour l’œuf.

C’est de toute façon bon pour notre ligne et notre santé car notre alimentation est vraiment trop grasse et ce n’est pas le piège des aliments dits allégés qui y change grand-chose.

C’est aussi globalement assez bon pour notre porte-monnaie.

Cela peut également permettre de restaurer des circuits courts entre les producteurs agricoles et les consommateurs.

Et puis n’aime-t-on pas d’autant plus manger une bonne viande ou un poisson délicieux que cela reste une fête ?

Que dire de cette habitude, cette sorte de manie à laquelle certains se livrent, copiant les pires mœurs américaines, en avalant un innommable steak haché coincé entre deux tranches de pain sans saveur le tout abondamment arrosé de ketchup et de moutarde ?


Patrice Leterrier

25 Octobre 2009


 

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 13:28


M

encius, penseur chinois ayant vécu aux alentours de 380-289 av. J.-C, élève d'un disciple du petit-fils de Confucius, a écrit : "Ceux qui s'avancent trop précipitamment reculeront encore plus vite".

Ernerst-Antoine Sillière de Laborde, alors qu’il présidait le Medef, avait ajouté à cette puissante maxime, dans une interview au journal le Monde le 26 juillet 2002, cette phrase surréaliste "Avant, on avançait dans la mauvaise direction ; maintenant, on recule dans la bonne" dont on ne peut savoir s’il s’agit d’humour au nième degré ou d’une pirouette cynique.

Aujourd’hui le jeune fils de Nicolas Sarkozy et de Marie-Dominique Culioli peut surement méditer la pensée de Mencius mais je ne suis pas sûr qu’il puisse faire sienne la seconde.

En entrant tout de même au conseil d’Administration de l’Epad, sa reculade ressemble plus au "I came out of Bataan [Presidency] and I shall return"(1) prononcé par le général Douglas Macarthur le 20 Mars 1942. On sait qu’il tint promesse !

Ce n’est pas tant le fait de sa jeunesse qui soit en cause dans cette affaire. Après tout, on ne peut que se réjouir que des jeunes citoyens s’intéressent enfin à la chose publique.

Ce n’est pas tant qu’il soit le fils du président qui le disqualifie pour avancer vite dans une carrière politique.

Personne ne s’indigne de voir ces fils et filles d’acteurs célèbres faire plus facilement carrière que d’illustres inconnus probablement aussi voire plus doués qu’eux.

Personne ne s’étonne non plus que la fille de Jacques Delors soit à la tête du Parti Socialiste.

Même si quelques voix s’élèvent contre la nomination de la fille de José Bové à la tête de la liste d'Europe Ecologie en Aquitaine, cela ne devient pas une affaire sauf peut-être dans certains microcosmes politiques.

Après tout Evariste Gallois n’avait que 20 ans et 7 mois lorsqu’il mourut des suites d’un duel et sa contribution aux mathématiques modernes est considérable !

Ce n’est pas non plus son inexpérience qui est vraiment en cause car elle n’est pas plus honteuse ni disqualifiant que l’expérience des seniors que l’on ferraille joyeusement pour laisser la place aux jeunes et aggraver ainsi le problème chronique des retraites.

Non ce n’est pas tous ces facteurs qui ont tant indigné les français mais bien la méthode qui avait toute les apparences d’un népotisme d’état et d’un coup en douce.

La révélation de ce dessein s’est transformée en affaire d’état sous la pression initiale des internautes goguenards et inventifs quant aux arguments chocs pour dénoncer la manœuvre.

Ils ont surtout transformé cet événement en un gigantesque Mdr (mort de rire ou Lol  Laughing Out Loud (2) en anglo-saxon) comme disent les jeunes en langage Sms !

Et du coup quelles ques soient les capacités et le talent du jeune homme, qui ne sont pas en cause n’en déplaise à Laurent Fabius imbu de ses compétences supposées et oubliant qu’il fût un très jeune premier ministre, il devenait évident que sa nomination à la tête de l’Epad (poste bénévole) était une faute politique imputable à son père.

La révolte est d’abord montée spontanément du Web sans mot d’ordre organisé, sans relais de la presse traditionnelle dans un premier temps, sans véritable réaction des politiques de tout bord. Une sorte de "webmocratie" qui a enflammé la sphère internet française.

Ce n’est qu’après que les médias et les politiques aient flairé la bonne affaire pour éviter de parler de choses sérieuses. Le système s’est alors emballé, la cible devenant clairement Nicolas Sarkozy.

Après une fanfaronnade télévisuelle somme toute inutile, le fils du Président a choisi de reculer comme savent si bien le faire les hommes politiques américains et si mal certains des censeurs indignés par cette affaire…

L’affaire étant close, le procès Clearstream touchant à sa fin, le lapsus de Nicolas Sarkozy sur les "coupables" relégué aux oubliettes des gazettes, la polémique sur Frédéric Mitterrand enterrée, les journalistes et les hommes politiques vont pouvoir retourner aux affaires courantes sans importance comme la crise et le chômage, les excès retrouvés de la finance internationale, la grippe A(H1N1)2009, le nucléaire en Iran et, s’ils ont encore quelques secondes de leur temps à y consacrer, la faim dans le monde, les gaz à effet de serre ou encore le Sida et le paludisme en Afrique…

je suis persuadé que ce sinistre inventaire à la Prévert est probablement incomplet et que l’actualité serait en fait mieux illustrée par la chanson célébrissime de Gaston Ouvrad "Je n'suis pas bien portant"…


Patrice Leterrier

24 Octobre 2009

(1) Je suis parti de Bataan mais je reviendrai

(2) littéralement rire à haute voix, sans retenue

 

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 13:26


A

ujourd’hui, à la vieille du véritable décollage attendu de l’épidémie de grippe A(H1N1)2009 qui commence à se préciser en Île de France, les français sont plus que partagés sur la nécessité de se faire vacciner.

Il semble même qu’une majorité d’entre eux y reste fermement opposée.

Les autorités et les scientifiques s’échinent pourtant à essayer de nous convaincre à coup de statistiques et de raisonnements plus indiscutables les uns que les autres mais rien n’y fait.

Pire même, certains professionnels de la santé avec à leur tête le professeur Bernard Debré, dont le qualificatif de "gripette" pour qualifier cette pandémie est maintenant célèbre, se rebiffent et refusent de se faire vacciner nonobstant les risques qu’ils feront courir à certains patients fragilisés. .

Les autorités semblent comme sidérées par la résistance des esprits à leurs arguments incontestables alors que la culture du principe de précaution semblait être définitivement admise et même caricaturée à l’extrême de nos jours.

Pour la ministre de la santé s’ajoute l’anticipation des reproches qui ne manqueront pas de lui être faits d’avoir surévaluer les risques alors que jusqu’à présent les crises sanitaires se sont toujours soldées par des reproches de ne pas en avoir fait assez.

On entend déjà des voix s’élever pour demander s’il fallait dépenser entre 600 et 800 millions d’euros pour acquérir 94 millions de doses de vaccins alors qu’il semble maintenant qu’une seule dose par personne devrait suffire ?

Peut-on s’en paraître trop paradoxale affirmer que cette réaction des français était en fait prévisible si on se réfère à un article de Christian Gollier dans la revue pour la science sous le titre accrocheur comment prévoir l’imprévisible.

Quel est en effet le dilemme devant lequel se trouvent nos compatriotes ?

Le choix proposé par la vaccination est une protection réelle, incontestable avec des risques infimes contre un virus dont les effets ne semblent pas pires que ceux de la grippe saisonnière (pour laquelle on ne vaccine que les personnes âgées et fragilisées) et une incertitude soigneusement alimentée par des rumeurs rependues des trypanophobes sur les dangers potentiels de cette vaccination. Une des plus incroyables est celle qui prétend que le vaccin peut rendre autiste malgré les dénégations argumentées des scientifiques.

Une expérience célèbre citée dans l’article de Christian Gollier, connue sous le nom du problème des deux couleurs ou encore paradoxe d’Ellsberg, illustre une tentative d’explication du comportement apparemment irrationnel d’une majorité de français.

Si on présente à des joueurs deux urnes, l’une dans laquelle il ya 50 balles rouges et 50 balles noires et une autre urne dont on ignore la composition et qu’on leur demande de parier, moyennant une récompense en cas de succès, sur la couleur d’une balle à tirer dans l’une ou l’autre des urnes, ils choisissent massivement l’urne dont ils connaissent la composition alors qu’ils n’ont aucune information sur les chances de tirer une boule rouge ou noire dans la seconde urne.

C’est l’illustration de la double aversion des êtres humains pour l’incertitude et le risque. L’aversion au risque est rationnelle tandis que celle à l’incertitude est irrationnelle. Cela suggère que nous avons tendance à surévaluer les représentations des aléas qui nous sont les moins favorables. Une sorte d’inclinaison naturelle à fantasmer d’autant plus que l’on prend l’absence de risque déclarée pour en fait une méconnaissance, voire une volonté de nous cacher les risques réels.

Ainsi entre des risques infimes connus et documentés pour nous protéger d’un risque infime de complication d’une grippe et les fantasmes sur des risques énormes liés aux vaccins, la loi de la répulsion à l’inconnu prend le dessus.

Bon ce n’est pas tout ça mais il faut que j’aille voir mon toubib pour qu’elle me vaccine contre cette foutue grippe !

Patrice Leterrier

22 Octobre 2009

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 21:34

 

                                                                                           Hernani


"L

es commentateurs, ils commentent. Moi je suis du côté des acteurs, donc j'agis. Leur façon d'agir, c'est de commenter, c'est nécessaire. Ma façon d'agir, c'est d'agir, c'est indispensable, ce n'est pas le même travail".

Ainsi s’est exprimé Nicolas Sarkozy hier lors d'une allocution improvisée devant les salariés de l'aciérie Hachette et Driout.

En fait l’acteur Nicolas n’est-il pas paradoxalement en tenant ces propos le commentateur des putatifs commentaires des commentateurs ?

Le Petit Larousse nous propose pour définir un commentaire "ensemble d'observations, de remarques sur un événement ou une série d'événements, dans la presse, les médias".

Il n’est donc pas interdit de penser que le commentateur commente à juste titre, si ce n’est à bon escient, puisque fondamentalement son droit et même sa raison d’être est justement de commenter.

Par contre il peut exister des raisons de douter que certains acteurs agissent même lorsqu’ils en font la parade parfois ostentatoire.

N’a-t-on pas le droit de s‘interroger sur certains des agissements des acteurs politiques dont ils se flattent un peu hâtivement et même de formuler pire que des commentaires des critiques ?

Dans Hernani (Acte III, 2) on peut lire :

Je suis une force qui va !

Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !

Une âme de malheur faite avec des ténèbres !

Où vais-je ? Je ne sais. Mais je me sens poussé

D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.

Mon professeur de philosophie en terminale, jeune prêtre fougueux et brillant intellectuel, ajoutait avec beaucoup de sagacité "Force qui va certes mais qui va où ?".

Et c’est ce "" qui compte dans l’action d’un homme politique, ce "" qui est l’enjeu de ses actes et qui prête forcément à débat dans une démocratie.

Il doit donc s’habituer à ce que le "" mais aussi le "comment", le "combien", le "pourquoi" et même le "quand" soient l’objet de commentaires, de controverses et même parfois de polémiques sans que pour autant sa faculté, son rôle d’acteur ne soit pour autant contesté par ce nécessaire débat d’idées.

Certes il ne semblerait pas inutiles que certains acteurs prennent le temps de la réflexion avant d’agir, abandonnent parfois cette réactivité exacerbée aux événements qui donne une impression brouillonne et surtout qui dégage comme un relent de démagogie populiste.

La science et la politique n’ont pas grand-chose à voir dans leur rapport à la réalité.

Si les découvertes de la science ne prêtent pas à beaucoup de commentaires même si elles réclament souvent beaucoup d’explications, les actions politiques n’ont pas la vertu de vérités révélées que l’on peut asséner sans commentaire.

J’emprunte volontiers à un ami, qui se reconnaîtra peut-être, cette définition: "le fanatique est celui qui a perdu ses objectifs et qui redouble ses efforts".

Sans commentaire et comprenne qui voudra comme disait Georges Pompidou.

Patrice Leterrier

21 Octobre 2009

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 19:40


V

ictor Hugo écrivait dans les contemplations : 

"Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?

Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?

Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?

Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;

Ils vont de l'aube au soir, faire éternellement

Dans la même prison le même mouvement..."

Aujourd’hui le sort des enfants qui travaillaient dès l’âge de six ou sept ans dans des conditions effroyables pour des salaires quatre fois inférieurs au misérable émolument d’un adulte nous parait tout simplement odieux.

Nous regardons avec l’œil sévère les pays qui continuent à utiliser de la main d’œuvre juvénile tout en nous empressant d’acheter les productions de ces jeunesses sacrifiées parce que le discret "made in Vietnam" ou "made in China" sur les vêtements des grandes chaines de distribution, cela n’évoque guère qu’une invitation au voyage, un moment d’exotisme.

Ainsi va la condition humaine qui fait que ce qui est considéré comme impensable, odieux, inacceptable aujourd’hui était en fait notre pratique il n’y a pas si longtemps et est encore pratiqué dans l’indifférence générale quand ce n’est pas avec l’alibi "il vaut mieux qu’ils fassent ça que d’alimenter le tourisme sexuel…"

Nous vivons aujourd’hui dans le monde du travail sous le règne du paradigme de la performance individuelle, seule justification de la reconnaissance professionnelle. La raison avancée est qu’elle est source de différentiation et donc de richesse pour l’entreprise reine.

Au nom de ce dogme inébranlable et dont il serait inconvenant de contester la validité, le monde de l’entreprise devient de plus en plus celui de chacun pour soi, une jungle dont seuls survivent les plus forts, les mieux armés, d’aucuns diraient les plus "doués" sous fond d’évidence historique (et soit disant scientifique) des bienfaits de la sélection naturelle. Les italiens en viennent, sous le règne de Silvio Berlusconi, à demander au public de noter les fonctionnaires ce qui pourrait donner de curieux résultats concernant les fonctionnaires de l’honorable administration en charge du recouvrement de l’impôt…

Et l’homme dans ce pressoir sans âme, sans morale et sans scrupule ?

Et la motivation qui est de loin le meilleur moteur de la créativité et de la performance lorsque les tâches affectées aux collaborateurs sont uniquement dictées par les sacrosaintes obligations du service sans tenir compte des compétences et des goûts du collaborateur ?

Difficile bien sûr de voir dans ce constat un peu brutal et schématique, l’unique, l’ultime et rassurante, en quelques sortes, raison de la vague de suicides au travail qui frappe France Télécom mais aussi Renault, Peugeot, l’enseignement, le corps médical et j’en passe probablement.

Il y a probablement aussi de bonnes raisons de penser que les choses peuvent changer ; Il n’est pas interdit d’espérer qu’avec les fantastiques progrès des technologies de la communication et de l’information, les structures hiérarchiques, pyramidales héritées d’un modèle militaire désuet dans l’économie en réseau dans laquelle nous évoluons finissent par être reléguées un jour au musée des antiquités organisationnelles.

Peut-être à un terme pas si lointain il paraitra à nos descendants aussi insupportable, absurde et indigne d’avoir contraint des hommes à aliéner leurs légitimes désirs d’épanouissement à l’obéissance aveugle d’une hiérarchie souvent elle-même prisonnière de patrons rétrogrades qu’il nous est aujourd’hui révoltant d’évoquer le travail des enfants au début du siècle passé.

La sélection naturelle est depuis longtemps mise en échec par la médecine et ses progrès fabuleux et l’entreprise considérée comme un lieu de combat acharné, de sélection impitoyable des "meilleurs" n’est pas une fatalité incontournable dans la recherche du progrès et dans l’amélioration de la condition humaine qui va bien au delà de l’aisance matérielle.

Patrice Leterrier

20 Octobre 2009

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 13:24

 

 


C

était en plein mois d’Août. Le soleil était encore bien haut dans ce ciel d’un bleu inimitable comme on en voit souvent dans cette belle région du Briançonnais.

Nous étions partis de Fontcouverte où nous avions laissé nos véhicules pour chausser nos chaussures de marche culottées comme de vieilles pipes et enfourcher nos sacs remplis de promesses gastronomiques.

La montée vers le lac Laramon était bien engagée puisque nous avions depuis longtemps dépassé le refuge Ricou et que nous entamions la dernière ascension qui devait nous conduire au pied du lac.

Certains d’entre vous, qui ne passent pas leur temps à cheval sur leurs vélos ou qui ne sont pas des adeptes acharnés des salles de gymnastique, ont probablement vécu comme moi ce moment spécial où les derniers décamètres à grimper paraissent interminables.

La libération est proche, le pastis et les olives se font désirer mais il reste cette foutue dernière bosse à franchir et plus on en approche plus le but paraît inaccessible.

Depuis longtemps les athlètes professionnels prétendent que leurs performances ont une influence sur la perception de leurs objectifs, s’exposant en général au scepticisme des scientifiques.

Jessica Witt, "Professor of Psychological Sciences Cognitive area" à l’université Purdue University (West Lafayette, Indiana USA) nous apprend que notre vision n’est pas qu’une affaire d’optique mais dépend bel et bien de nos performances.

Les expériences qu’elle a menées avec l’aide d’un étudiant ancien joueur de football américain Travis Dorsch ont montré que la perception de l’en-but, que le ballon doit franchir pour réussir une transformation, dépendait bel et bien du résultat obtenu par le joueur. Alors que les prévisions des joueurs ne sont pas vraiment en rapport avec les résultats, par contre la taille et la position perçues de l’en-but est significativement corrélée à la performance obtenue.

En cas de réussite, l’en-but parait plus large et plus bas que la réalité. En cas d’échec, la perception est aussi altérée par la manière dont le joueur a raté son coup de pied (selon qu’il soit trop court ou qu’il rate la cible sur le côté).

Ces travaux ne font que conforter le sentiment bien connu par les coureurs pour qui les derniers mètres de leur exploit paraissent interminables, des cyclistes courageux qui voient comme dans un rêve inaccessible le but de leur ascension.

Ces résultats sont une véritable remise en cause des études traditionnelles sur la perception et en particulier des études dichotomiques qui consistent à demander par exemple au sujet d’appuyer sur un bouton ou sur un autre en fonction de ce qu’il perçoit.

Au fond il est plutôt rassurant de penser que la perception que nous avons du monde à un instant donné dépend de nos intentions, de nos résultats et peut-être aussi de nos désirs.

Nous pouvons ainsi continuer de regarder nos enfants comme les plus beaux du monde et de justifier le regard de l’artiste comme une réalité bien plus importante que les millions de pixels déposés méthodiquement sur notre écran plat.

Magritte disait "ceci n’est pas une pipe" Il avait d’autant plus raison que la perception de l’œuvre dépend autant du regard du spectateur que de l’intention de l’artiste.


Patrice Leterrier

19 Octobre 2009

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 13:21


A

 la demande des ministères en charge de la santé et de l'environnement, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) a réalisé  une "expertise collective" de très grande ampleur sur les effets biologiques et sanitaires de la téléphonie mobile et plus généralement des radiofréquences.

Pour une fois les experts de différentes disciplines, "dans un souci de transparence", ont réussi, non sans difficulté, à faire participer à leurs travaux les associations françaises mobilisées sur la thématique des risques sanitaires de la téléphonie mobile.

Les résultats de ces travaux, qui ont réclamé pas moins de 19 auditions, sollicité 13 contributions écrites et l’analyse de près de 3.500 études sur les radiofréquences en général (téléphones portables, Wifi,  radios, four à micro-ondes, etc.), sont consignées dans un rapport  de 469 pages.

Dans l’avis prononcé par l’Afsset on peut lire :

"Le rapport de l’Afsset met en évidence l’existence d’effets des radiofréquences sur des fonctions cellulaires, rapportés par une dizaine d’études expérimentales considérées par l’Afsset comme incontestables. Néanmoins aucun mécanisme d’action entre les radiofréquences et les cellules pour des niveaux d’exposition non thermique n’a été identifié à ce jour."

Nous voilà donc presque rassurés, prêts à jeter un regard goguenard sur tous ces messages alarmistes reliés par des gourous en quête de notoriété et aux arrière-pensées clairement mercantiles (je ne pense à personne en particulier…quoique ?).

Les experts n’ont rien trouvé, aucune preuve pouvant faire condamner le prévenu.

En bon droit, on s’attend donc qu’il soit reconnu innocent car ce n’est pas au prévenu de démontrer son innocence mais bien à la société de prouver sa culpabilité.

Mais voici la conclusion bien surprenante des experts :

"Face à ces incertitudes, l'Afsset considère qu'il convient d'agir et fait les recommandations suivantes :

développer la recherche, pour lever les incertitudes qui demeurent et se tenir aux aguets des signaux nouveaux qui émergeraient;

réduire les expositions du public."

On ne peut que saluer la demande de poursuite des recherches et la vigilance conseillée mais la seconde proposition laisse pantois !

L’Afsset avait pourtant dans son avis (recommandation 3) souligné qu’il convenait "de peser avec soin les conséquences, pour la population générale (enfants, etc.) et pour les utilisateurs de téléphonie mobile, d’une réduction de la puissance des antennes relais qui pourrait conduire à l’augmentation de l’exposition à la tête aux radiofréquences émises par les téléphones mobiles".

Mais dans un contrepied surprenant, et arguant que la science ne pouvait formellement montrer "l'inexistence d'un risque", elle recommande l’application du principe de précaution dans une curieuse inversion de la charge de la preuve.

A ce principe là, il n'est pas prouvé que l'exposition prolongée devant un écran de télévision à des émissions débilitantes n'ait pas d'effets à long terme sur la santé intellectuelle et mentale des  téléspectateurs jeunes ou moins jeunes.

On devrait donc au nom de cette nouvelle interprétation à l'envers du principe de précaution, qui renverse la nécessité de la preuve du risque en la nécessité de la preuve qu’il n’y a aucun risque, interdire aux producteurs de nous abreuver de niaiseries indigestes.

S’agit-il d’une inversion épistémologique déroutante ou plus inquiétante d’une aversion de plus en plus dominante à la modernité, à la notion de découverte, de nouveauté qui suppose toujours une certaine part de risque ?

Mais n’est-ce pas plus une sorte de pirouette laissant, comme il se doit, les politiques devant leurs responsabilités ?

Car au fond, en maniant le chaud et le froid, les scientifiques de l’Afsset ne disent-ils pas simplement que les décisions ne sont pas de leurs ressorts ?

Le principe de précaution qu’ils évoquent sera-t-il ainsi mis en avant pour masquer un principe beaucoup plus courant en politique de nos jours celui de démission ?


Patrice Leterrier

18 Octobre 2009

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 09:07

 

Le 16 Octobre 1984, il y a très exactement un quart de siècle, les gendarmes découvrait le corps sans vie du petit Gregory Villemin, âgé de quatre ans et demi, noyé dans les eaux froides de la Vologne les pieds et poings liés.

Le 9 Juillet 2008, saisi par les époux Villemin, le procureur général de Dijon a demandé la réouverture de l'instruction, pour une nouvelle recherche d'ADN.

Le 7 mai 2009, le laboratoire lyonnais Biomnis (ex Mérieux) est désigné par la justice pour expertiser les scellés du petit Grégory et en "extraire les éventuelles empreintes génétiques".

En attendant les résultats incertains de ces nouvelles recherches, l’affaire Gregory Villemin reste toujours ce mystère qui a bouleversé la France entière.

Elle a aussi déchirée, au grand jour et à grand renfort de manchettes de journaux, une famille sous fond de haine, de jalousie de dénonciations, de rétractations, de rebondissements.

Elle a fait du père un meurtrier. Elle laisse toujours planer un doute insupportable sur la mère d’abord accusée sous la foi d’experts graphologues d’être le fameux corbeau puis inculpée comme meurtrière le 5 Juillet 1985 par un jeune juge sous influence Jean-Michel Lambert. Elle finira par faire l’objet d’un non-lieu 5 ans plus tard le 3 février 1993 pour "absence totale de charges".

Le couple racontera en 1994 leur calvaire dans un livre témoignage intitulé le 16 octobre.

Depuis 1969 on comptabilise prés de 300 affaires criminelles toujours non élucidées en France. Les dernières en date sont celles de Geraldine Gasp découverte à demi-nue et étranglée à Piton Saint-Leu, à la Réunion, le 22 mai 2008. Elle vient s’ajouter à une longue série de disparition et de meurtres de femmes sans explication dans l’île. Il y a aussi la disparition de Didier Touquet un homosexuel toulousain de 46 ans dont on est sans nouvelle depuis le 29 juillet 2008.

On se souvient des huit jeunes disparus à proximité du camp militaire de Mourmelon entre 1980 et 1987. Pierre Chanal emportera le mystère de cette affaire en se suicidant le jour de l’ouverture du procès alors qu’il était censé être sous la surveillance de la justice.

Il y a aussi ces crimes collectifs maquillés en suicides des adeptes de l’ordre du temple solaire dont la femme et le fils de l’ex champion de ski Jean Vuarnet. On a découvert les seize corps calcinés des victimes portant tous des impacts de balle au lieu dit du "Puits de l'enfer" prés de Saint Pierre de Cherennes en Isère, au pied du Massif des Coulmes.

On se souvient aussi de l’acharnement du juge Henri Pascal qui se plaisait à communiquer à la presse les progrès de son enquête avec son accent truculent.

Il avait fini par mettre en examen, sans preuve, le notaire Pierre Leroy et sa femme Monique Béghin-Mayeur pour le meurtre de Brigitte Dewèvre, une fille de mineur âgée de seize ans et découverte morte dans un terrain vague aux abords du coron de la fosse 4, le jeudi 6 avril 1972. L'affaire a été classée depuis sans suite et le crime fut prescrit en 2005 et ne sera donc jamais élucidé.

La liste des affaires bâclées est trop longue et l’affaire Outreau a largement médiatisé les errements, les lenteurs, les incertitudes et les erreurs de la police, de la gendarmerie et de la justice française, le poids inconsidéré des experts,…

Mais celle du petit Gregory réunit tous les ingrédients pour nous indigner. D’abord la jeunesse de la victime qui rend le crime encore plus insupportable et la méthode utilisée par l’assassin qui nous révulse.

Ensuite l’enquête fut un véritable florilège d’erreurs et de dérapages : manque de précautions des enquêteurs dans la collecte des indices ; rivalité indécente entre la Gendarmerie et la police ; violations du secret de l'instruction; inexpérience du juge d'instruction ; indécision des magistrats…

Et puis il y eut ce grand déballage dans une presse qui oubliait sa réserve et prenait partie sans aucun respect pour la vie privée des prévenus.

On attend de l’état qu’il soit sans faille, sans faiblesse, juste et impartial.

On oublie peut-être un peu vite qu’il y a souvent à l’origine de ces mystères des erreurs certes impardonnables mais souvent dues à une absence chronique de moyens des policiers, des gendarmes et des juges. Même si la majorité d’entre eux font l’impossible pour remplir leurs missions, ils ne sont que des hommes et des femmes avec leurs faiblesses.

L’état est impardonnable puisqu’il est l’état mais ses représentants ont la plupart du temps droit à notre indulgence.

Patrice Leterrier

16 Octobre 2009

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 12:39

 

Aristote

Nicolas Sarkozy veut "sauver la filière littéraire, aujourd’hui en perdition". Il veut faire de la série L une véritable série internationale.

Certains pourraient voir dans cette déclaration une sorte de revanche des khâgneux sur les matheux, une réhabilitation des élèves n’ayant aucun goût pour les équations différentielles et préférant les exégèses sur les écrits de Platon et les subtilités de l’imparfait du subjonctif, une sorte de rédemption des mots dominés par les nombres depuis l’invention de l’algèbre par le mathématicien d'origine kurde Al-Khawarizmi au IXème siècle.

Depuis la naissance du lycée créé par la loi du 11 floréal an 10 (1er mai 1802) sous le consulat par Napoléon Bonaparte, les sciences ont toujours fait parti de l’enseignement général, même lorsque l’enseignement était largement à dominante littéraire.

Le baccalauréat fût institué par l’empereur Napoléon par décret du 17 mars 1807.

A l’origine il ne comprenait que des épreuves orales portant sur des auteurs grecs et latins, sur la rhétorique, l'histoire, la géographie et la philosophie.

Le premier baccalauréat eut 31 heureux élus (ils étaient 524 000 en 2009 soit 83,4% des inscrits !).

Aujourd’hui où les applications de la science, notamment dans le domaine des communications, bouleversent de plus en plus notre environnement, il semble plus que jamais nécessaire que les futurs citoyens acquièrent un minimum de bagage scientifique et singulièrement des bases solides en mathématiques.

La série S créée en 1993 en même temps que les série L et ES est devenue de fait plus une voie royale pour accéder à des études supérieures qu’une véritable série scientifique préparant de futurs chercheurs.

Elle est le passage obligé pour l’accès aux grandes écoles d’ingénieurs et de ce fait possède une attractivité sans rapport avec son programme plus subi que choisi par goût par les élèves.

Embrigadés dans l’ascèse mathématique et scientifique des classes préparatoires, les esprits les plus agiles dans l’abstraction, sont destinés à intégrer les grandes écoles d’ingénieurs.

Quelques uns seront appelés aux plus hautes responsabilités et devront alors s’acquitter de la rude tâche de diriger des hommes et de comprendre un monde plus systémique qu’analytique.

Ils auront alors à montrer des compétences bien différentes que celles de savoir résoudre des équations complexes. Des tâches auxquelles ils ne sont absolument pas préparés et d’ailleurs pas forcément particulièrement doués.

San nier le rôle capital des sciences abstraites dans la formation des élites, ne devrait-on pas aussi mettre l’accent sur de solides formations en économie, en langue et autres balivernes comme le droit pour se préparer à être des compétiteurs affutés dans l’économie largement mondialisée ?

Loin de moi l’idée de nier qu’il soit nécessaire de réhabiliter le blason de l’enseignement littéraire trop souvent galvaudé de nos jours pas plus que de contester la nécessité d’entretenir et de valoriser des chercheurs trop souvent obligés de s’expatrier pour satisfaire leurs légitimes ambitions.

Le problème aujourd’hui n’est-il pas autant que la série S ne soit qu’à la marge destinée à former des futurs scientifiques, que la série L soit si lointaine des sciences et des mathématiques et qu’il n’existe en fait aucune série prenant en compte la réalité des énormes changements que le monde a connu depuis 1993 ?

Aristote pouvait, comme Platon, ambitionner d’embrasser l'ensemble des objets de savoirs.

Nos jeunes sont obligés de choisir trop tôt dans l’immense étendue du savoir humain un angle d’acquisition des connaissances opposant artificiellement sciences, littérature ou économie. Alors pourquoi pas une série LS, SL pour réconcilier les chiffres et les lettres ou mieux encore une série SLES pour préparer à la modernité ?

Mais je rêve bien sûr ! Nous aurions immédiatement tous les élèves et leurs professeurs arborant des pancartes clamant haut et fort "Touche pas à mon Bac !".

Le monde change à toute vitesse et la France reste prisonnière d’une incroyable et dangereuse pesanteur.


Patrice Leterrier

15 Octobre 2009

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