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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 19:30


I

l n’est pas difficile de remarquer que certaines personnes sont plus facilement disposées à partager les sentiments d’autrui, caractère que l’on baptise du nom bizarre d’empathie moins connu que son antagoniste antipathie.

Vous aviez tous aussi probablement observé qu’un son strident et désagréable va laisser parfaitement de marbre certains et faire sursauter vivement d’autres, ce qui est une bonne mesure de la résistance selon les psychologues américaines Sarina Rodrigues, Laura Saslow et leurs collègues.

Ce que vous ne saviez probablement pas plus que moi (mais je m’avance peut-être…) c’est que les plus ouverts aux sentiments des autres et les mieux résistants au stress étaient des sujets GG c'est-à-dire ayant hérités génétiquement de leurs parents de deux allèles Guanine qui leur donnent une plus grande aptitude à coder le récepteur de l'ocytocine, souvent appelé molécule du bonheur ou l’hormone de l’amour. Ma science n’est qu’une façade bien fragile résultant de ma lecture d’un article dans la revue Pour la Science.

Un jour peut-être quelqu’un s’excusera de ne pas compatir au malheur d’autrui en disant "ce n’est pas ma faute je suis un AA" c'est-à-dire ayant hérité de deux gènes adénine….

Une fois de plus, comme pour l’autisme ou la schizophrénie, la piste génétique est mise en avant pour expliquer les comportements humains même si les auteurs prennent soin de spécifier que les facteurs sociaux et environnementaux sont aussi essentiels à la construction de la personnalité.

La génétique est décidément une discipline à la fois fantastique et un peu effrayante dans la mesure où les travaux de tous ces chercheurs, qui ont la mauvaise habitude de trouver, semblent indiquer que nous sommes prédestinés à des comportements qui nous échappent.

De là à trouver des raisons exogènes à tous les comportements déviants ou criminels, il n’y a qu’un pas qui serait tout de même dangereux de franchir trop vite.

Je n’ai pas trouvé de communication scientifique sur l’origine génétique de l’intolérance, du sectarisme, de l’antisémitisme ni de la xénophobie mais si elle était prouvée, il semblerait qu’elle s’exprime plus ces derniers temps dans certaines vallées de la confédération helvétique…  

Ma curiosité maladive étant probablement le résultat d’un cocktail génétique que j’ignore, j’aurai probablement assez vite touché le fond de mon ignorance crasse si je n’avais été attiré par un constat troublant révélé par la jeune et sémillante biologiste Denise Kelly.

La sagesse populaire prétend que là où il ya de la gêne (et non pas des gènes…) il n’y a pas de plaisir mais il semblerait aussi, au moins pour les cochons dont le génome présente bien des similitudes avec celui de l’homme, que la gêne soit aussi néfaste à la santé…pour des raisons génétiques.

En effet des travaux menés par Denise Kelly et ses collègues de l’Université d’Aberdeen en Grande Bretagne, nous apprennent que plus les cochons sont sales sur eux mieux ils sont armés pour résister à des bactéries pathogènes comme les salmonelles.

La raison en serait que chez les cochons "sales" l’expression de gènes associés aux lymphocytes T (agents du système immunitaire) serait plus marquée.

Ainsi, en cette période de phobie hygiénique grippale A(H1N1), une preuve de plus est faite que trop d’hygiène pourrait causer des pathologies comme les allergies ou encore la terrible maladie de Crohn.

Ces travaux donnent aussi raison à un autre adage populaire qui veut que le mieux soit l’ennemi du bien.

En Ponce Pilate je pourrais dire que je m’en lave les mains mais, dès l’épidémie passée,  j’arrêterai cette pratique rituelle et compulsive avec ces gels qui me dessèchent la peau pour revenir à des attitudes plus raisonnables moins génétiquement modifiées par les médias et cochon qui s’en dédit….


Patrice Leterrier

1 décembre 2009

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 15:44

                                                                                    Giralda de Séville

 

S

i les minarets sont une offense à la laïcité, que dire alors des millions de clochers qui fleurissent dans notre beau pays de cocagne et en Suisse et qui participent à la beauté de notre patrimoine historique?

Que dire de nos belles cathédrales, de nos temples, de nos synagogues ?

Devra-t-on détruire la Giralda de Séville, les minarets de la mosquée bleue d’Istanbul, de la mosquée Al-Azhar du Caire, de la Koutoubia à Marrakech ou même celui de la grande mosquée de Paris ?

Outre les limites bien réelles de la démocratie dite "directe", qui ferait probablement rétablir la peine de mort si on l’appliquait par exemple sur ce sujet en France, le résultat désastreux du referendum de notre voisin suisse montre aussi à quel point, en ces périodes de crise comme dans les années 1930, le spectre de la xénophobie et de son cousin germain (sans jeux de mot…) le racisme est à l’affût de la moindre faiblesse de la démocratie dans la défense des valeurs fondamentales morales et politiques.

On nourrit tous les extrémismes en s’attaquant aux symboles religieux.

Pourquoi stigmatiser sur ces ouvrages architecturaux qui n’envahissent pas, que je sache, les belles vallées helvètes pas plus que les campagnes françaises ?

Il serait cocasse que certains émirs, qui laissent leurs fortunes dormir dans des coffres suisses, aillent chercher refuge en des lieux moins hostiles à l’Islam.

Mais au delà de cette galéjade, quelle désagréable odeur de rejet de l’autre, de ses coutumes, de ses rites au moment où, sous le voile pudique d’un débat démocratique, formule magique agitée comme un hochet à n’importe quelle occasion, on nous entraine dans l’hexagone sur un débat à propos de l’identité nationale en ne manquant pas de brandir le spectre de la burqa ou du niqab portés en France par 400 femmes en France (ou même 2000 comme l’affirme un rapport du ministère de l’intérieur) ?

A part l’appartenance civique et administrative à un pays qui se traduit par la possession d’une carte d'identité nationale que les forces de police sont autorisées à contrôler, l’état laïc et républicain se fourvoie lorsqu’il se met à légiférer sur l’histoire, la culture, les religions et les coutumes, bref sur ce qui fait la richesse et la diversité en devenir perpétuel d’un grand pays démocratique qui inscrit aux frontons de ses édifices publics la devise Liberté, Egalité Fraternité.

La France a une longue, complexe et quelquefois douloureuse histoire avec les migrations et la colonisation. Oublierons nous les flux migratoires que nos aïeux organisaient lorsqu’il s’agissait d’aller se faire tuer sur les champs de bataille pour la plus grande gloire de ce qui était alors, pour tous ces étrangers d’aujourd’hui, la mère patrie décrétée d’office par la République ?

Le débat sur l’identité que l’on semble vouloir enfermer contre son gré dans une définition ne sert-il pas que pour exclure ceux qui ne répondraient pas aux critères définis ?

N’imitons pas nos voisins suisses en laissant couvrir la république d’une burqa d’intolérance ni se vêtir d’un sectarisme habillé pour la circonstance en laïcité alors même que nous devons élargir notre vision de citoyen à minima à l’échelle européenne et même au niveau mondial lorsqu’il s’agit des grands défis à relever pour éviter que nous détruisions notre environnement.


Patrice Leterrier

30 Novembre 2009

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 22:01


A

 la veille du sommet de Copenhague, auquel Barak Obama assistera finalement le temps d’un aller-retour, la nouveauté est tout de même l’annonce par la Chine et les États Unis d’objectifs chiffrés de réduction de leur émission de gaz à effet de serre même s’il est bien difficile de se réjouir trop vite car la communauté internationale nous a largement habitué à prendre à la légère des objectifs et à ne pas les tenir comme les engagements du millénaire sur la réduction de la faim dans le monde par exemple.

Sans forcément écouter les cassandres extrémistes qui choisissent ce débat sur la sauvegarde de la planète comme terrain politique pour condamner radicalement l’économie de marché avec de belles formules comme "on ne pourra rien faire tant qu’on donnera au fric la prépondérance sur la vie" de Pierre Rabhi, on peut avec intérêt entendre certains hommes politiques, comme Dominique Strauss Khan, qui appellent de leurs souhaits une révision profonde de notre modèle de croissance.

La crise financière semble s’estomper, même si des rebonds sont encore à craindre, mais la crise sociale qu’elle a entrainée est profonde.

La prise de conscience de l’absurdité de la financiarisation à l’excès de l’économie ne risque pas de s’effacer parce que la croissance semble timidement repartir. Elle pourrait même rebondir avec l’explosion d’une nouvelle bulle boursière qui semble se gonfler à nouveau.

Ce serait une grave erreur que de penser, comme semble hélas le faire certains financiers, que le monde peut reprendre ses vieilles mauvaises habitudes une fois que la tempête s’est éloignée.

Le monde d’après la crise ne pourra donc pas être tout à fait le même que celui d’avant sauf à risquer de graves troubles sociaux.

Parmi les changements attendus, il y a incontestablement la nécessité de changer radicalement notre rapport à l’environnement et en particulier celui à l’énergie.

Et dans le même temps où nous semblons prendre collectivement conscience des dégâts irréparables causés par l’homme sur son environnement, dégâts qui menacent la survie même de l’espèce humaine, un extraordinaire documentaire nous rappelle la fantastique aventure de l’homme avec des images émouvantes sur l’aspect de nos ancêtres, comme le jeune Turnaka Boy, grâce aux travaux de paléo-artistes de talent comme Viktor Deak.

Ce passionnant survol de l’histoire de l’humanité nous rappelle surtout avec acuité l’extraordinaire accélération du temps dans la maîtrise et l’exploitation par l’homme de son environnement.

Cette maîtrise qui frise aujourd’hui le crime organisé se finira-t-elle dans un immense cataclysme si la cupidité stupide qui pousse à en vouloir toujours plus triomphe ou retrouverons-nous une harmonie entre notre environnement et nos désirs de progrès ?

Après avoir passé des siècles à s’entretuer, ce que certains continuent d’ailleurs à faire, les hommes en finiront-ils avec la guerre qu’ils mènent sournoisement contre leur environnement, en attendant de l’autre le geste qui donnerait le signal du changement ?

Copenhague ne résoudra pas tout mais peut réellement être le signe d’une inflexion dans cet aveuglement coupable et comme on peut le lire dans le préambule du document "Copenhagen : a project for the world" soumis par la France aux participants du sommet "a positive dynamic towards sustainable development".


Patrice Leterrier

26 Novembre 2009

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 19:03


E

n lançant sa diatribe contre le téléthon, Pierre Bergé a déclenché un véritable tollé chez les âmes bien pensantes de tout bord.

Mais au fond ne dit-il pas quelque chose sur lequel nous devrions porter un regard objectif ?

Et voilà le hic, comme pour le nucléaire, les OGM, les gaz à effet de serre, les téléphones portables, les lignes à haute tension ou encore les antennes qui pullulent un peu partout ou même les causes et les remèdes de la crise actuelle, qui peut prétendre se faire une opinion objective dès lors que la plupart de ces sujets réclameraient des années d’études pour avoir en main personnellement les éléments d’un jugement dit objectif sans avoir d’ailleurs la certitude d’y parvenir ?

Au demeurant cette pseudo objectivité théorique ne serait-elle pas volontairement ou non biaisée par nos ressentis, nos convictions, nos croyances, nos valeurs ? 

On peut me rétorquer qu’il y a les hommes politiques, les journalistes, les experts scientifiques ou autres dont c’est – à des degrés divers - le métier de débusquer les supercheries, les tentatives de manipulations ou les fausses inférences donnant aux pires inepties le costume vertueux de la vérité.

Mais comment faire confiance à des individus que l’on peut, sans les insulter, soupçonner de mettre leurs discours au service de leurs intérêts ou plus honorablement de leurs convictions entachées viscéralement de subjectivité.

Il est d’ailleurs à la fois surprenant mais malheureusement impossible que l’on n’ait pas encore songé à punir la démagogie qui sévit aujourd’hui justifiant les pires âneries pour flatter le bon peuple en plein désarroi.

 

Alors nous voici donc plongés dans un mode où le simulacre règne sans que nous soyons capables de le démasquer, où les fausses évidences nous sont assénées sans cesse, ou des joueurs de flute nous endorment en nous faisant miroiter un monde idyllique, un futur embarquement pour Cythère qui fût par le passé souvent un passeport pour l’enfer des goulags.

Mais voila que tous ces faiseurs de vérités établies et incontestables ont découvert le graal, l’arme absolue avec le sacrosaint principe de précaution mis en avant à toutes les sauces pour justifier que le doute est interdit car il conduirait à des prises de risque qui sont au demeurant nécessaires pour faire progresser la science.

Un peu comme le pari de Pascal qui justifie l’existence de Dieu par le bilan, les risques d’aujourd’hui sont évalués en mesurant les conséquences, au cas où ils s’avéreraient bien réels, dispensant ainsi de la nécessité de nous éclairer sur la réalité du risque avec objectivité.

Avec objectivité ? Voilà que je boucle sur le début de mes divagations et que je ne sais toujours pas dire si Pierre Bergé a raison lorsqu’il prétend que le Téléthon phagocyte la générosité des français.

Ce qu’on peut dire en tout cas c’est qu’il alimente notre bonne conscience et nous croyons faire objectivement ainsi une bonne action.

Est-ce la meilleure ? Comment en juger objectivement dès lors qu’il nous faudrait plusieurs vies pour choisir. Alors appliquons le principe de générosité au nom duquel le Téléthon a permis de réaliser d’immenses progrès scientifiques qui sont objectivement à son crédit.


Patrice Leterrier

25 Novembre 2009

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 22:16


D

écidément la théorie du complot s’empare de tous les sujets sensibles sur la planète.

Tout le monde se souvient bien sûr des affirmations des négationnistes en tout genre, de la remise en cause de l’origine des attentats du 11 Septembre et des rumeurs les plus folles sur l’origine de la grippe A(H1N1)2009, orchestré par une coalition cynique de laboratoires mercantiles et de gouvernants sans scrupules.

On peut ajouter à ce concert de suspicions les dangers énormes des vaccins qui tuent comme on le sait des millions de personnes dans le monde.

Je ne vous parlerez évidemment pas du complot dont je suis victime de la part des sites de réseaux sociaux comme Facebook, des liens cachés de Google avec la CIA ni de la surveillance dont je fais l’objet de la part d’une organisation secrète qui s’échine à cacher mes chaussettes tous les matins rien que pour m’embêter !

Mais voilà qu’on apprend aujourd’hui, à la veille du sommet de Copenhague, qu’une tentative de déstabilisation a été lancée par des pirates informatiques russes pour tenter de discréditer les scientifiques sur le sujet, oh combien sensible, du réchauffement climatique.

Des documents volés sur les ordinateurs de la Climatic Research Unit de la célèbre université d’East Anglia en Angleterre tendent à prouver que des scientifiques anglais et américains se seraient parfois accordés pour présenter et manipuler les données climatiques afin de mettre en avant la responsabilité humaine dans le réchauffement.

On pourrait utiliser l’arme préférée de ces déstabilisateurs professionnels et voir dans leurs manœuvres un complot ourdi par des industriels peu scrupuleux voulant empêcher que la communauté internationale ne s’entende sur des mesures pour les empêcher de rejeter sans vergogne leurs milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Mais au delà de protestations indignées des climatologues devant ces détournements frauduleux et tronqués de leurs débats internes, il y a un fait qui n’est pas contesté : le réchauffement climatique est bel et bien une réalité.

Dès lors la nécessité impérieuse et urgente de diminuer les émissions de gaz carbonique en découle, quelles que soient les causes peut-être complexes et multiples de cette situation !

Il y a un peu moins d’un mois un article publié dans Wired Sciences faisait état des effets spectaculaires du réchauffement de 2° Fahrenheit (environ 1°C) des couches superficielles de la mer du nord au court du dernier quart de siècle.

Obnubilé par les effets du réchauffement sur l’environnement terrestre, on néglige d’étudier ce qui se passe sous les océans.

Or le zooplancton, qui se développait dans les eaux froides de la mer du nord, s’est déplacé vers le nord de plus de 700 miles au cours des 40 dernières années. La conséquence est un bouleversement radical de la chaine alimentaire qui entraîne une raréfaction de certaines espèces de poisson, comme la morue et les poissons plats prisés des consommateurs, et donc des pêcheurs, largement remplacés par les méduses et les crabes dont on ne peut pas dire qu’ils aient le même attrait ni nutritif ni même gustatif pour des palais délicats (du moins sûrement pour les méduses…).

Ces changements constatés ont trop vite été attribués à la surexploitation par les pêcheurs alors qu’ils étaient en l’occurrence autant victimes que coupables !

Il n’est donc pas indifférent que nous veillons à limiter le réchauffement climatique et pas seulement pour pleurer la banquise mais bien pour l’équilibre général de la biosphère et singulièrement de nos océans et mers si fragiles et tellement essentiels pour préserver cette délicate harmonie héritage de millénaires d’évolution.

Au fond ce que veulent insinuer ces pirates, aux intentions pas très claires, c’est qu’il n’est pas important de diminuer les émissions de CO2 comme il n’est pas grave de boire un dernier verre de rhum après un repas trop arrosé puisque de toute façon l’ivresse est déjà là…Mais au bout du verre en trop il y a quelquefois une vie en moins.


Patrice Leterrier

23 Novembre 2009

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 21:47



A

ujourd’hui tout le monde ne parle que d’un score nul qui enflamme même des intellectuels dont on se demande ce qu’ils ont à dire sur un fait somme toute assez anecdotique dans le grand bouleversement que nous vivons.

Mais puisque l’actualité se focalise sur les chiffres, savez-vous que nous sommes plus de 6 milliards 800 millions d’êtres humains sur la terre ?

Ou encore que vous inspire les près de 10 millions d’hectares de forêt qui ont été détruits cette année et les 5,3 millions de terre arables que nous avons perdu à cause de l’érosion des sols soit respectivement 20 fois et 10 fois la superficie nécessaire pour assurer la consommation électrique de la France en énergie photovoltaïque ?

Vous ne pouvez ignorer qu’il y a plus d’un milliard de personnes qui souffrent de malnutrition dont 15% d’enfants et qu’un autre milliard de personne sont en surpoids dont plus d’un tiers sont obèses.

Imaginiez-vous que près 1,5 milliard de personnes n’ont pas accès à un point d’eau potable ?

Doit-on aussi rappeler que 32 millions de personnes sont infectés par le virus du SIDA ?

A trois semaines de la Conférence de Copenhague, il n’est pas inutile de répéter que moins de 8 % de l’énergie consommée dans le monde est produite à partir de source renouvelable.

Mais dans cette litanie bien triste de chiffres déshonorants pour l’homme qui rend bien dérisoire les avalanches de commentaires sur la main de Thierry Henry, j’ai envie de rappeler qu’aujourd’hui, où l’on célèbre les vingt ans de la convention des droits de l’enfance, d’autres chiffres que nous ne devons pas oublier :

° 50 millions d’enfants n’ont même pas d’identité,

° 270 millions d’enfants n’ont pas accès aux soins même les plus rudimentaires,

° 75 millions d’enfants n’ont pas la chance d’accéder à une quelconque forme de scolarisation,

° 200 millions d’enfants travaillent, la plupart du temps exploités dans des conditions effroyables et

° 2 millions d’enfants sont prisonniers des réseaux d’exploitation sexuelle.

Il n’y a aucune fatalité à ce que nous continuions à maltraiter la terre, à gaspiller les énergies fossiles qui ont mis des millions d’années à se transformer, à nous gaver de la nourriture qui manque à près d’un tiers des humains, à accepter que des enfants travaillent pour fabriquer des tee-shirts ou des téléphones mobiles et pire encore à assouvir les déviances sexuelles d’adultes pervers.

Alors la main de Thierry Henri et l’hypocrisie indigne d’un entraineur sans honneur je dois vous avouer que je m’en moque totalement comme probablement la pus grande partie des 1,6 milliard d’internautes que compte la planète…


Patrice Leterrier

19 Novembre 2009

 

 

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 22:14


N

e trouvez-vous pas que nous vivons une étrange époque ?

Jamais la science n’a été aussi impressionnante par ses découvertes qui sondent à la fois l’infiniment grand, l’infiniment petit et aussi les profondeurs inexplorées de l’esprit humain.

S’il fallait simplement quelques exemples de ce foisonnement extraordinaire il suffit de se plonger dans l’actualité de cette semaine :

Les américains nous apprennent qu’il y a de l’eau et pas un peu sur la lune.

Des savants ont découverts des mécanismes de neurones tueurs dans l’hippocampe qui expliqueraient le phénomène de restauration de la mémoire à court terme.

Que dire de cette passionnante course permanente à laquelle se livrent les astronomes du monde entier à la découverte d’exoplanètes dont on ne peut douter qu’à plus ou moins long terme  on trouve des candidates au développement de la vie ?

Anecdotique la découverte du gène de la solitude par des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles ?

Sans importance celle du gène FOXP2, origine probable du langage chez l’homme ?

Comment ne pas s’extasier devant le travail coordonné par Philippe Amouyel, à l'Institut Pasteur de Lille (Inserm U744) et qui expliquerait probablement le mécanisme de la maladie d’alzheimer.

Surprenante cette recherche de Matija Strlic, un chimiste de l’University College London qui semble avoir découvert le moyen de restaurer le papier de livres anciens par la simple analyse de leurs odeurs c'est-à-dire sans avoir à détruire même une infime partie de ces trésors.

On se réjouie aussi que le Grand collisionneur de hadrons, le plus grand accélérateur de particule du monde du CERN, va pouvoir finalement redémarrer la semaine prochaine et repartir à la recherche de la particule de Dieu, le boson de Higgs.

Et puis si vous n’étiez pas pleinement convaincus de cette pétillante activité foisonnante des chercheurs un peu partout dans le monde, il y a aussi l’explication de l’effet placebo par Falk Eippert et ses collègues de l'Université de Hambourg.

Dans le même temps, alors que nous nous esbaudissons devant cette incroyable fertilité des esprits humains, que nous restons sans voix devant l’acharnement impressionnant des chercheurs, nous vivons une régression impressionnante de la conscience collective globalement indifférente à la misère du monde et aux risques que nous faisons courir à notre planète.

Nous assistons impuissants (mais parfois furieux !) à un véritable effondrement du monde politique qui sombre dans des controverses fastidieuses, des scandales en tout genre, des incursions permanentes dans la sphère privée et une incapacité dramatique à mobiliser les citoyens parce que fondamentalement ils n’ont plus rien de commun avec nos préoccupations de tous les jours et qu’ils considèrent l’électorat comme un marché à conquérir comme un autre.

Et pourtant jamais le débat politique n’a été plus nécessaire devant les immenses défis économiques, culturelles et écologiques auxquels nous sommes confrontés.

Aristote disait que la nature a horreur du vide ! Que les hommes politiques prennent gardent que le vide avec lequel ils veulent nous abuser ne soit rempli par les fanatismes qui guettent de toute part.


Patrice Leterrier

14 novembre 2009

 

 

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 21:49


L

oin de moi l’idée de vous revenir sur le grand déballage du procès Clearstream, révélateur des mœurs détestables de la cour chiraquienne, ni sur les fanfaronnades revanchardes d’un Charles Pasqua pitoyable de rancœur envers ses maîtres d’antan, ni sur les imbéciles propos d’un Eric Raoult dérisoire paltoquet en quête désespéré de notoriété, ni sur la polémique bien inutile sur la présence ou non de Nicolas Sarkozy le 9 Novembre 1989 à Berlin, ni encore sur les propos discutables d’une lauréate de prix Goncourt qui n’en espérant pas tant pour assurer son succès, ni même sur ce pervers contrôle d’identité nationale dont le Président a défendu aujourd’hui la nécessité sans me convaincre, bref  sur aucun de ces miasmes  et gesticulations parisianistes d’un microcosme déconnecté des réalités mais bien du grand flop annoncé de la vaccination contre la grippe A(H1N1)…

Car enfin les choses semblaient bien indiscutables ! Le vaccin était parfaitement sans risque et ses effets garantis pour protéger d’un fléau que les français avait du mal, dans la morosité ambiante et confrontés aux vrais problèmes qui les assaillent, à comprendre pourquoi  tout ce ramdam fait pour une grippe apparemment ni plus ni moins dangereuse que les autres.

Dans ce concert angélique des experts en tout genre, des journalistes complaisants, des politiques sûrs de leur fait, voilà qu’un cas "probable" de syndrome Guillain-Barré, une maladie rare du système nerveux périphérique, a été signalé mardi après vaccination contre la grippe A !

Déjà que les français, atteints d’un syndrome de scepticisme, couvaient la résistance passive, ils risquent de déclencher une épidémie de révolte contre la vaccination 

Mais derrière cette inattendue réaction contre le principe de précaution, il y a plus fondamentalement le fait qu’ils ne font plus confiance ni aux politiques, ni aux journalistes, ni aux experts ni pire encore même aux hommes de sciences.

Nul doute que ce qui ne serait normalement qu’une anecdote même pas digne d’un entrefilet en page intérieure d’un quotidien bien pensant devienne une affaire d’état, la preuve indubitable de la duplicité des pouvoirs publics et des scientifiques avec l’ogre inassouvi de l’industrie pharmaceutique.

Ce qu’il y a de fâcheux en la circonstance ce n’est pas tant que la grippe sans vaccination fasse probablement plus de victimes que prévu (quoique ?) mais bien plus que le pays ne croit plus ce qu’on lui raconte.

Les Français seraient-ils entrainés par le monde politique et les médias dans une spirale de dépit voire vers une sorte de déprime généralisée devant le dérisoire et l’anecdotique qui nourrit les manchettes des journaux et les commentaires des journalistes et du coup jetteraient-ils le bébé de l’information avec l’eau de la rumeur, du scandale, de l’inutile déballage des turpitudes de certains dirigeants ?

Le mur de Berlin est tombé il y a vingt ans en présence ou non de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé, et il y a maintenant prés d’un siècle que les canons se sont tus après avoir sacrifié à l’imbécile orgueil des nations des millions de jeunes. Belle formule dans la bouche de Nicolas Sarkozy saluant le "refus de confondre l'amour de son pays avec la haine de l'autre",  mais il faudrait aussi plus prosaïquement que nos dirigeants, et le premier d’entre eux en tête, apprennent à refuser l’insolent déballage du cynisme et nous convainquent qu’ils ont été élus pour défendre le bien commun, la res publica qui se passerait bien de cette burqa dont on veut l’affubler.


Patrice Leterrier

12 novembre 2009

 

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 18:56


A

 l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin tombé le 9 Novembre 1989, Jacques Attali dans sa tribune sur slate.fr se lance dans une réflexion sur la signification des murs de toutes sortes que construisent les hommes à travers les âges pour se protéger de dangers réels ou imaginaires.

Dans sa chronique il appelle à témoigner le mur de Berlin mais aussi Jéricho, Troie, la Bastille, la muraille de Chine.

Il y a aussi les ghettos, hydres immondes, qui engendrent aujourd’hui par une effroyable ironie de l’histoire le mur construit par les israéliens pour enfermer les palestiniens, faisant des enfants de victimes des geôliers voire des bourreaux.

Jacques Attali évoque aussi des murs virtuels comme les mur nord/sud, est/ouest, riches/pauvres, sédentaires/nomades…

On pourrait évoquer le mur réputé infranchissable de la ligne Maginot, inutile et coûteuse manifestation de la schizophrénie militaire française dans l'entre deux guerres.

Certes nous ne voudrions pas abattre ceux des prisons et de nos maisons puisqu’ils nous protègent.

Mais que de murs à travers l’histoire n’ont eu pour fonction, sous cet alibi de protection, que d’exclure, de nous séparer de l’autre, l’ennemi ou simplement le différent, celui qui ne nous ressemble pas, qui ne vit pas comme nous ou du moins qui n’est pas conforme à l’image que nous avons de nous, nous les bons français par exemple qui ont gagné le droit à ce titre de gloire par le sang et la sueur de nos ancêtres qui pour beaucoup d’entre nous n’étaient pas forcément français…

Les murs, qu’ils soient en pierre ou virtuels, ne sont-ils pas souvent que les stigmates d’une intolérance toujours aussi vivace dans l’esprit des hommes, d’une soif inassouvie de sécurité, d’une pulsion tribale renvoyant aux origines de l’espèce où le monde extérieure n’était que danger et violence ?

Il y a aussi le mur du silence, celui qui enveloppe les victimes de viols et de maltraitance, celui qui voudrait cacher la malnutrition d’un tiers de l’humanité, les maladies ou même, dans beaucoup trop de pays encore, l’homosexualité.

Comment ne pas penser également, en pleine agitation médiatique sur l’identité nationale, au mur que l’on nous propose d’ériger pour définir l'appartenance ou non à une communauté nationale. Un mur qui ne peut servir qu'à en exclure certains, un mur qui peut vite devenir celui de la honte et de l'exclusion.

Mais que dire encore d'autres murs comme ceux que certains cherchent à dresser pour retarder les conséquences inévitables de la révolution technologique.

Citons par exemple la loi sur l'Hadopi, la réticence des éditeurs face à l’arrivée de liseuses électroniques ou encore l’entêtement des quotidiens à ne pas prendre en compte le nouveau modèle économique de l’information libre, immédiate et gratuite sur internet.

Ces soubresauts semblent bien dérisoires alors que nous sommes probablement à la veille d’une nouvelle ère culturelle : celle de l'accès massif et presque gratuit à la littérature, la musique, l’audiovisuel et d’une manière plus large à l’information.

Mais je me tais car ne dit-on pas que les murs ont des oreilles............


Patrice Leterrier

4 Novembre 2009

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 12:57

F

rancis Pisani l’affirme sur son blog transnets. Je ne saurais dire quelle est la fiabilité de ces chiffres mais il est certain que quelques pistes pourraient en partie expliquer cette tendance :

° La montée en puissance des "pure players" comme Médiapart, Slate, lePost, Rue89 et d'autres qui accueillent des journalistes et des auteurs de talents beaucoup plus libres de leurs propos ;

Ils truffent leurs articles de liens, y compris multimédias, alors que la plupart des journaux traditionnels se contentent de répliquer des articles papiers quand ils ne reprennent pas mot pour mot les dépêches de l’AFP ;

Pour exemple de cette richesse, l’extraordinaire reportage de Médiapart sur la torture aux Etats-Unis ;

° le modèle économique payant qui a de plus en plus de mal à s’imposer face à la pléthore de sites gratuits avec des articles de fond au moins aussi passionnants que ceux qu’on peut trouver dans les quotidiens ou les hebdomadaires traditionnels et d’ailleurs souvent un peu trop traditionalistes et enfermés dans une ligne politique.

° l'accès direct à l'information sur les portails des opérateurs et par les dépêches brutes des agences comme l’AFP ;

° la possibilité d’avoir à travers les titres mais aussi les blogs une pluralité de points de vue sans précèdent ;

°la serendipité aiguillonnée par la multitude des liens qui pousse à plus de vagabondage, moins d'habitudes et de fidélité dans la consultation.

J’ajouterai en ce qui me concerne que la "peoplelisation" du monde politique à laquelle se livrent avec surenchère les quotidiens m’exaspère au plus au point.

Je suis atterré de voir les gloussements hystériques de certains journalistes parce que notre président a de la constance dans ses propos et qu’il répète mot pour mot ses arguments.

On avait plutôt l’habitude de s’indigner de voir les politiques changer d’avis selon le vent de l’opinion censée représentée par les sondages…

N’est-ce pas une preuve d’une déviance qui consiste à s’occuper de l’apparence au lieu de débattre du fond ?

Au total cette baisse hypothétique d’audience n’est-elle pas la marque d’un changement radical d'attitude des internautes par rapport aux lecteurs des quotidiens ?

L’information brute n'est plus automatiquement crédible parce qu'écrite par un journaliste mais c’est plus la faute du journaliste que du lecteur.

Elle est immédiate, souvent truffée de bruits incontrôlés et largement mutimédiatisée.

Dès lors le journaliste doit à la fois être un filtre sans défaillance pour démêler le vrai du faux, l’info de l’intox, le fait de la rumeur et il doit aussi apporter un plus, une mise en perspective, des références qui, lorsqu’elles sont produites avec sérieux, réclament le temps de la réflexion, un délai qui tue le mythe du scoop à délivrer immédiatement(*).

C’est une véritable révolution urgente à faire par les journalistes sur le sens et la pratique de leur métier.

Ce nouveau paradigme informationnel ne touche pas seulement le média utilisé mais bien la philosophie même, le rapport intime du citoyen avec l’information et avec la culture.

Si les journalistes et surtout les industriels de la presse restent figés sans comprendre, s’ils supplient les pouvoirs publiques pour obtenir des barrières, s’ils s’arqueboutent, comme les mineurs qui voyaient sans espoir disparaître leurs métiers séculaires dans les années 60, ils risquent de subir plus que de participer à ce formidable changement que nous vivons et de disparaître comme les chauffeurs de fiacres à l’apparition des taxis.

Qu’ils prennent garde de ne pas se conduire comme les éditeurs de musique responsables des stupidités hadopiennes, d’ailleurs largement inefficaces avec la montée en puissance du streaming, ou encore comme semblent s’apprêter à le faire les éditeurs face à la révolution à venir des "liseuses", "bouquineurs" ou toute traduction acceptable des Kindles, Sony readers et autres qui ne sont que les précurseurs encore bien timides d’une révolution peut-être aussi considérable que l’invention de l’imprimerie par Gutenberg. 




Patrice Leterrier

2 Novembre 2009

(*) Voir le projet de code de déontologie proposé par Bruno Frappat dans la continuité des états généraux de la presse.

 

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