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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 21:50

rechauffe


L

es "climatosceptiques" se déchainent. Certains se délectent de l’échec des négociations de Copenhague.

Comme il serait rassurant que le problème soit celui d’une polémique entre des intégristes verts, tenants de la décroissance vertueuse et ascétique, et des adeptes inconditionnels du "toujours plus" brandissant leurs monstrueux 4X4 comme la gourmette, l’étendard de leurs égoïsmes revendiqués.

Hélas la première victime de l’échec des négociations de COP15, c'est la TERRE, non pas la troisième planète du système solaire qui en a vu d'autres, mais celle que Michel Serres appelle la "Biogée", la TERRE des HOMMES si fragile qui a permis l'éclosion de la vie.

Dans notre prétendue vertu nouvellement acquise et clamée par nos hommes politiques pour limiter nos émissions de GES, nous ne devons pas oublier, lorsque nous faisons hypocritement les gros yeux aux chinois et autres indiens, qu'une bonne partie du CO2 que nous leur reprochons de rejeter massivement dans l'atmosphère sont des GES que nous avons en quelque sorte exportés puisqu'ils servent à fabriquer des objets que nous achetons à bas prix.

Notre vertu revendiquée n’est en fait qu’une apparence dans la spirale consommatrice que nous vivons comme le moyen de notre bien être à défaut de notre bonheur…

La révolution industrielle avait l'ambition de libérer l'homme de la servitude alors qu’on nous demande aujourd’hui de travailler plus pour produire plus parce que nous sommes enfermés dans une logique schizophrène.

Nous clamons en axiome que la croissance est le seul moyen pour créer des emplois et réduire les inégalités et on ne sait pas produire de la croissance sans consommer plus d’énergie et donc aujourd’hui sans augmenter les émissions de gaz à effet de serre alors qu’il faudrait les diviser par 4.

Si nous voulons réellement une décroissance des émissions de gaz à effet de serre, c'est-à-dire ne pas faire payer au centuple le prix de nos égoïsmes aux générations futures, il faudrait mener une réflexion de fond sur le sens de la croissance, sur quel type de société nous voulons.

Cela ne signifie pas forcément moins d’emplois bien au contraire si on investie massivement dans la recherche et les technologies nouvelles et notamment dans la maîtrise du soleil au lieu de se jeter à corps perdu dans la quête d’imiter le soleil sur terre avec le projet Iter aux résultats encore hypothétiques voire improbables.

Il était naturellement illusoire de penser qu’un barnum, une grande messe comme la conférence de Copenhague pouvait être le lancement d’une telle réflexion au niveau mondial, d’un changement de comportements mettant les relations humaines au second plan pour s’occuper du futur de notre environnement.

La déception ne doit pas nous faire renoncer à changer le paradigme énergétique basé sur les énergies fossiles ni d’attendre en priant, de la maîtrise de l’atome, le salut alors que le soleil est là et qu’il nous fournit toute l’énergie dont nous avons besoin pour peu que l’on se mette sérieusement à investir sur les moyens de la capter.

Il faut bien sûr aussi que les ayatollahs de tout bord cessent de transformer ce combat pour le futur de l’humanité en un marché au service de leurs gloires personnelles. Il faut aussi que le hiatus entre des savants qui défendent la Biogée mais ne sont pas élus et des élus qui ont d’abord comme préoccupation de défendre les intérêts, forcément à court terme des électeurs, soit résolu.

Il n’y a au fond pas de débat plus moderne ni plus passionnant que de préparer sereinement et avec enthousiasme l’avenir des générations futures en réconciliant la connaissance et le politique.

Il n’est peut-être pas trop tard mais c’est l’affaire de tous car la première source de négacO2 c’est les économies d’énergies que chacun peut faire.

Comme disait le sage chinois Lao Tseu "un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas".


Patrice Leterrier

21 décembre 2009

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:16

copenhague 2009


U

ne fois de plus l’ONU, le "machin" comme l’appelait Charles de Gaulle, a montré au monde consterné ses pitoyables limites.

Incapable de faire régner la paix dans le monde, d’empêcher le génocide rwandais, l’aventure irakienne, le désastre au proche Orient, cette organisation, née à la fin de la deuxième guerre, a montré à Copenhague sa faiblesse et en l’occurrence son incapacité à faire régner la paix et la justice écologique sur la planète.

Les chinois ne voulaient pas que l’on puisse vérifier ce qu’ils font chez eux.

Barak Obama semble de plus en plus coincé entre les puissants lobbies américains et son opinion publique très sceptique sur les conséquences du réchauffement et surtout sur l’origine anthropique du phénomène.

Mais il y avait eu toutes ces déclarations de bonnes intentions, ce petit jeu du "plus écolo que moi tu meurs", cette réunion unique de 130 chefs d’états et un espoir fou que les grands de ce monde puissent se montrer aussi empressés pour la planète qu’ils l’avaient été quand il s’agissait de sauver le système financier à la dérive.

Hélas ce qui était encore il y a quelques jours un espoir se traduit par une bouillie diplomatique insipide concoctée à la dernière minute, derrière des portes closes, en contradiction avec les règles multilatérales des Nations Unies, par les Etats-Unis, la Chine, l'Inde et l'Afrique du Sud rejoint par le Brésil et l'Europe en désespoir de cause. Ils sont certes les principaux émetteurs de gaz à effet de serre (Ges).

Ce texte de trois pages est un engagement sans contrainte de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport au niveau préindustriel. Les pays les plus industrialisés se sont par ailleurs engagés à verser une aide d'un montant total de 30 milliards de dollars d'ici à 2012 aux pays les plus vulnérables au réchauffement climatique.

Dont acte mais on connaît la portée de ce genre de document comme par exemple les engagements du millénaire sur l’éradication de la faim dans le monde.

Le délégué du petit archipel de Tuvalu, dans le Pacifique sud, directement menacé par la montée des eaux liée au réchauffement de la planète parle d’"une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir".

Les Maldives crient leur désespoir devant la perspective d’être rayées de la carte.

Le soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, qui préside le G77 (130 pays en développement), parle "du pire accord sur le développement et le changement climatique de l'histoire" et met en doute que l’Inde et la Chine membre du G77 aient signé ce texte.

Cuba fustige Barak Obama, qui se conduit selon eux comme "le chef d’un empire" et qui part en douce après avoir annoncé un accord qui n’existe pas.

Après une nuit de confusion où le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, épuisé, a donné la parole à des délégués furieux dénonçant cet accord conclu dans leur dos, la conférence a "pris note" ce matin de l'Accord de Copenhague, adopté la veille par 28 pays industrialisés et émergents. Un terme juridiquement et politiquement moins engageant qu'une adoption formelle par consensus.

Quant à notre délégation, qui s’était voulue en pointe pour imposer un nouvel ordre écologique au monde, elle repart sans avoir réussi ni à imposer les contrôles indispensables, ni la réduction de 30% d’émission de Ges pour l’UE en 2020, ni la taxation des transactions financières après des annonces confuses et contradictoires.

Mais au fond doit-on vraiment s’étonner que ces dirigeants soient aussi égoïstes que leurs électeurs et qu’ils ne se sentent pas plus solidaires des générations futures qu’ils ne le sont dans les faits des pays pauvres écrasés par la marchandisation de l’agriculture ?

Une fois de plus le paiement de la dette écologiste est reporté à plus tard. Elle coûtera infiniment plus cher à supposer qu’elle puisse être honorée.


Patrice Leterrier

19 décembre 2009

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 12:42

lunettes


S

erez-vous vraiment étonnés que j’évite soigneusement de tremper ma plume électronique dans l’encre de la banalité pour ajouter un nième commentaire dans la forêt de débilités que nous avons à subir concernant les ennuis de santé de Johnny Halliday ?

Je vous laisse consulter à votre guise un florilège des "johnniaiseries" que nous offre le site rue89.

Laissons aux avocats le soin de démêler ce sac de nœud aux conséquences financières considérables.

A la vérité j’avais d’abord imaginé vous réjouir en vous apprenant que la seule évocation du chocolat pouvait déclencher dans le cerveau des réactions en chaine via une hormone conduisant à une augmentation de la glycémie dans le sang. Penser au chocolat suffirait donc à dynamiser notre énergie.

Mais la lecture des titres de Wired Sciences  m’a détourné de mon projet initial.

Le premier est assez inquiétant dans le fond puisqu’il nous apprend que la zone d’exclusion de Tchernobyl reste beaucoup plus radioactive, plus de 23 ans après la catastrophe, que ne le prévoyait les calculs des experts.

Intéressante mais un peu effrayante remise en cause des certitudes toujours affichées avec un aplomb indestructible par les défenseurs du nucléaire qui à force de banaliser les risques et conséquences finissent par alimenter la besace des antinucléaires.

Le second vient probablement compléter le précédent puisqu’il nous apprend que la cellule de scientifiques mise à la disposition des journalistes qui couvrent le sommet de Copenhague pour répondre à leurs questions est pratiquement au chômage.

Ils ne sont pourtant pas moins de 650 à avoir répondu à l’appel de l’AGU pour aider les journalistes à comprendre et à expliquer les enjeux des accords qui seront peut-être entérinés à l’issue du sommet.

Nous sommes pourtant un certain nombre à penser que ces futures possibles décisions ne sont pas sans importance.

On peut imaginer que cette désaffection fasse suite à ce qu’on a un peu rapidement appelé la climat gate et qui sème apparemment toujours le trouble dans les esprits sur les dangers soulevés par les scientifiques.

Y aurait-il un vrai hiatus entre le commun des mortels et le monde scientifique qui ferait douter sans justification de leurs affirmations ?

On voit bien avec :

° Les enjeux de ce sommet de la terre,

° la pandémie de grippe A(H1N1)2009,

° les controverses enflammées sur les vertus et les dangers du nucléaire,

° les conséquences pourtant soigneusement démontrées sur le réchauffement des
   émissions de suies dans l’atmosphère

° les dégradations de la flore et de la faune marine constatées en mer du Nord
  et en méditerranée

     ° et bien d’autres exemples tous aussi réjouissants les uns que les autres,

que nous sommes saoulés de nouvelles alarmantes.

Cette overdose a comme conséquence, dans une sorte de reflexe de sauvegarde, une espèce d’indifférence voire d’incrédulité.

A moins que l’explication vienne tout simplement de l’augmentation de la myopie que l’on constate aux États-Unis ?

Alors que dans les années 70 on recensait 25% de myopes dans la population, ce taux est passé à 40% de nos jours soit 66% d’augmentation.

Parmi les explications possibles il y aurait l’apparition des jeux vidéo et l’augmentation du temps passé à la lecture de prés.

Il y aurait aussi le fait que les enfants passent moins de temps au grand air donc stimulent moins leurs yeux à voir plus loin à la lumière du jour.

D’après Jane Gwiazda, psychologue à l'Ecole d'optométrie de la Nouvelle-Angleterre à Boston, la lumière naturelle pourrait aussi stimuler la production de dopamine, qui est connu pour inhiber la croissance de l'œil, et de vitamines D supplémentaires pour lutter contre le soleil, ce qui pourrait contribuer à la régulation de la croissance des yeux.

A force de regarder de plus en plus prés, à se concentrer sur des avatars virtuels se disputant la suprématie de planètes imaginaires, à ne plus regarder avec des yeux ébahis les beautés de la nature nous deviendrions physiquement myopes comme nous le sommes hélas déjà quand il s’agit de préserver la planète ou de notre santé.


Patrice Leterrier

16 décembre 2009

 

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 08:35

strait of gibraltar

Détroit de Gibraltar

 

 


C

‘est à Johannesburg en Afrique du Sud, que Kaiane Aldorino, 22 ans, chargée des ressources humaines dans un hôpital public à Gibraltar, a été élue miss Monde sous les regards admiratifs de prés d’un milliard de téléspectateurs.

Le coq, qui sommeille en nous, se consolera en sachant que miss France et miss Martinique se sont retrouvées en finale.

C’est dans cette ville que Jacques Chirac avait lancé le 2 Septembre 2002 devant l'assemblée plénière du Sommet Mondial du Développement Durable son fameux "notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l'admettre".

L’homme n’a pas fait grand-chose lorsqu’il était aux affaires pour inverser la tendance mais son message est d’une brûlante actualité alors que Copenhague réunit le monde entier sur le sujet.

Gibraltar, de l'arabe Jabal Tariq, "le mont de Tariq" en mémoire de Tariq ibn Ziyad, le conquérant omeyyade de l’Espagne, fût l’ultime refuge des derniers hommes de Neandertal il y a 28 000 ans avant qu’ils ne disparaissent à jamais.

L’enquête entreprise par les anthropologues pour percer ce mystère est loin d’être close même si le climat, la concurrence avec les hommes modernes et les différences physiologiques constituent des causes possibles.

On sait par contre maintenant grâce l’analyse de son génome que sa lignée s’est écartée de celle d’homo sapiens il y a plus de 40 000 ans et qu’un métissage avec homo sapiens est peu vraisemblable.

Les scientifiques nous apprennent aujourd’hui que la méditerranée n’était qu’un gigantesque lac salé il y a entre 5 et 6 millions d’années. D’après Daniel Garcia-Castellanos du Consejo Superior d’Investigaciones Científicas à Barcelone, elle aurait pu rester un désert si un gigantesque torrent venant de l’atlantique à travers le détroit de Gibraltar, au rythme inimaginable de 100 millions de mètres cubes par seconde à la vitesse de 100 Km/h (mille fois le débit de l’Amazone), ne l’avait remplie en moins de deux ans abaissant ainsi le niveau des océans de prés de 10 mètres.

Cette méditerranée serait aussi le laboratoire inquiétant de l’avenir des océans si le réchauffement climatique continue ses ravages selon Pierre Chevaldonné, chercheur du CNRS au Centre d'Océanologie de Marseille.

Il publie dans Trends in Ecology & Evolution, avec Christophe Lejeusne et d’autres collègues français, un article repris par Wired Science sur les impacts de l’action de l’homme et du réchauffement climatique sur la faune et la flore marine en méditerranée.

La méditerranée, qui était restée insensible aux coups de boutoirs de l’homme depuis qu’Aristote pouvait se mirer dedans, a subi de profondes modifications au cours du dernier demi-siècle.

On a assisté à la quasi disparition des requins et des thons et à celle d’écosystèmes coralliens riches et diversifiés remplacés par des sols arides couverts d’algues et envahis de méduses dans le nord de la méditerranée c'est-à-dire en bordure de nos côtes.

Les chercheurs, avec les précautions d’usage, émettent l’hypothèse que ces dégradations pourraient préluder ce qui pourrait arriver dans d’autres mers ou océans si le réchauffement climatique se poursuivait.

On en a d’ailleurs une autre illustration en mer du nord où l’écosystème riche en poissons plats a reculé de plus de 700 miles au nord à la suite de son réchauffement de l’ordre de 1°C pour laisser la place à un monde dominé par des méduses.

Miss Gibraltar est une belle brune aux longues jambes et au sourire éclatant. Le rocher minuscule dont elle est la représentante, où les singes de Barbarie ont remplacé depuis longtemps les néandertaliens, est peut-être la porte d’un futur bien sombre pour nos océans.


Patrice Leterrier

 

12 décembre 2009

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 15:01

Terre en fumée 2


L

’affaire, que l’on appelle "climat gate", a démarré à quelques semaines de l’ouverture du sommet de Copenhague avec le vol par de mystérieux hackers d’un millier de courriels échangés par des scientifiques du Climate Research Unit.

Au centre, Phil Jones directeur du CRU, Professeur de la "School of Environmental Science" a l'université de l'East Anglica est actuellement démissionnaire de son poste pour permettre à une commission indépendante de faire toute la clarté sur cette affaire.

Certains, qui comme moi ont déjà largement dépassé le demi-siècle, se souviennent peut-être des prédictions apocalyptiques du Club de Rome en 1972 avec le fameux rapport  "The Limits of Growth" (Les limites de la croissance) commandé au célébrissime Massachusetts Institute of Technology.

Peut-être aussi partagent-ils ma circonspection devant la surenchère médiatique à laquelle se livrent les Al gore, Yann Arthus-Bertrand et autre Nicolas Hulot pour nous prédire des catastrophes écologiques planétaires ?

Les scientifiques qui étudient la terre et en particulier le climat ont une responsabilité énorme de nos jours. Il ne s’agit plus en effet pour eux d’étudier tranquillement l’évolution du climat, des espèces, des océans, des forêts et autres sujets donnant naissance à de volumineux rapports lus par un petit cénacle d’avertis. Il ne s’agit plus non plus de débattre avec passion et conviction de différents scénarios pour le futur en toute tranquillité dans le secret de leurs laboratoires.

Ils doivent maintenant nous alerter des dangers potentiels que court notre planète dans les décennies à venir avec le désir forcément de convaincre et donc de simplifier leurs arguments. Mais dans le même temps ils ont le devoir absolu de rester dans l’objectivité scientifique et donc de ne pas masquer les incertitudes de leurs prévisions. Mission impossible diront certains !

Deux géophysiciens  Erle Ellis de l'Université du Maryland, Baltimore et  Peter Haff, de l'Université Duke, s’inspirant d’une proposition du prix Nobel  de Physique Sir Joseph Roblat, suggèrent dans un article paru dans Eos, de faire signer à tout scientifique étudiant la terre, quelle que soit sa spécialité, une sorte de serment d’Hippocrate(*) pour s’engager à ne pas nuire à son patient… la terre !

La proposition qui est particulièrement pertinente en ce moment ne ferait pas taire les sceptiques mais elle aurait le mérite de recadrer le débat sur l’essentiel.

Concernant la planète le principe de précaution semble trouver une légitimité absolue car, même si les prédictions ne sont pas des certitudes, elles sont trop lourdes de conséquence pour qu’on les néglige.

Au passage il est aussi important de noter depuis l’apparition du rapport du GIEC, les derniers études semblent plutôt plus alarmistes en ce qui concerne le réchauffement climatique.

Ceux qui mettent en cause la responsabilité de l’homme et le rôle des émissions de gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique prennent une lourde responsabilité face aux générations futures.

La chose pourrait être risible si elle n’était pas reprise par certains chefs d’états et si on ne pouvait écarter qu’elle participe au fait que les américains soient, selon les sondages, de plus en plus nombreux à douter que les activités humaines soient responsables du réchauffement climatique.

Comme le souligne, dans une interview dans Wired Sciences,  Kari Norgaard Professeur de sociologie au Withman College, nous avons tendance à moins prêter attention aux risques pour lesquels il n’y a pas de solution évidente. En ce sens et paradoxalement, les discours alarmistes de certains en quête d’audience sont les meilleurs alliés des supporters du climat gate.  


Patrice Leterrier

8 décembre 2009

 

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(*) Les scientifiques qui signeraient ce serment s’engagerait à :

· Dénoncer toute intervention qui pourrait nuire à l'humanité, la biosphère, l'atmosphère ou d'autres systèmes de la terre dont dépend notre bien-être.

· Proclamer sans ambigüité que la compréhension scientifique de la planète est limitée et qu’en conséquence toute perturbation de l’équilibre de la Terre est par nature risquée.

· Décrire, au mieux de sa connaissance et  de celle de sa discipline, les risques spécifiques encourus par toute altération intentionnelle d'un système terrestre, y compris les risques pour les humains, d'autres organismes, et les systèmes qui permettent la vie sur Terre.

· Veiller à ce que tous les conseils que je donne, le soient pour le bénéfice de l'humanité, exempte de distorsion intentionnelle ou préjugés personnels et à n’entreprendre aucune action dont le résultat pourrait perturber l’équilibre fragile de la terre malmenée par l’homme.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 18:15

A

lors que nos dirigeants discutent de la meilleure façon de faire décroître les émissions de gaz à effet de serre pour éviter de transformer la terre en bouilloire, le débat fait rage entre les écologistes intégristes qui  prônent la décroissance comme seule solution à la sauvegarde de notre planète et les écologistes nouvellement convertis que l’on trouvent dans la classe politique traditionnelle, qu’elle soit de droite ou de gauche, et qui placent la croissance économique comme le moyen indispensable du progrès à la raison invoquée que seule la croissance permet de combattre le chômage.

Ils se privent ainsi, par dogmatisme, de toute réflexion sur le partage du travail en renvoyant avec soulagement des wagons de seniors de plus en plus jeunes à la culture des rosiers et en ne sachant pas que faire d’une jeunesse que l’on a jamais si mal accueillie dans la vie active.

Ce qu’il y a de fondamentalement nouveau c’est qu’au fond tout le monde semble s’entendre sur la nécessité d’une  refonte profonde des moyens qu’ils s’appellent les transports, l’énergie, l’urbanisme et bien d’autres. 

Il n’y a rien de plus démocratique et politique comme débat que celui qui concerne la dynamique de ces rééquilibrages, les priorités et l’ampleur des efforts à réaliser.

Et plutôt que de parler de croissance ou de décroissance ne doit-on pas simplement concevoir que ce grand rééquilibrage, par exemple des sources énergétiques, joue en réalité le rôle d’une sorte de vase communicant entre des sources en décroissance et d'autres forcément en croissance et subséquemment  d’en analyser le bilan en terme économique et en terme d’emploi pour planifier un équilibre acceptable?

Bien difficile d’ailleurs de prévoir si le résultat global se traduira à un instant donné par une croissance ou une décroissance en terme économique et au fond cela n’est pas le véritable enjeu.

Il faudra bien investir lourdement c'est-à-dire mobiliser des capitaux et créer massivement des emplois pour développer les nouvelles technologies et les nouvelles filières industrielles propres auxquelles nous devront bien nous rallier tôt ou tard ?

Il faudra bien aussi, comme au temps de la lente agonie des activités minières en France, accompagner les destructions d’emplois que ces changements ne manqueront pas d’entraîner.

Pourquoi placer idéologiquement l’objectif croissance ou décroissance au centre du débat comme une sorte de punition ou de récompense ?

Ne devrait-on pas plutôt se focaliser sur des objectifs purement politiques c'est-à-dire par exemple quel environnement pour les citoyens respectant notre environnement, quel partage plus juste du travail pour assurer la dignité des citoyens en ne faisant plus du droit au travail un dogme mais une réalité, quel effort de solidarité avec le tiers et le quart monde, et bien d’autres défis qui frappent à la porte de notre société comme par exemple celui du financement de la santé et des retraites…

Il ne s’agirait plus dès lors de rechercher croissance ou décroissance comme un objectif ultime mais plus d’appréhender ce résultat comme un indicateur comme un autre dans un objectif plus vaste d’une politique de rééquilibrage, un indicateur qui doit d’ailleurs s’inscrire dans une dynamique, et non comme un dogme à respecter coute que coute?


 Patrice Leterrier

8 décembre 2009

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 22:27

 


V

oilà donc ce sommet attendu, espéré par les uns, craint par d’autres, laissant à la fois indifférents et désespérés un sixièmede l’humanité noir et exclus du grand partage des richesses de ce bas monde.

Un sommet dans l’une des capitales les plus froides du monde pour écouter le chant des sirènes des bonnes intentions affichées ?

Ou alors un tournant dans la conscience collective que nous ne pouvons plus pousser la dette écologique devant nous comme nous poussons sans vergogne celle de nos finances exsangues pour sauver la citadelle bancaire assiégée par les spéculateurs sans scrupule ?   

A moins qu’il ne s’agisse une fois de plus d’une de ces occasions manquées, manquée par manque de courage, comme celle qui valut après Munich l’horrible déflagration de la seconde guerre mondiale ?

Comme pour ce drame ineffaçable de l’humanité nous avons eu droit ces derniers temps aux insinuations perfides de négationnistes qui déclarent l’homme innocent de ce crime contre la terre que nous sommes collectivement en train de perpétrer.

Comme souvent chacun pointe du doigt l’autre, d’aucuns la Chine, qui ne fait que copier avec retard nos excès, d’autres les états unis qui semblent pourtant vouloir enfin sortir timidement de leur autisme écologique.

Et l’Afrique pleure qu’elle n’a rien à donner alors que l’Afrique est sûrement un gisement d’énergie propre inépuisable et probablement une clé dans les voies de l’émergence d’un autre développement que le glouton gaspillage que nous perpétrons depuis plus d’un siècle.

Comme de coutume il y aura les grandes déclarations, après les compromis de circonstance, pour nous expliquer qu’on ne pouvait pas faire plus et que c’est déjà beau d’avoir perdu tout ce temps pour la planète alors que nous avons encore l’Irak et l’Afghanistan sur les bras et que les dirigeants iraniens continuent de se foutre avec un cynisme effroyable du reste du monde et d’étouffer leur jeunesse.

Mais comment refuser l’évidence. Tout ceci cache en vérité une effrayante partie de poker menteur engagée contre le patrimoine de la terre.

Chacun attend de l’autre, avec un petit milliard de bonnes raisons, l’effort vertueux qui rendra son économie encore moins compétitive pour en tirer des profits à court terme sur le dos des générations futures.

Comment comprendre autrement que dans cette recherche de fric les insinuations sournoises des négationnistes du réchauffement qui servent avec trop de zèle les tenants du statuquo de profits faciles accumulés grâce aux fumées bien polluantes de leurs usines vétustes.

Chaud devant ? La marmite bout et nous bavassons pour savoir si deux degrés suffiront pour que les carottes ne soient pas trop cuites.

Chaud devant ? Peu importe puisqu’il s’agit de nos descendants qui trouveront bien une solution que diable !

Chaud devant ? Que sont-ce ces dirigeants qui ne songent qu’à leur prochaine réélection au lieu de nous dessiner un avenir respectueux de notre terre.


Patrice Leterrier

7 décembre 2009

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 13:03


J

e continue à penser que ce débat sur l’identité est une manœuvre politicienne qui échappe aux apprentis sorciers qui ont voulu le lancer.

Dans la pluie d’exégèses peinturlurées de références historiques et philosophiques, de commentaires drapés d’indignation, de propos fielleux grimés de relents racistes, de trompettes assourdissantes aux accents Maurassiens et Déroulèdiens, d’interventions de tous bord y compris en abondance de ceux qui refuse le débat, de toutes ces postures plus ou moins de circonstance, de l’embarras aussi chez ceux qui ont allumé cet incendie, le plus significatif n’est-il pas au fond ce qu’il y a de sous-jacent dans ce déferlement incroyable ?

Tout cela donne l’impression qu’une pustule purulente et cachée qui empoissonnait lentement notre pays est en train d’éclater au nez et à la barbe des instigateurs du pseudo-débat voulu pour miner le fond de commerce de l’extrême droite.

Bien sûr tous les amalgames se dévoilent, chacun y va de son parti-pris, la voie étant ouverte les rancœurs accumulées contre l’autre, forcément responsable des difficultés vécues, sortent sans retenue.

Chacun, comme dans les animaux malades de la peste, voit aussi les milles raisons qu’on aurait d’exclure l’autre en se pressant de revendiquer la bonne raison qui lui permet de clamer son innocence dans ce crime de lèse identité.

Alors s’invite à ce débat tous les hochets des intolérances : la burqa, le voile, les minarets, pourquoi pas Charles Martel et je ne sais encore quels poncifs éculés que l’on pensait réservés aux grotesques diatribes de l’extrême droite destinées à entretenir leur détestable terreau électoral basé sur la haine et la peur de l’autre.

N’est-il pas pitoyable au pays de Voltaire et Rousseau (tiens moi aussi j’appelle à témoigner des poncifs ?) d’entendre dans la bouche du premier ministre de la République qu’il ne faut pas confondre l’intégrisme avec l’Islam sans s’esclaffer devant le ridicule de la porte ouverte enfoncée !

Il aurait dû dire pour respecter la laïcité de sa charge que l’intégrisme n’est pas à confondre avec le religieux. Les musulmans n’ont pas le monopole de l’intégrisme. Le négationnisme par exemple s’exprime sans vergogne dans l’église catholique et au nom du judaïsme, certains extrémistes sionistes construisent aujourd’hui des murs de la honte.

Décidément nous assistons en direct à une sorte de psychanalyse de la société française où les non-dits même les plus inavouables se sentent des ailes dans le vent de xénophobie soulevé sous le prétexte de débat sur le moi collectif de la société française.

Paradoxe étonnant de la période que nous vivons où les français semblent enfin se prendre de compassion pour la terre que nous maltraitons sans vergogne, où tout ce qui est bon pour la planète recueille les faveurs de nos concitoyens alors que dans le même temps nous renvoyons quelques afghans sans papier dans l’enfer qu’ils avaient voulu fuir et où l’on somme d’autres de bien vouloir montrer pate bleu banche rouge avant de pouvoir prétendre à appartenir à la communauté française dont on se demande toujours ce qu’elle pourrait être puisqu’on nous explique surtout ce qu’elle n’est pas.

Nous étions moins exigeant pour intégrer dans la mère patrie les populations de nos colonies lorsqu’il fallait faire la guerre, ni même pour accueillir ces travailleurs immigrés lorsqu’il fallait durant les trente glorieuses construire les 4 Chevaux et autres Dauphines symboles de la libération des classes laborieuses.

Puisse la pustule une fois crevée ne pas contaminer nos concitoyens fragilisés par la crise et entraîner une septicémie comme celle qui conduisit à l’avènement du nazisme et du fascisme.


Patrice Leterrier

6 décembre 2009

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 13:47

 

 


U

n intéressant article paru dans Courrier International prend un contrepied surprenant avec le consensus d’indignations que provoque le vote suisse sur l’interdiction de la construction de nouveaux minarets.

L’auteur Roger Köppel, éditeur et rédacteur en chef de l’hebdomadaire de Zurich Die Weltwoche déclare que ce vote est une preuve de démocratie et qu’il n’y a pas lieu de jeter l’anathème sur l’opinion ainsi exprimée par nos amis suisses qui marquent selon lui ainsi leur profond scepticisme "face à l’islam, et en particulier face à la volonté d’intégration d’une minorité musulmane qui s’accroît rapidement". Il ajoute que les Suisses, fières de leur tradition laïque, se montrent "aussi sensibles, voire critiques, quand ils s’estiment confrontés à un courant religieux qui, à la différence des chrétiens, continue de clamer sa vocation à dominer le monde d’ici-bas".

  On peut évidemment s’indigner de tels propos qui, sous une apparence sournoisement mesurée, rejoignent les pires thèses défendues par les tenants de la pureté religieuse et ethnique de la civilisation européenne. On notera évidemment que l’auteur est un supporter de Christoph Blocher, un homme politique suisse souvent comparé à notre Jean-Marie Le Pen.

On peut aussi voir dans ce surprenant article, qui interroge voire brutalise notre conscience, la mise en exergue du fossé grandissant entre les élites, qu’elles soient politique, journalistique, intellectuelle ou religieuse, et l’opinion qu’elle s’exprime à travers ce type de votation, à travers les sondages ou même à travers les urnes.

L’auteur insiste en particulier sur le caractère hautement technocratique des instances européennes, thème largement repris par l’extrême droite française et les souverainistes et qui rencontre un certain écho chez nos concitoyens.

Au-delà de quelques minarets, qui ne menacent, somme toute, ni l’équilibre des harmonieux paysages helvètes ni celui de la laïcité de la confédération, le problème ainsi soulevé est celui de la démission ou plus exactement de l’incapacité de nos élites à faire partager à leurs concitoyens les valeurs de tolérance et d’ouverture qui font la grandeur de nos démocraties.

Il y a aussi, malgré tout, dans ce contrepied suisse un utile rappel à l’ordre sur le respect que nous devons à l’expression démocratique.

Le rôle des élites est de convaincre, d’éclairer, d’expliquer avec persévérance et humilité et non pas d’imposer leurs convictions.

La difficulté, qui est un peu illustrée dans ce vote surprenant, c’est qu’il est de plus en plus difficile de se faire une opinion, de tendre vers un semblant d’objectivité devant la complexité de notre environnement et des enjeux auxquels nous avons à faire face.

En l’occurrence le vote suisse illustre la difficile balance à faire entre le respect des traditions et des valeurs et le développement de l’islam et de sa culture dans notre pays de tradition judéo-chrétienne où tous les écoliers ont appris que Charles Martel avait vaincu les armées omeyyades en octobre 732 à Poitiers stoppant ainsi l’invasion musulmane.

Ce n’est sûrement pas par un pseudo-débat sur l’identité nationale trop vite caricaturé en invoquant les burqas ou maintenant les minarets que nous pourrons progresser vers un monde ouvert et tolérant dont le concept se heurte à la peur de l’autre.

Ce n’est pas non plus par le mépris que nous lèverons le malaise entretenu par de sournois et dangereux manipulateurs qui profitent du discrédit de la classe politique "peopolisée" à outrance.

Tout cela rappelle les mauvais souvenirs de l’entre deux guerres comme par exemple l’affaire Stavisky.

On a vu avec la pandémie de grippe A(H1N1)2009 qu’il a fallu brandir, presque jusqu’à la caricature, le spectre du désastre sanitaire pour que la campagne de vaccination finisse par mobiliser nos compatriotes qui montraient ainsi une fois de plus leur profonde défiance envers les politiques, les journalistes et les experts qui affichent trop souvent un profond mépris du bon peuple incapable de comprendre la hauteur de leur pensée.

Le vote de nos amis helvètes est un sérieux avertissement sur les dangers de cette démission collective des élites.

On n’éclaire pas beaucoup le débat en s’indignant à l’excès du vote suisse. Il est probablement plus utile de débattre sur le fond et sans à priori des enjeux soulevés par ce reflexe de repli.


 

Patrice Leterrier

3 décembre 2009

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 16:56


P

eut-être certains d’entre vous se souviennent des travaux d’une équipe américaine sur la propagation du sentiment de bonheur dans des réseaux sociaux dont je vous avais parlé le 9 décembre 2008.

La même équipe avait aussi trouvé un caractère contagieux à l’obésité et au tabagisme.

Le psychologue John Cacioppo, de l'université de Chicago, en équipe avec Nicolas Christakis et James H. Fowler auteurs de ces études, a publié dans le "Journal of Personality and Social Psychology" une communication surprenante qui tend à démontrer que la solitude serait aussi contagieuse.

L’étude financée par les fonds fédéraux de l'Institut national du vieillissement a duré dix ans. Les chercheurs ont interrogé 4793 personnes tous les deux ans entre 1991 et 2001. Ils ont mesuré l’évolution du sentiment de solitude avec un test utilisé pour diagnostiquer la dépression.

L’idée que la solitude soit contagieuse comme un rhume ou la grippe apparaît à priori comme un paradoxe puisqu’on ne voit pas comment un ermite, évitant tout contact avec ses proches, pourrait transmettre son appétence à l’isolement à ses prochains qui sont en l’occurrence lointains.

Mais la solitude dans nos sociétés modernes est en général le résultat d’un lent processus de dégradation des relations sociales qui commence par la perte de confiance envers les autres et la mise en place d’attitudes et de discours de méfiance.

C’est pendant cette période d’incubation que le futur solitaire transmet, comme un virus, son sentiment négatif à son entourage avant de s’isoler à la périphérie des réseaux sociaux.

La solitude se propagerait plus facilement chez les femmes (dont on sait qu’elles sont en général plus empathiques que les hommes) et moins dans l’entourage familial qu’auprès d’amis proches et même de voisins.

En fait le sentiment de solitude ne veut pas dire que les relations sociales n’existent plus mais plutôt qu’elles sont de moins en moins satisfaisantes.

Le solitaire ressent d’abord son environnement comme hostile et finit par faire de ce sentiment une prophétie auto-réalisatrice en développant des comportements auto-protecteurs qui le pousse à s’isoler d’un monde hostile.

Bien sûr l’étude ne fait pas l’unanimité dans le monde scientifique. En particulier Jason M. Fletcher de l'Université de Yale, souligne des failles méthodologiques dans l’étude et notamment le fait que l’on ne peut écarter les facteurs d’environnement ou la tendance naturelle de gens semblables à se lier d’amitiés.

Lui et un de ses collègues avaient d’ailleurs montré, en utilisant les données provenant d'une enquête fédérale, que, selon la méthodologie utilisée, l'acné, les maux de tête et même la taille pourraient sembler se propager par les réseaux sociaux.

Cependant malgré ces critiques cette étude souligne l’importance des réseaux sociaux sur la santé physique et mentale des personnes.

Stanley Wasserman, qui étudie les réseaux sociaux à l’université de l’Indiana a déclaré "pendant des années, les médecins et les chercheurs concevaient les patients comme des êtres isolés, nous savons maintenant que l’entourage peut avoir un impact énorme sur leur bien-être".

On sait aussi que la solitude aggrave le risque d’apparition de démence et de la maladie d’Alzheimer chez les personnes âgées.

Ces résultats soulignent, si c’était nécessaire, l’importance des facteurs environnementaux dans le traitement de ces pathologies.

Après tout les plantes, qui n’ont pourtant pas une organisation mentale aussi sophistiquée que les humains, semblent aussi adapter leur comportement à la présence de congénères de leur espèce alors pourquoi être surpris que les humains soient aussi sensibles à l’état mental de leurs proches ?


Patrice Leterrier

2 décembre 2009

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