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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 18:47

création de l'homme

lettrine-oyez, oyez braves gens, la nouvelle est d’importance ! Que les grenouilles de bénitiers, les intégristes en tout genre, les sectaires de tout bord détournent les yeux car les propos qui suivent ne mériteraient que leurs anathèmes dont je n’ai d’ailleurs que faire.

Selon Nicholas Epley Professeur à l’université de Chicago, nous devons renverser la proposition biblique selon laquelle Dieu a créé l’homme à son image.

L’analyse de l'activité cérébrale des personnes interrogées sur la question des lois célestes est sans ambigüité : le fait de penser à Dieu active des zones du cerveau connues pour sous-tendre la "pensée autoréférentielle" (celle dont l’objet est la pensée elle-même). Les croyants passeraient donc leur temps à créer chaque jour Dieu à leur image.

On savait déjà que les représentations de Dieu, dans l’iconographie chrétienne en particulier, dévoilaient une tendance naturelle de la pensée religieuse à l’anthropomorphisme mais les religions sont peu ou prou basées sur le dogme qui veut que la volonté de Dieu soit révélée à l’homme et qu’elle doive être "faite sur la terre comme au ciel".

Elle s’impose aux croyants qui doivent s’en tenir pour leurs conduites à suivre l’enseignement des saintes écritures.

Mais pour s’en tenir à ses commandements divins, ne convient-il d’abord de les faire siens ?

Et pour y arriver ne faut-il pas parfois se livrer à de savantes exégèses qui ne sont rien d’autres que la mise en concordance de ses propres convictions avec les textes sacrés ?

Les plus attachés à la tradition religieuse ne manqueront pas de faire remarquer que c’est justement le but de la catéchèse que de nous éclairer sur le sens profond des écritures.

L’activité cérébrale relevée par l’auteur de l’étude ne démontrerait-elle pas simplement à quel point l’idée de Dieu se confond avec celle de la pensée humaine puisque l’homme est la création de Dieu ?

Sommes-nous pas tout simplement devant l’eternel problème de l’œuf et de la poule ?

Mais ce que laisse à penser les résultats de Nicholas Epley et de son équipe, c’est que l’idée de Dieu se construit en mettant les commandements divins en accord avec nos propres convictions et non l’inverse.

On pourra objecter aussi que nos convictions sont le résultat de notre éducation, des contraintes environnementales, des lois sociales en vigueur, des traditions, etc. et que tout ça contribue largement à forger les valeurs de référence en général et donc l’image de Dieu pour les croyants.

Certes mais tout de même c’est autre chose que de dire "nom de Dieu" ou "Dieu soit loué" en pensant qu’il s’agit d’abord de s’invoquer soi-même…

Voltaire écrivait "On prétend que Dieu a fait l'homme à son image, mais l'homme le lui a bien rendu" et au fond il avait tout dit bien avant même que les neurosciences s’en mêlent sur ce problème.


Patrice Leterrier

11 février 2010

 

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 21:02
Cyberguerre

S

late.fr publie un article de Titiou Lecoq intitulé :"Hadopi, Loppsi, Acta qui veut tuer l’internet ?"(1)

La "Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet" s’inscrit dans une logique de protection des droits d’auteur sur Internet et l’"Accord Commercial Anti-Contrefaçon" vise d’une manière plus générale la protection de la propriété industrielle.

Les moyens envisagés par l’Hadopire seront probablement rapidement contournés par les as du net laissant comme victimes les petits délinquants désarmés…

On peut aussi s’interroger sur les sanctions envisagées par l’ACTA dans une opacité inquiétante et du fait que les négociations n'incluent ni la Chine, ni la Russie, ni l'Inde ni même le Brésil, ce qui limite tout de même beaucoup sa portée.

La "loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure" (Loppsi 2) vise dans son volet internet un but, forcément consensuel, de sanctionner l’usurpation d’identité et de permettre ainsi une répression de la pédopornographie en obligeant les FAI (fournisseurs d’accès Internet) à interdire l’accès aux sites fournissant des contenus illicites dont la liste serait publiée par le ministère de l’intérieur.

La commission des lois a déjà adopté à l'unanimité un amendement du député Lionel Tardy pour imposer le recours à un juge pour tout blocage de site pour respecter la séparation du pouvoir juridique et de l’exécutif sur laquelle la loi HADOPI 1 avait déjà été censurée par le conseil constitutionnel.

On peut s’interroger sur toutes les dérives d’un filtrage pouvant entraîner des blocages intempestifs et donc une atteinte à la liberté d’expression.

En somme avec ces eczémas répressifs les pouvoirs publics cherchent de plus en plus de moyens de contraindre les opérateurs à jouer un rôle de gendarme devant l’incapacité des états d’attraper des délinquants de plus en plus insaisissables.

En même temps on remarquera la pression mise pour dénoncer les risques de cyberguerre, pire qu'un tsunami selon Hamadoun I. Touré, secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications, s’exprimant dans ces termes à Davos. Il plaide pour la signature d’un accord international qui “ressemblerait à un traité de paix avant une guerre”. Il s’agirait, pour les pays signataires, de s’engager à protéger ses citoyens de ces attaques ; ne pas abriter ou protéger de cyberterroristes sur son territoire et ne pas lancer d'attaque sur un autre pays.

Le problème soulevé en particulier par Francis Pisani sur son blog Transnet c’est qu’il n’y a pas de cybernation identifiable comme agresseur mais une sorte "société civile translocale" dont on peut se demander comment ni même pourquoi et au nom de quoi des états pourraient envisager de la contrôler ?

La cyberguerre n’est peut-être qu’un concept démagogique pour affoler les populations La cybercamisole est en tout cas une réalité. Il n’y a qu’à voir l’usage qu’en font l’Iran et la Chine pour museler la liberté d’expression. Les outils technologiques de contrôle d’Internet mis en œuvre avec l’aide sans état d’âme de sociétés comme Siemens ou Nokia par l’Iran sont dignes des pires méthodes de la Gestapo.


Patrice Leterrier

9 février 2010

 

(1) Bien sûr vous connaissez par cœur la signification de ses acronymes sinon vous pouvez aussi cliquez sur les liens pour vous rafraîchir la mémoire…

 

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 14:06

duel

 

 


S

elon David Spergel de l’université de Princeton et Charles Bennett de l’université de  Johns Hopkins à Baltimore, l’univers serait plus jeune de 20 millions d’années que ce que les scientifiques estimaient jusqu’à présent.

Il y aurait en effet 13,75 milliards d’années (à 110 millions d’années près) que l’univers serait né selon la théorie du big-bang.

C’est en tout cas la conclusion de l’analyse des images du satellite WMAP (Wilkinson Microwave Anisotropy Probe). Ce satellite américain a été lancé le 30 juin 2001 avec comme objectif de mesurer le rayonnement fossile de l’univers en regardant le ciel dans des directions opposées avec deux ensembles optiques pratiquement identiques.

L’univers, il y a donc près de 14 milliards d’année, est passé en un temps inconcevable de 10-33(1) d’une taille infinitésimale subatomique à celle d’un ballon de football pour atteindre l’immense cosmos actuel d’une densité minuscule de quelques atomes par m3 et d’un froid (-271°C) à décourager les plus téméraires.

Et dans cet immense, incommensurable monde quelques planètes comme la notre ont par le passé ou auront dans le futur réuni les conditions de l’émergence de la vie sous une forme ou sous une autre.

Il est plus qu’improbable que nous n’ayons jamais la preuve de l’existence d’autres êtres vivants et nous devrons donc nous contenter de conjectures sur ce sujet.

Conjectures qui ne sont possibles que grâce à l’existence d’une particularité singulière de l’homme, dont l’ancêtre Toumaï est apparu il y a seulement 7 millions d’années au Tchad, que l’on appelle la conscience. Il s’agit de la conscience transitive, la conscience de quelque chose dont parle avec tant de talent Stanislas Dehaene dans son cours du collège de France et non pas de l’état de conscience que l’on oppose au sommeil et qui est une forme d’attention, un état général du cerveau.

La conscience suppose un traitement des informations reçus de l’environnement par notre cerveau et donc un délai lorsque cette conscience nous conduit à l’action, un temps de réaction par rapport à l’acte reflexe.

Dans les westerns, le méchant dégaine consciemment pour atteindre son adversaire alors que le bon dégaine par reflexe déclenché par l’attaque attendue de la brute ou du truand selon la dénomination chère à Sergio Léone.

Alors le fait que c’est le bon qui riposte qui tue le méchant dans les westerns serait-il dû à cette différence ou au talent du tireur qui comme Lucky Lucke dégaine plus vite que son ombre ?

Andrew Welchman de l’université de Birmingham en Angleterre a repris l’idée déjà développé par le prix Nobel Niels Bohr qui avait testé dans des duels fictifs la réalité des fictions présentées dans les westerns. Il a mesuré expérimentalement un délai de l’ordre de 21 millisecondes entre celui qui décide et celui qui réagit à la décision de l’autre.

Ces 21 millisecondes sont suffisantes pour éviter de se faire écraser par un bus surgissant à l’improviste mais ne saurait vous sauver en cas de duel puisqu’il faut environ 200 millisecondes à notre cerveau pour répondre à ce que fait notre adversaire.

Il faut donc se faire à l’idée que la survie dans les duels du Farwest est le résultat du talent du tireur. En quelque sorte l’honneur est sauf comme le héros puisque le meilleur gagne.


Patrice Leterrier

5 février 2010

 

(1) dix milliardième de milliardième de milliardième de milliardième de seconde

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 12:48

confucius2


L

e 26 janvier 2010, le Docteur Keiji Fukuda, conseiller spécial auprès du directeur général de l’OMS, déclarait au cours d’une audition du Conseil de l'Europe: "En avril 2009, l’OMS a été informée de la survenue de cas humains d’infections dus à un nouveau virus A(H1N1)."

Le 11 juin 2009, le docteur Margareth Chan, Directeur général de l’OMS, déclarait dans un communiqué : "les critères scientifiques définissant une pandémie de grippe sont remplis. J’ai donc décidé d’élever le niveau d’alerte à la pandémie de grippe de la phase 5 à la phase 6."

Les critères scientifiques avaient été actualisés en Avril 2009 pour prendre en compte une phase postpandémique et l’éventualité d’une nouvelle vague et pour permettre le déclanchement de l’alerte de niveau 5 ou 6 sur la base de la vitesse de propagation et pas seulement sur la base de la létalité du virus.

Ce dernier point est mis en avant par les détracteurs de l’OMS pour affirmer qu’il a été modifié pour autoriser aux laboratoires à se lancer dans une fabrication massive de vaccin.

Aujourd’hui la pandémie de grippe A(H1N1)2009 semble derrière nous même si une seconde vague n’est pas complètement à écarter.

Selon l’OMS la pandémie a fait au moins 14 000 morts dans le monde, ce qui est bien sûr très faible par rapport au  50 millions de décès provoqués par la grippe espagnole en 1918, aux 2 millions de morts de la grippe asiatique en 1957 et même au 1 million causé par la grippe de Hong Kong en 1968.

Certains pourraient saluer ce résultat en félicitant l’OMS et les gouvernements d’avoir su maîtriser cette pandémie.

D’autres ne manqueront pas bien sûr de contester les moyens mis en œuvre.

Mais la polémique enfle aujourd’hui pour dénoncer la collusion entre les experts et l’industrie pharmaceutique qui apparaît comme la grande bénéficiaire de l’alerte lancée par l’OMS.

Au cœur de ce débat passionné, il y a l’hypocrite question de l’indépendance des experts mise en cause sans soulever bien sûr son corolaire, pourtant inévitable, du financement de la recherche par l’industrie pharmaceutique privée.

Doit-on croire Keiji Fukuda lorsqu’il déclare devant le conseil de l’Europe "la politique et les mesures recommandées et prises par l’OMS n’ont pas été indument influencées par l’industrie pharmaceutique" alors que les enjeux financiers se chiffrent en milliards de dollars ?

Doit-on croire le professeur Bruno Lina du CHU de Lyon, expert auprès du ministère de la Santé pour le risque pandémique, qui déclare "lorsque je donne un conseil à la ministre de la Santé en matière de stratégie de vaccination contre la pandémie, je garde toute mon indépendance." alors qu’il reconnaît des "collaborations avec les laboratoires Roche, Sanofi, GSK, et BioMérieux" ?

Ces liens indispensables entre les experts et les industriels font-ils des experts des valets à la botte des cartels pharmaceutiques ?

Que se soit sur ce dossier de la grippe ou sur celui, tout aussi contesté par certains, du réchauffement climatique ou encore dans de douloureuses affaires judiciaires, on constate, avec un étonnement un peu naïf, que les experts ne sont pas infaillibles, qu’ils peuvent élever au rang de certitude des hypothèses ou encore annoncer des catastrophes qui ne se produisent pas.

Mais une fois de plus il y a une dérive dans l’exercice de la démocratie comme dans le régime judiciaire en ce qui concerne le rôle des experts.

Quel que soit le crédit que l’on puisse accorder ou pas aux experts, la décision concernant le plan de lutte contre une pandémie est une décision politique au sens noble du terme c'est-à-dire une décision visant à faire le meilleur usage possible des fonds publics.

Il n’est ni choquant ni injurieux que ce plan fasse l’objet d’une analyse critique et que l’on tire tous les enseignements du fiasco du plan français.

Ce sujet est délicat et mon propos n’est pas de me lancer dans une plaidoirie ou une polémique sur le sujet mais plutôt d’ouvrir un débat avec vous.


Patrice Leterrier

2 février 2010

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 13:56

 

haiti 

   

                  La terre s’est agitée de soubresauts terribles

           Elle rejetait ses miasmes en violentes secousses

           Et les œuvres de l’homme, fragiles, inconsistantes

           Se trouvaient délabrées et entrainaient la mort

 

           La mort qui frappe aveugle le peuple haïtien

           La mort qui nous rappelle le destin si fragile

           La mort que l’on lit même dans les yeux des vivants

           La mort dont le murmure couvrait votre chagrin

 

           Et toi pauvre orpheline au regard égaré

           Pourquoi ne pleures-tu pas accablée par le sort

           Pourquoi ce regard noir profond et sans rancœur

           Pourquoi cette demande presqu’en t’excusant

 

           Prés de toi agité, paré de son savoir,

           Un médecin bavard se noie dans ses paroles

           Pour masquer à lui-même son immense impuissance

           Pour remplir le silence de votre désespoir

 

           Et la terre qui rappelle que son œuvre est en cours

           Que d’autres tremblements, d’autres effrois sont possibles

           Que rien n’est vraiment sûr quand le sol se dérobe

           Qu’aucune certitude ne peut combler le vide

 

           Et le peuple haïtien sublime dans l’épreuve

           En ayant tout perdu voudrait se relever

           Nu de toute apparence, digne dans l’indigence

           Fier de son histoire, construite dans la souffrance

 

           Haïti terre lointaine témoin de l’infamie

           Qui conduisit des hommes à l’état de servage

           Haïti qui brava avec tant de fierté

           Les armées de la France jusqu’à la délivrance

 

           Haïti revivra parce qu’elle est Haïti

           Et les flots de dollars ne pourront rien sur l’âme

           D’un peuple fier et digne qui ne demandait rien

           Et que le sort injuste a frappé en aveugle


           Patrice Leterrier

           31 janvier 2010

 

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 11:43

Ipad 1


N

ous avons eu enfin droit, après de folles rumeurs soigneusement entretenues, à l’annonce tant attendue par la presse de l’Ipad d’Apple.

La mise en scène de Steve Jobs était impressionnante de simplicité et d’efficacité.

Le fondateur d’Apple, en jeans et col roulé noir trop large, rappelant indirectement la terrible lutte qu’il mène depuis maintenant six années contre la maladie et qui force le respect, découvrant nonchalamment l’appareil pour le montrer à son public, conquis d’avance, était un chef d’œuvre d’intelligence marketing.

On aurait d’ailleurs tendance à plutôt dire l’Ipad de Steve job tant le charisme et l’empreinte de ce talent hors du commun est forte sur le renouveau incroyable de cette marque.

Dans une chronique intitulée l’Ipad ou l’hypermédia, Jacques Attali souligne qu’il n’ya aucune innovation technologique majeure dans cet Ipod de la taille d’un cahier d’écolier.

Ceci reste tout de même à voir au niveau du logiciel de ce produit à l’ergonomie époustouflante mais il est vrai que comme dans le cas de l’Iphone ou de l’Ipad, la firme de Cupertino fondée il y a 34 ans – exactement le 1 Avril (ça ne s’invente pas..) 1976 - par Steve Wozniak, Steve Jobs et Ron Wayne s’illustre plus par un talent marketing et un art consommé de l’assemblage de technologies venues d’ailleurs que par des innovations marquant une rupture avec l’existant.

Il n’y a qu’à regarder le tout nouveau Système 7 de Microsoft pour s’apercevoir à quel point Apple fait la course en tête en matière d’ergonomie.

C’est probablement sur ce terrain que se jouera l’avenir des tablettes comme l’Ipad et d’autres qui suivront probablement.

On se rappelle que Microsoft avait déjà essayé d’imposer sans succès sa PC-Tablet en 2001 et certains se souviendront de l’étonnante démonstration de l’Expansive Tablet faite par Bill Gates en personne en 2007.

Dans la liste de ceux qui n'ont rien innové mais tout simplement inventé des objets qui ont révolutionné notre environnement on peut rajouter le peintre Samuel Morse qui n'a inventé ni le télégraphe précédé par le français Claude Chappe, dont le principal apport était l’organisation d’un réseau terrestre de transport d’informations, ni le télégraphe électrique qui doit beaucoup plus aux travaux de savants comme André Marie Ampère, ni même d’ailleurs l’alphabet qui porte son nom dû à Alfred Lewis Veil.

Le génie de Samuel Morse fût de concevoir un appareil simple à fabriquer et surtout de convaincre le congrès américain de financer la première ligne télégraphique entre Washington et Baltimore distant de 60 Km.

Plus récemment comment ne pas se souvenir de l’histoire du premier PC commercialisé par IBM et dont le système d’exploitation fut confié en 1981 à un jeune bricoleur nommé Bill Gates qui s’empressa d’acquérir les droits d'exploitation de 86-DOS à la société Seattle Computer Product (SCP) et de refuser le paiement cash d’IBM pour demander des royalties sur les ventes. Il s’agissait pour les grands stratèges d’IBM de ne pas déranger, ne serait-ce que quelques heures, les ingénieurs de Poughkeepsie en charge des systèmes d’exploitation des énormes calculateurs historiques de la firme. Ces ingénieurs de talent étaient probablement parmi les meilleurs experts au monde dans ce domaine. On connaît la suite….

L’histoire nous dira si l’Ipad, dont le nom est déjà raillé sur twitter en Itampon ( Pad signifie tampon féminin), marque une virage radical dans la diffusion des imédias qui suivront ou le premier flop d’Apple depuis le retour de son mythique fondateur.


Patrice Leterrier

28 janvier 2010

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 19:50

avatar 2


C

a y est ! Avatar, avec 1,859 milliard de dollars de recettes dans le monde selon les studios Century Fox, a battu le record jusqu’alors détenu par Titanic, ce qui fait de James Cameron le champion toutes catégories des films à succès.

Les sociologues se pencheront sans doute pendant des décennies sur les raisons du triomphe d’un film, certes plein d’innovations technologiques et d’effets spéciaux époustouflants, mais qui raconte somme toute une histoire assez lénifiante de platitude sur l’eternel thème des bons et des méchants.

Mais le classement du hit parade des films est plus significatif encore que ce succès annoncé à l’avance par un matraquage jamais vu dans l’histoire du cinéma.

En effet aux dix premières places, à l’exception notable de Titanic, on trouve 3 épisodes d’Harry Potter, 2 du Seigneur des anneaux, 2 de Pirates des caraïbes et 1 de Batman.

C’est donc définitivement la fiction irréaliste, fantastique, violente parfois révoltante qui triomphe. On y voie des méchants qui sont d’horribles crapules, des héros modèles de courage et de détermination, des créatures gluantes et répugnantes envahissant l’espace, des êtres humains doués de pouvoirs surnaturels.

Les sociologues auront sans doute des explications plus ou moins documentées de cette attirance pour des mondes imaginaires et des êtres d’exception aussi bien dans le bien que dans le mal.

Les psychologues ne manqueront pas non plus d’exégèses sur ce sujet comme par exemple Boris Cyrulnik qui voie dans Harry Potter l’illustration de cette résilience qu’il a rendu si célèbre.

Les morts vivants des Pirates des caraïbes renvoient à l’imaginaire effrayant du monde des ténèbres vaudou, héritage transporté dans les cales des navires négriers par les esclaves africains de l'ancien royaume du Dahomey.

Les capacités extraordinaires d’un Batman au service de la justice ne sont-elles pas là que pour mieux mettre en exergue la cruauté sanguinaire de ses ennemis ?

Tous ces films ont aussi en commun d’être les héritiers des contes de fées de notre enfance avec l’avantage fantastique d’ajouter la représentation réaliste dans la forme aux récits surréalistes et toujours effrayants.

Nous n’avions lorsque nous lisions les récits des contes que quelques gravures aussi noires que l’âme des êtres qu’elles représentaient pour laisser courir notre imagination et nourrir nos terreurs délicieuses.

Doit-on pour autant y voir un progrès dans la construction des défenses de nos bambins ? Probablement en tout cas une évolution définitive dans la relation entre l’imaginaire et le réel, la fiction et la vraie vie.


Patrice Leterrier

27 janvier 2010

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 19:40

Jacquerie meaux


L

e président du FN, décidément en manque d’inspiration, a déclaré à ses militants réunis à Toulon : "Savez-vous que le prénom du petit-fils de Sarkozy est Solal, ce qui ne relève pas d'une franche assimilation de sa famille à la société française".

Solal, prénom hébreu qui veut dire "celui qui se fraie un chemin", c’est celui du héros du diptyque Belle du Seigneur d’Albert Cohen, un des auteurs préférés du grand père Nicolas Sarkozy, racontant l’histoire d'un jeune et brillant juif de Céphalonie.

D’après le site signification-prenom.com les Solal seraient "des conquérants, des séducteurs que la difficulté stimulerait et pour qui une chose impossible serait de facto désirée" et de plus ils ne seraient guère tolérants. Y aurait-il un certain atavisme dans la famille Sarkozy ?

Mais faut-il que la besace politique d'un Jean-Marie soit à ce point vidée par le siphonage organisé par Ubu Besson pour qu'il se préoccupât du prénom du fils du fils de... !!

Jacques Attali avec un talent certain et un certain humour ironise sur l’étymologie de Jean-Marie pour y rebondir par une rafraîchissante chronique sur le thème de la diversité.

Jean vient de Yohànan, Marie de Myriam sœur de Moïse, Mathieu de Mattatyahu "don de Dieu", tous d’origine hébreu. On doit Pierre au Grec petros, Alain à un prénom iranien Alani, Charles à Karl et Gerard à Gerhard, tous deux très germaniques…

La litanie des origines des prénoms bien français ne laisse aucun doute sur la diversité de leurs origines.

Mais comment, sur ce thème étymologique, résister à la tentation de s’intéresser un peu plus à celui du célèbre ex-conseiller du président François Mitterrand ?

Jacques vient de l’hébreu יעקב ya’aqob, "que Dieu favorise" et se dit يعقوب  en arabe.

Jacob, deuxième fils d'Isaac et de Rebecca né en 2206 av. J-C, c'est celui qui acheta à son frère Esaü son droit d'ainesse pour un plat de lentilles.

C’est aussi celui qui fuyant la colère de son frère fit le songe d’une échelle qui allait de la terre au ciel, celui qui lutta toute une nuit contre l’ange qui le surnomma Israël, celui qui a lutté avec Dieu 

Jacques, l’apôtre, fils de Zébédée et frère de Saint jean l'Évangéliste, né à Bethzaide était lui un humble pêcheur.

Jacques (Jacobus en latin) a donné  Diego, Giacomo, Giacomino, Jack, James, Jemmy, Jakez en breton...

Bref (sans Pépin de pep petit..) un vrai prénom cosmopolite comme bien d’autres prénoms considérés comme bien français. Mais ni Jean ni Marie seraient-ils même accolés ne peuvent être revendiqués comme une caution d’identité franco-français et encore moins autoriser celui qui porte ce prénom à cracher des propos répugnants…..

Pour en revenir à notre maître jacques, on ne saurait évoquer ce prénom sans parler des Jacqueries, dont la plus célèbre est celle de 1358 qui intervint deux ans après la lamentable et couteuse défaite de jean Le Bon contre les anglais à Poitiers malgré les encouragements de son plus jeune fils, Philippe le Hardi, qui lui criait pendant le combat : «Père, gardez-vous à droite, père, gardez-vous à gauche !».

Ces jacqueries étaient en quelque sorte des émeutes de la faim, les mêmes révoltes de paysans, des travailleurs de l’époque contre la noblesse et la royauté qui conduisirent à la révolution française quelques 4 siècles plus tard.

Aujourd’hui il n’y a plus beaucoup de nobles à dépouiller mais les puissants ont beau faire la comédie de la compassion, des surenchères d’empathie apparente, des concours indignes de flagornerie démagogique, le bon peuple est bel et bien l’oublié de la crise…

Prenez garde aux Jacqueries modernes, Mesdames et Messieurs qui nous gouvernent car l’injustice et la désespérance finissent toujours par pousser les hommes à la révolte.


Patrice Leterrier

26 janvier 2010

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 22:18

boussole


J

acques Attali se lance sur son blog dans une audacieuse comparaison entre le tremblement de terre en Haïti et les crises économiques avec des arguments certes séduisants sur le caractère prévisible statistiquement et pourtant impossible à annoncer avec précision avant qu’il ne se produise.

Il reste que l’approche est tout de même quelque part un peu choquante quand on pense au prés de 110 000 morts dont on parle aujourd’hui….

Prévisible par la théorie de la tectonique des plaques d’Alfred Wegener les mouvements chaotiques et brutaux de l’écorce terrestre mais cependant totalement imprévisible la date et le lieu du prochain tremblement de terre ou de la prochaine éruption volcanique comme celle qui anéantit Saint Pierre en Martinique le jeudi de l’ascension 8 Mai 1902 faisant plus de 26 000 morts.

Prévisible les conséquences de l’accroissement des injustices, de la stupide marchandisation des ressources alimentaires, de la brutalité de l’incohérence financière mondiale, imprévisible la prochaine émeute de la faim.

Prévisible la propagation d’un nouveau virus dans un monde sans frontière, cosmopolite et interpénétré à outrance malgré les rêves inutiles de certains de repousser l’autre au delà des limites d’un état en errance d’identité, imprévisible les conséquences de la pandémie de grippe A(H1N1)2009 et le fiasco historique du plan pour la combattre.

Prévisible ou du moins probable la collision d’un météorite destructeur avec la terre, imprévisible, n’en déplaise aux astronomes russes, la date de cet événement.

A ce dernier sujet, d’après Wired Sciences, il sera impossible de réaliser l’objectif d’identifier d’ici 2020 les météorites possiblement dangereux pour la terre faute de budget pour construire les télescopes géants capables de scruter le ciel à la recherche de ces objets volants interstellaires aujourd’hui non identifiés.

D’ailleurs comment s’étonner de ces incertitudes quand on sait que le pole nord magnétique de la terre n’arrête pas de se rapprocher du… pôle nord géographique au rythme de 55 km par an.

Prévisible les résultats désastreux de l’augmentation des gaz à effet de serre sur l’acidité des océans, imprévisible les conséquences de cette acidité sur l’évolution de la flore et de la faune et sur la propagation du bruit dans le monde aquatique.

Prévisible la reprise de mon irrésistible envie de commettre mes inutiles commentaires sur un monde en sursis, imprévisible la date à laquelle je pouvais retrouver mes connexions sur internet.

Maintenant tant pis pour vous c’est fait ! Imprévisible pour combien de temps…


Patrice Leterrier

23 janvier 2010

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 15:08

connexions internet2


D

’après netcraft.com, il y aurait, à fin 2009, environ 240 millions de sites web dont 47 millions de nouveaux sites en 2009.

Le premier index de Google en 1998 comptait 26 millions de pages.

A la fin 2000, la barre du milliard de pages référencées avait été franchie.

En juin 2008, Google annonçait avoir atteint le chiffre astronomique de 1 000 milliards de pages référencées.

Ces chiffres sont corroborés par Tim Berners-Lee, l’inventeur du World Wide Web, et Nigel Shadbolt, professeur d’intelligence artificielle à l’université de Southampton, qui dans un article sur l’émergence de la science Web affirment qu’il y avait, à la fin de 2008, plus de 1 000 milliards de pages mises en ligne sur internet

Le cerveau humain comporte approximativement 100 milliards de neurones et ces neurones se connectent par des synapses à raison de 20 000 par neurone soit entre 1 et 100 millions de milliards de synapses dans un cerveau humain (1014 à 1016).

A la naissance le cerveau humain est quatre fois moins volumineux qu’à l’âge adulte.

Selon Jean-Pierre Bourgeois, Patricia S. Goldman-Rakic et Pasko Rakic la synaptogenèse du cortex visuel chez le singe rhésus se fait au rythme faramineux de 40 000 par seconde.

Les structures en réseaux sont dominantes dans l’univers de l’homme, que ce soit le cerveau humain, les réseaux familiaux, amicaux, professionnels, artistiques, les chaines alimentaires, les écosystèmes constitués de réseaux d’espèces animales et végétales, les entreprises étendues organisées autour de pôles multinationaux et d’une galaxie de petites ou moyennes entreprises, ou encore le modèle de propagation des épidémies.

Quand on s’intéresse à la topologie de ces réseaux, on s’aperçoit qu’ils partagent souvent des caractéristiques communes que les scientifiques appellent des réseaux invariants d’échelle.

La structure de ces réseaux s’organise autour d’un nombre restreint de super-nœuds possédant un nombre considérable de liaisons avec les autres nœuds du réseau.

La particularité de ce type de réseaux, dont on peut penser qu’il soit aussi un modèle pour les réseaux neuronaux, est qu’il présente une incroyable résistance aux défaillances accidentelles mais aussi une extraordinaire fragilité à des attaques ciblées visant les nœuds névralgiques du réseau.

Cette fragilité a d’ailleurs été probablement exploitée par les autorités chinoises contre Google, victime d’attaques massives ciblées contre les militants chinois des droits de l’homme.

Google a menacé de se retirer de Chine si les autorités n’assouplissaient pas leur politique de censure.

Le web était à son origine un outil de communication statique de mise en commun d’informations pour des scientifiques.

Aujourd’hui son mode de croissance présente de troublantes similitudes avec le développement du cerveau humain.

Même si les échelles de temps dans le développement des connexions ne sont pas encore dans un même ordre de grandeur, on retrouve des pages élémentaires, sorte de neurones d’information déjà souvent complexes, qui permettent aux internautes d’interagir (synapses) à travers des liaisons (axones) avec d’autres dans une incroyable dynamique exponentielle pour créer un nouvel état de connaissance qui ne se résume pas à la seule addition des pages mais bien en une combinatoire complexe s’appuyant sur des liaisons dont la profondeur peut être quasi infinie.

Cette explosion de l’information et de la connaissance disponible sur le net crée, de fait, une sorte de "métacerveau" dont chaque internaute est un contributeur actif.

La difficulté réside, entre autres, dans le fait que la multiplication des connexions possibles, le vertige de la navigation qu’elle soit ciblée ou une simple serenpidité, nous fait baigner dans un monde où le temps que nous avons disponible est ridiculement court eu égard à la quantité d’informations disponibles.

Mille milliards de pages sur la toile et moins de 3 milliards de secondes à vivre pour un être humain.    


Patrice Leterrier

16 janvier 2010

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