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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 12:12

xerusinaurus


S

aviez-vous que la femelle du lièvre qui porte le doux nom de hase peut être fécondée et concevoir de nouveaux levrauts alors qu’elle est en gestation ?

Les faits déjà rapportés par Aristote, dans son Histoire des animaux viennent d’être récemmentconfirmés par Kathleen Röllig et ses collègues de l'Institut Leibniz de recherche sur les animaux de zoo et sauvages, à Berlin.

On connaît l’usage intensif que font les bonobos de la sexualité pour maintenir l’équilibre et la paix sociale dans leur groupe.

Mais saviez-vous que les bonobos males qui ont le soutien des mères ont plus de chance de s'accoupler, même s'ils ne sont pas des mâles dominants ?

Toutes ces recherches me laissent pantois d’admiration devant la quête insatiable des chercheurs.

Néanmoins on peut se demander où va se nicher la curiosité scientifique lorsqu’on apprend le plus sérieusement du monde les mœurs de l’écureuil du Cap aussi appelé Xerus Inaurus.

Ce petit écureuil à la queue  particulièrement échevelée mesure 45 cm et pèse à peine 1 Kg. Il vit essentiellement dans le désert aride et semi-aride sablonneux du Kalahari, situé entre les bassins des fleuves Zambèze et Orange au nord de l’Afrique du sud  à la frontière avec le Botswana et la Namibie.

Jane M. Waterman du département de Biologie de l’Université d’Orlando en Floride s’est penché sur les pratiques masturbatoires de ce petit rongeur.

Les âmes bien pensantes qualifieront cette pratique honteuse de perversion, d’égarement bien réprimandable de l’homme sous l’influence du démon.

On a fait croire qu’elle rendait sourd à  une foule de petits écoliers en culottes courtes fréquentant les internats des écoles très catholiques, très apostoliques et très romaines de notre enfance.

Sigmund Freud pensait qu’elle jouait un rôle-clef dans le déclenchement des maladies névrotiques.

Michel Onfray - pourfendeur médiatique du père de la psychanalyse - nous révèle narquois et provocateur qu’il s’est adonné sans addiction à ces pratiques dans sa jeunesse.

Cela n’apporte à vrai dire par grand-chose au débat pas plus que son livre fleuve, déboulonnant l’idole Freud de son piédestal, ne contribue à clarifier le rôle de la psychanalyse dans notre société.

N’en déplaise à nos confesseurs d’antan en quête insistante et gourmande de nos péchés de chair, n’en déplaise aux sondeurs de l’inconscient, n’en déplaise aux provocateurs et iconoclastes en tout genre, la masturbation n’est, pas plus que le rire, le propre de l’homme. Elle est pratiquée "naturellement" par une foule de mammifères et de rongeurs.

La question qui turlupinait notre chercheur était de savoir s’il s’agissait pour ce charmant animal d’une pratique onaniste, d’une recherche d’amélioration de la qualité des spermatozoïdes, d’une nourriture  complémentaire puisque le petit animal pratique l’auto fellation, d’une façon de montrer à ses potentielles partenaires femelles sa fécondité ou d’impressionner ces compétiteurs dans la recherche d’une compagne à ses joyeux ébats.

L’étude approfondie menée pendant près de trois ans par le chercheur - transformé en voyeur pour de nobles raisons scientifiques - conclut qu’il n’en est rien et que ces pratiques ne s’expliquent vraiment bien que si on admet qu’elles ont d’abord comme objectif d’éviter d’attraper des maladies sexuellement transmissibles.

Une sorte de toilette intime un peu particulière…

Les conclusions du chercheur laissent entrevoir que cette pratique hygiénique serait aussi l’apanage des primates et probablement de nos ancêtres homo sapiens devenu pour l’occasion masturbatus


Patrice Leterrier

29 Septembre 2010

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 17:54

Teresa Llewis


P 

arce qu’elle avait un QI de 72 et non de 70, limite de la déficience mentale selon la justice américaine en deçà de laquelle la Cour suprême a interdit les exécutions, Teresa Lewis a été exécutée d'une injection mortelle à la prison de Greensville, à Jarratt dans l'Etat de Virginie aux États Unis.

Selon Larry Traylor, porte-parole des autorités pénitentiaires de l'Etat, le décès a été prononcé à 21 h 13.

Elle avait épousé Julian Matthew, son ainé de vingt ans, en 2000.

Elle ne se remettait pas vraiment de la mort récente de sa mère.

Teresa faisait dépression sur dépression et était incapable d’avoir un emploi stable.

La nuit du mercredi 30 Octobre 2002, Teresa avait laissé ouverte la porte arrière de la caravane où elle vivait avec Julian et son fils C.J, un ancien combattant âgé de 25 ans.

Son amant Matthew Shallenberger et son complice Rodney Fuller se sont introduits par cette porte pour tuer les deux hommes.

L’objectif sordide de ce double meurtre était d’empocher les 250.000 dollars de l'assurance vie de C.J.

A l’époque des faits Teresa Lewis était sous tranquillisants dont elle faisait une consommation ahurissante de plus de 600 pilules par mois.

Son amant, qui s’est suicidé en prison, avait clairement reconnu être l’instigateur du machiavélique plan.

Elle était "exactement ce que je recherchais, une salope qui s'était mariée pour l'argent à qui j'allais faire facilement tourner la tête"  disait-il en parlant de Teresa.

Malgré toutes ces évidences qui faisaient de Teresa la complice de ce crime, le juge qui prononça la sentence envoyant Matthew et Rodney en prison à vie, crût voir en Teresa "la tête du serpent", l’instigatrice du crime.

Bien sûr il ne s’agit pas de nier l’implication de Teresa dans ce sordide complot.

Mais comment ne pas être étonné que de nos jours, aux États Unis d’Amérique - si à cheval sur le respect des droits de l’homme en Iran et ailleurs dans le monde - on puisse encore condamner à mort une femme dont la santé mentale n’est manifestement pas évidente ?

C’est un peu comme si cette faiblesse la rendait moins apte à être jugée en rapport avec sa réelle responsabilité, ce qui n’est pas sans rappeler des discriminations dont on pensait le monde débarrassé…

Comment ne pas être abasourdi par l’effet terrible de 2 points sur une échelle dont on ne peut pas dire qu’elle soit de la même nature incontestable qu’une température ou une vitesse ?

A l’époque ou la précision des horloges atomiques permet aux scientifiques de vérifier les conséquences de la théorie de la relativité d’Einstein sur la "dilatation du temps", des juges font confiance à une échelle hautement sujette à caution pour décider s’ils peuvent ou non condamner à mort un être humain.

Ce serait grotesquement pitoyable si ce n’était tragique.

Teresa Lewis ne fera plus ces cauchemars qui hantaient ses nuits.

Ses dernières paroles ont été pour la belle-fille de Julian Matthew, Kathy Clifton : "Je veux juste que Kathy sache que je l'aime et que je suis vraiment désolée".


Patrice Leterrier

26 Septembre 2010

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 16:44

800px-Triple-star sunset

 

A

ujourd’hui la planète Jupiter passera au plus près de la terre depuis 47 ans soit 589 millions de kilomètres.

Depuis la nuit de temps les astronomes scrutent le ciel pour observer l’immensité de l’univers et plus les connaissances avancent plus notre terre apparaît comme un minuscule grain de sable dans une immensité incommensurable.

Mais avec la recherche spatiale, les fantastiques images produites par Hubble et les nouveaux programmes de la Nasa et de l’Agence Spatiale Européenne les découvertes se multiplient à une cadence jamais connue auparavant.

Le satellite Planck lancé par l’agence spatiale européenne en mai 2009 vient juste de nous livrer une carte complète du ciel ou l’on peut voir le rayonnement fossile issu du big bang.

La sonde Kepler lancé par la NASA le 6 Mars 2009, continue son voyage fantastique à la recherche de planètes semblables à la terre en scrutant un espace temps de 3000 années-lumière avec de nombreuses découvertes à son actif mais sans planète "terrienne" pour le moment.

Selon Samuel Abersman et Gregory Laughlin, au rythme actuel de découverte d’exo planètes (on en compte aujourd’hui 490), il y a 50% de chance de découvrir une planète de type terrienne d’ici Mai 2011.

Le calcul effectué par les chercheurs s’appuie sur la définition d’une proximité terrienne définie en particulier comme la possibilité d’avoir de l’eau en phase liquide c'est-à-dire une température autour de 300°K (environ 27°C).

Trop loin de leur soleil, elle serait glacée, trop près il ne pourrait y avoir que de la vapeur.

Trop légère elle ne retient pas son atmosphère, trop lourde elle devient une géante gazeuse comme Jupiter.

Cette prédiction sera peut-être prise en défaut mais il ne semble maintenant plus faire de doute qu’un jour ou l’autre grâce à la sonde Kepler ou à d’autres sondes qui ne manqueront pas d’être lancées pour scruter de fond en comble l’immensité de l’univers, les astronomes auront l’immense joie d’assister à cette découverte.

Le corollaire de ce type de découverte sera évidemment la possibilité qu’une forme de vie se soit ou se développe dans le futur sur ces "exoterres".

La distance qui se mesure en milliers d’années-lumière nous donne peu de chance de pouvoir un jour communiquer puisqu’il s’agirait de messages ou de visions remontant à des siècles mais il n’est pas impossible qu’un jour nous recevions et nous décodions un signal envoyé dans l’espace par des êtres plus ou moins développés que nous.

Peut-on rêver qu’alors nos techniques de décryptage soient aussi efficaces que celle de l’illustre Jean –François Champollion  et nous apprenions de ces putatifs "exohumains" comment faire pour vivre en paix et éradiquer enfin la famine qui fait encore tant de ravage sur notre terre.

On peut aussi ne pas attendre un tel événement hautement improbable et nous mettre simplement à respecter les objectifs du millénaire définis avec solennité par les dirigeants de 189 nations en 2000 et qui sont loin d’être atteints aujourd’hui.

Peut-être qu’alors les constatations faites par le facétieux psychologue polonais Piotr Szarota sur la fréquence du sourire en fonction de la localisation géopolitique n’auraient plus de sens puisque chacun pourrait alors constater en souriant que la misère et la pauvreté ne sont pas des fatalités.


Patrice Leterrier

21 Septembre 2010

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 16:34

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Q 

ue faire de plus que jongler entre une émission de télévision HD que l’on regarde vaguement tout en écoutant de la musique sur son ipod, en envoyant un email sur son iphone et en s’escrimant sur une vélo d’entrainement dans une salle de gym située dans le sous-sol bruyant et violemment éclairé d’une tour d’un Business Center ?

Ne croyez pas que je sois pris d’un délire imaginatif malsain, je me contente de rapporter une constatation faite par des journalistes du New York times.

Cette hyperactivité multitâche est parfaitement illustrée par l’image supposée être un modèle d’efficacité du trader jonglant entre multiples écrans et téléphones.

Elle semble être aussi une façon moderne de combattre l’ennui.

Il n’y a qu’à observer autour de soi dans la rue ou dans les transports en commun pour constater le nombre grandissant de personnes déconnectées de leur environnement les oreilles agressées en permanence par des torrents de décibels et pianotant nerveusement sur leur téléphone portable.

Pas un regard même furtif pour leur voisin de banquette ou pour le paysage qui nous réserve parfois des belles surprises et des petits éclairs de plénitude.

Des chercheurs de l’université de Californie ont démontré que les rats à qui on permet de se reposer avant de chercher une nouvelle issue dans un labyrinthe étaient plus efficaces que ceux que l’on soumet à des sollicitations permanentes.

D’autres scientifiques de l’université du  Michigan ont constaté que des personnes ayant fait une marche relaxante avaient des performances d’apprentissage bien meilleures que d’autres qui avaient été soumis au brouhaha de la ville aux heures de pointes.

Alors même que les personnes croient se détendre en pratiquant des activités à priori relaxantes comme écouter de la musique ou jouer sur leur console, ils saturent leurs cerveaux de sorte qu’il n’y a plus d’espace pour la restauration cérébrale nécessaire pour fixer les apprentissages et retrouver une capacité créative.

Un peu comme il est parfois nécessaire de redémarrer son ordinateur pour le remettre dans un état de fraicheur efficace, il semble utile de se laisser aller de temps en temps à ne penser à rien.

C’est d’ailleurs ce que nous conseillent les adeptes de la pleine conscience qui nous recommandent de s’arrêter et d’observer, les yeux fermés les sensations ressenties.

En quelque sorte il s’agit de pratiquer une espèce de serenpidité cérébrale en se laissant aller au gré de nos ressentis sans filtre, sans jugement et sans attente particulière.

Ainsi, sans tomber dans un éloge excessif de la paresse, il semble profitable de combattre cette peur du vide, de l’inactivité, de lutter contre ce formatage social dominé par le mythe de la productivité triomphante.

Avant de délaisser quelques instants mon clavier pour divaguer en toute liberté, puis-je vous suggérer d’essayer un court instant de faire le vide et d’oublier ce qui vous préoccupe….


Patrice Leterrier

15 Septembre 2010

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 16:01

DaphniaPulex MF

 

 

R

eprenant la formule de son prédécesseur en Corrèze Henri Quenille, Jacques Chirac avait le cynisme de nous prévenir : "les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent" !

Il ne viendrait probablement à l’esprit de personne de croire aux promesses agitées comme les grelots d’un charmeur de serpent par les politiques pour s’attirer nos votes.

Il restait autrefois la confiance rassurante envers les scientifiques mais depuis la catastrophe annoncée de la grippe H1N1 ou la fin du monde prédit par les experts du GIEC, le trouble et la confusion s’installent avec la prise de conscience des liens étroits entre certains scientifiques et les puissances d’argent.

Pourtant jamais les progrès de la science n’ont été aussi impressionnants !

Bien sûr les scientifiques savent tous que, telles les filles du roi Danaos, ils sont condamnés à remplir éternellement le tonneau sans fond de la connaissance.

Bien sûr leurs découvertes continuent à nous éblouir et à nous surprendre, qu’il s’agisse de celles d’un nouveau système de 7 planètes gravitant autour d’une l'étoile de type solaire au poétique nom de HD 10180 distante de 127 années-lumière, d’une étrange hypothèse d’un facétieux chercheur néerlandais Erik Verlinde remettant en cause le principe même de la gravitation universelle, de cette molécule affublé du doux nom d’opiorphine aux propriétés si prometteuses dans le traitement des grandes douleurs ou encore de ce savant tout étonné de sa découverte qui nous apprend que nous pourrions bien tirer des leçons sur l’avenir de l’humanité en étudiant en laboratoire la survie de puces d’eau soumises à la pression d’une alimentation restreinte…

Trop de science tuerait donc la science à moins que cette insolence affichée du savoir et de son implacable logique soit la première raison pour remettre en cause cette hégémonie apparente ?

Il faudrait donc prendre la science avec philosophie et se méfier de ce raffinement fractal de la connaissance qui recule sans cesse les frontières de l’infiniment petit et de l’infiniment grand.

Le philosophe s’écarte sans complexe de la dure exigence de l’expérimentation. Il analyse, décortique, multiplie les exégèses, spécule à la recherche de la sagesse avec aussi peu de chance de parvenir à combler sa quête que le savant la sienne.

Je ne parle pas des "médiaphilodémagogues" qui se complaisent à s’étaler sur les écrans en se mêlant de tout et en brandissant avec des trémolos la justice et la morale comme des valeurs dont ils auraient héritées de je ne sais quel dieu la garde exclusive.

Je parle de ceux qui depuis des siècles réfléchissent et nous font réfléchir sur les idées et les sentiments.

Il en est qui savent nous séduire parce qu’il ont à cœur de se faire comprendre et de rendre abordable des sujets aussi difficiles que le temps, le hasard, la précarité ou même l’angoisse qu’il ne faudrait pas confondre avec la peur.

Le poète sourit devant ces deux inconscients qui prétendent détenir chacun la vérité.

Il connaît la magie de la poésie et combien elle peut donner du sens à la vie.

Jean Ferrat, chantant Louis Aragon, affirmait "le poète a toujours raison" et il n’avait probablement pas tort puisque, comme tous les artistes, il a l’ambition de caresser la beauté, de nous faire rêver, de nous mettre, pour un cours instant, en état de grâce.

Il y parvient parfois...


Patrice Leterrier

13 Septembre 2010

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 16:53

la lune


 

P

eut-être avez-vous déjà ressenti cette émotion troublante en contemplant un clair de lune éblouissant au solstice d’été qui donne une lumière si particulière et qui a toujours hanté les grands peintres comme l’immense William Turner grand adepte des clairs de lune ou encore Edouard Manet jouant des bleus et de la lumière sur le port de Boulogne .

Curieuse impression que celle d’une lune qui semble si proche qu’on en distingue tous les détails alors même qu’elle n’était qu’un pâle disque anonyme lorsqu’elle rivalisait avec le soleil la possession du ciel.

Les psychologues Stanley Coren, de l'Université de Pennsylvanie, et Deborah Aks, de l'Université Rutgers du New Jersey se sont penchés sur ces représentations de la lune pour constater que plus les représentations comportaient des repères visuels, comme des maisons, arbres ou bateaux, plus la taille de la lune était exagérés par l’artiste.

Une autre étude menée par Stéphanie John et Alexander Wilson de l'Université du New Brunswick confirme cette perception d’une taille surestimée de la lune lorsqu’elle se rapproche de l’horizon.

Alain Lieury dans la revue pour la science explique que le phénomène est dû à une correction faite par notre cerveau qui tient compte de la taille et de la distance des objets environnants dans une sorte de contagion visuelle étudiée en 1940 par les psychologues américains A. Holway et E. Boring et illustrée en particulier par l’illusion d’optique de Ponzo.

Voilà donc une preuve de plus des biais que prend notre cerveau pour capter le réel.

Mais la contagion perceptive ne se limite pas à de simples illusions d’optique qui nous font voir de splendides lunes énormes sur l’horizon, elle agit incontestablement dans le domaine des idées et des modes.


Elle nous entraine trop souvent à prendre le parti de la majorité pour juger du talent de tel ou tel chanteur, pour apprécier les fantaisies de créateurs en mal d’imagination confondant souvent talent et originalité, pour acquérir tel ou tel accessoire dont nous aurions, quelques temps auparavant, vilipender l’inutilité.

Elle nous pousse aussi à considérer comme vérité établie des opinions proclamées avec assurance par des gourous plus ou moins charismatiques, des savants pas toujours impartiaux, des hommes politiques en quête d’électorat, des philosophes ou des historiens drapés dans le fatras de références censées couper court à toute velléité de contestation.

On se moque facilement de celui qui regarde le doigt du sage montrant la lune mais au fond n’a-t-il pas ses raisons de ne pas céder à l’injonction de celui qui se vante d’avoir acquis la sagesse et de regarder au plus près ce doigt qui ne dissimule rien, pas même sa taille réelle, mais qui nous renseigne si peu sur la pensée de son possesseur.

Certains nous invitent à ne croire, comme Saint Thomas, que ce qu’on voit. L’ennui c’est qu’il ne semble pas si sûr que ce qu’on voit soit digne de foi…


Patrice Leterrier

21 juillet 2010

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 21:39

mouse-face-1


 

U

 

ne souris triste qui ne sourit pas, ce n’est pas un effet d’un anthropomorphisme sauvage mais bien le résultat d’une étude publiée par Jeffery Mogil de l'Université McGill, le 9 mai dans Nature Methods.

Quand le chat n’est pas là le dicton populaire veut que la souris danse.

A moins que, comme le narre la comptine enfantine, elle ne coure dans l’herbe et que quelques lutins délurés, la croyant verte et donc une adepte d’un Daniel Cohn-Bendit lui vert de rage pour défendre nos amis grecs, ne cherche à l’attraper par la queue…

Mais les capacités des muridés à imiter les mimiques des l’homme leur permettent de manifester leur douleur par des expressions qui sont dignes des meilleurs acteurs de l’Actor Studio ou de la Comédie Française si votre cocarde vous titille au point de refuser d’admettre les qualités de cette mythique école des grands acteurs américains.

Peut-être me direz-vous, imitant notre premier ministre commentant le mot rigueur, que vous vous contrefoutez de l’expression douloureuse d’une "minnie-mouse" plus blanche que si elle avait passé ses journées dans un bain de lessive décolorante ?

Vous auriez tort car les distingués chercheurs ne veulent pas immortaliser à la prospérité les expressions des sympathiques rongeurs pour leur gloire mais plus utilement parce que beaucoup d’essais cliniques sur les médicaments pour combattre la douleur ne passent pas la barre des essais sur l’homme parce que leurs efficacités sont évaluée en testant la sensibilité au toucher dans les essais en laboratoire sur les rongeurs.

La capture des expressions des petites souris qui fréquentent les paillasses des chercheurs serait donc un moyen d’augmenter l’efficacité des tests de nouvelles drogues destinées à permettre à certains de supporter l’insupportable.

Au reste cette capacité de nos cousins, si proche dans leur patrimoine génétique de nous, n'aurait pas surpris le grand Charles Darwin, qui prédisait dans son livre paru en 1872 "The Expression of the Emotions in Man and Animals"(*) que tous les mammifères étaient capables d’exprimer des émotions sur leurs visages .

La psychologue Amanda C de C Williams de l'University College de Londres estime que cette étude met en évidence que le caractère génétique du câblage des expressions faciales est antérieure à l’époque où les souris et les hommes se sont séparés sur l'échelle évolutive.

Alors la prochaine fois que vous croiserez le regard alangui d’un raminagrobis désenchanté ne manquez pas de lui témoigner votre compassion parce qu’il vient peut-être de sauver sans le vouloir la courte vie d’une souris intrépide en quête de nourriture.


Patrice Leterrier

11 mai 2010

 

(*) L’expression des émotions chez l'homme et les animaux.

 

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 18:48

ADN

Neanderthal


L

es traces ADN relevées sur les scellés dans l’affaire Gregory n’ont rien donné.

Elles ont en tout cas innocenté Bernard Laroche à titre posthume puisqu’il a été assassiné par le père de la victime, Jean-Marie Villemin.

Elles mettent également hors de cause la mère de la victime pourtant qualifiée de criminelle "sublime, forcément sublime" par Marguerite Duras ce qui lui vaudra d’être qualifiée par le regretté Pierre Desproges d’ "apologiste sénile des infanticides ruraux ".

Mais alors que les molécules dacide désoxyribonucléique laissées sur les cordelettes qui avaient servi à entraver le petit Grégory Villemin, 4 ans, retrouvé noyé, pieds et poings liés, dans la Vologne le 16 octobre 1984, sur les vêtements de l'enfant, ainsi que sur les courriers du "corbeau" n’ont pas parlé, celles recueillies sur les restes vieux de 38 000 ans de l’homme de Neandertal retrouvé en 1980 dans la grotte de Vindija près de Zagreb (Croatie) révèlent un scoop paléontologique extraordinaire.

Svante Pääbo, de l'Institut Max Planck de Leipzig, et Richard Green, de l'Université de Californie à Santa Cruz, et leurs équipes viennent de réaliser pour la première fois le séquençage génétique d’environ 60% de l’ADN, soit plus de 4 milliards de nucléotides, obtenus à partir de trois fragments d’os de trois Néandertaliens.

La comparaison avec les génomes d'hommes européens, de Papouasie-Nouvelle Guinée, de Chine, du Japon, du Sud de l'Afrique et d'Afrique de l'Ouest suggère que les premiers hommes modernes se sont croisés avec des Néandertaliens au Moyen-Orient, lors de leur migration depuis l'Afrique. Les comparaisons faites semblent indiquer l'existence d'un flux génique entre Néandertaliens et les hommes non-Africains qui aurait augmenté la variabilité.

Concernant les descendants africains de l’homme moderne, qui pourraient être déçus de ne pas avoir une ascendance Néanderthalienne, Svante Pääbo précise "Il est tout à fait possible qu'à l'intérieur de l'Afrique, il y avait une contribution provenant d'autres êtres humains archaïques que nous ne connaissons pas,…Nous ne devons pas prendre ces résultats en disant que seules les personnes hors de l'Afrique ont la biologie de l’homme des cavernes."

Des interprétations hâtives sur les vertus putatives de ce croissement relèveraient des pires théories raciales dont nous ne sommes malheureusement pas complètement à l’abri.

L'homme de Neandertal (Homo neanderthalensis) a vécu tranquillement en Europe et en Asie occidentale durant des centaines de milliers d'années, avant de recevoir la visite, il y a environ 40 000 ans, de l'homme moderne (Homo sapiens) qui arrivait d'Afrique.

Ainsi Neandertal n’a pas complètement disparu puisqu’il apparaît que de 1 à 4% de notre propre génome pourrait provenir de lui.

Au-delà de ces mystérieuses idylles entre Cro-Magnon et Neandertal, ces études visent aussi à identifier des gènes ayant permis à l’homme moderne de prospérer alors que Neandertal disparaissait.

Parmi ces gènes qui auraient conféré un avantage à l’homme moderne au cours de l’évolution, Svante Pääbo et son équipe ont identifiés des gènes concernent la cognition (apprentissage, relations aux autres…), le métabolisme énergétique, la structure du crâne et de la cage thoracique, l'apparence de la peau et la cicatrisation.

Des ADN vieux de 38 000 ans dévoilent une partie du mystère de l’histoire de l’homme moderne alors que d’autres n’ayant qu’à peine 30 ans restent désespérément silencieux.


Patrice Leterrier

7 mai 2010

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 13:14

Voilette Palace

Nos belles élégantes qui portaient des voilettes

Cachaient-elles des regards leurs charmantes pommettes ?

 

Nos sœurs frôlant le sol sous leurs grandes cornettes

Réservaient-elles à Dieu la vision de leurs têtes

 

Nos prêtres confessant derrière leur grillage

Des pêchés avoués partageaient-ils l’outrage ?

 

Nos bigotes en mantille baissaient-elles leurs mirettes

Pour mieux se délecter dans l’anathème ascète

 

Nos curés posaient-ils leur calot sur la tête

Pour éviter du ciel la foudre qui les guette ?

 

Les bérets de nos basques sont-ils académiques ?

Les canotiers frivoles sont-ils œcuméniques ?

 

Que dire des chapeaux ronds de nos amis bretons,

Ou des bonnets phrygiens de la révolution,

 

Et de la coiffe immense de l’amie Bécassine

Que personne ne songe à ce qu’on l’assassine,

 

De notreJeanne d’Arc sous son heaume protecteur

Qui pourfendit si bien l’Albion envahisseur ?

 

Alors pourquoi vouloir dévoiler par la loi

Un visage caché qui ne veut qu’on le voie?

 

Pourquoi lui imposer une vue indécente

Alors qu’elle est souvent la victime innocente?

 

Cachez si vous voulez aux regards indiscrets

Vos charmes supposés que l’on ne veut juger,

 

Vous devrez cependant vous dévoiler sereine

Pour venir réclamer vos droits de citoyenne.

 

 

 

Patrice Leterrier

2 mai 2010

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 12:35

Panzy

P

 

anzy avait juste 50 ans. Elle devait probablement son nom à l’étymologie latine pensare en hommage à ses capacités méditatives.

C’était une vieille et digne femelle chimpanzé qui ne gambadait pas dans sa savane natale mais finissait paisiblement ses jours en captivité dans un parc animalier au nord de Glasgow en Ecosse.

Panzy était tombée malade. Elle avait atteint un âge canonique pour son espèce dont la durée de vie est plutôt de 45 ans en moyenne.

Elle avait commencé à se détacher doucement des vicissitudes de ce monde.

Elle ne jetait plus son regard un peu triste et résigné sur ces bizarres cousins bruyants et sans poil qui venaient lui rendre visite dans sa prison.

Panzy avait fini par sombrer dans une profonde léthargie en novembre 2008 car son état de santé s’était brusquement aggravé.

Blossom une vieille amie de 50 ans, Rosie la fille de Pansy et Chippy le fils de Blossom, tous eux âgés de 20 ans, se sont tendrement occupés de Panzy pour ses derniers instants sur cette terre en la caressant et la toilettant avec délicatesse.

Panzy s’est éteinte dans la plus grande discrétion le 7 décembre 2008 et Rosie l’a veillée toute la nuit.

Chippy ne put s’empêcher de laisser exploser sa douleur avec violence comme s’il voulait refuser l’insupportable vérité. Une sorte de déni qui rappelle en tous points certaines attitudes humaines dans ces terribles circonstances.

Puis, avec ses amis, il observa un deuil silencieux et digne en mangeant peu pendant des semaines après la disparition de Panzy.

De nombreuses mères chimpanzés en liberté ou en captivité protègent pendant des semaines leurs jeunes rejetons morts prématurément en les toilettant et en écartant les mouches du cadavre.

Comment ne pas être troublé par cette sollicitude de notre cousin pour ses morts et comment ne pas y voir une forme de conscience et de tristesse face à leur destin de mortel ?

Bien sûr il faut se méfier de la tentation d’"anthropomorphismer" hâtivement le comportement de ces primates et de leur attribuer trop rapidement des émotions semblables aux nôtres.

Deborah Fouts, directeur du Chimpanzee and Human Communication Institute, et son mari Roger ont appris à plusieurs chimpanzés à utiliser la langue des signes.

Le plus connu d'entre eux était Washoe, décédé en 2007.

Comment ne pas s’interroger lorsqu’elle déclare "je peux vous dire que lorsque Washoe est mort, Tatu - son compagnon depuis 20 ans - a fait le signe de pleurer" ?

Et d’ailleurs doit-on vraiment s’étonner que la mort d’un proche, qui renvoie inlassablement l’homme au sens même de sa destinée, soit aussi un grand sujet de mystère, de douleur et d’interrogation pour des êtres dont nous avons tant de mal à définir la frontière qui nous séparent d’eux si ce n’est peut-être cette aptitude insensée de l’homme à faire son propre malheur et à s’entredéchirer pour de futiles raisons égoïstes.


Patrice Leterrier

26 avril 2010

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