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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 16:38

 

machine cerveau


D

ans un article paru dans the Atlantic, Brian Christian, cherchant à cerner la frontière entre l’esprit et la machine, nous rappelle que la définition de la spécificité humaine a longtemps tourné autour de la recherche d’UNE caractéristique différenciant l’homme de l’animal.

On se souvient du livre thèse de Vercors les animaux dénaturés qui posait cette question dans une forme de fable de science fiction.

A travers le temps, l’homme était, tour à tour, le seul animal à raisonner, à se souvenir, à éprouver des sentiments, à avoir conscience de sa propre existence, à utiliser un langage, à développer une culture ou encore à avoir la notion du temps qui passe et de la mort, etc.

Vercors tranchait pour l’unicité du sentiment d’un au delà c'est-à-dire pour le sentiment religieux.

Mais chaque fois qu’on soumet telle ou telle définition à l’expérience, et singulièrement depuis l’extraordinaire développement des neurosciences, on s’aperçoit que tout n’est en général qu’une question de degré et non de nature.

Aujourd’hui personne ne songe sérieusement à rechercher LA caractéristique qui différencierait de façon binaire l’homme du reste du monde animal.

Mais depuis qu’Alan Turing a défini en 1950 son fameux test pour mesurer l’intelligence artificielle, depuis que Deep Blue a battu le champion du monde Garry Kasparov aux échecs, depuis que l’ordinateur IBM Watson est devenu champion du monde de Jeopardy la question n’est peut-être plus de savoir ce qui distingue vraiment l’homme de l’animal mais ce qui sépare l’esprit humain de l’ordinateur ?

De plus les progrès immenses réalisés en chirurgie, en biologie, en neurobiologie et en miniaturisation des prothèses ne sont-ils pas les prémices de l’apparition d’êtres hybrides dont les capacités d’interaction avec l’environnement ne seraient pas seulement "dépannées" par des dispositifs supplantant des fonctions défaillantes mais véritablement démultipliées - pas seulement dans un axe anthropomorphique comme dans la fiction de l’homme qui valait trois milliards - mais dans des capacités nouvelles sans équivalent biologique ?

L’homme est-il en train d’être dépassé par la machine qu’il a conçue au point de devenir définitivement dépendant d’elle ?

Sommes-nous déjà dans l’ère du post humain ?

La technologie triomphante est omniprésente de nos jours dans un vide sidéral de pensée sur la finalité des "progrès" qu’elle apporte.

Si la philosophie est la théorie du questionnement, il est plus que temps que des philosophes s’emparent de la question fondamentale de savoir ce que veut dire qu’être humain à notre époque.

Et si l’altérité est la rencontre de l’autre, ne doit-on pas aussi s’interroger sur celle que permet ces nouvelles formes de communication nées du couplage d’ordinateurs aux capacités dans cesse croissantes (loi de Moore), de bases de données permettant de stocker en quelques minutes ce que l’homme a accumulé comme connaissance pendant des siècles et de réseaux charriant l’information à la vitesse de la lumière, partout et sous toutes ses formes (données, son, image et pourquoi pas bientôt d’autres sens comme l’odorat, le toucher…).

Que dire aussi d’un monde où une caste de nantis aurait accès à la technologie alors qu’une grande majorité resterait à l’écart ?

Pierre Desproges disait "quand un philosophe me répond, je ne comprends plus la question "

Le danger serait évidemment qu’il ait raison mais on peut aussi espérer que des sages s’inspirent de Confucius qui disait "je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions"….


 

Patrice Leterrier

8 Avril 2011

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 15:01

 

terre gravité


D

enis Delbecq, sur son blog "effets de terre", se lance dans une violente diatribe adressée à un bloggeur anonyme pronucléaire.

Il écrit notamment :"Le premier coupable de la peur irraisonnée du nucléaire ne sont pas les journalistes. Ce sont les élites qui tentent par tous les moyens d’imposer ce qu’elles ont décidé à la place des gens".

Quand les élites – quelles soient politiques, morales ou scientifiques – cherchent à nous convaincre, elles s’appuient, sans les nommer, sur notre supposée soumission à la raison, sur le présupposé que nous partageons tous la même vision d’un monde dominé par l’économie et sur la pertinence décrétée des systèmes construits par l’homme.

Elles pensent que la rationalité est omnipotente même si dans la forme elles n’oublient pas parfois de convoquer nos sentiments pour mieux nous amener à les croire.

Mais au nom de quoi la rationalité toute puissante devrait-elle nous convaincre ?

Nulle conviction et encore moins décision de l’homme n’est construite sans faire appel à ses émotions, souvent avec passion.

Qui peut penser que notre jugement se bâtisse sans mobiliser nos propres valeurs, notre éthique, qu’elle soit de conviction ou de responsabilité, même si la rationalité possède cet apriori de ne pouvoir être sérieusement contestée dans ses conclusions ?

On a besoin des émotions, des passions, de valeurs pour être convaincu comme on a besoin d’animer notre discours par autre chose que des arguments supposés irréfutables pour convaincre l’autre, pour réduire la distance qui sépare notre pensée de celle de notre interlocuteur.

Faute de ce parfum indéfinissable d’authenticité, le discours Ad rem des élites est rejeté ad hominem par nos concitoyens.

Ils ne reconnaissent pas - pour avoir, il est vrai, été trop souvent grugés – l’autorité statutaire des élites.

Une autorité d’autant plus contestée et contestable que les grands problèmes sont de plus en plus souvent planétaires et qu’il est bien illusoire de croire qu’il existe même l’ombre d’un début de gouvernance mondiale face aux grands défis sanitaires, alimentaires, environnementaux ou énergétiques.  

Quel fatuité de croire que les arguments s’imposent indépendamment de la personne qui les soutient.

Alors que notre monde change à une vitesse jamais atteinte dans l’histoire de l’humanité, alors que la recherche d’un sens aux changements révolutionnaires dont nous sommes à la fois les spectateurs et les acteurs devient cruciale, les élites gouvernent à courte vue, sous la dictature de l’insouciance comme l’écrit Jacques Attali sur son blog.

Dans une conférence diffusée par le Collège de France, le philosophe Michel Meyer affirme que la rhétorique surgit lorsque des conceptions anciennes s’effondrent et que les nouvelles se font attendre.

Mais la rhétorique ou l’argumentation sans éthique, sans sens moral, tombe dans la critique platonicienne qui n’y voit que manipulation des esprits.

Aujourd’hui le monde est envahi d’informations sous toutes les formes, les distances n’existent plus, jamais les espaces de liberté pour la culture et la connaissance n’ont été aussi vastes mais nous manquons cruellement de sages et de visionnaires qui pensent – non pas à donner du temps au temps - mais à donner du sens à ce gigantesque malstrom.

Le danger est qu’en l’absence de prise de conscience des élites, il ne se trouve des joueurs de flute, brillants baratineurs s’appuyant cyniquement sur la naïveté et les passions des hommes, pour donner l’illusion rassurante du bonheur possible dans une vision du monde sectaire, haineuse, schizophrène et égoïste.


Patrice Leterrier

6 Avril 2011

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 20:18

bouillabaisse


C 

e qu’il y a d’impressionnant et à la fois d’inquiétant dans la puissance du moteur de recherche Google c’est qu’on est vite, et probablement à tort, convaincu que ses résultats sont exhaustifs au sens qu’ils ne sont pas un filtre sur le sujet que l’on recherche.

Nul ne doute qu’ayant tapé le mot bouillabaisse, il reçoit, en récompense de cet effort énorme, les meilleurs recettes existantes sur ce délicieux et complexe plat si cher au marseillais .

Las, rien n’est moins sûr, étant donné les critères restrictives de sélection de ce puissant outil.

Vous n’aurez probablement pas accès, par exemple, au putatif blog de Fanfan de callelongue  qui détient peut-être la meilleur recette de ce plat typiquement massilien..

Mais, fort de cette puissance apparente et en dépit du mépris des droits d’auteur dont fait preuve Larry Pages , Hal Renold Varian, Chief Economist chez Google, compare sans complexe le rôle de Google à celui de la machine à vapeur, facteur essentiel de la révolution industrielle.

A titre de démonstration de sa thèse, il s’appuie sur une étude de l’université du Michigan montrant que des étudiants qui avaient la possibilité d’utiliser Google  avaient mis seulement 7 minutes pour répondre à une question alors que ceux qui ne disposaient que de l’accès à la bibliothèque de l’université avaient mis 22 minutes.

Avant d’aller plus loin, on notera au passage que cette université est partenaire de Google dans le projet Michigan Digitization Project qui n’est pas sans rapport avec les difficultés actuelles de Larry pages avec la justice.

Comme le fait justement remarquer Nicholas Carr sur son blog, ce gain de temps met en avant le mesurable par rapport au non mesurable, le temps par rapport à la réflexion, la recherche laborieuse.

Peut-on se demander ce que les étudiants utilisant Google ont retenu de la question et de la réponse par rapport à ceux qui ont fait leurs recherches dans la bibliothèque de l’université qui ont eu à retrouver l’auteur pertinent par rapport au sujet traité ?

Les travaux des neurologues nous enseignent que la difficulté que nous avons à traiter un problème cognitif joue un rôle essentiel sur l’imprégnation de la mémoire à long terme.

En dépit des prédictions futuristes sur la puissance de recherche des futures "Knowledge Bases" encyclopédiques comme celles que nous promet Ray Kurzweil, il n’est pas certain que ce "progrès" soit véritablement un pas en avant dans la conscience humaine du monde qui nous entoure.

La connaissance n’est pas l’information mais bien une lente et complexe digestion de l’information et de l’expérience.

Tout le monde sait que la digestion est un processus qui réclame un certain temps avec, en intermède, de possibles et salutaires phases de sommeil.

Hamlet répliquait à Horatio "There are more things in heaven and earth, Horatio, than are dreamt of in your philosophy." (Hamlet, I.5). Sage vision face à l’immense inconnue du monde.

Mais aujourd’hui le simple mot tapé sur Google conduit certains à confondre la facilité de recherche avec la dure entreprise de la connaissance.

Le problème du "copier/coller" devient un mal sournois et récurrent dans le monde universitaire, littéraire et politique.

Inutile d’enfoncer plus Patrick Poivre d’Arvor, seigneur des interviews bidons et des ouvrages outrageusement copiés.

Savez-vous que plus des deux tiers de la thèse du ministre allemand de la Défense, Karl Theodor zu Guttenberg, surnommé depuis le "Baron copier-coller», seraient du plagiat ?

Le pompage de Fréderic Lefebvre n’est plus à démontrer même si son éditeur lui trouve des excuses. Il est vrai que la meilleure des excuses du personnage est qu’il n’a pas d’idée personnelle !

Le copier/coller à l’université devient un problème majeur dont certains commencent sérieusement à se préoccuper.

On est loin des salutaires pompes de nos jeunes années qui n’étaient qu’un ridicule artifice pour calmer notre angoisse du trou de mémoire.

Il est pourtant indéniable que la puissance d’Internet ouvre des voies magnifiques à la connaissance, qu’elle joue un rôle capital dans le grand mouvement de prise de conscience de populations opprimées.

Il ne faut pas pour autant oublier que Google, Facebook, Twitter et autres sont, avant tout, des entreprises commerciales qui visent le profit et qui font l’enrichissement d’un petit nombre de privilégiés membres  de ce nouveau capitalisme numérique.


Patrice Leterrier

 

29 Mars 2011

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 18:31

habits-neufs-empereur


S 

ur son blog frontal cortex, Jonah Lehrer nous explique que le mécanisme de la mauvaise humeur viendrait du phénomène d’"appauvrissement du Moi" décrit Roy Baumeister et Mark Muraven dans les années 1990.

Selon cette théorie la maîtrise de soi et la volonté sont des ressources cognitives limitées et leur mobilisation forte dans une activité contraignante favorise l’éclatement de la colère en réaction.

De son coté, Ivar Ekeland dans la revue Pour la Science du mois d’Avril revient sur le conte d’Andersen les habits neufs de l’empereur, en analysant la fragilité de l’équilibre du pouvoir d’un homme que l’on pourrait croire inébranlable mais qui peut être brusquement rompu par une prise de conscience collective comme cela semble avoir été le cas en Tunisie et en Egypte.

Jacques Attali sur son blog appelle à un "branlebas de combat" pour mobiliser la communauté internationale sur la menace planétaire que le drame de Fukushima fait courir au monde.

Il souligne à juste titre le caractère choquant de notre apathie alors qu’on s'engouffre au nom des droits de l’homme dans une intervention en Libye.

Comme l’explique avec brio Rony Brauman sur France Inter et dans les colonnes du monde jamais au grand jamais des frappes aériennes n'ont permis d'établir ou de rétablir la paix.

Même si on peut bien sûr se féliciter qu'elles aient – peut-être ? – empêché un massacre à Benghazi, même si on peut souhaiter bien tardivement la chute d'un tyran fou qui avait les honneurs de la République il n’y a pas si longtemps, il est indiscutable que les frappes actuelles ne permettront pas de résoudre un conflit purement libyen.

Après tout le tsunami libertaire qui déferle dans le Maghreb et les pays arabes concerne uniquement les citoyens de ces pays même si nous serions bienvenus de les aider à s’attaquer aux sources de ces révoltes et de leurs désespoirs.

Et puisque la communauté internationale est prompte à se mobiliser au nom des droits de l’homme, puisqu’elle semble vouloir mettre en place une gouvernance mondiale économique, il est plus que temps qu’elle se préoccupe d’une gouvernance mondiale du risque nucléaire.

Les mêmes nations qui ont signé la résolution 1973 seraient en droit d’exiger des autorités japonaises qu'elles laissent les experts vérifier ce qu'ils font et qu’on puisse activement et énergiquement (pas "nucléairement"...) participer à des opérations de la dernière chance...s’il n’est pas trop tard !

Même s’il est un peu indécent devant le drame japonais de revenir à la situation dans l’hexagone, il semble cependant que la question ne semble plus de savoir s'il faut sortir ou pas du nucléaire mais QUAND et COMMENT!

Le chantage à l'emploi d'Areva et autres ne tient pas devant les enjeux. D’ailleurs les emplois que créerait une industrie française des énergies renouvelables dont une grande partie (maintenance et installation) n’est pas délocalisable, compenseraient probablement l’arrêt programmé de l’industrie nucléaire dans sa forme actuelle.

Quant au projet ITER- le rêve d’un soleil sur terre – si nous dépensions le dixième des sommes engagées dans ce projet aux résultats incertains en investissant dans des recherches sur le photovoltaïque et d’une manière plus large sur les énergies renouvelables, l’équation économique qui est mise en avant par les défenseurs du nucléaire serait certainement différente.

Je ne sais si les théories de Roy Baumeister et Mark Muraven sont fondées, je ne sais à quel moment le monde s’apercevra que le roi de la technologie nucléaire est nu, mais je suis sûr que ma colère n’est pas liée à un appauvrissement de mon égo - dont je ne peux moi-même qualifier l’état général - mais plutôt à ma volonté peut-être vaine de faire comme l’enfant du conte d’Hans Christian Andersen qui osa crier "le roi est nu !"

Patrice Leterrier

27 Mars 2011

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 17:51

Fukushima

Ils se tiennent bien droits, tout pleins de certitude

Ils pérorent sans gêne, comme à leur habitude,

Ils ne voient pas les pleurs et l’immense douleur

Qui fardent les visages paralysés de peur

 

La nature est cruelle, aveugle, imprévisible

Mais l’homme est sentencieux et se croit invincible

Il brave sans vergogne l’infiniment petit

Pour faire de l’atome son jouet favori

 

Et voilà qu’une vague immense, destructrice

Balaie en un instant tous ses doctes artifices

Et renvoie nos pédants, penauds,  déconcertés

À la réalité qu’ils avaient provoquée

 

La menace est partout, sournoise, insaisissable

Nul ne peut contenir le risque inacceptable

Et des enrubannés se montrent rassurants

Alors qu’ils nous devraient un silence prudent

 

Doit-on toujours subir l’orgueil des puissants ?

Peut-on donc se fier, aveugle, à des savants ?

Faut-il toujours nourrir la soif des possesseurs

Et contempler, passif, le cynique moqueur ?

 

Rien ne pourra jamais, désormais effacer

L’horrible vérité qui nous est révélée

Après Hiroshima voulue  par des puissants

Fukushima menace des millions d’innocents

   


Patrice Leterrier

16 Mars 2011

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 14:09

création du monde

Photomontage : J.-P.Metsavainio/Ciel et Espace/AKG Images

L

astrophysicien Stephen Hawking est connu pour son handicap causé par une  sclérose latérale amyotrophique qui lui a enlevé presque tout contrôle neuromusculaire.

Odile Jacob publie son dernier livre intitulé "Y a-t-il un grand architecte dans l'Univers?".

Selon ce brillant esprit, la philosophie est morte faute d’avoir réussi à s’adapter aux développements de la science moderne et singulièrement à ceux de la physique qui détruisent le paradigme espace-temps tel que nous le vivons.

La physique n’a d’ailleurs pas encore (et pourra-t-elle jamais ?) réconcilié la relativité générale et la mécanique quantique c'est-à-dire qu’elle n’a pas reconstruit, après l’avoir démolie, cette vison spatio-temporelle de l’univers qui dominait avant les travaux d’Albert Einstein et de Louis de Broglie.

A partir du constat d’impuissance de la philosophie et sautant allégrement sur la carence explicative de la science, Stephen Hawking s’appuie sur la théorie des multivers (univers multiples) pour arriver à la conclusion que l’univers n’a pas besoin de Dieu pour exister.

La théorie des multivers, pour séduisante qu’elle soit, est loin d’être la seule en vogue chez les cosmologues.

On peut aussi citer la théorie des supercordes qui propose une autre voie de recherche et de réconciliation de la mécanique quantique avec la relativité générale.

En toute hypothèse, il me semble tout de même bien hasardeux de trancher un débat métaphysique sur une hypothèse contestable par nature.

En fait on en revient aux fondements de la philosophie.

A travers ce débat s’oppose toujours l’interprétation aristotélicienne qui veut que la réalité physique soit fondamentale et que les mathématiques ne soient qu’un outil et la vision platonicienne qui affirme que la structure mathématique de l’univers est bel et bien la réalité.

N’est-ce pas tout simplement être platonicien que de prétendre aujourd’hui que les multivers existent et obéissent aux lois mathématiques de la physique ?

Tout de suite les crosses des évêques, les croix des pasteurs, les encensoirs de popes, les minarets des musulmans et les chandeliers de chabbat des rabbins se dressent pour s’indigner au nom des milliards d’humains pour qui l’existence d’un Dieu créateur de toute chose est une évidence incontestable.

A vrai dire ne faut-il pas retourner la réponse et dire simplement que Dieu n’a pas besoin de l’univers pour exister ?

La notion même de créateur de l’univers n'est-elle pas simplement un vestige d'un anthropomorphisme archaïque et d’une vision du monde qui faisait du tonnerre le signe de la colère de dieu, du centre de la terre le siège de l’enfer promis aux impies pêcheurs et du ciel le lieu du destin final de l’âme immortelle?

Dans son livre "Discours sur l’origine de l’univers", Etienne Klein rapporte qu’alors qu’il rencontrait Stephen Hawking au Vatican, Jean Paul lui aurait déclaré: "Nous sommes bien d'accord, monsieur l'astrophysicien. Ce qu'il y a après le big bang c'est pour vous, et ce qu'il y a avant, c'est pour nous."

Etienne Klein nous dit que l'erreur est justement de parler d’un avant et de concevoir le Big-bang comme un INSTANT alors même qu'une fois franchi le mur de Planck nos notions de temps et d'espace n'ont plus de sens.

Et à partir du moment où il n'y a plus d'instant originel, la notion même de créateur ne signifie pas grand chose.

Plutôt que de dater ce qui relève de la métaphysique et ce qui relève de la science, de définir l’absence d’un AVANT comme une origine et donc d’émettre l’hypothèse d’un créateur, n'est-il pas plus raisonnable d'admettre une fois pour toute que la science ne suffit pas à satisfaire la curiosité insatiable de l'esprit humain et qu'il lui faut aussi la philosophie et le sens du sacré pour étayer son angoisse existentielle ?

Pour parler de l’univers ne faut-il pas tout simplement appliquer sans modération la sage sentence de Jean d’Ormesson : "Quand on aime le foie gras, inutile de connaître l’oie" ?

Le plus grand des trous noirs n’est-il pas celui de la connaissance ?


Patrice Leterrier

21 Février 2011

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 10:36

Watson winning Jeopardy

L

a légende raconte qu’un ancien esclave américain du nom de John Henry est mort d’épuisement après avoir réussi à battre une foreuse de tunnel à vapeur pour essayer de sauver l’emploi de ses congénères perceurs de tunnel qui n’avaient que ce travail pour vivre.

C’était probablement une des premières mais surement pas la dernière victime de l’inexorable course en avant du progrès technologique qui repousse de jour en jour les espoirs de l’homme à dominer les machines qu’ils créent.

Gary Kasparov est toujours vivant même si le jeune prodige et le grand champion d’échecs qu’il fut n’exerce plus son immense talent.

A Philadelphie, le dimanche 11 mai 1997, il fut battu par le superordinateur IBM Deep Blue sur le score de deux victoires à une et trois parties nulles.

Les adversaires mesuraient des tailles comparables mais Deep blue pesait plus de 140 fois le poids de son adversaire.

Alors que le cerveau du grand maître ne consomme qu’à peine 12 watts – ce  qui aurait à peine réussi à éclairer faiblement la table où se déroulait la partie - son adversaire aurait viré au rouge cramoisi s’il n’avait disposé d’une climatisation à frigorifier la banquise et s’il n’avait fallut des milliers de watts pour satisfaire la voracité des ses millions de circuits imprimés.

Ils déroulaient en parallèle et sans répit les algorithmes savamment conçus par des informaticiens de génie inspirés par des grands maîtres probablement ravis de jouer ce bon tour au meilleur d’entre eux.

Les 11 Gigaflops du champion d’IBM ne pouvaient pourtant pas se comparer aux exa-implusions électriques par seconde qui agitaient le cerveau du champion russe.

Le mercredi 16 février 2011, l’ordinateur IBM Watson remportait largement son défi au jeu Jeopardy avec 77 147 dollars de gains contre 24 000 dollars pour Ken Jennings et 21 000 dollars pour Brad Rutterface, deux des meilleurs champions à ce jeu.

Il venait d’ajouter une nouvelle étape dans la course sans fin qui repousse continuellement les limites des capacités cognitives des ordinateurs.

Cet anthropomorphisme faustien angoisse certains qui craignent de voir un jour la machine dominer l’homme.

Watson est infiniment plus puissant que Deep Blue et surtout dispose d’une connaissance encyclopédique exceptionnelle autorisée par les progrès fabuleux dans la numérisation des textes et ce qu’on appelle le text mining c'est-à-dire l’exploitation statistique des données textuelles (200 millions de pages de texte).

Avec ses 80 teraflops (80 000 milliards d'opérations par seconde), ses quelques 15 Teraoctets (15 000 Go) de mémoire vive, il enfonce son illustre prédécesseur.

Il est pourtant loin derrière le plus puissant superordinateur du monde le chinois Tianhe-1A qui affiche un vertigineux 2,57 petaflops soit 32 fois la puissance de Watson. 

Watson peut comprendre toutes les questions –même les plus alambiquées – que lui pose Todd Alan Crain et répondre en moins de trois secondes.

Son succès médiatisé ouvre des perspectives passionnantes pour l’aide à la décision par exemple dans le domaine médical où la masse de publications des recherches et des résultats associés ne cesse de s’enrichir à un rythme affolant et totalement impossible à suivre par les professionnels.

Pourtant tout puissant qu’il soit, tout spectaculaire que puissent être certaines de ses réponses, ses erreurs, certes rares mais consternantes, laissent pantois les observateurs.

Elles réjouissent David Ferucci le manager du projet DeepQA/Watson qui ne pense qu’à améliorer son œuvre.

Mais malgré ses milliers de milliards d’instructions par seconde, Watson est parfaitement incapable de pressentir qu’il connaît la réponse avant de la formuler comme le font les champions humains.

Sa différence avec l’homme n’est pas seulement une question de puissance mais bien plus fondamentalement une question de nature.

Il n’est pas dit que cet écart épistémologique ne sera jamais comblé mais il reste aujourd’hui un véritable fossé qui sépare ces monstres plus performants que l’homme dans un tout petit spectre de l’intelligence humaine.

Le  fonctionnement d’un peu plus de 1 kg de matière grise reste encore un immense mystère malgré les progrès stupéfiants des neurosciences.

La force mais aussi la faiblesse de l’homme vient aussi de sa capacité à ressentir des émotions qui quelquefois submergent ses capacités cognitives mais qui sont inséparables d’elles.

Elles sont probablement aussi essentielles aux étonnantes intuitions qui sont à l’origine de ses belles constructions intellectuelles que l’on appelle les sciences humaines.

John  Henry a périt pour la gloire mais sans pouvoir arrêter l’inexorable ascension de la mécanisation.

Garry Gasparov n’a pas démérité même si son génie et ses intuitions ont été battus par le déluge algorithmique implacable de Deep Blue.

Les champions du Jeopardy ont été surclassés par la connaissance encyclopédique de Watson.

J’ose espérer qu’il est encore plus qu’improbable qu’une masse survoltée de circuits imprimés puisse un jour découvrir la théorie de la relativité générale, composer la flûte enchantée ou encore écrire les fleurs du Mal.

Enfin du moins j’ai bon espoir de ne jamais voir ce désastre…


 Patrice Leterrier

20 Février 2011

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 09:05

brain-cables-data-circuitry-flickr-adafruit

L

e Vendredi 14 septembre 1956, personne n’avait oublié la vague de froid qui avait paralysé la France en Février de cette année.

Elle m’avait valu cette vision presqu’irréelle de stalactites joufflues décorant les fontaines du Palais Longchamp alors que les quatre taureaux, tirant le char portant la Durance entourée de Cérès et de Pomone, semblaient stoïquement ignorer le grand froid.

Ce jour là je rentrais du collège, tout à la joie de la perspective d’un week-end.

Je m’amusais à faire murmurer les feuilles de platane sous mes pieds pour creuser comme un sentier sur le trottoir du boulevard Longchamp.

Je n’avais alors à l’époque pas la moindre idée de ce que pouvait être un ordinateur.

Le mot venait à peine d’être inventé un an plus tôt par le professeur Jacques Perret.

Ce jour là, IBM commercialisait le RAMAC 305, premier ordinateur muni d’un disque dur.

Le système comportait 50 disques de 24 pouces (environ 60 cm) avec 100 pistes par face.

Il avait une capacité totale de 5 Millions d’octets et coûtait la bagatelle de 50 000 $.

Aujourd’hui pour moins de 50 euros vous pouvez acquérir une clef USB d’une capacité de 16 Giga-octets soit 3 200 fois plus que le RAMAC 305.

Je vous laisse calculer le rapport du coût de stockage d’un octet sur l’ancêtre  qui ne pesait pas loin d’une tonne par rapport à une clef de quelques grammes qui tient dans votre poche.

En 2007, la capacité de stockage mondiale était de 2,95 x 1020 octets, soit 295 mille milliards de mégaoctets soit pas moins de l’équivalent de 61 CD pour chaque humain sur la planète.

Le mercredi 2 Août 1972, je ne me souviens pas vraiment du temps qu’il faisait mais c’était le jour de l’annonce en grande pompe par IBM de l’ordinateur mainframe 370 158 qui était le premier de la firme au célèbre logo bleu à franchir le mur du MIPS, puissance absolument époustouflante pour l’époque d’un million d’instructions par seconde….

Aujourd’hui le moindre Smartphone disponible sur le marché a une puissance de calcul de 2000 Dhrystone MIPS ce qui représente grossièrement l’équivalent de 2000 fois la puissance des monstres de l’époque.

En 2007 la puissance globale des téléphones, consoles de jeux, ordinateurs personnels et, quantité négligeable, des supercalculateurs représentait la bagatelle de 6.4 1018 instructions par seconde.

C’est d’ailleurs sans compter sur les millions de processeurs intégrés dans nos appareils domestiques et autres véhicules de plus en plus robotisés.

Le mardi 2 Septembre 1969, le premier nœud de raccordement relie deux ordinateurs séparés par un câble de 4,5 mètres dans les locaux de l'université de Columbia dans l'Etat de New-York.

Ils échangèrent les premiers paquets de données du réseau Arpanet, ancêtre d’Internet.

La communication bidirectionnelle a traité 65 mille milliards de mégaoctets en 2007, certes éclipsé par la radiodiffusion, qui a diffusé une quantité énorme de 2 zettaoctets.

Mais, tandis que le volume de la radiodiffusion augmentait linéairement, avec l'avènement de l'Internet, la communication bidirectionnelle était multipliée par un facteur de 29 en seulement 7 ans.

Ces chiffres pourraient donner véritablement le vertige si une simple comparaison avec le vivant nous rappelait que nous sommes des nains face à la nature.

En effet ces chiffres, qui paraissent astronomiques, ne sont, après tout que comparables à la capacité de stockage d’un seul ADN humain et au nombre d’impulsions électriques qui se déclenchent toutes les secondes dans un cerveau humain….

Alors avec ce gigantesque orage cérébral, il n’est pas étonnant que, de temps en temps, quelques pensées soudaines, probables fruits spontanés de quelques connections inattendues, échappent à notre contrôle.

Il n’est pas non plus raisonnable, devant un tel déséquilibre, d’imaginer qu’un jour nous puissions réellement ne serait-ce qu’effleurer le début des prémices d’un commencement de la compréhension exhaustive du fonctionnement du cerveau humain…

Mais au fond qu’y a-t-il de plus sage que de s’habituer à l’idée que l’infiniment grand et l’infini petit ne sont que des rêves qui remplissent notre soif perpétuelle de connaissance ?


Patrice Leterrier

14 Février 2011

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 19:19

transfert-de-donnees-id931

A 

u moment ou les événements qui se passent dans le monde arabe montrent à quel point l’usage des outils modernes de communication peuvent faciliter l’action des manifestants, est-il nécessaire de rappeler que ce n’est pas l’outil internet pas plus que l’imprimerie qui donnera un espoir d’un monde plus démocratique et meilleur mais bien l’usage qu’en feront les hommes ?

Les sociétés totalitaires ont brulé des livres pas "Les" livres.

Il y a fort à parier que les dictateurs les plus futés se serviront de plus en plus d’internet même s’ils "brûlent" certains bloggers, facebookers  et autre twitters.

Il est d’ailleurs terrifiant de voir sur Internet l’appel à la délation des autorités iraniennes après les événements qui ont suivi l’élection truquée de Mahmoud Ahmadinejad….

La facilité offerte par la puissance de recherche apparemment infinie d’un google, l’illusion surcommunicante d’un facebook ou l’encyclopédisme de façade d’un wikipédia n’est soumise à aucune discipline permettant de trier le faux du vrai, l’information de l’intox.

Au nom de quoi tous ces outils nous permettraient-ils de distinguer le juste de l’injuste ?

Le rêve de l’esprit étendu se heurte au mur de la stupidité infinie.

Alors que la lecture d’un livre réel nous conduit à pénétrer dans l’imaginaire de l’auteur pour construire notre propre imaginaire poétique ou à approfondir notre réflexion en restant profondément attentif à des idées sans nous disperser, la pratique d’internet risque de nous engloutir dans une navigation chaotique qui nous conduit à sauter fébrilement d’un texte à une autre texte ou à une image, un son comme le permet la pratique sèrenpiditaire et fractale des addicts du click de la souris.

Si nous admettons que la profondeur de notre pensée est directement liée à notre niveau d’attention, nous pouvons avec Nicholas Carr affirmer que le papillonnage internet peut tout simplement conduire à un appauvrissement de la pensée.

De même que la pratique de la pleine conscience peut conduire à une nouvelle relation entre nous-mêmes et le monde qui nous entoure, de même la lecture séquentielle et soutenue nous isole d’innombrables perturbations qui sollicitent futilement notre conscience.

Faut-il pour autant condamner Internet parce que son usage intensif transforme notre cerveau au même titre que la pratique du sport change notre corps ?

Faut-il y voir une vision apocalyptique d’un monde fragmenté privé de consistance et par conséquent de sens ?

Faut-il ignorer que cet outil donne aussi un accès libre à l’information et à la connaissance à des millions de personnes qui n’ont pas d’autre accès au monde que ce grand capharnaüm ?

D’ailleurs le monde n’est pas plus fragmenté aujourd’hui qu’il ne l’était au temps de la seule télévision ni même qu’il pouvait l’être à l’ère de Dickens pour une enfant regardant les vitrines de Noël dans une rue agitée tandis que les chevaux des fiacres hennissaient et que la cloche des soldates de l’Armée du Salut sonnait à tout rompre.

Ce n’est pas la technologie qui change le monde mais le monde qui change avec la technologie.

Adam Gopnik écrit dans le New Yorker "If all you have is a hammer, the saying goes, everything looks like a nail; and, if you think the world is broken, every machine looks like the hammer that broke it"(1).

Le danger n’est pas l’outil mais son omniprésence et l’usage qu’on en fait.

Le risque n’est pas de tout voir ni de tout entendre mais de perdre le sens de la mesure, d’avoir le jugement qui s’engloutit dans le flot continu d’informations et de bruits intimement mêlés, "a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing"(2).

L’information n’est pas le savoir et le savoir n’est pas la raison ni la conscience.


Patrice Leterrier

9 Février 2011

 

(1) Si la seule chose que vous possédez est un marteau, comme dit le proverbe, tout ressemblera à un clou et, si vous pensez que le monde est en morceau, toute machine vous semblera comme un marteau qui le brise.

(2) un récit plein de bruit, de fureur, qu'un idiot raconte et qui n'a pas de sens.
William Shakespeare Macbeth

 

 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 11:56

logo non fumeurs


D

ans sa tribune sur l’Express, Jacques Attali lance un plaidoyer pour l’interdiction du tabac.

Comparant les effets du Médiator à ceux du tabac, il s’étonne que "personne ne se demande pourquoi on ne traite pas avec la même sévérité un produit totalement inutile, à la nocivité aujourd’hui avérée, consommé chaque jour par 1,3 milliards de personnes dans le monde et qui fait chaque année 5 millions de morts, soit plus que le sida et le paludisme réunis".

Jean Yanne dont on connaissait le sens inné pour la formule, avait lancé dans une émission radiophonique du printemps 1968 son fameux "il est interdit d’interdire".

Pour lui il ne s’agissait bien sûr que d’une de ces boutades dont il avait le secret.

Il ne se doutait probablement pas du retentissement que cette phrase allait avoir auprès d’une jeunesse en désespérance.

J’entends les arguments irréfutables développés par Jacques Attali mais, n’en déplaise à ce brillant esprit, je crois tout de même qu’il ne servirait à rien d’interdire le tabac pas plus qu’il ne serait efficace de prohiber la vente d’alcool.

Il s’agit certes de véritables fléaux pour la santé mais en premier lieu de drogues dont ni les fumeurs ni les alcooliques ne seraient malheureusement (d’abord pour eux) se passer.

On voit d’ailleurs ce que provoque la prohibition.

Elle profite avant tout à des organisations mafieuses que ce soit aujourd’hui pour la drogue ou encore dans les années 20 pour l’alcool aux États Unis.

Il est également trivial mais utile de rappeler que l’addiction est une maladie grave qui ne se guérit pas en évoquant une question de volonté.

Il est aussi trivial de relier le tabagisme et l’alcoolisme à la désespérance et à la misère qui sont des maux dont les politiques ne peuvent se dédouaner en pointant du doigt les victimes.

L’efficacité des images chocs sur les paquets de cigarettes est sujette à controverse et de toute façon s’érode dans le temps, l’habituation prenant le pas sur le dégout et la peur putative qu’il entraine.

Elles pourraient même avoir un effet paradoxal : au lieu de dissuader le fumeur par le danger évoqué avec force, elles pourraient renforcer son sentiment de culpabilité, lequel participe à l’état de stress dont le fumeur pense se soulager justement en allumant une cigarette…

Certes l’absurdité économique est flagrante : taxes sur le tabac (qui, lorsqu’elles deviennent trop importantes, favorisent la contrebande), campagne de publicité, coûts énormes des conséquences en santé publique pour la collectivité et par boucle rétroactive justification d’encore plus de taxes et plus de lois pour isoler de plus en plus le fumeur dans le no man’s land des parias de la société…

On peut espérer une société sans Thalidomide, sans sang contaminé ou plus d’actualité sans Mediator.

On doit lutter avec force pour que ces scandales de la collusion de l’argent et des pouvoirs publics ne détruisent pas la santé de victimes doublement innocentes : Innocentes parce qu’elles ignorent le danger et innocentes parce qu’elles croient prendre un traitement en toute confiance.

Peut-on rêver d’une société sans alcoolique, sans fumeur, sans chauffard ?

Un monde sans tabac est malheureusement une utopie même si elle est séduisante…. 

Je crois que c’est Jacques Attali qui a écrit "l'Histoire moderne a montré que l'utopie est mère de toutes les dictatures".


Patrice Leterrier

7 Février 2011

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