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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 10:34

montre molle


L 

e raz le bol exprimé par nos amis, espagnols, irlandais et grecs devant les conséquences d’une crise dont ils ne se sentent pas responsables mais seulement victimes peut-il changer vraiment la posture des politiques et leurs actions ?

Comme dans le cas du printemps arabe, on voit le rôle d’internet et des médias sociaux pour rassembler et fédérer des mécontentements.

Il reste que, fondamentalement, on ne fait pas la révolution avec des gens qui n’ont pas faim et qui ne sont pas désespérés au sens étymologique du terme c'est-à-dire sans perspective de vie, sans espoir.

La force agrégative d’internet est incontestable mais elle n’est surement ni la cause ni d’ailleurs la solution aux révoltes populaires comme vous le souligne Francis Pisani sur son blog en parlant du paradoxe des médias sociaux et de l’action politique:

Ces mouvements populaires posent aussi le problème de ceux que Jacques Attali appelle sur son blog les quatre échelles de temps.

Je ne parlerais pas de la quatrième échelle, qui est celle de la maladie et de la mort, qu’on s’acharne à oublier pour donner du sens à l’existence en construisant la fable de notre vie (voir l’Espèce fabulatrice de Nancy Houston).

La démocratie vit selon des rythmes qui dépendent de la nature des problèmes posés.

Le temps du juridique, celui auquel est maintenant confronté Dominique Strauss-Kahn, est lent par nature puisqu’il faut prendre le temps d’écouter, de rassembler des preuves, de confronter les points de vue, d’essayer de démêler le vrais du faux avant de trancher.

Bref comme disait en raccourci saisissant François Mitterrand "il faut laisser du temps au temps" (pas vraiment d’ailleurs au temps mais à l’homme pour juger…).

Le temps de la politique –sauf en cas de révolution - est défini par les échéances électorales.

En France il revient pratiquement à un temps unique tous les cinq ans du fait de l’élection du Président au suffrage universel et des parlementaires dans la foulée.

Dans l’intervalle s’exprime l’opinion, les médias, les marchés (financiers, matières premières, pétrole,..) qui sont soumis aujourd’hui à la dictature de l’instantanéité.

Il y a un décalage énorme entre la volonté de voir le pouvoir politique tenir compte des rythmes modernes de changement des réalités sociales, économiques et politiques et le cérémonial quinquennal de la légitimité politique.

Comme l’invention de l’imprimerie avait radicalement changé le temps de la connaissance, Internet est aujourd’hui en partie responsable de cette prise de conscience accélérée des changements du monde, même sil y a, au total, plus de bruits que d’informations sur le net.

Le contrôle de cette prise de conscience échappe au pouvoir politique malgré les efforts, parfois pitoyables voire grotesques, de certains qui continuent à nous raconter des carabistouilles dont on ne peut même pas imaginer qu’ils y croient eux-mêmes.

De sorte que devant le décalage flagrant entre le vécu de chacun et les discours, les plus fragiles, en quête de certitude, se réfugient dans des fanatismes religieux ou xénophobes qui leur promettent un salut eternel ou une vie meilleure en rejetant les autres qu’ils soient des infidèles, des étrangers ou des riches.

Mais paradoxalement aussi le rythme politique est aussi trop rapide par rapport aux enjeux environnementaux comme le réchauffement climatique, le problème des énergies renouvelables et du nucléaire, les grands défis de la santé publique, la bioéthique, les objectifs du millénaire, etc.

Le dilemme de la démocratie moderne, qui reste à inventer, est à la fois de s’adapter aux changements rapides que nous vivons, de ne pas oublier les autres êtres vivants de la terre (toutes espèces confondues y compris végétales) et de ne pas obérer l’avenir des générations futures.


Patrice Leterrier 

21 Mai 2011

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 18:51

tablette


L

es plus anciennes traces d’écriture remontent au troisième millénaire av. J.-C dans la ville antique d'Uruk, au sud de l'Irak non loin d’Ur, lieu de naissance supposé d’Abraham.

A cette époque la civilisation sumérienne rayonnait sa culture du haut de ces Ziggourat à l’origine de la légende de la tour de Babel.

Des scribes reportaient sur des tablettes en argile des informations comptables d’abord sous la forme de pictogrammes puis peu à peu de signes de plus en plus stylisés qui donnèrent naissance à l’écriture cunéiforme.

La lettre A de l’alphabet romain que nous utilisons encore aujourd’hui vient ainsi à l’origine du pictogramme sumérien représentant une tête de bœuf et qui donna naissance à la lettre cunéiforme alpa (alpha en grec).

A peu près à la même époque, les Égyptiens écrivent leurs hiéroglyphes sur des rouleaux de papyrus, plante de la famille des cypéracées, cultivée dans le  delta du Nil.

Selon Pline l’ancien, le roi Ptolémée interdit l’exportation du papyrus parce qu’il était jaloux des deux cent mille rouleaux de la bibliothèque du roi Eumène qui régnait sur la ville hellénophone de Pergame.

C’est ainsi que fut inventé à Pergame le parchemin pour contrecarrer l’interdit du roi Ptolémée.

Le secret du papier, inventé par les chinois au IIIème siècle avant J-C, fut obtenu par le gouvernement musulman de Samarkande en torturant de modestes marchands chinois en 751. Il fut ensuite introduit en Espagne et en Sicile au XIIe siècle puis en Italie au XIIIe.

L’invention du Codex, c'est-à-dire le passage du rouleau à des pages reliées ensemble et une couverture que nous connaissons encore aujourd’hui, serait dû à un libraire romain du nom de Secundus en 85 de notre ère.

La diffusion du livre prendra l’essor qu’il connaît encore avec l’invention d’un petit fabricant de miroirs allemand Johannes Gutenberg qui fit imprimer le premier livre moderne, une bible en 1456. N’ayant pu rembourser l’atelier d’imprimerie malgré le travail effectué à ses Bibles, Gutenberg meurt ruiné dans la misère en 1468.

Les ventes globales de livres aux Etats Unis pour le mois de janvier 2011 s’élevaient à 805,7 millions de dollars et le segment du livre numérique est en passe de franchir la barre des 10% de parts de marché, une progression vertigineuse de 116 % en un an.

Cette progression pourrait faire penser que la généralisation future des ebooks et autres tablettes comme l’Ipad serait le début de la disparition du vieux codex comme lui-même avait condamné les rouleaux au rang de curiosité historique.

Il semble que c’est prendre un raccourci un peu rapide et méconnaitre en fait l’usage complexe et notamment le caractère kinesthésique du rapport du lecteur avec le livre.

Sur son blog, Nicholas Carr revient sur une étude faite par une équipe de chercheurs de l’Université de Washington.

En 2009, ils ont fourni à des groupes d’étudiants des ebook Kindle qui étaient chargés avec les manuels des cours.

À la fin de l'année scolaire, près des deux tiers des étudiants avaient abandonné le Kindle ou ne l'utilisaient que rarement

Les principales raisons de cet abandon sont liées aux limites du Kindle et peuvent trouver des solutions techniques comme par exemple l’impossibilité de passer facilement d’une page d’un manuel à celle d’un autre, d’annoter des cours, de marquer des pages pour les retrouver ou encore l’usage de la couleur dans des schémas impossible sur Kindle.

Il reste que, même avec ces fonctions, l’avantage du livre électronique n’est pas évident pour des étudiants ayant l’habitude de consulter simultanément divers manuels ouverts à la bonne page, surlignés ou encore commentés en marge.

Il y a enfin un aspect qu’aucun instrument électronique donnant accès séquentiellement à un nombre infini de pages virtuelles ne pourra apporter.

Il semblerait que nous construisons une sorte de carte cognitive du livre que nous lisons.

Une forme de perception inconsciente de l'emplacement physique d’un texte et de sa relation spatiale avec l’ensemble des autres textes du livre.

Nous utilisons également le poids d’un livre pour situer un texte recherché dont nous avons gardé le souvenir de la position géographique.

Cela ne veut évidemment pas dire que ces nouveaux outils si prometteurs ne trouveront pas leur place dans le matériel pédagogique.

Les tablettes offrent et offriront encore plus dans le futur de formidables possibilité d’accès à des pages virtuelles qu’elles contiennent des textes, des images ou des vidéos venant supporter les besoins de formation ou plus simplement le désir de vagabondage des utilisateurs qu’on ne peut plus qualifier seulement de lecteur.

L’invention de Secundus a donc encore de beaux jours devant elle, même si les formidables fenêtres que sont ces tablettes en silicium (et non en argile) bouleversent et bouleverseront encore plus dans le futur notre relation au monde et à la culture.


Patrice Leterrier 

14 Mai 2011

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 16:01

Autruche politique


L 

IPCC (International Panel on Climate Change) vient de publier un rapport sur la contribution possible des énergies renouvelables à la diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Cent vingt experts venus du monde entier ont étudiés 160 scénarios de contribution des différentes sources d’énergie renouvelables : bioénergie, solaire, géothermique, hydraulique, énergie des océans, éolienne.

Ils en ont retenu quatre qu’ils ont étudié plus avant dans le but d’éclairer (si possible) les hommes politiques de la planète dans leurs décisions.

Le plus optimiste (mais qui n’a rien d’irréaliste) de ces scénarios aboutit à la prévision que d’ici 2050 plus de 77% de la demande mondiale en énergie pourra être fournie par des énergies renouvelables.

Ce scénario prévoit entre autre une réduction significative de l’augmentation de la demande. C’est un message adressé aux politiques qu’il ne faut  pas sous-estimer les négawatts. Ils sont une des sources les plus rentables et les plus faciles à mettre en œuvre pour diminuer la demande.

La question des coûts des énergies renouvelables est souvent mise en avant par les réalistes tenant du statuquo contre les rêveurs adeptes des énergies renouvelables.

A ce sujet, le rapport souligne que si on tenait compte des impacts environnementaux tels que les émissions de polluants et des gaz à effet de serre, et sans tenir compte des innovations et améliorations attendues, la comparaison ne serait pas si défavorable aux énergies renouvelables.

Le message des experts est donc que dans le bilan économique d’une source d’énergie les dirigeants devraient déjà intégrer ces coûts indirects mais bien réels sous forme de taxes ou d’impôts pour les pollueurs puisque tôt ou tard ils seront à payer sous une forme ou sous une autre par les générations futures.

Les experts soulignent également que les énergies renouvelables contribueront plus à la baisse du CO2 dans l’atmosphère que le nucléaire ou que la recapture et le stockage du gaz carbonique des centrales thermiques.

Voilà donc qui contredit les tenants du tout-nucléaire qui ont toujours mis en avant la faible émission de CO2 dans l'atmosphère de la source nucléaire.

Dans l’esprit de beaucoup les énergies renouvelables ne sont que des énergies d’appoint étant donné l’ampleur de la demande.

Pourtant les scenarios analysés en détail n’utiliseraient que 2,5% des énergies renouvelables potentiellement utilisables sur notre planète…

Il y a donc de la marge et les scenarios étudiés ne sont pas l’œuvre de quelques savants rêveurs prenant leurs désirs pour des réalités !

On dit souvent que l’abandon du nucléaire ferait bondir la facture énergétique de la France et serait un retour au moyen âge.

C’est probablement vrai à court terme mais c’est tout de même aussi beaucoup faire la politique de l’autruche et faire payer la facture environnementale aux générations futures.

Il est vrai que les élus ne le sont que pour cinq ans et qu’on parle ici de l’avenir des enfants et de nos petits enfants.


Patrice Leterrier 

11 Mai 2011

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 16:21

Achantis


V 

ous connaissez peut-être moins le footballeur Christian Karambeu que sa très médiatique ex-épouse Adriana Sklenaříková. 

Mais saviez-vous que son grand-père Lahi avait été emmené de force en métropole, avec d'autres Kanaks, et exposé, dans une cage comme un animal dans un zoo, au Jardin d'acclimatation de Paris lors de l'exposition coloniale de 1931 ?

Ces zoos humains, tradition bien française depuis le milieu du XIXème siècle, rencontraient un grand succès populaire et participaient grandement à la construction d’une image des "noirs" s’inscrivant dans le monde de l’animalité.

Vous n’en trouverez aucune trace dans les livres d’histoire alors qu’ils ont constitué le premier contact populaire réel entre l’Autre exotique et les français

L'exposition coloniale de 1931 visait à magnifier le rôle pacificateur de la France dans l’empire. C’était une gigantesque fantasmagorie bâtie pour conforter ce sentiment de puissance et de triomphe de la civilisation et du génie français qui sortait des sauvages de leur bestialité.

Ces "êtres primitifs" étaient exposés comme des bêtes à des visiteurs tantôt inquiets, tantôt moqueurs, parfois lubriques mais rarement gênés dans des décors de carton-pâte censés représenter leurs habitats d’origine.

Il s’agissait d’une mise en scène intentionnelle de l’Autre dans un but explicite d’infériorisation.

Ils apparaissaient comme des êtres frustres et primitifs et les colonisateurs comme des bienfaiteurs de l’humanité. Nous étions bien dans la lignée d’un Jules Ferry qui disait avec une conviction affligeante "les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures". Et puis il y avait aussi le prétexte "missionnaire" de sauver les âmes en perdition.

Le ministre des colonies Paul Reynaud n’avait-il pas déclaré lors de l’inauguration de l’exposition "la colonisation est le plus grand fait de l'Histoire"

Une sorte de champ du cygne du mythe encore puissant à l’époque de la mission civilisatrice de la France dans le monde même si certains, comme les surréalistes, s’élevaient déjà contre le concept de la "grande France", contre "le dogme de l'intégrité du territoire national invoqué pour donner à ces massacres une justification morale" .

Ils n’empêchèrent pas à huit millions de visiteurs (dont la moitié de parisiens) d’assister à cette grande mise en scène et de se conforter une dernière fois avant le cataclysme de la guerre de la puissance de la France et de la supériorité du blanc sur l’indigène.

Ces “villages nègres” ne furent pas le fait de quelques extrémistes racistes.

La république les a soutenus et accompagnés avant de les intégrer pleinement dans les grandes expositions coloniales de 1922 et 1931.

Ces exhibitions étaient une manifestation flagrante du décalage qui existait entre le discours sublimant les valeurs de la République de liberté et d’égalité et la pratique.

Ils ont grandement contribué à créer ce regard condescendant sur l’autre et singulièrement sur le "noir" qui "n’existe que dans le regard, qu’il soit populaire, xénophobe, scientifique ou artistique".

Aujourd’hui le landerneau footballistique est secoué par un scandale créé par les propos de certains de ses dirigeants invoquant la création de quotas pour les joueurs d’origine africaine.

Comment ne pas faire le lien entre cet événement et l’ancrage encore profond de ce regard différent sur le "noir" dont chacun sait qu’il est "fait pour le sport".


Patrice Leterrier

4 Mai 2011

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 16:17

0B

Benoit XVI

L 

e président zimbabwéen  HURobert MugabeUH est  HUarrivé ce matinUH à bord d'un vol spécial d'Air Zimbabwe en provenance de Harare à l'aéroport romain de Fiumicino en vue de sa participation à la cérémonie de béatification de Jean Paul II.

A quoi servent les condamnations unanimes des états si le pape peut inviter en toute impunité  Robert Mugabe à la béatification de son prédécesseur ?

Il avait déjà été  HUinvitéUH dans l’indifférence générale aux  HUobsèques de Jean Paul IIUH en 2005.

Jean Paul II se retournera-t-il dans sa tombe lorsque le tyran aux mains pleines de sang s’inclinera sur son cercueil ?

Le  HUpère LombardiUH défend la position du saint siège en déclarant "le Zimbabwe est un Etat avec lequel le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques [..] Il n'y a donc rien à cacher" sur la présence de ce président africain, qui sera aux côtés de quinze autres chefs d'Etat du monde entier.

Rien à cacher sur sa présence mais tout sur les souffrances et les injustices qu’il fait subir à son peuple qu'il affame et maltraite sans vergogne.

Le "Saint" Père invite :

·    Un homme dont la  HUdernière électionUH  fut une forfaiture condamnée par le monde entier.

·    Un homme qui déclarait en 2003 "Hitler avait un seul objectif : la justice pour son peuple, la souveraineté pour son peuple, la reconnaissance de l'indépendance de son peuple et ses droits sur ses ressources"!

·    Un homme qui reconnait  HUavoir recoursUH à la torture.

·    Un homme qui est interdit de voyage sur le sol de l'Union européenne depuis plusieurs années, en raison de ses atteintes répétées et massives aux droits de l'homme, à la liberté de la presse et à la liberté d'opinion !

·    Un homme condamné par la Conférence des évêques d'Afrique australe en2008,

·    Un homme qui  HUfêtait en grande pompeUH  l’année dernière son 86ème anniversaire alors que son peuple mourrait de faim et était décimé par une HUépidémie de choleraUH.

Mais c’est un homme qui affiche un catholicisme on ne peut plus orthodoxe et  une HUhomophobieUH  qu’il érige en loi contre les homosexuels.

Il  HUdéclaraitUH  en 1995 "Je trouve insultant et répugnant pour ma conscience humaine que des organisations si immorales et répugnantes, comme celles d'homosexuels, qui font offense à la fois à la loi de la nature et à la morale religieuse que notre société a épousée, puisse avoir un quelconque porte-parole parmi nous et où que ce soit dans le monde."

Le Vatican semble se dire "Recevons les tous, Dieu reconnaîtra les siens" !

Honte à celui qui accueille l’un des pires tyrans encore en exercice parce qu’il se dit catholique !


Patrice Leterrier

30 Avril 2011

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 22:03

neurones


M 

algré ce titre, il ne s’agit pas de parler de la faillite cérébrale des politiques qui aujourd’hui ont de plus en plus tendance à réagir de façon pavlovienne aux événements sans mobiliser outre mesure leur cortex préfrontal.

Par exemple immigrés déclenchent un reflexe incontrôlé de replis et de refoulement à la frontière, catastrophe nucléaire une bouffée délirante de négationnisme aveugle aux risques, augmentation exponentielle des prix une paranoïa éducative pour former notre bon peuple car chacun sait qu’il n’y a pas de problème de prix mais des ignares bien incapables de choisir tout seul les produits adéquats, etc.

Il ne s’agit pas non plus de neutraliser ces mauvais neurones de la violence qui se trouvent dans une zone bien définie appelée la division ventrolatérale de l'hypothalamus ventromédian.

Des chercheurs de l'Institut de technologie de Californie ont en effet découvert que, chez le rat, l'activation de neurones dans cette minuscule zone provoque des accès de rage incontrôlés.

Le piquant de l’expérience est que lorsque le rat est occupé à honorer une femelle, l’excitation de la zone ne provoque d’accès de rage que dans 30% des cas.

La stratégie des bonobos qui consiste à régler les conflits par des relations sexuelles trouve ainsi une justification.

Pas étonnant puisqu‘on apprend que ces charmants primates - dont la population est passée de 100 000 individus à 10 000 en 30 ans – sont capables de communiquer avec leurs congénères par des modulations phoniques pour signaler la présence de nourriture appétissante.

Il ne s’agit pas plus de l’état questionnable des neurones d’un pape qui invite un tyran à assister à la béatification de son prédécesseur dont on pourrait imaginer qu’il s’en retourne dans sa tombe.

Honte à celui qui invite Robert Mugabe, le président du Zimbabwe, alors qu'il affame et maltraite son peuple.

Un homme dont la dernière élection fut une forfaiture condamnée par le monde entier.

Un homme qui déclarait en 2003 "Hitler avait un seul objectif : la justice pour son peuple, la souveraineté pour son peuple, la reconnaissance de l'indépendance de son peuple et ses droits sur ses ressources"!

Un homme qui reconnait avoir recours à la torture.

Un homme qui est interdit de voyage sur le sol de l'Union européenne depuis plusieurs années, en raison de ses atteintes répétées et massives aux droits de l'homme, à la liberté de la presse et à la liberté d'opinion.

Il ne s’agit pas enfin d’endormir les neurones responsables du reflexe irrépressible qui nous amène à proférer des jurons lorsque nous nous prenons les doigts dans la porte de l’ascenseur.

Des scientifiques de l’université de Keele au Royaume-Uni affirment que proférer des gros mots peut agir de manière efficace contre la douleur, surtout pour les gens qui n’utilisent habituellement pas de jurons peut-être parce que cette furie verbale entraine une accélération du rythme cardiaque.

Il s’agit d’une découverte faite par Giulio Tononi et Vlad Vyazovskiy, chercheurs à l’université de Wisconsin-Madison (Etats-Unis), ont étudié en détail les effets d’une veille prolongée sur des rats.

Les résultats sont qu’elle provoque la désactivation très courte de neurones dans certaines régions du cortex comme pendant le sommeil paradoxal.

Un peu comme si le cerveau se vengeait de l’épreuve subie et nous rappelait qu’il ne suffit pas de penser pour être conscient.


Patrice Leterrier

29 Avril 2011

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 16:54

internet

S

elon les statistiques officielles de Facebook, le premier réseau social au monde compte plus de 500 millions d’utilisateurs actifs qui se connectent en moyenne plus de 23 heures par mois.

La moitié d’entre eux le font via leurs téléphones portables.

Les utilisateurs actifs ont en moyenne 130 "amis" mais est-ce vraiment possible ?

Si on ajoute à ces statistiques celles de Twitter (200 millions), de Linkedin (100 millions) et celles des 29 réseaux sociaux dépassant le million d’utilisateurs actifs, il est incontestable que cet envahissement des réseaux dans la vie quotidienne de millions de personnes représente un changement radical dans la relation aux autres.

En somme une nouvelle sorte d’altérité virtuelle, désinvestie de contact physique qui n’est pas sans conséquence sur les formes traditionnelles de relation humaine.

On pourrait aussi parler du temps passé à écouter de la musique sur Itunes, à regarder des vidéos sur Youtube ou Dailymotion, à interroger les moteurs de recherche Google, Yahoo, Bing, à envoyer ou à recevoir des SMS ou des MMS sur son smartphone.

Il y a aujourd’hui plus de 5 milliards de téléphones portables dans le monde (soit plus d’un par habitant) dont un quart sont des smartphones.

Il vous est probablement arrivé de prendre les transports en commun aux heures de pointe.

Essayez de croiser un regard et vous serez immédiatement suspecté de je ne sais quelle intention malsaine car plus personne ne regarde personne.

Les usagers s’isolent de plus en plus de leur environnement direct.

Ils sont occupés soit à taper avec une agilité déconcertante des messages sur leurs téléphones, soit à regarder leurs emails ou des vidéos, soit à écouter de la musique sur leurs baladeurs en même temps qu’ils caressent avec dextérité leurs écrans lilliputiens.

La cité, aussi peuplée, aussi vivante, aussi bruyante qu’elle soit, n’existe plus pour ces esclaves de la technologie.

Ils sont connectés avec tout l’univers mais sont plus seuls que jamais dans cet infini illusoire

Ils restent bien quelques lecteurs de vrais livres ou de vrais journaux même si certains mixent cette activité avec l’écoute de musique sur leurs ipads.

Mais il n’est pas anodin d’apprendre que la vente de titres sur ebook a dépassé celle des livres traditionnels aux États unis en février 2011.

La révolution Copernicienne du Web en déplaçant le centre de gravité de l’univers internet des utilisateurs du PC vers le portable ou la tablette, favorise cette explosion des applications sur internet qui restreint paradoxalement la liberté des utilisateurs.

Tim Berners-Lee, le génial inventeur du World Wide Web, affirme, dans un article de Scientific American, que le web doit être défendu comme la démocratie face à l’envahissement des applications qui confisquent votre identité virtuelle.

Quelles ques soient les bonnes intentions affichées de ces monopoles applicatifs (comme Facebook ou Google), ils sont naturellement enclins à conserver les informations que vous leur confiez dans leurs jardins privés.

Cela les rend beaucoup plus vulnérables à des interventions de lobbies, financiers, politiques ou policiers qui pourraient les obliger à délivrer des informations personnelles ou filtrer ce qui est autorisé de ce qui ne l’est pas, même si on se souvient de la bataille de Google contre le gouvernement chinois pour préserver son "indépendance".

Avez-vous remarqué par exemple qu’on peut dire j’aime et pas je n’aime pas sur Facebook ?

Essayez donc également d’extraire les informations que vous avez "confiées" à Facebook pour les utiliser dans une autre application.

Vous verrez à quel point cette "sympathique application" protège jalousement ces informations pour son usage personnel et non pour vous permettre d’en jouir à votre convenance dans l’univers ouvert du web.

Vous ne pouvez accéder aux contenus de la bibliothèque Itunes qu’à travers l’application développée par Apple alors que des formats standards comme MP3 permettent la libre circulation des sons sur le net et sont accessibles par des milliers d’applications, y compris celles que vous pourriez vous-même écrire.

De nombreux sites de journaux et de magazines en ligne vous proposent leurs propres applications sur smartphone pour accéder à leurs contenus.

La facilité d’accès est souvent le prétexte avancé pour justifier cet enfouissement de plus en plus répandu des interfaces standards proposées par le World Wide Web Consortium.

Mais ces jardins clos, quelle que soit la richesse des fonctions proposées, ne seront jamais qu’un sous-ensemble limité de l’immense diversité et richesse offerte par le web.

De plus la tendance monopolistique des grands sites de recherche et de réseaux sociaux est un frein à l’innovation.

Tant que le web continuera à être utilisé, y compris sur des smartphones ou des tablettes, la liberté d’échange et de partage pourra être garantie par l’Architecture même du web qui est ouverte, gratuite et publique.

Dès lors que l’utilisateur confie sa liberté d’action à des applications, il devient l’esclave volontaire ou involontaire de l’évolution voulue et recherchée pour son propre intérêt par le propriétaire de l’application.

Même si certaines applications sont incontestablement des facilitateurs irremplaçables pour accéder à des contenus dont le nombre et la complexité augmentent de manière exponentielle, il est important que le monde du Web reste ouvert aux innovations et qu’il garantisse à chacun une parfaite neutralité pour construire son propre environnement en fonction de ses attentes, de ses valeurs, de ses convictions, etc. en somme de sa liberté.

L’explosion du printemps arabe n’aurait probablement pas été possible sans des Twitter, Facebook et autres outils de communications mais la liberté de l’accès à toutes les formes d’informations et de connaissances semblent bien être l’une des clefs de l’ouverture des peuples opprimés à la démocratie. 

Tim Berners-Lee n’hésite pas, dans sa conférence au MIT Symposium, à affirmer que l’accès au Web devrait être reconnu comme un droit universel de l’homme : "It's possible to live without the Web. It's not possible to live without water. But if you've got water, then the difference between somebody who is connected to the Web and is part of the information society, and someone who (is not) is growing bigger and bigger."*


Patrice Leterrier

21 Avril 2011

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* Il est possible de vivre sans le Web. Il n’est pas possible de vivre sans eau. Mais si vous avez accès à l’eau, alors la différence entre celui qui est connecté au web et participe à la société de l’information et celui qui n’y a pas accès devient de plus en plus immense.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 17:26

 

souris ane

L 

es autistes possèdent d’étonnantes capacités de traitement de l'information visuelle, les personnes atteintes du syndrome Gille de la Tourette excellent dans le contrôle des impulsions (comme dans le jeu "Jacques a dit"), les aveugles de naissance ont une sensibilité plus fine à la chaleur et à la douleur et un odorat plus affiné que le notre.

Autant de preuves, selon les neurologues, des capacités d’adaptation et de régulation compensatoire du cerveau.

Mais il est aussi étonnant d’apprendre que la simple stimulation électrique transcrânienne peut sensiblement améliorer l’intuition dans la résolution d’énigmes classiques qui consistent à transformer une formule arithmétique écrite avec des allumettes en chiffres romains en ne déplaçant qu’une allumette comme par exemple rendre juste l’égalité fausse suivante :

III = IX – I *

Ce test étrange a été réalisé par le professeur Allan W. Snyder et Richard P. Chi (Doctorant) du Centre for the mind de l’Université de Sydney en Australie.

L’explication de ce phénomène serait que la stimulation du cortex temporal droit généralement associé à nos capacités imaginatives conjuguée avec l’inhibition du coté trop rationnel de notre cerveau gauche nous donnerait une sorte de nouvelle virginité pour trouver plus facilement une solution inventive.

Les auteurs font d’ailleurs remarquer que les grandes découvertes sont souvent l’œuvre de génies très jeunes pas encore empêtrés dans des monceaux de connaissances.

Il est connu que nous avons plus de facilités à admettre un fait en concordance avec notre expérience qu’à accepter ce qui la dérange.

En somme une sorte d’inhibition intellectuelle qui nous empêcherait d’envisager des voies inexplorées pour résoudre un problème.

Notre cerveau serait-il d’un naturel paresseux ?

Une autre étude menée par Bu Zhong, Marie Hardin (de L’université de Pennsylvanie) et Tao Sun de l’Université de Vermont sur la personnalité des utilisateurs de facebook tendrait à démontrer que les personnes les moins avides de raisonnements approfondies (mesuré par l’échelle de besoin en cognition) sont aussi celles qui participent le plus sur les réseaux sociaux comme Facebook et qui ont le plus d’amis sur ces sites.

Un peu comme si les gens qui chercheraient à avoir le plus de relations sur Facebook combleraient de cette manière leur répugnance à approfondir leurs réflexions.

Facebook serait-il donc un réseau pour les nuls ?

C’est la conclusion de Nicholas Carr mais je lui en laisse la paternité…


Patrice Leterrier

18 Avril 2011

 

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* A vous de trouver la solution…

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 10:57

Tour de Babel


D 

idier Norton affirme que "se prend au sérieux celui qui, surestimant sa maîtrise sur le cours de choses, pense que ses interventions auront les conséquences qu’il a voulues et prévues".

Il ajoute "une idée n’est jamais une expression exacte et sans appel. On y trouve toujours des zones d’ombres. Comme un mécanisme mal ajusté, elle présente du jeu".

Et la façon dont les hommes communiquent leurs idées par le langage est une question primordiale à laquelle Noam Chomsky, le père fondateur de la linguistique générative, a consacré ses recherches.

Deux études récentes apportent un éclairage nouveau sur l’origine du langage et sur son évolution à travers le temps.

Tout d’abord celle de Quentin Atkinson qui renforce, par l’hypothèse d’une langue ancestrale commune, la théorie africaine de l’origine d’Homo Sapiens même si sa migration via le moyen orient semble avoir été plus précoce que ce que l’on croyait jusqu’à présent avec la découverte de huit dents dans la grotte Kassem, a quelques encablures de Tel Aviv qui témoigneraient de la présence d’Homo Sapiens en Israël il y a près de 400 000 ans.

Ses recherches s’appuient sur l’étude des phonèmes et sur une idée, empruntée à la génétique des populations, connue sous le nom d'"effet fondateur".

De son coté, Michael Dunn, de l’Institut de psycholinguistique Max Planck aux Pays-Bas, et son équipe se sont attaqués à la phylogénie des langues c'est-à-dire la construction de leur arbre généalogique comme le font d'habitude les biologistes pour classifier les espèces d'animaux.

En analysant l'ordre des mots et l’évolution de cet ordre pendant 4 000 ans dans 79 langages indo-européens, 130 austronésiens, 66 bantous et 26 uto-aztèques, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que "l’évolution culturelle est le facteur principal qui détermine la structure linguistique", contredisant ainsi en apparence les théories de Noam Chomsky sur des universels du langage.

Michael Dunn pense qu’il faut chercher des capacités cognitives plus profondes pour trouver ce que les langues ont en commun*.

Selon la légende de la tour de Babel la diversité des langues est la punition infligée par Dieu pour punir l’orgueil du roi Nemrod qui voulait atteindre le ciel.

C’est de cette époque que la genèse date la dispersion des hommes et la diversité des langues sur la terre.

Le lieu n’est probablement pas le bon - même si on prend en compte les découvertes de la grotte Kassem - mais cette émergence de langues multiples et variées à partir d’une origine unique et probablement africaine n’est pas si absurde.

Le chemin qui sépare l’homme de la connaissance des mécanismes qui régissent l’apparition et la conservation des langues reste encore immense.

On peut se demander avec l’universalité des échanges que nous vivons aujourd’hui si cette diversité ne disparaitra pas et si les langues ne deviendront pas des fossiles culturels témoins d’une époque où les moyens de communication et d’échange étaient limités.

La conservation des langues pourra alors s’apparenter à celles des espèces disparues ou en voie de disparition.

Au demeurant cette diversité n’est probablement pas la cause - comme semblait le vouloir la main divine - de l’incompréhension entre des hommes qui se prennent trop souvent au sérieux…


Patrice Leterrier

17 Avril 2011

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*What languages have in common is to be found at a much deeper level. They must emerge from more-general cognitive capacities


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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 12:39

 

panier


L

es politiques français ont l’habitude de parler des problèmes par périphrases.

Parfois c’est drôle comme par exemple la petite phrase de Najat Belkacem, adjointe au Maire de Lyon : "Il ne faut pas que le PS se laisse électrocuter par ses courants".

Mais le plus souvent c’est une stratégie pour noyer le poisson.

Ainsi il n’y a pas d’aveugle dans notre pays mais des non-voyants, pas de sourd (à part les hommes et femmes politiques devant le désarroi de leurs concitoyens) mais des malentendants, pas d’handicapé mais des personnes à mobilité réduite ou à quotient intellectuel faible, pas de cancéreux mais des patients atteints d’une longue maladie, pas de pauvre (sauf prés de 2 millions de français) mais des gens à faible pouvoir d’achat.

Et voilà que Zorro - alias Frédéric Lefebvre l’auteur d’un ouvrage au titre racoleur le mieux est l’ami du bien (enfin auteur partiel si on en croit la quantité de passages copier/coller) a trouvé le mieux - c'est-à-dire le remède miracle - pour nourrir ces pauvres gens bien incapables de faire seuls leurs achats.

Tout le monde sait que la pauvreté est synonyme d’indigence mentale et d’ailleurs comme dirait un énarque il faudrait n’avoir personne au dessous de la moyenne…

Ce miracle s’appelle le panier des essentiels, lancé comme une nouvelle marque de dentifrice devant les caméras de nos chaines de télévision par notre Zorro de la consommation.

Il était franchement assez écœurant de voir les regards goguenards des patrons de la grande distribution trop heureux de l’aubaine qui leur est donnée de faire oublier leur difficile combat contre le hard discount et l’étouffement des petits producteurs qui n’ont pas de Zorro gouvernemental pour les soutenir !

Il fallait bien cette initiative pour éduquer les personnes à faible pouvoir d’achat qui autrement ont tendance à acheter n’importe quoi quand il s’agit de se nourrir.

Des fois qu’ils aient envie d’autre chose que de l’essentiel ! Il ne faut pas exagérer quand même après ils viendront se plaindre de ne pas avoir assez pour mettre un peu de gasoil dans la vieille guimbarde qu’ils n’ont pas pu changer même avec la prime à la casse….

Et puis d’ailleurs leurs poubelles roulantes n’aura plus le droit de rouler dans Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Paris, Saint-Denis, Bordeaux, Nice et Aix-en-Provence parce que la ministre de l’écologie en a décider ainsi pour purifier l’air des grandes villes.

C’est tellement plus important que de nous dire comment on envisage la politique énergétique de la France, le deuxième pays nucléaire derrière les États Unis (et le premier en pourcentage), après la catastrophe déjà presqu’oubliée de Fukushima.

Il est vrai que nos dirigeants ont d’autres chats à fouetter avec ces immigrés qui viennent prendre les paniers des essentiels des pauvres français.

Le drame c’est qu’à force de prendre nos concitoyens pour des demeurés incultes, ils finissent par crédibiliser les discours des extrémistes de tout bord qui ont beau jeu de brandir leurs solutions miracles pour régler les problèmes bien réels et quotidiens des français.

Comme disait l’inspecteur Antoine Bourrel : Bon sang mais c’est bien sûr ! Il suffit de prendre l’argent des riches et de virer tous ces étrangers pour retrouver la prospérité dans notre beau pays de cocagne !


Patrice Leterrier

9 Avril 2011

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