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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 15:08

cyberespace


D 

ans un rapport commandé par l’International Commission on Nuclear Non-proliferation and Disarmament, Jason Fritz affirme que des "cyberterroristes pourraient aussi provoquer un tir nucléaire en imitant les systèmes d’alarme et d’identification ou en endommageant les réseaux de communication" 

Il ajoute même que ce type d’attaque pouvait être "une alternative plus facile pour des groupes terroristes que la construction ou l'acquisition d'une arme nucléaire". 

Leon Panetta, futur secrétaire à la défense américaine a récemment déclaré "le prochain Pearl Harbour auquel nous seront confrontés pourrait très bien être une cyberattaque".

Ces affirmations sont de nature à déclencher la psychose d’une cyber-apocalypse venant remplacer dans l’imaginaire collectif celle d’une déflagration nucléaire mondiale qui courait au plus fort de la guerre froide dans les années 60.

La seule parade à ce risque serait un désarmement nucléaire total, mondial et coordonné qui n’est concevable (et encore) qu’en faisant usage de la force contre les pays potentiellement nucléaires et voyous.

Ce serait en fait faire courir un risque éminemment supérieur de réaction en chaine incontrôlable,

Force est de constater que nous vivons dans un monde où l’instantané est roi, ouvert à tous, interconnecté et d’une complexité sans cesse grandissante.

Dans ce monde nous ne sommes pas à l’abri de génies malveillants ni malheureusement d’un enchainement de circonstances voulues ou accidentelles à la manière de l’effet papillon d’Edward Lorenz.

Dans son rapport Jason Fritz écrit : “Une cyberattaque réussie nécessite de ne trouver qu’une seule faiblesse tandis qu’une cyberdéfense réussie nécessite de trouver toutes les faiblesses possibles. 

Cette vision paranoïaque et clairement "11 septembriste"de l’impossibilité de se prévenir réellement des risques inhérents au cyberespace ne mérite-t-elle pas d’être tempérée ?

A supposé que la première partie de son raisonnement soit vraie (ce qui reste à démontrer) l’efficacité d’une cyberdéfense ne repose-t-elle pas en premier lieu sur la robustesse de l’architecture d’isolation mise en œuvre et non pas sur une exhaustivité des parades ?

Pour simplifier, c’est le même principe que celui de la chambre forte des coffres bancaires mais avec des murs totalement impossibles à percer, ce qui est réalisable concernant l’isolation des effets des ondes électromagnétiques par de vulgaires cages de faraday.

On sait aussi que même si des solutions efficaces existent (et sont probablement mises en œuvre concernant le nucléaire militaire), elles ne sont pas forcément appliquées pour des raisons souvent médiocrement économiques à court terme (exemple un mur anti-tsunami d’une hauteur insuffisante) voire par une évaluation cynique du rapport coût/risque.

De plus l’isolation de l’extérieur ne règle pas le problème de la sécurité intérieure du système.

On a vu avec l’affaire Kerviel les dégâts que pouvaient faire un petit génie agissant de l’intérieur. En l’occurrence on ne parlait que de milliards d‘euros et pas de vies humaines…

La malveillance et la folie destructrice sont probablement uniformément réparties dans la population et le risque n’est pas uniquement dû aux seuls groupes terroristes que l’on nous montre symboliquement du doigt pour identifier le diable.

Dans l’univers du principe de précaution à outrance dans lequel nous vivons, certains attendent un environnement totalement aseptisé et sécurisé.

Personne ne peut évidemment le garantir mais faut-il pour autant vivre dans la crainte permanente comme ces pauvres victimes de gourous annonçant la fin du monde le 21 décembre 2012 ?

La vie n’est jamais sans risque mais reste tout de même une bien belle aventure même si le pire n’est jamais décevant.


Patrice Leterrier 

15 Juin 2011

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 19:03

vache


U 

ne vache qui donne du lait humain, un paraplégique qui marche et un aveugle qui voie avec sa langue ou une rétine artificielle, un ordinateur qui bat les champions de jeopardize n’ont apparemment rien en commun.

Et pourtant ils sont les témoins de trois révolutions en marche : le mariage de la cybernétique et de la médecine, les progrès de la biogénétique et l’incroyable puissance conjuguée du concept d’informatique dans les nuages et des immenses bases de données qui ouvrent une nouvelle ère dans la relation homme machine.

L’explosion concomitante des technologies de l’information, des biotechnologies des nanotechnologies et des neurosciences crée un paradigme post-humain qui s’affranchit de la lenteur de l’évolution darwiniste.

Déjà avec les progrès de l’alimentation et ceux de la médecine, la taille moyenne de l’homme et l’espérance de vie ont plus changé en moins d’un siècle qu’au cours du millénaire qui précède.

Dans une conférence tenue en Octobre 2008 et intitulée "humanité pour le post humain", le philosophe Yves Michaud nous posait déjà la question "Que se passe-t-il si s'ouvre la perspective d'une transcendance à la fois par rapport aux dieux et par rapport à l'idée de l'homme elle-même"?

Soulignant le saut quantique des capacités de l’homme d’agir sur son espèce, voyant dans le dopage, l’usage de la drogue et la frénésie du recours à la chirurgie esthétique des signes évidents de la propension grandissante de l’homme à agir sur lui-même pour se transformer, Yves Michaud affirmait donc "nous sommes en fait entrés dans les temps de l’instrumentation de soi et du dépassement de l'humain. Le post-humain, c'est la perspective de l'homme non seulement artificiel, le cyborg, mais d'un homme infiniment plastique qui peut générer ses propres transformations."

Ainsi l’homme n’a plus à subir sa condition, à construire l’humanisme comme la continuation de la sagesse du passé mais il peut (et peut-être doit) se réinventer.

Ayant tué Dieu et peut-être l’homme lui-même au sens humaniste du terme, l’homme peut-il encore vraiment trouver le sens de sa propre action sur sa destinée et sur son quotidien ?

Aujourd’hui il baigne dans la béatitude de la découverte enfantine de la puissance de cette technologie qu’il regarde comme son œuvre, et par conséquent comme tenud à distance, mais elle envahit de plus en plus son quotidien, elle modifie les conditions même de son avenir, elle abolit des frontières entre le genre humain et le monde animal, elle supplante et supplantera de plus en plus ses défaillances biologiques, cognitives  et culturelles au point de laisser entrevoir l’illusion d’une éternité accessible, une sorte d’épousailles avec la technologie renouvelant le mythe de la nymphe et reine de l'île d'Ogygie Calypso qui promettait la vie éternelle à Ulysse (on connaît le choix sage de ce dernier de rejoindre Pénélope).

Aujourd’hui où la technologie triomphante nous éblouie par ses prouesses sans cesse renouvelées, le besoin de sens, de signification à l’action humaine doit impérativement reprendre sa place, son sens philosophique et politique dans l’acceptation étymologique du terme, c'est-à-dire l’art d’organiser avec sagesse et justice les actions des hommes pour son bonheur et la pérennité de son espèce.


Patrice Leterrier 

13 Juin 2011

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 13:49

messier-17-vst


P

ierre Barthélémy sur son blog Globule et télescope nous propose un oxymore évocateur, parlant de nostalgie futuriste pour nous montrer comment, en 1969, on voyait la future invasion des écrans dans la maison.

Son oxymore n'a rien de l'obscure clarté qui tombe des étoiles que Pierre Corneille fait déclamer à Don Rodrigue dans le Cid mais souligne qu'il est peut-être plus facile de prévoir le passé (tiens, un oxymore !) que l'avenir encore que concernant l’origine de notre univers (y en a-t-il d’autres ?) le débat que l’on croyait lumineusement clos depuis la découverte du "décalage vers le rouge" du spectre des galaxies due à l’effet "Doppler-Fizeau" ne l’est pas vraiment.

Pour preuve la polémique entre Jean-Claude Pecker, astrophysicien, professeur honoraire au Collège de France et membre de l’Académie des sciences, qui préfère croire en un univers (avec un petit u et non un grand U qui signifierait une hypothèse d'unicité) en équilibre statique, et Suzy Collin-Zahn, Directeur de Recherches émérite au CNRS et astronome à l’observatoire de Meudon, qui défend bec et ongles le Big Bang..

Comment s’y retrouver dans les arguments des deux savants qui manient allégrement des concepts d’une obscure clarté pour nous ?

Un univers statique éviterait peut-être au temps de se fracasser contre le mur de Planck?

Je ne parle pas du temps qui est censé s’écouler dans un seul sens en dépit des fantasmes de certains auteurs qui voudraient pouvoir le remonter, celui dont les astrophysiciens nous annoncent une fin putative si lointaine qu’elle est inaccessible à notre conscience bornée par la fin, certaine elle, de notre propre vie. C’est ce temps dont le télescope VST nous donne de nouvelles merveilleuses images.

Je ne parle pas non plus de cet instant qui vient de passer et dont nous ne retiendrons probablement pas grand-chose à moins qu’il ne coïncide avec un événement qui nous marque.

Je ne parle pas non plus du temps passé, celui des petites madeleines de chacun qui déroule la fable de sa vie dont nous sommes tous les auteurs tellement sélectivement amnésiques dans une forme de pastvoir unique à chacun.

A moins que l’on donne au verbe prévoir l’unique sens d’imaginer qui justifierai pleinement  l’expression prévoir le passé qui perdrait ainsi son qualificatif d’oxymore.

Je parle de ce temps infiniment court que nos savants cherchent à reconstruire dans le grand collisionneur de hadrons et qui est supposé être celui qui précéda (le peu de temps que ce terme avait encore un sens) le Big bang avant que l’espace, le temps, la matière la lumière ne deviennent des concepts impossibles à maintenir dans un vertige scientifique inconcevable.

En attendant le soleil ne semble pas apprécier ce débat et exprime de nouveau sa colère par une tempête de classe 2 qui nous vaut de magnifiques images.


Patrice Leterrier 

12 Juin 2011

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 17:37

stat


A

ujourd’hui qu’il s’agisse de santé, de politique, d’écologie, d’économie, les statistiques sont omniprésentes dans le discours des responsables et à les écouter leurs jugements seraient irréfutables et sans appel.

D’ailleurs y a-t-il un meilleur moyen de clouer le bec à un contradicteur que de lui dire "les statistiques sont formelles !"

L’ennui c’est qu’elles ne le sont que parfois et encore pour ceux qui savent les lire.

L’ennui aussi c’est qu’ils ne sont pas la majorité ceux qui les brandissent sans complexe à savoir les interpréter correctement.

L’ennui enfin c’est que, quand bien même elles seraient irréfutables et non biaisées, nous ne sommes pas vraiment armés pour les comprendre.

Rudy Giuliani annonçait triomphant en 2007: "J'ai eu un cancer de la prostate, il y a cinq ans. Mes chances de survie étaient de 82 pour cent aux États-Unis. En Angleterre, où le système de santé est socialisé, elles n'auraient été que de 42 pour cent."

Il avait donc, à ses yeux,  une chance folle de vivre à New York et non à Londres !

Seulement, la politique de dépistage n’étant pas la même, les cancers de la prostate des américains sont détectés beaucoup plus tôt qu’en Grande Bretagne.

Le taux de survie à 5 ans (chiffre utilisé par R. Giuliani) aux états unis est donc beaucoup plus élevé qu’en grande Bretagne sans grande signification sur le taux de mortalité.

Selon un avis émit en 1995 par l'Agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni, les pilules contraceptives de troisième génération doublaient le risque (relatif) de phlébite potentiellement mortelle.

Le risque absolu passait en réalité de 1 pour 7000 à 2 pour 7000, ce qui ne justifiait en rien le vent de panique qui suivit.

Beaucoup de femmes cessèrent de prendre la pilule ce qui entrainât une explosion du nombre d’avortements  alors que les avortements et les grossesses augmentent le risque de thrombose dans des proportions bien supérieures à celle annoncée pour les pilules contraceptives de troisième génération.

Pas convaincu ?

Je pense augmenter votre confusion en reprenant l’exemple cité par Gerd Gigerenzer : selon les probabilités (qui sont toujours formelles) parmi les femmes passant un test du cancer du sein, un pour cent en sont atteintes et le test est fiable à 90 % avec un taux de 9% des faux positifs.

Si vous n’avez pas compris grand chose à cette phrase, peut-être je pourrais vous éclairer en disant qu’en ignorant les tests négatifs, un test positif est un faux positif neuf fois sur dix.

Evidement la personne a qui on annonce un  test positif n’a pas tout à fait la même impression avec cette formulation qu’avec la phrase absconde qui précède et pourtant elle dit rigoureusement la même chose !.

Toujours pas convaincu que notre cerveau entend les statistiques en fonction de ce dont elles parlent et de la façon dont on les présente ?

Connaissez-vous le petit jeu qui s’appelle le Monthy Hall problem ? Si vous avez regardez la vidéo du lien je serai étonné que vous ayez choisi la stratégie la meilleure car elle est totalement contre intuitive.

Outre cette difficulté à comprendre la signification réelle de tel ou tel chiffre, lorsqu’il s’agit d’évaluer une situation nous ne pesons pas sur la même balance les risques et les chances.

Les risques prennent une importance considérable.

Notre cerveau ne nous laisse pas la possibilité de les traiter sereinement confondant par exemple risque absolu et risque relatif, etc.

On a beau avoir dit à des millions de gens que le vaccin contre la grippe H1N1 était inoffensif, on peut répéter à tue tête que les concombres et autres tomates ne présentent aucun risque en France, un peu parce que les autorités nous ont souvent mentis par le passé, beaucoup parce que notre esprit ne sait pas accueillir les risques avec raison nous les surévaluons.

Et pourtant nous prenons sans arrêt et sans y prêter la moindre attention des risques bien plus considérables mais que nous ne percevons pas (bruler un feu rouge, forcer un passage à niveau, traverser sans regarder, fumer comme un pompier, boire sans mesure, manger n’importe quoi…)

Ainsi est la nature humaine aveugle du principal et obsessionnel du détail.


Patrice Leterrier 

9 Juin 2011

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:15

dmanisiarthead


L 

e nom imprononçable de Dmanisi est celui d’une petite ville située en Transcaucasie à environ 80 kilomètres de la capitale de la République de Géorgie Tbilissi.

Autrefois carrefour commercial de la Géorgie médiévale, la ville fut mise à sac par les Turkmènes en 1486 et ne retrouva jamais son importance. 

Elle doit aujourd’hui une célébrité retrouvée grace à sonsite archéologique découvert sous un imposant château médiéval trônant à 600 mètres d’altitude à la confluence des rivières Masavera et Pinezaouri .

On y a découvert sous 2 à 4,5 mètres d'alluvions, quatre fossiles d'hominidés datant d’environ 1,8 millions d’années.

Jusqu’à présent la thèse officielle soutenue par les anthropologues était celle d’une origine purement africaine de notre ancêtre Homo Erectus, le premier dont la boîte crânienne a dépassé le 1000 cm3 (1350 cm3 aujourd’hui), un volume supérieur aux capacités du canal pelvien, ce qui est la cause de l’immaturité de l’homme à sa naissance.

Mais le beau roman d’Homo Erectus quittant la terre africaine de ses ancêtres pour se répandre un peu partout dans le monde aurait du plomb dans l’aile.

Aujourd’hui plusieurs sources, dont le célébrissime Yves Coppens, remettent en cause ce postulat.

Une étude du site de Dmanisi conduite sous la direction de Reid Ferring et publiée dans les Proceeding of the National Academy of Science (PNAS) conteste aussi l’origine purement africaine d’Homo Erectus.

Il pourrait bien être d’abord apparu en Asie pour ensuite migrer en Afrique. Il serait le descendant d’un hominidé  plus ancien non encore identifié peut-être originaire d’Afrique.

Ce qu’il y a de passionnant dans toutes ces découvertes c’est de voir comment le roman policier des origines de l’homme moderne n’en finit pas de s’enrichir de nouveaux chapitres qui sèment (comme dans tout bon polard) la confusion dans les certitudes des chercheurs.

La situation à l’est de la mer noire du site de Dmanisi, non loin des sites bibliques, pourrait être utilisée par les inconditionnelles des saintes écritures comme un début de preuve du caractère historique de l’origine divine de l’homme.

Je soupçonne également un léger sourire chez ceux qui ne peuvent accepter que nos origines se situent en Afrique.

Mais l’histoire n’est pas terminée, tant s’en faut, et l’origine asiatique d’Homo Erectus ne contredit pas une origine plus ancienne de ses ancêtres en Afrique.

Quant à la polémique qui anime les tenants du dessein intelligent et les disciples de Charles Darwin, il y a une différence fondamentale que certains esprits créationnistes et malins voudraient nous faire oublier.

Alors que les fouineurs de nos origines confrontent toujours les éléments qu’ils trouvent à la dure épreuve de la preuve scientifique (une hypothèse ne peut être prise en compte que si elle peut être testée), les créationnistes se basent sur des croyances, le registre des significations des faits qui, puisqu’elles sont d’origine divine, ne peuvent être confrontées à la preuve par définition même de leur transcendance.

Les créationnistes peuvent continuer en toute liberté à raconter les fables qu’ils veulent à condition de ne pas prétendre y trouver le début du commencement de la moindre preuve scientifique.

La science ne se soucie pas de la signification de ses découvertes, elle s’intéresse à l’explication des phénomènes en recherchant la preuve de causalités sous-jacentes.

L’interminable roman des origines de l’homme n’a que faire des affabulations des créationnistes et nous réserve encore bien des chapitres captivants qui restent à écrire.


Patrice Leterrier 

8 Juin 2011

 

 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 17:10

Vitrail Cathédrale Chartres 2007


letttrine Les magnifiques verrières qui ornent les cathédrales gothiques nous rappellent qu’avant de nous servir à faire entrer la lumière dans nos habitations, le verre fut d’abord le matériau de captation de cette lumière.

Il s’agissait d’émerveiller les fidèles par de magnifiques représentations faites d’un subtil mariage de la lumière et de la couleur.

Les vitraux témoignaient de ce désir de construire l’imaginaire culturel d’une religion triomphante et ne reculant devant aucun faste pour signifier la toute puissance du divin sur le matériel.

En l'an 1330 Philippe de Cacqueray, réussit à produire du verre "au plateau" d’un diamètre de 40 à 60 cm qui devaient être montés comme des vitraux pour garnir une fenêtre.

D’un produit de luxe à l’époque, la fenêtre vitrée est devenue de plus en plus grande.

Elle laisse aujourd’hui la lumière et le paysage envahir nos intérieurs.

Dans son livre Technics et civilisations, Lewis Mumford écrit : "en perdant la couleur, la fonction qu'il occupait dans la décoration des églises médiévales en laissant entrer les formes et les couleurs du monde extérieur, le verre a servi aussi comme un symbole du double processus de naturalisation et d'abstraction qui avait commencé à caractériser la pensée de l'Europe".

Mais la fenêtre n’est pas réalité mais bien une représentation à plat de la réalité, une image partielle sur le monde extérieur.

Elle délimite le paysage, en définit le cadre et conduit à l’abstraction qui sépare l’image de la réalité.

Reprenant l’idée développée par Xerok, Steve Job lança en 1983 Lisa - qui fut un retentissant échec commercial.

Il se doutait probablement que son ennemi intime Bill Gates préparait la première version de Windows qui fut lancée trois ans plus tard.

Même si la paternité du concept revenait aux chercheurs de Xerok, même si Steve Jobs fut le premier à en saisir l’immense potentiel, c’est bien la fenêtre de Microsoft qui allait révolutionner le monde de la microinformatique.

L’incroyable facilité d’utilisation de Windows libérait soudain l’utilisateur d’un apprentissage long et fastidieux.

Il fut à l’origine de l’émergence d’un véritable marché grand public de l’informatique.

Les vitraux de nos cathédrales avaient un enfant inattendu né de l’imagination de l’homme qui allait, avec l’explosion d’internet, bouleverser définitivement notre rapport au monde.

Aujourd’hui les possesseurs d’Ipad qui jonglent du bout des doigts pour faire défiler, agrandir, déplacer des images, des films, des textes se doutent-ils qu’ils perpétuent le regard des fidèles du moyen âge avec cette fenêtre sur le monde, une image de sa réalité mais aussi des univers tout aussi virtuels que la fantasmagorie des représentations médiévales ?

Le film Made Of Glass de Display Technologies Corning fait un peu froid dans le dos en nous représentant une famille idéale, les yeux littéralement rivés sur les multiples écrans envahissant leur environnement dans une apparente convivialité.

Le rapport aux autres y devient un rapport à l’image de l’autre, une sorte d’abstraction de la relation humaine isolant de la réalité et de l’échange humain fait de vision mais aussi de proximité physique, de gestes plus ou moins volontaires, de parfums et d’odeurs, de bruits divers, etc.

Aujourd’hui déjà certains préfèrent s’envoyer des textos plutôt que d’avoir une conversation, s’isolent sur leurs consoles de jeux plutôt que d’écouter le rossignol chanter ou de faire une partie de scrabble, vagabondent sur le web plutôt que de lire un livre.

Je ne suis pas tout à fait sûr qu’il s’agisse réellement d’un progrès…


Patrice Leterrier 

6 Juin 2011

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 15:17

wealth network


C

omparant le phénomène internet aux grandes découvertes et à la révolution industrielle, Nicolas Sarkozy pense qu’il a changé "la perception que le monde se fait de lui-même".

On peut s’étonner qu’il ait omis de parler de l’invention de l’imprimerie qui est à l’origine de l’extraordinaire développement intellectuel du siècle des lumières et de la diffusion des sciences et techniques qui ont été les moteurs, avec l’invention du capitalisme, de la révolution industrielle.

Lorsqu’il dit que "Chose unique dans l'Histoire, cette révolution n'appartient à personne, elle n'a pas de drapeau, elle n'a pas de slogan : cette révolution est un bien commun", on pourrait bien sûr dire la même chose de l’invention de Gutenberg et de la diffusion des connaissances et des arts qu’elle a permise.

Le "changement de perception du monde" qu’elle a entraîné fut aussi considérable mais ce qu’l y a d’unique dans la révolution internet, c’est l’extraordinaire vitesse à laquelle sa mondialisation est intervenue.

A peine 40 ans entre le moment de la première connexion  des ordinateurs entre quatre universités américaines (1969) et l’explosion actuelle de la diffusion et du partage de la culture et des connaissances sur Internet.

Larry Page ne se doutait pas, en créant le 4 Septembre 1998 Google, que  son entreprise deviendrait une décennie plus tard la 19ème capitalisation mondiale loin devant des champions européens comme Total (26ème et première capitalisation française) et la deuxième marque au monde derrière Apple mais devant IBM.

Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, fut sacré plus jeune milliardaire du monde dès l'âge de 23 ans et devance aujourd’hui l’emblématique patron d'Apple, Steve Jobs.

A l’origine les créateurs d’internet voulaient à la fois construire un réseau distribué pour éviter tout blocage en cas de destruction d’un ou plusieurs des serveurs (contexte de guerre froide) et permettre à des communautés (de militaires d’abord puis de chercheurs et d’enseignants) de communiquer (essentiellement échanges de messages et de documents).

L’ouverture au public de cette technologie ne date que de la fin des années 80.

On mesure le chemin parcouru en à peine plus de vingt ans et combien l’usage d’internet est bien différent de ceux pour lesquels il a été créé.

Le monde internet est de plus en plus dominé par les applicatifs, qu’il s’agisse de réseaux sociaux, de moteurs de recherche, de sites musicaux ou vidéo, de journaux, de blogs, d’encyclopédies, de localisation, etc.

Internet sort également progressivement de l’environnement exclusif de l’ordinateur pour atteindre celui des téléphones portables, des tablettes, des téléviseurs et probablement d’autres assistants électroniques qui viendront compléter la panoplie de l’homo internautus.

Avec cette ouverture vers de plus en plus de mobilité et d’imbrication en temps réel dans la vie quotidienne, Internet est en train de devenir un bazar d’applications, étalant leurs échoppes virtuelles clinquantes pour attirer le chaland numérique.

Au prétexte de nous faciliter la vie, les entreprises qui les commercialisent accumulent, avec notre "consentement" implicite mais peu éclairé, des informations sur nous.

ils guident notre navigation en fonction de nos centres d’intérêt, de notre profil socioéconomique, de notre âge, etc..infantilisant de plus en plus nos rapport avec l’internet.

Les états ont des raisons légitimes de chercher à protéger la vie privée des utilisateurs, la propriété intellectuelle sous toutes ses formes, de combattre la cybercriminalité, de préserver le "droit élémentaire des enfants à vivre protégés des turpitudes de certains adultes".

Mais quand Nicolas Sarkozy affirme la révolution internet "n'appartient à personne", il devrait aussi inviter les états du G8 à veiller à ce que les grands acteurs d’aujourd’hui ne deviennent pas des monopoles de demain qui freineraient immanquablement l’ouverture et l’initiative individuelle, clé de l’innovation et du succès de l’extraordinaire aventure du Web.


Patrice Leterrier 

30 Mai 2011

 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 16:31

boostez-votre-cerveau


J 

onah lehrer sur son blog frontal cortex nous dévoile une intéressante étude menée auprès de 100 étudiants à qui on visualisait deux types de publicité pour une nouvelle marque de Pop Corn qui n’existait pas en réalité.

Un premier groupe se voyait vanter les mérites du nouveau produit avec force arguments gustatifs tandis qu’un second visualisait un film de personnages sympathiques baignant dans le bonheur dans un décor de rêve (comme ceux dont on nous mitraille pour vanter des sodas américains de couleur brune)…

Le résultat est que les participants du deuxième groupe se "rappelaient" parfaitement du goût délicieux d’un produit qu’ils n’avaient jamais consommé alors que les membres du premier groupe n’avaient aucun souvenir ni du nom du produit ni de ses qualités.

Nos souvenirs peuvent donc nous mentir et nous jouer de sacrés mauvais tours.

Dans son discours inaugural de l’e G8, s’adressant à l’élite d’Internet, dont le très charismatique fondateur de Facebook Mark Zuckerberg, Nicolas Sarkozy déclare "vous avez changé le monde au même titre que Colomb et Galilée".

On pourrait se féliciter de cette prise de conscience de l’extraordinaire aventure que l’homme est en train de vivre.

Mais que penser par contre de la petite phrase de Mark Zuckerberg, “a squirrel dying in your front yard may be more relevant to your interests right now than people dying in Africa”* qui justifie froidement l'usage éhonté que font ces grands manitous de l’internet des informations privées qu'ils détiennent ?

Comme dans le cas des publicités idylliques, il y a un risque que les informations collectées dans les tours d’ivoire de ces géants (Facebook, Google,Bing,Yahoo,…) sur nos goûts, nos habitudes, nos penchants politiques ne servent qu’à nous enfermer dans la logique de consommation qui les intéressent.

La valeur politique, morale, artistique éducative ou éthique d’une information compte moins pour ces businessmen à la recherche de plus de profit que la seule pertinence avec nos petits soucis personnels qui forcément fera plus d’échos à notre cerveau reptilien…

Le pouvoir n’est plus dans les traditionnels gardiens de l’opinion d’autrefois (producteurs et magnats des médias, éditeurs) mais dans les mains des ingénieurs talentueux de ces géants qui concoctent des algorithmes de plus en plus sophistiqués pour cerner nos personnalités, nos goûts, nos préférences et orienter au mieux nos actes d’achats au pire notre pensée.

Mais au fond cela ne nous apporte-t-il pas sur un plateau encore plus d’informations pertinentes pour nous ?

La facilité de communication et d’accès à l’information sous toutes ces formes qu’offrent les sites de réseaux sociaux et les grands moteurs de recherche pourraient bien, sous une apparence de grande liberté, conduire à une sorte de lobotomie électronique par une anesthésie totale de notre curiosité et de notre sens critique.

Dans le même discours, Nicolas Sarkozy déclare "si la technologie est neutre et doit le rester, on voit bien que les usages d'internet ne le sont pas".

Il pense bien sûr à la cybercriminalité, à la pédophilie, à la défense les droits d'auteurs et de la vie privée (surtout celle des gens connus).

Mais l’usage que font déjà certains des informations qu’ils accumulent sur les anonymes que nous sommes est une potentielle menace pour la démocratie et la liberté.

Le monde ouvert du Web que prône Tim Berners-Lee met l’utilisateur en tant que personne libre au centre de la communication.

Il doit être farouchement défendu contre tous ceux qui voudraient faire de nous des panels de consommateurs de biens, de culture, d’éducation..


Patrice Leterrier 

26 Mai 2011


 

* La mort d’un écureuil dans votre cour peut être plus pertinente à vos intérêts actuellement que la mort d’africain


 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 12:08

people-of-europe

E 

n préambule du G8, Nicolas Sarkozy a prononcé aujourd’hui un discours devant le gotha international d’Internet réuni au Jardin des Tuileries.

Il a brandi le spectre du mal : "ne laissez pas la révolution que vous avez lancée véhiculer le mal, sans entrave, ni retenue".

Dans la lignée de sa pensée sur ce qu’il appelle l’"internet civilisé", il a déclaré "il est temps d’entrer dans l’ère de la responsabilité, individuelle et collective", ce qui s’inscrit dans la parfaite continuité de la loi HADOPI.

Au prétexte d’un monde internet qui respecte la vie privée, contrôle la cybercriminalité, la pédophilie, respecte les droits d’auteur, on peut craindre un monde internet régulé et policé pour ne pas dire policier.

Alors que l’on croyait disparu avec Georges Bush la notion de "lutte du bien et du mal", la voilà remise au centre d’un débat crucial pour l’avenir de la démocratie : la liberté d’expression sur la toile.

Il est d’ailleurs symptomatique qu’aucun représentant de la société civile n’ait été invité et que l’on n’entende pas la voix des utilisateurs, de ceux qui ont fait l’internet !

Un collectif comportant la Quadrature du Net (LQDN) Net Users’ Rights Protection Association (NURPA) l’Open Source Initiative (OSI), Privacy International , Reporters Sans Frontières (RSF) et bien d’autres a publié un communiqué qui donne le ton des inquiétudes des utilisateurs : "En tant que responsables des pays les plus puissants, vos politiques ont une influence majeure pour l’évolution d’Internet au niveau global. Malheureusement certaines de décisions prises dans les économies les plus développées fragilisent l’ouverture et la neutralité d’Internet – des qualités essentielles qui sont l’essence de son potentiel démocratique et économique. Nous pensons que les états membres du G8 devraient utiliser la réunion du e-G8 comme une opportunité pour s’engager publiquement à étendre le droit d’accès à Internet pour tous, combattre la censure numérique et la surveillance, limiter la responsabilité des intermédiaires dans le monde numérique et soutenir les principes de la neutralité d’Internet ». « Dans beaucoup si ce n’est tous ces pays nous voyons à quel point l’accès à Internet est une porte d’entrée vers une pléthore d’autres droits politiques et civiques, et avant tout aux droits fondamentaux des êtres humains".

Parmi la nuée de personnalités invitées dont le retraité Bill Gates (dont la capitalisation boursière de l’ex-empire Microsoft vient de se faire dépasser par IBM, piquant clin d’œil de l’histoire), Mark Zuckerberg (Facebook), Eric Schmidt (Google), Jimmy Wales (Wikipedia), Jeff Bezos (amazon), et plein d’autres, on remarquera l’absence de Tim Lee-Berners, rien moins que le co-inventeur du web avec le belge Robert Cailliau.

Peut-être parce que Tim Lee-Berners est aujourd’hui le défenseur inconditionnel des normes ouvertes et des droits électroniques de l'homme (Electronic Human Right) dont tout le monde peut mesurer l’importance, à la lumière du printemps arabe.

Dans un article de Scientific American, il nous met en garde contre les ilots applicatifs comme facebook, google, itunes et autres qui accumulent dans leurs tours d'ivoire, bien isolées du monde ouvert du web, à notre insu, des milliards d'informations privés nous concernant (nos amis, nos goûts, nos sites préférés, nos préférences littéraires, politiques etc..).

Bien sûr les états préfèrent ces acteurs identifiables et donc contrôlables à qui on peut demander des comptes, exiger de délivrer des informations.

A contrario ils détestent les francs tireurs comme on a pu le voir avec l’affaire des révélations de wikileaks.

Il y a un décalage croissant entre les aspirations de la jeunesse pour un monde ouvert et qui ne soit plus dominé par la logique purement financière et l’attitude recroquevillée de nos élites.

Commentant la révolte de la jeunesse espagnole, Fernando Vallespin, professeur de sciences politiques à l’Université autonome de Madrid, écrit : "Elle peut dériver vers un populisme de gauche. Trois facteurs sont en effet présents : la méfiance à l’égard des élites, l'appel au peuple et la simplification des problèmes et la condamnation générale du personnel politique et des partis.

En France la menace viendrait plutôt du désintérêt de la jeunesse pour la politique et du champ libre ainsi offert au populisme de droite.


Patrice Leterrier 

24 Mai 2011

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 14:35

manifestation


S 

téphane Hessel dans un livre, dont le succès ne se dément pas, nous encourage à nous indigner contre la violence, contre l’ordre économique du monde, pour que soit mis fin au conflit israélo-palestinien, pour endiguer le déclin de notre société.

Une vaste étude réalisée sur 21 ans par les psychologues Klaus Boehnke et Becky Wong, nous apprend que les jeunes allemands qui s’étaient lancés dans des mouvements de protestation connaissent moins de troubles mentaux 20 ans plus tard, que ceux qui s’étaient résignés.

Sans revenir sur les quatre échelles du temps évoquées par Jacques Attali, on ne peut pas ne pas évoquer le "temps cosmique".

Ce temps, dont la fin, à un horizon non concevable par l’esprit humain, ne serait peut-être que la fin d’un des infinis multivers et dont le début se heurte et s’écrase pour disparaître dans le mur de Planck, se moque bien des milliards dépensés pour relater à force de textes, de photos de vidéos ce qui n’est même pas un léger plissement d’œil de l’histoire : je veux parler des mésaventures sexuelles d’un homme éminemment puissant avant sa chute.

Mais cela ne doit pas nous empêcher, pour notre santé mentale, de nous indigner devant tant de gaspillage et de bruit médiatique pour une affaire qui, si elle n’est pas criminelle, pourrait s’avérer un sordide fait divers.

S’indigner ou au moins s’étonner que cet homme (et son épouse richissime) puisse aligner si facilement des millions de dollars pour ne pas rester en prison.

S’indigner ou au moins marquer sa méfiance devant quelqu’un qui se croyait obliger de porter plainte lorsque la presse parlait du prix de ses costumes, de la taille de son appartement ou encore des habitudes véhiculaires qu’il avait en France.

S’indigner voire se révolter que la Presse, maintenant libérée d’un lourd secret, nous confirme que le respect des femmes n’était pas la préoccupation première de ce monsieur.

S’indigner, pour ne pas désespérer de notre société, découvrir toutes ces cachoteries, toutes ces bassesses, toutes ces complicités pour protéger le chouchou des sondages.

Car enfin comment donc cet homme pouvait-il porter les espoirs des électeurs de gauche, comment pouvait-il, enfermé dans sa tour d’ivoire d’économiste "hyperadapté", comprendre et épouser (le mot est osé le concernant !) les préoccupations des fourmis d’électeurs que nous sommes ?

La gauche a peut-être gagné en clarté dans ce séisme qui l’a secouée.

Elle a probablement perdu en crédibilité quand on voit l’indignation, à tout le moins prématurée, de certains de ses dirigeants apprenant la chute de leur champion bien sous tous rapports sauf peut-être sur l’éthique et la morale personnelle qui me semblent pourtant  être des vertus attendues pour un prétendant à la magistrature suprême.

Et concernant cette haute fonction, je conteste la barrière que l’on voudrait imposer entre vie privée et vie publique.

Certes on ne doit pas confondre un chaud lapin et un délinquant sexuel.

Le second est clairement un criminel (et un malade qu’il faut soigner), mais le premier révèle certainement une faiblesse, certains parleraient d’une "faille narcissique".

La santé physique et mentale de nos dirigeants ne peut pas être un secret d’état.

D’autres en ont fait autant voire pire avant lui, diront les plus tolérants !

Certes mais, comme nous y invite Stéphane Hessel, ne faut-il pas s’indigner pour endiguer le déclin de notre société et ceux de l’éthique et de la morale en sont incontestablement des contributeurs majeurs.


Patrice Leterrier 

22 Mai 2011

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