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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 13:53

neurocasque.jpg

A 

lexandre Dumas fils disait :"Les opinions sont comme les clous ; plus on tape dessus, plus on les enfonce".

Convaincre l’autre, le persuader serait donc une entreprise vouée à l’échec en tout cas sûrement en matraquant l’autre d’arguments auxquels il n’a ni l’envie ni de raison d’adhérer sous la pression.

Pourtant nous sommes sans arrêt sollicités et nous même nous ne ménageons pas nos forces pour tenter de persuader les autres.

John Dick dans son livre l’art de convaincre en 15 leçons nous prévient qu’on ne peut pas entamer la conviction de ceux qui, habités par des croyances, vivent dans la pleine sérénité de la vérité révélée que rien ne peut ébranler.

Les croyances ne s’appliquent pas seulement à la religion. On les retrouve également chez les inconditionnels d’une marque ou chez certains militants persuadés de détenir les dogmes d’une vérité incontestable.

Le doute, pourtant si fertile, ne les habitent pas. Ils sont hermétiques à toute curiosité. Ils vivent dans la certitude même si certains prennent pour de l’ouverture d’esprit le fait d’écouter les autres avec l’indulgence voire la compassion que l’on doit à celui qui vit dans l’erreur.

Pour les autres, ceux dont on peut tenter de modifier l’opinion par l’art de la persuasion, que d’énergies, que d’argent, que de moyens dépensés pour les amener à partager une opinion.

La publicité, dont nous sommes aujourd’hui abreuvés comme jamais, nous en apporte une illustration flagrante.

Aujourd’hui les moyens utilisés pour tester l’efficacité des messages publicitaires sont de plus en plus sophistiqués.

Les annonceurs ne se contentent plus des traditionnels panels censés représenter la ménagère de cinquante ans ou je ne sais quelle autre catégorie socioprofessionnelle.

Ils font appel à ces nouveaux gourous que sont les neuromarketeurs qui prétendent pouvoir, à grand renfort d’IRMf, déceler l’impact réel des messages publicitaires sur le consommateur en intégrant le moment choisi pour nous transmettre le message c'est-à-dire notre réceptivité.

Doit-on s’inquiéter de ces manipulations qui agiraient sur notre inconscient pour arracher notre conviction ?

On se souvient du débat sur les images subliminales dans les films. Les travaux de Stanislas Dehaene sur l'accès à la conscience ont un peu démystifié le danger de telles pratiques en démontrant qu’elles ne peuvent pas entrainer un comportement comme dans un célèbre épisode de Columbo où des images subliminales poussent la victime à aller boire et se fait assassiner (Columbo saison 3 épisode 4 : Subconscient (Double Exposure)).

Le fantasme de la manipulation par ces images que l'on ne verrait pas est cependant tenace. Elles auraient même été utilisées dans la pub (McDonalds) et dans certaines campagnes politiques (Mitterrand en 1988 sur Antenne 2 et Mc Cain sur Foxnews pour les primaires USA en 2008).

Doit-on vraiment s’inquiéter de la montée en puissance spécialement aux Etats-Unis de cette vogue du neuromarketing ?

Olivier Oullier professeur au Laboratoire de Psychologie Cognitive de l'université Aix-Marseille semble nous rassurer en affirmant :"aujourd'hui les seules victimes du neuromarketing sont les patrons qui font appel aux agence de neuromarketing et qui ont leurs campagnes de pub surfacturées […] Le consommateur n’est pas plus ni moins manipulé qu’avant."

A vrai dire lorsqu’un message est adressé à quelqu’un dans le but de le convaincre il fait rarement seulement appel à sa raison mais plus souvent voire uniquement à son désir, à ses sentiments. Un message publicitaire joue toujours sur notre émorationalité quel que soit son efficacité.

La remarque d’Olivier Oullier ne règle pas pour autant les problèmes éthiques que soulève l’utilisation des neurosciences pour manipuler l’opinion des citoyens.

Ce souci est d’autant plus légitime qu’il s’agit de campagne de santé publique et qu’on choisit, au nom de l’efficacité, de prioriser des messages pour qu’ils ne se télescopent pas.

On pourrait par exemple privilégier la lutte contre le tabagisme à la sécurité routière.

On sait aujourd’hui étudier les mouvements des yeux d’une personne, ses expressions faciales pour déterminer l’impact de tel ou tel message. Il est tout à fait concevable techniquement de le faire sans le consentement du consommateur comme on peut plus ou moins imaginer "lire dans les pensées" à partir d’informations sur son activité cérébrale.

C’est à ce niveau que se situent les problèmes éthiques de violation de la liberté individuelle de chacun.

Peut-être un peu futuriste mais le futur d’aujourd’hui est tellement vite le passé de demain…


Patrice Leterrier 

7 mai 2012

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 15:55

diable.jpg


L

e Diable demanda au charbonnier "Que crois-tu ?" et l’homme lui répondit "je crois ce que je crois".

Cette légende résume à merveille une croyance qui ne repose sur aucun argument théologique ou philosophique mais sur une intime conviction inébranlable.

A l’inverse, et même si certains philosophes prétendent le contraire, un neuroscientifique comme Stanislas Dehaene nous expliquerait que la moindre de nos pensées, de nos sentiments, de nos ressentis, de nos croyances qu’ils soient conscients ou inconscients, qu’ils s’agissent de cognitions ou de métacognitions trouvent leur totale explication dans le ballet fascinant d’une foule de neurotransmetteurs dansant agilement dans la cathédrale gigantesque que constituent les réseaux neuronaux dont la complexité dépasse l’imagination à la fois par leurs nombres astronomiques et leurs interconnexions incommensurables.

Bien sûr nous n’avons aujourd’hui que des bribes misérables de compréhension de ces mécanismes.

Peut-être même qu’un esprit s’observant ne peut intrinsèquement jamais se connaître complètement.

Par ailleurs l’observation même modifie l’objet qu’on observe.

Les scientifiques ne cherchent jamais autre chose que le comment "tout cela marche" alors que les croyances sont censées remplir l’énorme vide cognitif du "pourquoi" auquel aucun savant censé n’oserait répondre au nom de la science.

Depuis que nos ancêtres ont pris conscience que la vie était une histoire qui finissait mal, depuis qu’ils ont pris le soin d’enterrer leurs morts, le sentiment religieux semble inscrit peut-être dans le fonctionnement même de notre cerveau mais sûrement dans toutes les cultures du monde.

Greg Miller sur le site de Sciences semble démontrer que les pensées analytiques peuvent diminuer le sentiment religieux.

Les pensées analytiques ne peuvent évidemment pas justifier le sentiment religieux sauf au prix de contorsions permettant d’égarer notre sens critique.

Peuvent-elles vraiment ébranler la foi du charbonnier puisqu’elle n’a besoin d’aucune raison rationnelle pour se conforter ?

Du reste toute tentative de justifier rationnellement les croyances religieuses est vouée à l’échec quel que soit la sophistication des arguties mises en avant.

Les croyances sont en général éminemment respectables.

Elles doivent être respectées lorsqu’elles ne restreignent pas les libertés individuelles, qu’elles garantissent l’égalité entre les hommes (et les femmes) mais aussi tant qu’elles ne prétendent pas se mêler de sciences.

Les sciences n’ont pas grand-chose à dire sur les croyances si ce n’est peut-être un jour dans quelles zones du cerveau elles prennent naissance ce qui ne renseigne pas beaucoup sur les croyances elles-mêmes.

Ne dit-on pas "libre à vous de croire ?" comme argument qui prélude une démonstration visant généralement à démontrer le contraire alors que la liberté évoquée sonne comme un aveu d’incapacité à convaincre ou plus souvent comme une sorte de jugement un peu dédaigneux sur la faiblesse des croyances de l’autre.

Mais peut-être disons-nous aussi cette phrase parce que nous savons inconsciemment combien il est difficile de changer les croyances de nos semblables.

Mais croyez moi si vous voulez nous sommes loin d’avoir fait le tour du problème du mystère des croyances.


Patrice Leterrier 

29 Avril 2012

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 15:48

lettre-de-descartes.jpg


E 

tonnante rencontre entre le monde internet tamisé au filtre de google et l’histoire de la pensée humaine que cette découverte hasardeuse d’une lettre de René Descartes dérobée au début du 19ème siècle par le mathématicien, bibliophile mais néanmoins kleptomane comte Guglielmo Brutus Icilius Timeleone Libri-Carucci dalla Sommaja, élu membre de l'Académie des sciences en 1833, peut-être en raison de son titre et de sa fortune.

Piquant rapprochement entre le nom Libri (livre en latin) de ce personnage et sa passion névrotique et pathologique des documents anciens.

Pour assouvir sa kleptomanie érudite, il intriguât pour se faire nommer secrétaire de la Commission du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France ce qui lui permit de dérober quelques 1 800 pièces manuscrites, lettres et livres de Galilée, Fermat et Descartes.

Son larcin découvert et sur le point d’être arrêté en 1848, le comte Libri choisit de fuir en Angleterre, où il vendit ensuite sa collection à Bertram Lord Ashburnham, grand collectionneur.

La collection fut rachetée en 1888 par la Bibliothèque nationale mais il y manquait une trentaine de lettres de Descartes dont celle découverte presque par hasard sur internet par le philosophe Erik-Jan Bos de l'Université d'Utrecht, au Pays-Bas.

Homo sapiens est d’abord comme l’affirme Nancy Huston Homo narrans, l’espèce fabulatrice qui construit sa réalité en la façonnant en permanence sous le burin tranchant des émotions qui rabote et lisse sans arrêt nos souvenirs.

Curieux destin que celui de l’homme qui, devant renoncer à trouver dans les textes sacrés une explication du monde qui l’entoure et de cette terre qui pourtant tourne, doit inventer le roman pour qu’il puisse se plonger dans des imaginaires qui sont souvent plus réalistes et plus rationnels que la réalité ressentie de son vécu c'est-à-dire la fable de sa vie.

Nancy Huston rejoint dans son analyse le point de vue des neurologues d’aujourd’hui et notamment celui d’Antonio Damasio lorsqu’il écrit "L’erreur de Descartes : la raison des émotions".

Le dualisme défendu dans l’œuvre de Descartes n’est certes pas la partie la plus moderne de l’enseignement de ce grand penseur.

Personne, du moins s’il prétend avoir une approche scientifique, ne peut contester que la physique et la chimie du cerveau sont les sources uniques de toutes les activités intellectuelles et en particulier de la conscience humaine.

Il reste que la magie de ces interactions permanentes et innombrables est encore, et peut-être pour toujours, assez mystérieuse et inaccessible à l’entendement humain.

Notre conscience de nous même, des autres et de notre monde ne précède pas nos actions comme nous pourrions le croire mais sont un tout petit sous ensemble d’un processus cybernétique et biologique d’une complexité fascinante dont nous ne découvrons, à force d’imageries médicales de plus en plus fascinantes, qu’une infime écume superficielle.

Sur son blog Frontal Cortex, Jonah Lehrer rapporte une expérience conduite par Neil Brewer, un psychologue de l’université Flinders en  Australie.

Elle démontre que les témoignages visuels sont d’autant plus fiables que l’on laisse peu de temps au témoin pour reconnaître un visage.

Lorsque le conscient intervient trop dans un témoignage visuel, le risque est grand qu’il déforme le souvenir pour le mettre en accord avec le désir conscient ou inconscient du témoin d’apporter une réponse tranchée à la question posée.

Illustrant cette impossibilité flagrante de séparer nos émotions de notre conscience, notre état de conscience des multiples activités inconscientes de notre cerveau, nos images construites par le cerveau de la réalité insaisissable, Nancy Huston affirme que "notre cerveau nous raconte des bobards".

La lettre retrouvée de René Descartes est un poignant témoignage de l’extraordinaire histoire de la philosophie, de ce "bobard" qu’est cette recherche acharnée, condamnée à l’échec et probablement unique à l’homme, du sens de ce court parcours qu’est la vie de chacun.


Patrice Leterrier 

21 Avril 2012

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 13:54

Lamp_a_l_huile.jpg


L 

e rachat d’Instagram par facebook pour la bagatelle d’un milliard de dollars peut être qualifié de folie ou de coup de génie suivant la valeur qu’on donne à la possibilité d’améliorer des photos directement sur des smartphones.

En tout cas elle met l’accent sur ce mouvement de plus en plus visible qui transforme les téléphones en compagnons électroniques, sur le rôle montant des tablettes comme l’Ipad et sur une probable convergence des deux supports.

Avec la généralisation en vue de ces indispensables "compagnons", notre rapport aux autres et au monde est de plus en plus intermédiatisés à travers les SMS, le MMS, les emails, les tchats, les interventions sur facebook ou sur twitter, les blogs, les sites d’informations, les encyclopédies libres, etc.

Nicholas Carr sur son blog Rough Type nous livre dans un article intitulé Flame and filament sa réflexion sur l’influence de l’éclairage dans l’évolution des relations humaines et sur notre vision des objets courants.

L’idée qu’il défend c’est que la technologie ne change pas seulement les rapports sociaux entre nous mais aussi la nature de la vision de la réalité qui nous entoure.

Avec l’apparition des lampes à filament, dont Edison a su faire un objet familier, le cercle familial n’avait plus de raison de se réunir autour d’une source unique de lumière.

Cette généralisation et banalisation de la source de lumière a fracturé l’unité de la famille qui se rassemblait en veillée autour de la source de lumière des lampes à huile puis à pétrole.

C’était un lieu de convivialité où l’on écoutait un conte raconté par la grand-mère, on discutait des événements de la journée ou tout simplement encore on entamait une partie de cartes, de jacquet ou de dominos.

Nicholas Carr souligne aussi qu’un objet éclairé à la bougie ou par les lueurs d’un cheminée apparaît dans des contours, des nuances différentes de ceux qu’il offre sous la froide lumière des lampes à basse consommation d’aujourd’hui.

L’ordinateur, les tablettes, les téléphones portables libèrent certes de la nécessité d’une proximité physique pour communiquer mais ils changent véritablement aussi la nature même de la communication.

Ils transforment aussi notre vision du monde en nous donnant accès à une réalité dite améliorée parce que retouchée par des algorithmes savants (plus une seule photo sur internet n’est un original sans retouche) quand elle n’est pas carrément remplacée par un avatar construit à partir de plusieurs personnes pour arriver à un concept de corps parfait.

Les images réelles ou pas sont de plus entachées du parti-pris du regard de celui qui les montre à travers un écran c'est-à-dire aplaties en deux dimensions.

Nous sommes peut-être les derniers survivants ayant vécu au cours de notre vie des révolutions aussi bouleversantes pour notre mode de vie que le téléphone, la télévision, les microordinateurs, les smartphones et surtout l’internet.

Déjà nos petits enfants ne peuvent imaginer ce qu’était un monde sans internet, sans télévision, sans console de jeux mais ils seront peut-être eux aussi frappés d’obsolescence lorsque leurs propres descendants s’étonneront qu’ils aient pu vivre sans tous les outils de réalité "augmentée" qu’ils utiliseront sans se poser la moindre question sur leur utilité ni même sur les conséquences dans leur vision du "monde" puisqu’ils feront tout simplement partie de leur univers

Espérons tout de même que nous saurons transmettre aux jeunes générations la valeur irremplaçable de l’échange construit dans un lieu unique et partagé, à la faible lueur de bougies ou d’un feu qu’il soit celui d’un camp ou d’une cheminée.

Certains des plus anciens d’entre vous partagent probablement avec moi le souvenir magique de l’écoute en commun sur le poste de TSF familial des maitres du mystère ou des lectures avec son accent inimitable de ses œuvres par Marcel Pagnol.


Patrice Leterrier 

19 Avril 2012

 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 11:55

babouin.jpg


C

ertains d’entre vous connaissent et apprécient la beauté sauvage des calanques qui s’enfoncent dans les falaises calcaires séparant Marseille de Cassis.

Il n’est pas exclu que la proximité de ces merveilles de la nature associée au ciel bleu de Provence soit un facteur favorable pour réunir à Marseille des équipes de chercheurs talentueux comme le psycholinguiste britannique Jonathan Graigner et son compère le français Joël Fargot.

Ce dernier est le concepteur d’une plateforme innovatrice qui permet à un groupe de babouins en semi-liberté de participer à des expériences concernant leurs capacités cognitives en toute liberté. Joël Fagot résume l’objectif de la plateforme "Le principe est simple. Il repose sur le volontariat: les singes exécutent les tâches que nous leur soumettons quand ils en ont envie."

L’expérience mise en place par Jonathan Graigner sur cette plateforme consiste à essayer que les babouins fassent la différence entre des configurations de lettres ayant une signification en anglais (comme stop, spot, pots, post, tops) et des arrangements sans signification au sens d’être susceptible de procurer des graines de nourritures.

Le meilleur élève de la classe un babouin nommé Dan a ainsi appris volontairement à distinguer plus de 300 mots après 50 000 essais.

On connaissait déjà les nombreuses expériences visant à faire parler les primates comme celles faites avec le célèbre bonobo Kanzi, maintenant âgé de 31 ans, qui maitrise 1000 mots sans pour autant dépasser les compétences langagières d’un enfant de 3 à 4 ans.

Ces expériences sont tout à fait différentes d’abord parce qu’elles ne consistent pas en une immersion forcée dans un environnement humain où il est difficile de faire la part des choses entre le dressage et l’apprentissage ensuite parce que l’objectif est moins global puisqu’il s’agit de rechercher les origines de la reconnaissance de formes et de la capacité d’association de formes.

Il faut cependant rester prudent sur l’interprétation de ces expériences car rien ne dit qu’il ne s’agisse pas uniquement d’une reconnaissance sans association à un sens linguistique c'est-à-dire à un concept abstrait représenté dans le cerveau par une image, une histoire, des émotions, etc.

Cela semble cependant démontrer que la reconnaissance des mots, une faculté prérequise à la lecture, n’est pas le propre de l’homme.

D’autres expériences menées par un autre chercheur de l’équipe, Arnaud Rey, indiqueraient que les babouins sont capables d’assembler des éléments de phrases ce qui dément la théorie du célèbre linguiste Noam Chomsky qui pensait que seul l’homme avait la capacité à emboîter entre elles de manière infinie des structures linguistiques.

Il est également intéressant de rapprocher ces résultats des travaux de Stanislas Dehaene sur les mécanismes de l’apprentissage de la lecture et les méfaits de la méthode globale.

D’après Jonathan Grainger l’apprentissage des babouins passe bien par le passage du graphème au phonème c'est-à-dire la reconnaissance des associations de lettres et de leurs positions dans le mot ce qui correspond aux travaux de Stanislas Dehaene sur l’apprentissage de la lecture chez l’homme.

Elle démontre donc que cette première phase de la lecture n’est ni linguistique ni spécifiquement humaine. Pour citer Jonathan Grainger il s’agit "d’une compétence liée à une capacité à identifier n’importe quel objet visuel à partir des parties de l’objet et des relations de ses parties entre elles".

La deuxième question est celle de la compréhension c'est-à-dire la capacité linguistique d’associer un sens à un mot et plus encore d’associer du sens à une phrase sur laquelle l’expérience n’apporte évidemment pas de réponse.

Il semble cependant, jusqu’à preuve du contraire, qu’il s’agisse d’une spécificité d’homo sapiens puisque l’homme de Neandertal a disparu et qu’il paraît donc difficile de l’interviewer.


Patrice Leterrier 

16 Avril 2012

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 09:43

vieux_sage.jpg


T

he Economist publie un article s’appuyant sur une étude d’Igor Grossmann de l'Université de Waterloo, au Canada, comparant la sagesse d’américains et de japonais en faisant varier l’âge des participants.

Les critères retenus pour évaluer et comparer le niveau de sagesse sont les suivants :

·     La recherche de solution aux conflits

·     La capacité à rechercher des compromis

·     La conscience des limites de ses connaissances

·     L’acceptation de points de vue différents du sien sur un problème

·     La prise en compte du fait que les choses peuvent s’aggraver avant de s’améliorer.

A partir de ces critères, les auteurs de l’étude distingue deux axes de mesure de la sagesse : L’axe intergroupe qui serait censé mesurer en quelque sorte l’aptitude plus ou moins grande de prendre des décisions collectives sages et l’axe interpersonnel plus lié à la relation de personne à personne.

Le résultat de l’application de ces critères semblent démontrer que les japonais seraient naturellement plus sages que les américains mais que les vieux américains seraient mieux armés que les japonais de tout âge sur l’axe intergroupe.

L’hypothèse émise pour expliquer ce phénomène est que nous aurions plus besoin de compétences interpersonnelles lorsque la société est orientée en premier sur le collectif et plus de compétences intergroupes lorsqu’elle est au contraire, comme la société américaine, essentiellement tournée vers l’individualisme.

Ces résultats sont, en tout cas, une sorte de pied de nez au symbole du vieux sage assis sur son tatami et enseignant les règles de la sagesse au petit scarabée écoutant les yeux écarquillés ce vénérable personnage lui distillait les règles de vie conduisant à la zénitude.

On peut aussi s’interroger sur la complétude des ces critères pour évaluer la sagesse et notamment sur leur orientation presqu’exclusivement tournée vers la capacité de résoudre des conflits entre les hommes.

N’y aurait-il donc de sagesse que dans la confrontation à l’autre, dans l’altérité ?

La sagesse ne serait-elle mesurée qu’à la capacité de prendre une bonne décision collective ou de régir les relations interpersonnelles ?

Déjà sur ces simples critères le paysage politique devient plus que clairsemé en matière de sagesse mais si on y ajoute l’injonction socratique, d’ailleurs impossible à réaliser, "connais-toi toi-même" c’est alors un véritable désert qui s’offre à nos yeux.

N’y aurait-il pas aussi une certaine forme de sagesse à regarder la réalité de notre monde sans complaisance et son évolution possible avec lucidité, à s’indigner devant les injustices grandissantes qui excluent plus d’un milliard d’humains du banquet de la vie, à cesser de martyriser la terre avec nos déjections industrielles, à prendre conscience que plus de technologies ne peut pas être la solution unique au progrès, à regarder le ciel non pas pour y voir d’hypothétiques aliens mais pour garder la mesure de la fragilité de notre condition, à repenser le bonheur autrement qu’en terme de possession de plus en plus de biens et de gadgets qui nous isolent en nous donnant l’illusion d’une communication élargie ?

Ne faut-il pas en définitive un brin d’utopisme pour prétendre à la sagesse ?

Jean Cocteau a écrit dans Opium: "La sagesse est d'être fou lorsque les circonstances en valent la peine". 


Patrice Leterrier 

26 Mars 2012

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 15:50

stress.jpg


U 

ne étude , publiée par des chercheurs de l’Université Concordia, de l’Université de Montréal et d’HEC Montréal (citée par Michel Alberganti sur son blog Globule et Télescope), fait apparaître que l’attachement contraint des employés à leurs entreprises peut conduire à une forme d’épuisement psychique.

Alexandra Panaccio, coauteure de l’étude écrit "les employeurs devraient peut-être tenter de minimiser chez leurs salariés l’engagement “par manque de choix”".

La question n’est évidemment pas de mettre en cause ce vœu pieux mais de regarder combien la dureté des temps a modifié la donne dans l’entreprise et sur le marché du travail.

Le chômage ne touche plus seulement le personnel sans qualification et les vieux que l’on souhaite pousser dehors.

Aujourd’hui même les cadres jeunes et bien formés sont menacés.

La pression permanente des actionnaires qui ont pris le pouvoir dans l’entreprise, la concurrence exacerbée par la mondialisation qui se moque bien de la pérennité de notre modèle social, le renchérissement des matières premières et des énergies fossiles, la frilosité des banquiers, tout concourt, au contraire, à augmenter ce sentiment de “manque de choix”.

Il semble arranger, dans un premier temps, des employeurs terrorisés par les actionnaires et libérés ainsi de la peur de perdre leurs meilleurs éléments et donc de la nécessité d’avoir une conception des relations humaines motivante et des politiques salariales incitatives.

Alexandra Panaccio ajoute «Il se pourrait qu’en l’absence d’un lien émotionnel avec l’entreprise, l’attachement par obligation soit vécu comme une forme d’endettement – une perte d’autonomie qui finit par être émotionnellement épuisante au fil du temps».

Quel piètre motivation que ce sentiment d’endettement alors que nous savons que notre seule chance de faire face à la montée en puissance des pays - dont ont continue à dire qu’ils sont émergeants alors qu’ils nous submergent littéralement – c’est la recherche et l’innovation.

Les entrepreneurs, s’il en reste encore quelques uns aux manettes, savent pourtant combien il est antinomique de faire cohabiter épuisement psychique et curiosité, culot, anticonformisme, droit à l’erreur qui sont des clefs essentielles de la créativité et donc de l’innovation.

Michel Alberganti cite dans son article le Baromètre Ipsos Edenred sur le "Bien-être au travail et la motivation des salariés français" qui indique que "si les salariés Français s’affichent comme les recordmen de la démotivation (40%, +2), le constat est plus mitigé : 86% se disent ainsi en parallèle «heureux dans leur travail » et «fiers de leur travail»".

Cette constatation est la plus sévère et la plus grave condamnation des dirigeants français puisqu’elle démontre- ce que l’on soupçonnait avec le taux de suicide dans des entreprises comme Renault ou France Télécom – que les lignes de management, pressées par des objectifs souvent contradictoires et irréalisables, ont complètement perdu de vue que les premiers "actifs" d’une entreprise, les seuls créateurs de valeur, ce sont les collaborateurs et qu’on ne peut pas sans risque pour le devenir même des entreprises les désespérer indéfiniment.

La bonne nouvelle étant que, malgré ces conditions souvent effroyables, ils n’ont pas perdu leur fierté et leur goût pour leur travail, ce qui laisse supposer que la situation pourrait être réversible pour peu que, ne serait-ce que par intérêt, les dirigeants oublient un peu les actionnaires et reconnaissent mieux leurs salariés, ce qui - in fine - pourrait aussi être dans l’intérêt des actionnaires…


Patrice Leterrier 

5 avril 2012

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 12:21

noir-sourire.jpg


S

ur Slate.fr, Claire Levenson plaide pour "une utilisation décomplexée du mot noir".

Qu’adresse donc le mot noir ? Une culture, une communauté, une histoire ?

Dans son livre Le sanglot de l’homme noir, Alain Mabanckou écrit "il n’est pas exagéré d’affirmer que c’est le blanc qui a inventé le Noir" et il ajoute "qu’y a-t-il d’offensant dans les mots "Noir" ou "Nègre" pour que les remplaçât plus tard par le terme anglophone "Black", À chaque époque son vocabulaire et sa manière d’édulcorer les concepts".

L’ambigüité du mot n’est certes pas levée par sa substitution par "black" mais il reste confusément comme la marque d’une différence qui va dans l’esprit de celui qui l’emploie bien au-delà de la couleur de peau.

Une histoire ?

L’histoire de l’homme noir reste indissociable en France de celle de l’esclavage et de la période du colonialisme triomphant.

L’exposition sur les zoos humains au musée du Quai Branly rappelle la construction dans l’imaginaire collectif de la notion de sauvage et du rôle civilisateur de l’occident dont le point culminant fut certainement l’exposition colonial de 1931 à Paris.

Victor Schœlcher écrivait déjà "tout homme ayant du sang africain dans les veines ne saurait jamais trop faire dans le but de réhabiliter le nom de nègre, auquel l’esclavage a imprimé un caractère de déchéance"

Une communauté ?

La vérité est qu’en France la communauté noire n’a aucun sens puisqu’elle est, entre autres, le résultat de "stratégies politiques du pays d’accueil pendant certaines périodes sombres".

Les français "noirs" regroupent aussi bien les descendants des esclaves de l’époque de l’or blanc dans les îles du vent, ceux des tirailleurs sénégalais et autres enrôlés plus ou moins "volontaires" qui ont joué le rôle de chair à canons lors de la première guerre mondiale.

Il y a aussi les descendants des anciens "indigènes" de l’époque coloniale ayant choisis la France et encore des "vrais" immigrés africains à la recherche d’une vie meilleure.

Mais on doit également compter, comme l’écrit Alain Mabanckou, les "nouvelles générations qui n’ont plus rien à voir avec le continent noir mais qui estiment qu’on ne les reconnaît pas dans le pays où elles sont nées".

Une culture ?

Après la seconde guerre mondiale, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Léon Gontran Damas voulaient donner à la négritude une identité culturelle face à la volonté réductrice et intégratrice de la politique française dont on voit aujourd’hui encore les séquelles dans nos départements d’outre-mer.

Le mouvement s’inscrivait dans un désir de différence affirmée mais adressait des réalités diverses et une époque particulière qui précéda la décolonisation.

La négritude était un concept politique qui recouvrait un kaléidoscope, point de rencontre de la langue française avec des cultures d’origine diverses.

Qu’y a-t-il d’autre de commun culturellement que l’usage de la langue française entre un descendant d’un togolais, d’un sénégalais, d’un Ivoirien ou encore un noir martiniquais d’aujourd’hui ?

Le français noir ne peut guère revendiquer une culture noire commune du moins pas plus qu’un français, un italien ou encore un allemand peuvent résumer leurs racines culturelles à une "blanchitude".

Un jour peut-être on pourra dire noir comme on dit blanc, blond, roux, brun, yeux bleus mais aujourd’hui encore l’adjectif noir est porteur d’une connotation qui va bien au-delà de la couleur de la peau et ce n’est pas l’emploi de "black" ou "issu de la diversité" qui balaie le contenu sous-jacent du terme.


Patrice Leterrier 

26 Mars 2012

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 20:29

hollandais-volant.jpg


L

’information a failli faire un buzz aussi important que celui des neutrinos supralumniniques sur internet : Un hollandais a posté une vidéo qui le montrait volant comme un oiseau à la seule force de ses bras et de deux petits moteurs d’aéromodélisme.

Le farceur s’est dénoncé lui-même dans une interview mais le plus troublant c’est qu’un site comme Wired Science, plutôt reconnu pour le sérieux de ses articles, a été le premier à relayer le scoop qui s’est avéré faux.

Il y a bien sûr cette frénésie presque pathologique du journaliste hanté par la crainte de manquer un scoop.

Il y a aussi une curieuse montée de la crédulité mise à rude épreuve par un tas de démonstrations brillantes qui ont toutes l’apparence de la vérité et qui envahissent la toile.

Elles chatouillent notre imaginaire au point de nous faire sombrer parfois dans l’irrationnel que ce soit par crainte ou au contraire par espoir fou de pouvoir se libérer des contraintes de la vie moderne et de la société.

Parce que nous ne sommes plus contraints à croire en je ne sais quel Dieu, serions-nous plus enclins à être crédule ?

A priori savoir quels sont les facteurs qui font d’homo sapiens un homo credens n’est pas forcément le même sujet que la crédulité qui peut frapper aussi bien des croyants que des athées.

Bien sûr les athées s’empresseront de qualifier les croyants de crédules.

Mais le fait est que les croyants (et le sentiment religieux) qu’ils s’appellent catholiques, protestants, juifs, musulmans, hindouistes ou bouddhistes (et j’en oublie sûrement) se retrouvent sur toutes les latitudes, dans toutes les cultures.

Il existe même des traces paléontologiques de l’universalité du  sentiment religieux (notamment à travers le culte des morts).

Les variations d’expression du sentiment religieux et de la foi sont sûrement culturelles mais il est probable que la proportion de croyants et d’athées n’ait pas tant tellement variée même si, comme pour l’homosexualité, la libération des mœurs et la liberté d’expression ont fait qu’il n’est aujourd’hui pas plus dangereux ni honteux de se déclarer athée que de se déclarer homosexuel (enfin presque partout si on exclut certains régimes dictatoriaux et certains milieux intégristes).

Certains psychologues soutiennent que la religiosité est une adaptation culturelle à deux traits fondamentaux de la personnalité, eux-mêmes partiellement exprimés dans le patrimoine génétique d’un individu : l’amabilité et l’esprit consciencieux qui seraient plus représentés chez les croyants.

D’après eux, il semblerait donc que les personnes altruistes, douces, confiantes, réfléchies, honnêtes, disciplinées et persévérantes (autrement dit de vrais saints pas tellement sexys) ne le sont pas parce qu’ils sont religieux mais sont religieux parce qu’ils ont ces caractéristiques plus que d’autres, qu’ils ont vécus très tôt dans un contexte familial et éducatif religieux et sont enclins par nature à maintenir fort le lien familial.

L’abbé Pierre était dans cette compassion au monde parce que c’était sa nature et non parce qu’il était l’abbé Pierre et d’ailleurs la relation n’est pas bijective puisque Coluche n’était pas frère Coluche tant s’en faut…

Toujours selon cette étude, aux non-croyants les qualités d’extraversion et d’ouverture à l’expérience regroupées sous le générique de plasticité, caractéristiques qui favorisent peut-être aussi une certaine forme de crédulité.

Reste qu’il est tout de même troublant que croyants et non-croyants puissent être aussi crédules lorsque des joueurs de flutes en tout genre nous font miroiter que les autres sont la cause évidente de nos difficultés.


Patrice Leterrier 

23 Mars 2012

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 18:19

erectus01.jpg

A

vez-vous déjà goûté au porc-épic ? Non ? Alors, venez dîner ce soir. Une fois les épines retirées, vous verrez, c’est un délice.

Cette conversation est imaginée par Yves Coppens et serait l’invitation d’un Homo habilis ayant découvert la gastronomie en même temps que la consommation de viande.

Plus tard Homo egaster ayant découvert le feu a peut-être aussi découvert la cuisson mais les traces d’agapes cuites sont incontestables en ce qui concerne Homo erectus.

Depuis c’est un lieu commun de dire que, s’il faut manger pour vivre, l’homme vit aussi pour manger contrairement à l’adage qui voudrait que l’on s’en tienne à la seule nécessité.

Il est d’ailleurs assez évident qu’il n’est pas le seul à rechercher le plaisir dans la nourriture.

Il n’y a qu’à voir les astuces dont sont capables les singes et même les rats pour obtenir une nourriture en l’absence évidente de toute nécessité.

L’homme ne mange donc pas que pour se nourrir.

Il ne s'agit pas d'une remarque cynique feignant d’ignorer qu'un milliard d'humains sont victimes de sous-nutrition ce qui est un des scandales les plus inacceptables de notre belle société dominée par la toute puissante finance.

Mais dans nos pays surdéveloppés, le rythme anxiogène de la vie dite moderne, pousse hélas trop souvent un nombre de plus en plus important d’individus à manger pour calmer une angoisse en se remplissant convulsivement, le plus rapidement possible et trop de nourritures trop grasses, trop riches, trop sucrées avec les conséquences que l'on connait sur le nombre sans cesse grandissant d'obèses pris au piège de la dépendance non pas à la nourriture mais à l’acte de manger à la recherche d’une satiété hypothétique.

Mais manger peut aussi être un plaisir, c'est-à-dire, autre chose qu’un reflexe plus ou moins compulsif, une activité sociale et élaborée parfois jusqu’au raffinement.

Le plaisir tient bien sûr d’abord à la délicatesse et à l’harmonie des saveurs que les cuisiniers qualifient souvent de notes complétant ainsi l’analogie avec la musique déjà consacrée avec le piano du chef cuistot.

Mais le plaisir de la table ne se résume pas aux contenus des assiettes même s’il constitue un préalable disqualifiant en cas de médiocrité.

C’est aussi attendre avec plus ou moins de patience une promesse alléchante souvent décrite dans une surabondance de qualificatifs, c’est apprécier le dressage harmonieux et raffiné d’une table, c’est quelquefois admirer un paysage dont le souvenir pourra se trouver associé aux saveurs délicates d’un plat et au plaisir partagé, c’est encore être intimidé par la renommée du chef dont il serait malséant de mettre en doute le talent, c’est déguster la saveur du nectar qui accompagne un plat en admirant sa robe, c’est partager en rivalisant de superlatifs avec des proches, etc...

Mais la renommée du chef, la hauteur vertigineuse de la note, la majesté du cadre, la qualité de la compagnie ne sont pas toujours les clefs de nos souvenirs.

Parfois la réminiscence du goût d’une madeleine pour Proust, d’un riz au lait jamais égalé de sa mère, de caramels incomparables de sa grand-mère revient en caravane et nous envahit sans que nous ayons le moindre contrôle sur ce processus.

En conclusion de son article sur la cuisine moléculaire, Bernard Thys pose la question "manger c’est quoi ?" nous invitant à renoncer à l’esclavage de la cuisine traditionnelle.

Il ajoute la recherche des goûts déclinés note à note à cette rencontre de l’homme avec le goût et le plaisir.

Manger, quand il ne s'agit pas uniquement de se nourrir, c'est un acte social, culturel mettant en œuvre de nombreuses connexions dans notre cerveau dont les neurologues pourront sûrement un jour décrypter le mécanisme sans pour autant nous priver de ce plaisir rare quand la gastronomie touche à l’art.


Patrice Leterrier 

18 Mars 2012

 

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