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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 17:20


I

l y a quelque chose d’assez révoltant à voir des millions de litre de lait déversés en pure perte sur la chaussée.

Un milliard d’humains souffre de sous-nutrition tandis qu’un autre milliard se rend coupable de surnutrition et que la plupart des citoyens des pays développés surconsomment des protéines animales.

Ces protéines favorites des pays dit développés (mais surement ni responsables ni matures) sont le plus souvent fabriquées avec d’autres protéines animales comme celles provenant d’une surexploitation des océans comme le rappelait avec sa fougue habituelle Nicolas Hulot dans sa dernière émission Ushuaïa Nature hier sur TF1.

On se souvient aussi du scandale de la vache folle provoqué par l’utilisation de carcasses d’animaux pour fabriquer de la viande de bœuf.

Loin de moi l’idée de faire retomber la responsabilité de ce choquant gâchis paradoxal sur les agriculteurs pas plus que de les accuser dans le cas des algues vertes en Bretagne.

Ils sont les premières victimes de cette marchandisation des ressources alimentaires incarnée avec cynisme par certains grands distributeurs évoquant trop facilement les dures lois du marché.

Comme dans le cas de l’énergie, où on peut faire la chasse au gaspillage avant d’imaginer de nouvelles sources d’énergie, de nouveaux carburants, qui sont d’ailleurs aujourd’hui scandaleusement concurrents de l’alimentation dans les pays pauvres, ne pourrait-on pas d’abord promouvoir la "négacalorie" alimentaire, c'est-à-dire un usage plus sobre, plus efficace, plus sain et plus responsable des ressources alimentaires ? 

Sans tomber dans les excès des végétaliens ni même l’ascétisme alimentaire des végétariens, pourquoi ne pas changer nos habitudes ?

Même s’il faudra de toute façon plus de productions alimentaires pour nourrir plus et mieux la population mondiale, pourquoi ne pas en même temps nous soucier aussi d’économiser des calories en consommant par exemple plus de nutriments d’origine végétale ?

Il existe des négawatts énergétiques plus simples à produire que le photovoltaïque, l’éolien ou autre forme de nouvelles énergies renouvelables.

En réduisant l’éclairage, en utilisant des lampes à basse consommation, dont on doit rappeler qu’elles sont sans danger, en éteignant systématiquement les veilleuses, en mettant un pull quand il fait un peu frisquet, en isolant correctement sa maison, etc. on participe significativement à la réduction des gaz à effet de serre, on fait de réelles économies, cela ne demande pas d’investissement considérable et peut être mis en œuvre rapidement.

De même arrêter de nous gaver de protéines animales et autres produits sophistiqués de notre alimentation sur-consommatrice de calories n’est qu’une question de changement de comportement.

Cela peut avoir des effets considérables en termes d’économie quand on sait qu’il faut 15 kilos de protéines végétales pour obtenir 1 kilo de protéines de bœuf, 7 kilos pour le porc, 5 kilos pour le poulet et 4 kilos pour l’œuf.

C’est de toute façon bon pour notre ligne et notre santé car notre alimentation est vraiment trop grasse et ce n’est pas le piège des aliments dits allégés qui y change grand-chose.

C’est aussi globalement assez bon pour notre porte-monnaie.

Cela peut également permettre de restaurer des circuits courts entre les producteurs agricoles et les consommateurs.

Et puis n’aime-t-on pas d’autant plus manger une bonne viande ou un poisson délicieux que cela reste une fête ?

Que dire de cette habitude, cette sorte de manie à laquelle certains se livrent, copiant les pires mœurs américaines, en avalant un innommable steak haché coincé entre deux tranches de pain sans saveur le tout abondamment arrosé de ketchup et de moutarde ?


Patrice Leterrier

25 Octobre 2009


 

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