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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:41

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J

amais les progrès de la science et les exploits de la technologie n’avaient transformé notre vie et notre environnement comme dans les dernières décennies.

Faut-il rappeler que la découverte de la pénicilline date de 1928, la théorie du big-bang de 1949, la découverte de l’ADN de 1953, le rayon laser de 1960, la première greffe du cœur de 1967, le premier OGM de 1973, le premier bébé éprouvette de 1978, la découverte du virus du Sida de 1983, l’IRMf de 1992, la brebis Dolly (premier clone) de 1997, le séquençage du génome humain de 2000, la découverte du boson de Higgs de 2012 ?

Qui peut aujourd’hui imaginer un monde sans internet, sans télévision, sans téléphone portable, sans four à micro-onde alors qu’aucun de ses objets n’existait il y a à peine un demi-siècle ?

Et pourtant, même si la confiance de la population envers les scientifiques reste très élevée, force est de constater que les découvertes scientifiques deviennent de plus en plus difficiles à faire partager au plus grand nombre.

Déjà en décembre 1938 Marcel Boll écrivait dans les colonnes de Sciences & Vie "il est souhaitable que le lecteur ait mesuré toute la différence qui sépare le monde perçu de l’Univers découvert par la science. Cette opposition entre l’apparence et la réalité ne peut qu’aller en s’accentuant". 

Cette opposition serait-elle devenue telle que les découvertes scientifiques deviendraient des révélations auxquelles on demanderait au bon peuple de croire aveuglement ?

La démarche scientifique, si elle émet souvent des hypothèses à partir d’intuitions parfois géniales, n’aboutit à des connaissances que si les conséquences qu’elles prévoient sont vérifiées.

A l’inverse, une croyance religieuse n’est pas réfutable, c'est-à-dire qu’on ne peut apporter la preuve qu’elle soit juste ou fausse.

Lorsque par paresse intellectuelle ou plus souvent parce que les preuves apportées font appel à des connaissances que nous n’avons pas, nous croyons des scientifiques, c’est parce que nous supposons acquises leur rigueur et leur honnêteté intellectuelle dans les preuves qu’ils apportent.

Plus encore nous savons que les résultats annoncés seront soumis au filtre de leurs confrères qui n’ont aucune raison de leur faire confiance sur parole.

Mais la question posée est de savoir si, devant l’écart qui s’accroit entre notre appréhension intuitive du monde et la description qui en est faite par les scientifiques, nous devons renoncer à comprendre leurs découvertes.

En dépit de cette difficulté grandissante de communiquer avec le grand public, les hommes de sciences n’ont-ils pas l’exigence de rendre leurs trouvailles audibles au grand public directement ou par l’intermédiaire des journalistes scientifiques dont il faut bien reconnaître que la tâche n’est pas toujours très aisée ?

Je ne crois pas que la science puisse se satisfaire de croyances de la part du public même s’il est bien difficile de montrer du doigt un boson de Higgs.

Nous vivons dans un univers rempli d’objets technologiques dont le fonctionnement fait largement appel aux découvertes scientifiques sans nous préoccuper vraiment du "comment ça marche ?".

Faut-il vraiment qu'un neurologue connaisse les propriétés quantiques des noyaux atomiques pour utiliser l'Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle?

Probablement pas puisqu’il utilise ces propriétés dans une technologie comme le gamin de cours élémentaire utilise son téléphone portable.

Pour autant il parait nécessaire de pouvoir expliquer en termes clairs et accessibles la résonance magnétique nucléaire ou le fonctionnement d'un téléphone portable.

Dans une interview donnée à Pierre Barthélémy, Yves Gingras nous dit « Le mystère c’est l’ignorance. La science va contre l’ignorance et donc contre le mystère.

On peut aussi ajouter que le mystère c’est la foi et la foi c’est la croyance.

Science et croyance n’ont donc pas grand-chose à gagner à faire commerce n’en déplaise aux créationnistes qui opposent la création de l’homme décrite dans la bible à la théorie de l’évolution darwinienne.


Patrice Leterrier

25 mai 2013

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