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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 14:08

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S

ur son blog Michel Alberganti commente une étude réalisée par Pia Rosander, une thésarde de l’université de Lund en Suède, analysant la corrélation entre cinq grands traits de caractère (Big Five) et la réussite scolaire de jeunes élèves âgés de 16 ans.

Les critères retenus (ouvert, consciencieux, extraverti, agréable et inquiet) suscitent des critiques portant sur leur complétude, une certaine redondance et leurs caractères subjectifs.

Par exemple on peut soupçonner une forte corrélation entre ouverture et extraversion.

On peut aussi constater qu’il s’agit d’une photographie à un stade déterminé du cursus scolaire.

Ceci étant et pour autant que des résultats sur un panel de 200 élèves soient significatifs d'une tendance générale, les résultats contrastés révélés par cette étude sont assez inquiétants.

Ils mettent en lumière que la réussite dans le système scolaire suédois serait plus le fait de personnalités consciencieuses et inquiètes que d’élèves ouverts et curieux.

La compétitivité de nos pays du vieux continent - et donc la survie de l’emploi et de nos conditions de vie si durement obtenues par nos prédécesseurs - dépend énormément pour ne pas dire uniquement de la capacité de notre système éducatif à promouvoir ceux qui ont des réelles capacités d'innovation et un goût certain de la prise de risque.

On a besoin d’entrepreneurs qui acceptent le changement permanent comme une chance et non comme un risque.

La survie de nos sociétés occidentales suppose l’éclosion de talents ayant une grande capacité à s’adapter en permanence à ce qu’Hubert Vedrine appelle une compétition multipolaire instable qui n’a rien à voir avec une crise qui sous-entendrait un retour à une situation antérieure.

Il est assez catastrophique de penser que le système éducatif ne favorise pas la curiosité, la créativité, une forme d'"anticonformisme", bref les traits de caractères qui paraissent les mieux corrélés avec la capacité d'innovation et le gout du risque.

Le système éducatif du 19ème siècle et du début du 20ème avait besoin de "délivrer" des citoyens dociles, consciencieux, peu friands du risque, cherchant un emploi stable avant tout pour fournir le "matériel" nécessaire pour faire tourner les "chaines standardisées" des usines toutes converties à la religion du Taylorisme.

La robotisation de l’industrie et l’utilisation des technologies de l’information et de la communication ont définitivement balayé ce paysage.

La mondialisation de l’économie et du marché du travail a redistribué les rôles en laissant sur le carreau ces milliers d’emplois qu’il est impossible, même par forte volonté politique, de conserver dans nos pays.

L’éducation est la clé de l’adaptation d’une société à son environnement socio-économique et notre société ne peut se satisfaire d’un statu quo dont le coût est exorbitant au regard des résultats obtenus.

Comment ne pas prendre notamment la vraie mesure du fait que l’environnement de communication est totalement bouleversé par l’explosion d’internet et la généralisation des smartphones et bientôt des tablettes et assistants personnels en tout genre ?

Ce nouveau paradigme de communication devient le mode "naturel" pour les nouvelles générations et le décalage avec les méthodes éducatives encore trop centrées sur l’accumulation massif de connaissance dans un mode standard et normalisé devient insupportable.

Dans le même temps, le fait qu’"un jeune de moins de dix-huit ans passe en moyenne sept heures et demie par jour devant des écrans ou smartphones, et seulement 15 à 25 minutes dans des jeux en extérieur", pose un véritable problème de la place de l’attention diffuse tellement nécessaire pour la consolidation des connaissances acquises.

On est tout de même atterré de voir que le grand débat aujourd’hui est celui de la semaine de 4 jours ½ à laquelle les enseignants - ou du moins leurs syndicats - s’opposent alors qu’ils avaient combattu avec la même énergie le passage à la semaine de 4 jours en 2008 !

Quand sortira-t-on d’un système éducatif fossilisé alors que l’enjeu est la survie même de notre civilisation ?


Patrice Leterrier 

27 janvier 2013

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