Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 15:55

diable.jpg


L

e Diable demanda au charbonnier "Que crois-tu ?" et l’homme lui répondit "je crois ce que je crois".

Cette légende résume à merveille une croyance qui ne repose sur aucun argument théologique ou philosophique mais sur une intime conviction inébranlable.

A l’inverse, et même si certains philosophes prétendent le contraire, un neuroscientifique comme Stanislas Dehaene nous expliquerait que la moindre de nos pensées, de nos sentiments, de nos ressentis, de nos croyances qu’ils soient conscients ou inconscients, qu’ils s’agissent de cognitions ou de métacognitions trouvent leur totale explication dans le ballet fascinant d’une foule de neurotransmetteurs dansant agilement dans la cathédrale gigantesque que constituent les réseaux neuronaux dont la complexité dépasse l’imagination à la fois par leurs nombres astronomiques et leurs interconnexions incommensurables.

Bien sûr nous n’avons aujourd’hui que des bribes misérables de compréhension de ces mécanismes.

Peut-être même qu’un esprit s’observant ne peut intrinsèquement jamais se connaître complètement.

Par ailleurs l’observation même modifie l’objet qu’on observe.

Les scientifiques ne cherchent jamais autre chose que le comment "tout cela marche" alors que les croyances sont censées remplir l’énorme vide cognitif du "pourquoi" auquel aucun savant censé n’oserait répondre au nom de la science.

Depuis que nos ancêtres ont pris conscience que la vie était une histoire qui finissait mal, depuis qu’ils ont pris le soin d’enterrer leurs morts, le sentiment religieux semble inscrit peut-être dans le fonctionnement même de notre cerveau mais sûrement dans toutes les cultures du monde.

Greg Miller sur le site de Sciences semble démontrer que les pensées analytiques peuvent diminuer le sentiment religieux.

Les pensées analytiques ne peuvent évidemment pas justifier le sentiment religieux sauf au prix de contorsions permettant d’égarer notre sens critique.

Peuvent-elles vraiment ébranler la foi du charbonnier puisqu’elle n’a besoin d’aucune raison rationnelle pour se conforter ?

Du reste toute tentative de justifier rationnellement les croyances religieuses est vouée à l’échec quel que soit la sophistication des arguties mises en avant.

Les croyances sont en général éminemment respectables.

Elles doivent être respectées lorsqu’elles ne restreignent pas les libertés individuelles, qu’elles garantissent l’égalité entre les hommes (et les femmes) mais aussi tant qu’elles ne prétendent pas se mêler de sciences.

Les sciences n’ont pas grand-chose à dire sur les croyances si ce n’est peut-être un jour dans quelles zones du cerveau elles prennent naissance ce qui ne renseigne pas beaucoup sur les croyances elles-mêmes.

Ne dit-on pas "libre à vous de croire ?" comme argument qui prélude une démonstration visant généralement à démontrer le contraire alors que la liberté évoquée sonne comme un aveu d’incapacité à convaincre ou plus souvent comme une sorte de jugement un peu dédaigneux sur la faiblesse des croyances de l’autre.

Mais peut-être disons-nous aussi cette phrase parce que nous savons inconsciemment combien il est difficile de changer les croyances de nos semblables.

Mais croyez moi si vous voulez nous sommes loin d’avoir fait le tour du problème du mystère des croyances.


Patrice Leterrier 

29 Avril 2012

Fichier PDF

Partager cet article
Repost0

commentaires

J
La foi s'applique aux dogmes d'une secte qui se structure sur une conceptualisation du sacré et du maudit; en d'autres termes sur une explication imaginée de l'inconnaissable. Le champs est
vaste... Les églises (sectes qui ont réussies) ne sont que des structures de pouvoir.
Répondre