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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:16

copenhague 2009


U

ne fois de plus l’ONU, le "machin" comme l’appelait Charles de Gaulle, a montré au monde consterné ses pitoyables limites.

Incapable de faire régner la paix dans le monde, d’empêcher le génocide rwandais, l’aventure irakienne, le désastre au proche Orient, cette organisation, née à la fin de la deuxième guerre, a montré à Copenhague sa faiblesse et en l’occurrence son incapacité à faire régner la paix et la justice écologique sur la planète.

Les chinois ne voulaient pas que l’on puisse vérifier ce qu’ils font chez eux.

Barak Obama semble de plus en plus coincé entre les puissants lobbies américains et son opinion publique très sceptique sur les conséquences du réchauffement et surtout sur l’origine anthropique du phénomène.

Mais il y avait eu toutes ces déclarations de bonnes intentions, ce petit jeu du "plus écolo que moi tu meurs", cette réunion unique de 130 chefs d’états et un espoir fou que les grands de ce monde puissent se montrer aussi empressés pour la planète qu’ils l’avaient été quand il s’agissait de sauver le système financier à la dérive.

Hélas ce qui était encore il y a quelques jours un espoir se traduit par une bouillie diplomatique insipide concoctée à la dernière minute, derrière des portes closes, en contradiction avec les règles multilatérales des Nations Unies, par les Etats-Unis, la Chine, l'Inde et l'Afrique du Sud rejoint par le Brésil et l'Europe en désespoir de cause. Ils sont certes les principaux émetteurs de gaz à effet de serre (Ges).

Ce texte de trois pages est un engagement sans contrainte de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport au niveau préindustriel. Les pays les plus industrialisés se sont par ailleurs engagés à verser une aide d'un montant total de 30 milliards de dollars d'ici à 2012 aux pays les plus vulnérables au réchauffement climatique.

Dont acte mais on connaît la portée de ce genre de document comme par exemple les engagements du millénaire sur l’éradication de la faim dans le monde.

Le délégué du petit archipel de Tuvalu, dans le Pacifique sud, directement menacé par la montée des eaux liée au réchauffement de la planète parle d’"une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir".

Les Maldives crient leur désespoir devant la perspective d’être rayées de la carte.

Le soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, qui préside le G77 (130 pays en développement), parle "du pire accord sur le développement et le changement climatique de l'histoire" et met en doute que l’Inde et la Chine membre du G77 aient signé ce texte.

Cuba fustige Barak Obama, qui se conduit selon eux comme "le chef d’un empire" et qui part en douce après avoir annoncé un accord qui n’existe pas.

Après une nuit de confusion où le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, épuisé, a donné la parole à des délégués furieux dénonçant cet accord conclu dans leur dos, la conférence a "pris note" ce matin de l'Accord de Copenhague, adopté la veille par 28 pays industrialisés et émergents. Un terme juridiquement et politiquement moins engageant qu'une adoption formelle par consensus.

Quant à notre délégation, qui s’était voulue en pointe pour imposer un nouvel ordre écologique au monde, elle repart sans avoir réussi ni à imposer les contrôles indispensables, ni la réduction de 30% d’émission de Ges pour l’UE en 2020, ni la taxation des transactions financières après des annonces confuses et contradictoires.

Mais au fond doit-on vraiment s’étonner que ces dirigeants soient aussi égoïstes que leurs électeurs et qu’ils ne se sentent pas plus solidaires des générations futures qu’ils ne le sont dans les faits des pays pauvres écrasés par la marchandisation de l’agriculture ?

Une fois de plus le paiement de la dette écologiste est reporté à plus tard. Elle coûtera infiniment plus cher à supposer qu’elle puisse être honorée.


Patrice Leterrier

19 décembre 2009

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