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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 13:56

 

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S

 

ur le site slate.fr, Michel Alberganti fait référence à une étude publiée de Miguel Nicolelis sur des rats "augmentés" auxquels on a connecté des capteurs de lumière infrarouge sur une zone du cerveau de l’animal "correspondant aux perceptions du toucher provenant des moustaches".

Après apprentissage, ils réagissent indifféremment à l’excitation de leurs moustaches ou à la perception de lumière infrarouge aussi invisible pour eux que pour nous.

Même si nous descendons du même ancêtre, le rat n'est pas tout à fait l'homme.

Je sais ! L'homme et la souris possèdent "99% de gènes homologues (c'est-à-dire identiques ou proches)" mais en matière de génétique il faut se méfier de statistiques trompeuses car 1% d'écart peut avoir à l'arrivée énormément d'effets.

D'ailleurs je n'ai pas vraiment peur des...chats.

Pour revenir au sujet de cet article assez décoiffant, les perspectives sont à mettre en relation avec le projet "Human Brain Project" car le couplage de capteurs sensoriels avec le cerveau sera d'autant plus facile à tester et à comprendre que les chercheurs auront réussi à créer des "modèles" du fonctionnement du cerveau.

Comme toujours le "problème" n'est pas (et il ne pourra jamais être) un problème scientifique.

La science n'a pas à se préoccuper des applications de ses découvertes et les tentatives pour bloquer ici ou là les recherches sont illusoires parce qu’il se trouvera toujours des "paradis expérimentaux" où des savants pourront étudier tous les méandres de la science et des hommes capables de faire la pire des choses avec ses applications.

On se souvient du débat sur les recherches sur le virus H5N1 mutant et la fin du moratoire décidé le mois dernier.

Les raisons invoquées pour la reprise de ces recherches étaient que "le virus continue à circuler et à évoluer dans la nature" et que poursuivre les recherches "est essentiel pour se préparer à faire face à une nouvelle pandémie".

Concernant "l’homme augmenté" ne devons-nous pas d’abord nous réjouir des perspectives de l’"homme réparé" avant de nous inquiéter de celles de l’homme augmenté ?

D’autant que c’est déjà singulièrement une réalité dans le domaine des communications, de la mémoire et bientôt aussi de la cognition.

Entre les recherches des médecins de l'université d'Indiana sur un programme d’intelligence artificielle de diagnostic médical, les applications pour tablettes annoncées par IBM dans la foulée du succès du supercalculateur Watson, une "à destination des médecins pour la lutte contre le cancer du poumon et une autre pour aider les assurances à gérer les engagements de dépenses" (business is business !), nous voyons bien que le mouvement vers des "prothèses cognitives" est en marche.

Au passage IBM a indiqué que depuis sa victoire au jeu Jeopardize, les performances de Watson avaient été améliorées de 240%.

L’assistance au raisonnement déductif va s’amplifier.

Elle va sortir du pur domaine des mathématiques (dernier exemple le plus grand nombre premier), de la physique théorique (boson de Higgs), de la cosmologie (exoplanètes) ou encore de la météorologie dont les développements sont aujourd’hui totalement dépendants des ordinateurs (pour ne citer que ces exemples).

Les découvertes de la science, les progrès des neurosciences, les perspectives incroyables des nanotechnologies, l’accélération spectaculaire des applications de la technologie ne vont pas s’arrêter.

Les dérives sont déjà là et sont inévitables.

Mais n’est-ce pas une des vertus indispensables de la politique au sens noble que de faire comprendre au grand public les enjeux, de définir et d’imposer des limites acceptables pour éviter de sombrer dans une société sans éthique et sans morale ?

Aurons-nous les hommes et les femmes capables de porter cette ambition pour nos sociétés ?


Patrice Leterrier

18 février 2013

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