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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 18:15

A

lors que nos dirigeants discutent de la meilleure façon de faire décroître les émissions de gaz à effet de serre pour éviter de transformer la terre en bouilloire, le débat fait rage entre les écologistes intégristes qui  prônent la décroissance comme seule solution à la sauvegarde de notre planète et les écologistes nouvellement convertis que l’on trouvent dans la classe politique traditionnelle, qu’elle soit de droite ou de gauche, et qui placent la croissance économique comme le moyen indispensable du progrès à la raison invoquée que seule la croissance permet de combattre le chômage.

Ils se privent ainsi, par dogmatisme, de toute réflexion sur le partage du travail en renvoyant avec soulagement des wagons de seniors de plus en plus jeunes à la culture des rosiers et en ne sachant pas que faire d’une jeunesse que l’on a jamais si mal accueillie dans la vie active.

Ce qu’il y a de fondamentalement nouveau c’est qu’au fond tout le monde semble s’entendre sur la nécessité d’une  refonte profonde des moyens qu’ils s’appellent les transports, l’énergie, l’urbanisme et bien d’autres. 

Il n’y a rien de plus démocratique et politique comme débat que celui qui concerne la dynamique de ces rééquilibrages, les priorités et l’ampleur des efforts à réaliser.

Et plutôt que de parler de croissance ou de décroissance ne doit-on pas simplement concevoir que ce grand rééquilibrage, par exemple des sources énergétiques, joue en réalité le rôle d’une sorte de vase communicant entre des sources en décroissance et d'autres forcément en croissance et subséquemment  d’en analyser le bilan en terme économique et en terme d’emploi pour planifier un équilibre acceptable?

Bien difficile d’ailleurs de prévoir si le résultat global se traduira à un instant donné par une croissance ou une décroissance en terme économique et au fond cela n’est pas le véritable enjeu.

Il faudra bien investir lourdement c'est-à-dire mobiliser des capitaux et créer massivement des emplois pour développer les nouvelles technologies et les nouvelles filières industrielles propres auxquelles nous devront bien nous rallier tôt ou tard ?

Il faudra bien aussi, comme au temps de la lente agonie des activités minières en France, accompagner les destructions d’emplois que ces changements ne manqueront pas d’entraîner.

Pourquoi placer idéologiquement l’objectif croissance ou décroissance au centre du débat comme une sorte de punition ou de récompense ?

Ne devrait-on pas plutôt se focaliser sur des objectifs purement politiques c'est-à-dire par exemple quel environnement pour les citoyens respectant notre environnement, quel partage plus juste du travail pour assurer la dignité des citoyens en ne faisant plus du droit au travail un dogme mais une réalité, quel effort de solidarité avec le tiers et le quart monde, et bien d’autres défis qui frappent à la porte de notre société comme par exemple celui du financement de la santé et des retraites…

Il ne s’agirait plus dès lors de rechercher croissance ou décroissance comme un objectif ultime mais plus d’appréhender ce résultat comme un indicateur comme un autre dans un objectif plus vaste d’une politique de rééquilibrage, un indicateur qui doit d’ailleurs s’inscrire dans une dynamique, et non comme un dogme à respecter coute que coute?


 Patrice Leterrier

8 décembre 2009

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