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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 21:50

rechauffe


L

es "climatosceptiques" se déchainent. Certains se délectent de l’échec des négociations de Copenhague.

Comme il serait rassurant que le problème soit celui d’une polémique entre des intégristes verts, tenants de la décroissance vertueuse et ascétique, et des adeptes inconditionnels du "toujours plus" brandissant leurs monstrueux 4X4 comme la gourmette, l’étendard de leurs égoïsmes revendiqués.

Hélas la première victime de l’échec des négociations de COP15, c'est la TERRE, non pas la troisième planète du système solaire qui en a vu d'autres, mais celle que Michel Serres appelle la "Biogée", la TERRE des HOMMES si fragile qui a permis l'éclosion de la vie.

Dans notre prétendue vertu nouvellement acquise et clamée par nos hommes politiques pour limiter nos émissions de GES, nous ne devons pas oublier, lorsque nous faisons hypocritement les gros yeux aux chinois et autres indiens, qu'une bonne partie du CO2 que nous leur reprochons de rejeter massivement dans l'atmosphère sont des GES que nous avons en quelque sorte exportés puisqu'ils servent à fabriquer des objets que nous achetons à bas prix.

Notre vertu revendiquée n’est en fait qu’une apparence dans la spirale consommatrice que nous vivons comme le moyen de notre bien être à défaut de notre bonheur…

La révolution industrielle avait l'ambition de libérer l'homme de la servitude alors qu’on nous demande aujourd’hui de travailler plus pour produire plus parce que nous sommes enfermés dans une logique schizophrène.

Nous clamons en axiome que la croissance est le seul moyen pour créer des emplois et réduire les inégalités et on ne sait pas produire de la croissance sans consommer plus d’énergie et donc aujourd’hui sans augmenter les émissions de gaz à effet de serre alors qu’il faudrait les diviser par 4.

Si nous voulons réellement une décroissance des émissions de gaz à effet de serre, c'est-à-dire ne pas faire payer au centuple le prix de nos égoïsmes aux générations futures, il faudrait mener une réflexion de fond sur le sens de la croissance, sur quel type de société nous voulons.

Cela ne signifie pas forcément moins d’emplois bien au contraire si on investie massivement dans la recherche et les technologies nouvelles et notamment dans la maîtrise du soleil au lieu de se jeter à corps perdu dans la quête d’imiter le soleil sur terre avec le projet Iter aux résultats encore hypothétiques voire improbables.

Il était naturellement illusoire de penser qu’un barnum, une grande messe comme la conférence de Copenhague pouvait être le lancement d’une telle réflexion au niveau mondial, d’un changement de comportements mettant les relations humaines au second plan pour s’occuper du futur de notre environnement.

La déception ne doit pas nous faire renoncer à changer le paradigme énergétique basé sur les énergies fossiles ni d’attendre en priant, de la maîtrise de l’atome, le salut alors que le soleil est là et qu’il nous fournit toute l’énergie dont nous avons besoin pour peu que l’on se mette sérieusement à investir sur les moyens de la capter.

Il faut bien sûr aussi que les ayatollahs de tout bord cessent de transformer ce combat pour le futur de l’humanité en un marché au service de leurs gloires personnelles. Il faut aussi que le hiatus entre des savants qui défendent la Biogée mais ne sont pas élus et des élus qui ont d’abord comme préoccupation de défendre les intérêts, forcément à court terme des électeurs, soit résolu.

Il n’y a au fond pas de débat plus moderne ni plus passionnant que de préparer sereinement et avec enthousiasme l’avenir des générations futures en réconciliant la connaissance et le politique.

Il n’est peut-être pas trop tard mais c’est l’affaire de tous car la première source de négacO2 c’est les économies d’énergies que chacun peut faire.

Comme disait le sage chinois Lao Tseu "un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas".


Patrice Leterrier

21 décembre 2009

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commentaires

S
<br /> La Bible dit qu'il faut 80 ans pour faire un homme...<br /> Bon anniversaire Monsieur Michel Serres.<br /> <br /> Vous pianiste je vous offre un instant de piano :<br /> http://www.youtube.com/watch?v=oOX085aKc2w (sonorités opposées, dissonances fécondes)...<br /> <br /> <br /> Vous philologue - qui osez affronter "la bête" - je vous offre ces mots sur l' "animal langage", celui même que notre Paul Valéry consuma toute sa vie à dresser :<br /> http://theatreartproject.com/langage.html<br /> <br /> <br /> Enfin, vous qui prouvez que les choses, comme les vivants, ont un langage, l’âme d’un poète sachant "devenir arbre", je vous offre Adonis :<br /> http://www.youtube.com/watch?v=3vrnHR6HKHQ<br /> <br /> <br /> L'or se doit aux rois, l'encens aux dieux, la myrrhe à l'homme... Adonis fils de Myrrha - l'arbre à myrrhe - le premier fils de l'Arbre.<br /> http://theatreartproject.com/videos.html<br /> <br /> <br /> L'inceste n'est-il la surexploitation d'une terre-mère unique ?... N'en déplaise à Valéry ce ne sont pas seulement les civilisations qui sont mortelles, mais notre espèce humaine, entière, qui est<br /> appelée à disparaître comme une autre, - comme tout<br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> En appui à la Biogée de Michel SERRES<br /> <br /> <br /> Connaissez-vous Beynac?<br /> Un château étonnant, dominant la Dordogne. Connaissez-vous Beynac? Un château fabuleux, dominant la Dordogne. Rivière chaleureuse, Espérance a-t-on dit. Connaissez-vous Beynac? Un site grandiose,<br /> cent dix mètres plus haut que rivière Espérance. Rivière paresseuse, rivière courageuse qui un jour décida de tout déposer là! Et comprenons-le bien!<br /> Elle arrêta tout là, non pas comme glacée, figée par un grand froid. Elle arrêta tout là, sans courant ni mouvement, et si vous décidiez d'un jour y patauger, votre corps y plongeait comme dans un<br /> corps inerte; figée mais non gelée, transparente et mouvante, apparence émouvante, sans saveur ni couleur... La Dordogne était là, immobile, arrêtée.<br /> Etonnant que cela. Il n'y a pas longtemps que cela s'est passé. Et personne ne l'a su!<br /> Des savants assemblés, des débats endiablés ont accouché de mots. Rien ne pouvait expliquer, les mots cachaient les maux. Du cœur même de la vie, le cœur semblait noué. Existant, mais sans vie.<br /> Loin de là, sur les bords de l'Oder, et plus près de chez nous tout le long de l'IJzer, au fil du Rhin, du Wal, tout au fond de la Meuse et de la Moskova, l'eau, courant, a douté et puis s'est<br /> arrêtée... Les alvins, les saumons, les truites et les brochets, toutes et tous à la suite, plus aucun n'a nagé. Ils étaient morts noyés...<br /> Etonnant tout cela. Il n'y a pas longtemps que cela s'est passé. Et personne n'y a cru!<br /> Les savants ameutés, gouvernants apeurés; des débats enroués ont accouché de mots, amertume et panique, inconscience et puis peur, angoisse et...REAGIR. De l'OTAN à l'ONU, de sigles et de symboles,<br /> ils se sont attablés. Il fallait REAGIR. Mais personne n'a songé, et pas un n'a pensé marcher dans les vallées, remonter les ruisseaux et interroger l'eau. Et puis de toute façon... qu'eut-elle<br /> donc pu nous dire, engluée qu'elle était de rancœur et de peine? Car tous, ils l'ignoraient. L'eau qui peine se tait, l'eau qui souffre se ferme. Tel était le problème.<br /> De la Loire à l'IJssel, de l'Euphrate à la Seine l'eau de la terre souffrait, l'eau du monde peinait. Mère de toute vie elle en avait assez de toujours plus lutter, de sauter, de filer et de se<br /> retourner pour plus s'oxygéner, pour mieux aimer les hommes. Ils avaient oublié que vivre est partager les talents, qualités et tous les dons reçus. Ils avaient oublié que si l'intelligence épouse<br /> l'insouciance, l'eau souffrait de la soif, que la vie bafouillait et que l'air étouffait.<br /> Connaissez-vous Beynac, dominant la Dordogne?<br /> C'est là que commença cette étrange anecdote. Et c'est là qu'aujourd'hui tout commence et renaît. S'appelant Espérance, c’est elle qui renonça en décidant d'offrir aux hommes, juste une chance.<br /> Comme un tendre sourire, comme un souffle d'amour, Espérance a bougé, la Garonne et le Rhône; de l'Ouest au Grand Nord, les torrents ont repris, les eaux vives écumé et l'air a respiré, la vie<br /> s'est exprimée... Et comprenons-le bien.<br /> <br /> <br />
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