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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 19:59


 

L

 

es résultats de la votation organisée sur le changement de statut (Oh ! pardon sur la privatisation de la poste…) sont tombés avec un succès plus qu’écrasant du non  (plus de 90%).

Je prétend que c’est nul, archi nul de se livrer à de telles mascarades sur un sujet aussi important que l’avenir d’une institution créée le 19 juin 1464 par le roi Louis XI souvent présenté comme le symbole de l’obscurantisme médiéval et de la tyrannie monarchique et dont la réputation de cruauté fait encore froid dans le dos.

Nulle d’abord la question posée "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser. Êtes-vous d'accord avec ce projet ?". Comme question fermée, indigne d’un statisticien honnête on ne fait pas mieux ! L’affaire est entendue, les penseurs ont pensé pour vous, inutile de débattre sur le fond du projet, inutile de le présenter puisqu’il n’est qu’une cynique volonté de privatisation rampante, expression favorite d’un Olivier Besancenot.

Nulle la communication d’un gouvernement qui n’explique rien ou qui explique mal et qui nie trop fort qu’il ne s’agit pas d’une privatisation mais d’un changement de statut alors que des précédents comme ceux de France Télécom ou de Gaz de France démontrent combien un changement de statut juridique peut avoir de conséquences sur le fonctionnement et les métiers des salariés.

Nulle l’organisation approximative de cette votation comme le prouve le score digne des pires périodes du stalinisme.

Nulles les postures "paonesques" de certains hommes et femmes politiques à gauche. Ils crient victoire.

Les uns réveillent les vieux démons opposants service public à la réalité déjà largement concurrentielle de la poste (le courrier public ne représente que 15% de son activité).

Les autres rêvent de nouveau de ce grand soir libérateur du capitalisme de nouveau triomphant, alors qu’on l’enterrait il y a encore si peu de temps, et qu’il se moque bien de ceux qui rêvent naïvement de le moraliser.

Nulles enfin les gesticulations de certains à droite criant à l’imposture. Ils semblent faire peu de cas de l’attachement ainsi affiché au service public et singulièrement à la distribution du courrier partout. Ce n’était évidemment pas en cause dans le projet de changement de statut. Le résultat mais surtout l’impressionnante mobilisation doivent évidemment être pris en compte dans la réflexion et le débat qui aurait dû et qui devra être organisé sur ce sujet.

Nicolas Sarkozy avait lancé le 17 septembre 2008, comme préalable à un "débat public" sur l'avenir de la Poste, une commission présidée par François AILLERET, ancien directeur général d’EDF, pour étudier toutes les voies d'évolution du groupe postal. Elle s’était prononcée pour l’ouverture du capital de la poste.

   Peut-on souhaiter que le débat dont parlait le Président est enfin lieu, qu’il soit réel, public et que des enjeux aussi divers que les courriers d’entreprises, l’impact cataclysmique d’internet, l’ambigüité de la banque Postale, l’ouverture de certains services postaux à des commerces de proximité comme les buralistes ou les boulangers puissent être aborder sans que l’on prenne en otage la nécessaire évolution et modernisation de la poste en invoquant la distribution exemplaire du courrier au fin fond du cirque de Mafate à l’Ile de la Réunion ?

La France aime ses postiers ! C’est la meilleure nouvelle de cette consultation mais au fond personne n’en doutait vraiment avant qu’elle soit organisée.

La voie est étroite entre la nostalgie et le réalisme mais rien n’est plus noble en politique que d’expliquer et de faire partager aux citoyens les nécessaires changements à faire faute de quoi on se réveille un matin avec une gueule de bois sociale bien difficile à contenir.


Patrice Leterrier

5 Octobre 2009

 

 

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