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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 11:43

 

 

M

ichel Rocard a estimé samedi à Strasbourg lors des 70 ans de la Cimade que la France et l'Europe "peuvent et doivent accueillir toute la part qui leur revient de la misère du monde", faisant allusion la phrase contestée qu'il avait prononcée il y a vingt ans pour le cinquantenaire de cette organisation.

Il avait déclaré imprudemment à l’époque "La France ne peut accueillir toute la misère du monde… mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part", ne se doutant pas de l’usage que des politiciens ne reculant devant aucune vilénie allaient faire de la première partie de sa déclaration.

Belle idée et vaste programme aurait dit Charles de Gaulle mais aussi quel exemple incroyable de l'usage frauduleux que l'on peut faire des propos d'un homme politique quand il se rend coupable d’imprudence verbale ou de lapsus…

Hélas les idées en politique n'ont de valeur que dans les actions qu'elles enfantent et il faut reconnaître que celle-ci n’a pas eu beaucoup de descendance depuis 20 ans.

La jungle est fermée mais la honte (à partager avec nos amis anglais) est toujours là, stigmate ineffaçable de notre incapacité à prendre en charge des misères dont l'occident ne peut se dédouaner d'avoir été à l'origine que ce soit en Afghanistan ou en Irak ni même en Afrique.

La France doit prendre fidèlement sa part de la misère du monde…

Certes qui pourrait contester cette généreuse pensée encore que l’on puisse s’interroger sur le sens que Michel Rocard donnait à l’adverbe fidèlement qu’il faut probablement prendre dans le sens d’un certain acharnement !

Mais l'Afrique est toujours absente du grand banquet du G20 où l'ogre américain et le tigre chinois se partagent la vedette. Ce G2O que Jacques Attali qualifie avec provocation de G vain et qui accouche d'un bien maigre rejeton.

On allait voir ce que l’on allait voir !

Il fallait d’urgence changer radicalement les règles du capitalisme agonisant !

Les rodomontades de Nicolas Sarkozy sur les bonus ou pire les pitreries indécentes de Silvio Berlusconi, vexé de ne pas avoir fait la bise à Michele Obama, n’y changeront rien.

Les paradis fiscaux et les grandes multinationales peuvent respirer car les mesures de taxations en provenance de ce qu’on appelle en langage diplomatique "les juridictions non transparentes et non coopératives" (10000 milliards$) n’ont pas été prises.

La question des taux de change a été soigneusement évitée pour ne pas chagriner nos amis chinois avec le yen ni aborder le délicat problème du déficit des États Unis.

Le FMI ne deviendra pas le super gendarme nécessaire pour prévenir les risques systémiques.

La peur est passée et les mauvaises vieilles habitudes reviennent. La BNP annonce aujourd’hui une augmentation de capital pour rembourser les actions de préférence de l'Etat français et ainsi se libérer de son regard sourcilleux.

Les bonus provisionnés par Goldman Sachs s’élèvent en 2009 à 20 milliards de $ et ceux de la société générale et la BNP à plus d’un milliard d’euros.

Pas mal pour un capitalisme que l’on présentait il y a si peu comme un patient en fin de vie !

Qui a dit que l’économie casino, où la finance n’est plus le fluide de l’économie mais une sorte d’immense roulette où des apprentis sorciers jouent avec la richesse du monde, était morte ?

La misère ne cesse de gagner du terrain poussant de plus en plus d'être humain en désespérance à rêver d'Eldorado illusoire.

Mais ne nous y trompons pas ! Il est désormais impossible de cacher notre opulence relative aux miséreux du monde avec la télévision par satellite et Internet.

Un être humain sur trois sera un africain à horizon de 2100.

Les frontières sont et seront de plus en plus de bien ridicules remparts devant le désespoir, la misère et la soif d’apprendre qui revient si souvent dans les propos des jeunes afghans ayant fuit leur pays.

Seule une solution franco-britannique pourrait nous faire avancer le délicat problème des réfugiés afghans et irakiens et nous permettrait d’en finir avec ce minable jeu de la patate chaude que nous jouons avec les anglais !

Ce serait un pas, un petit pas pour fidèlement, avec acharnement faire reculer le scandale de la confiscation des richesses par une minorité.


Patrice Leterrier

29 Septembre 2009

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