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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 21:18


L

es uns sont aux anges n’espérant pas de tels résultats, les autres font grise mine assommés par leurs défaites. Le moindre qu’on puisse dire c’est que les résultats des européennes bousculent les positions politiques en France.

La question qui secoue aujourd’hui les journalistes et les hommes politiques est de savoir si le succès d’Europe Ecologie est un effet secondaire de la médiacratie avec la diffusion d’Home ou s’il ne faut pas plus simplement expliquer le succès de ce reportage par l’intérêt grandissant des français pour l’écologie ?

Peut-être que tout simplement ces résultats récompensent ceux qui ont parlé essentiellement d’Europe et d’écologie pendant cette campagne.

Peut-être aussi, comme le fait remarquer Jean Marie Colombani sur slate.fr "C'est une certaine façon une logique de situation : l'Europe est aux avant-postes des politiques menées contre le réchauffement climatique, comme elle est à l'origine de nombreuses décisions inspirées par le souci de la protection de l'environnement."

Le message que l’on peut aussi lire à travers ce résultat c’est que les français ont enfin pris la mesure des enjeux environnementaux pour l’avenir de la planète c'est-à-dire l’avenir d’abord des générations futures. La maison brûle et les français ont peut-être fini de regarder ailleurs.

Il n’est que temps diront les plus engagés, c’est tout simplement le moment diront d’autres constatant que, malgré le record d’abstentions, la démocratie finit toujours par rejoindre le mouvement de l’histoire.

C’est sûrement grâce à une prise de conscience collective à laquelle, sans enlever aux militants le mérite de leurs actions, les entretiens de Grenelle, les films de Yann Arthus-Bertrand et de Nicolas Hulot mais également les déclarations d’hommes politiques comme Al Gore, de savants respectés comme Hubert Rives et bien d’autres ont forcément contribué.

Cécile Dumas sur le site Science et avenir du Nouvel Obs nous apprend que des petits singes capucins sud-américains utiliseraient de faux cris d’alerte pour faire fuir leurs congénères et récupérer la nourriture. Reste à savoir, conclut-elle, si ce comportement est intentionnel. Autrement dit : profitent-ils des effets de leurs cris d’alarme lancés à tort, peut-être sous l’effet du stress, pour prendre leur part du festin, ou trompent-ils sciemment leurs congénères ?

Il ne faudrait pas que de petits apprentis sorciers, imitant nos cousins simiesques, jouent inconsidérément avec les grands défis environnementaux, écologiques et humains comme la faim dans le monde et les épidémies.

Il ne faudrait pas que voulant s’attirer les bonnes grâces des électeurs ils brandissent comme les singes capucins des dangers imaginaires ou simplement exagérés pour écarter leurs adversaires politiques car alors le souffle si porteur de cette prise de conscience se retournerait contre eux.

Car un autre enseignement de cette élection est incontestablement que lorsque l’on parle directement et sérieusement des questions posées, quand on ne prend pas l’électeur en otage d’ambitions certes respectables mais sans rapport avec l’élection, les citoyens savent dire aux politiques qu’ils veulent que les choses changent et qu’on respecte un peu plus notre bonne vieille terre.

Qui pourrait se plaindre de cette bonne nouvelle ?


Patrice Leterrier

8 juin 2009

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