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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 13:55


T

éléphone portable, SMS, MMS, Messagerie classique, tchat, blog, Facebook, Twitter, Flickr, MSM, Skype, bientôt Google Wave et j’en passe.

Les moyens de communications sur internet et téléphone portable (souvent réunis en un même espace avec les iphones et autres blackberries) se multiplient beaucoup plus vite que notre capacité à les maîtriser.

On s’extasie devant la magie de la technologie, on vante la disparition des frontières, des fuseaux horaires, des classes sociales. On apprécie le mélange des cultures, la disparition des préjugés, la liberté de ton, etc…

Mais on s’esquinte aussi les yeux en déchiffrant de minuscules écrans tout en tapotant maladroitement sur des claviers minuscules, on écoute sur des téléphones lilliputiens de la musique nasillarde qui nous ramène au temps des premiers transistors. On épure jusqu’à la caricature les échanges, on baigne dans un flot de banalités, d’échanges convenus et de raccourcis déformants.

Que dire de l’abandon presque total de toute notion de langue châtiée ? Quel plaisir pourtant de lire ces belles phrases bien balancées, ces figures de styles (allitération, assonance, ellipse, emphase, euphémisme, hyperbole, litote, métaphore, oxymore et bien d’autres), ces expressions ciselées de nuances subtiles pour exprimer les sentiments, ces descriptions chatoyantes de paysage de rêve, ces éclairs d’humour décapant au coin d’une page,… Que dire aussi de l’abandon de l’orthographe avec lequel je me bats sans cesse sans pour autant renoncer à le respecter ?

Il ne s’agit pas de ma part d’une nostalgie amère qui trahirait mon âge canonique ! Il y a bien sûr plein d’aspects positifs dans cette révolution médiatique qui nous met en permanence en contact avec l’autre et avec l’information, sans biais ni censure. Il est d’ailleurs symptomatique de constater que, selon Reporters sans frontières, la Chine a bloqué mardi l'accès à Twitter, Flickr et d'autres sites internet, à la veille de la commémoration du vingtième anniversaire de la répression de la place Tiananmen.

Certains d’entre nous (dont je crains faire partie) passent de plus en plus de temps devant leurs écrans plats à déchiffrer une information multimédia perdue dans un immense nuage de bruits. Il est bien difficile d’extraire l’or de cette gangue épaisse. Ne dit-on pas aussi que trop d’information tue l’information ? Mais n’oublie-t-on pas un peu vite, avec cette sentencieuse maxime, que l’information libre, débridée, surabondante est le signe incontestable qu’il reste encore un espace de liberté individuelle ? Il est de plus en plus indispensable de pouvoir se faire son opinion dans ce monde terriblement formaté par la médiacratie envahissante.

Doit-on craindre aussi que trop de communication tue la communication ? Sûrement si ces nouveaux moyens se substituaient à d’autres formes d’échanges plus traditionnelles. La Croix.fr publie un reportage sympathique intitulé "le temps joyeux des cousinades" qui apporte un éclairage rassurant sur ce point.

Pour ma part j’ai plutôt l’impression que cette gabegie de communication incite plutôt à plus de contacts qu’à les remplacer.

Il y a bien sûr les dangers de la supercherie sur l’identité réelle masquée derrière un avatar virtuel.

Mais il y a aussi de vraies rencontres qui peuvent se poursuivre au delà du net autour d’un partage qui peut s’appeler une rencontre, un concert, un spectacle, une conférence, une fête de famille, un anniversaire, …

Alors ne soyons pas esclaves de nos outils mais ne les remisons pas pour autant puisqu’ils élargissent notre champs social et culturel.

L’outil n’a jamais d’intention. Il peut servir le pire mais aussi le meilleur.


Patrice Leterrier

3 juin 2009

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