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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 15:04

 

D

ans l’indifférence générale s’approche inexorablement la date des élections européennes. Elles s’annoncent comme une gifle magistrale au monde politique, incapable de mobiliser l’électorat sur ce sujet. Selon le dernier sondage de TNS-Sofres 56% des personnes interrogées ne s’intéressent pas à ces élections.

Peut-on vraiment s’étonner de cette soudaine désaffection de l’électorat pour la politique alors qu’il s’était massivement mobilisé pour l’élection présidentielle, il y a tout juste deux ans, avec prés de 84% de votants ?

Certes les responsabilités des députés européens et leurs rôles n’est pas une évidence pour la plupart des français. Certes l’Europe n’arrive pas à sortir de son image d’un immense système technocratique et de censeur sourcilleux. C’est d’ailleurs ce rejet de l’Europe qui fait le fond de commerce des souverainistes.

Mais peut-on pour autant ignorer le délabrement du système politique en France ?

Pendant que Martine, Ségolène, Bertrand, Benoît et les autres se font de grands sourires en public et se déchirent en coulisse, le parti socialiste semble s’enferrer dans une opposition primaire au président et une gêne de plus en plus visible, coincé entre le trublion Besancenot et le sphinx Bayrou. Seul Dominique Strauss-Kahn, qui semble attendre son heure, vient donner une leçon de "realpolitik" à ses anciens amis à la télévision française.

François Bayrou, quant à lui, fait cavalier seul surfant dans les médias sur son "antisarkozisme" pamphlétaire avec pour seule stratégie la présidentielle de 2012. Il se garde bien comme l’analyse la Croix de dévoiler ses projets de peur de perdre ses admirateurs de droite ou de décevoir ses sympathisants de gauche. Il lui faudra pourtant bien un jour nous dire ses arrières pensés.

Quant à Olivier Besancenot, il veut mettre l’incendie dans la maison rien que pour le plaisir d’admirer les cendres. Quel beau projet que d’être anti… !

Les godillots UMP ronchonnent mais on ne voit guère surnager qu’un Alain Juppé qui a son avenir derrière lui. Dominique de Villepin se dresse en censeur du président, lui qui n’a jamais affronté le vote des électeurs, et parle de situation révolutionnaire donnant ainsi de l’eau au moulin de Besancenot qui n’en demandait pas tant !

En toute objectivité, on ne peut pas dire que le monde politique brille d’un grand souffle en ce moment !

Seule bonne nouvelle dans ce tableau c’est le naufrage délicieux du Front National !

Et pourtant ! Ce ne sont pas les enjeux qui manquent.

Enjeux planétaires (écologiques, énergétiques, financiers, montée en puissance des pays émergés, faim et épidémies, montée en puissance du fanatisme religieux, autisme dramatique d’Israël et radicalisation des palestiniens, lente mais sure montée en puissance de l’armement nucléaire en Iran, provocations inquiétantes de la Corée du Nord, naufrage collectif en Afrique sur fond de corruption et de violence,…)

Enjeux européens face aux grands défis (mondialisation, recherche, défense, justice, l’uniformisation des politiques et des fiscalités,…)

Enjeux nationaux (conséquences désastreuses de la crise, abandon d’une partie de la jeunesse qui n’a comme solution que la violence et la drogue, système carcéral totalement suranné, université en plein coma après ses convulsions, justice désemparée par des réformes imposées au pas de charge, psychiatrie sous équipée et montrée du doigt pour quelques malheureuses affaires portant la suspicion sur tous les schizophrènes, système de retraite qui court à la faillite,…)

Mais j’arrête ici mon inventaire à la Prévert non par manque de sujets mais pour éviter de tomber dans la sinistrose ou dans le renoncement.

Alors il est clair que, plus que jamais, il faut faire de la politique en éclairant les choix et les enjeux sans complaisance ni démagogie, en se positionnant par rapport aux priorités que l’on défend, en arbitrant le long terme et l’urgence du moment et surtout en rejetant la loupe de la médiacratie qui fait ressembler nos femmes et hommes politiques à des candidats de la nouvelle Star incapables de chanter en chœur et nous assommant avec une cacophonie lamentable.

Pour autant faut-il décrédibiliser la politique en général ? Non bien sûr, simplement exiger le débat et les décisions des élus comme le juste retour du respect des électeurs !


Patrice Leterrier

30 Mai 2009

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