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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 18:14

Coquelicot

V

ous connaissez tous le coquelicot. Cette fleur fragile de printemps au nom scientifique barbare de Papaver rhoeas, appelée aussi ponceau, pavot coquelicot ou encore pavot rouge. C’est une plante dicotylédone de la famille des Papavéracées, ou pavots.

Dans la mythologie grecque, Perséphone (Proserpine en latin) vit l’hiver avec son époux Hadès, dieu des Enfers. Selon le jugement de Zeus, elle renaît à la vie au printemps pour rejoindre sa mère Déméter. La légende rapporte qu’elle arborait une fleur de coquelicot qui allie le rouge de la vie (Déméter) aux tendres pétales fragiles (Perséphone) et porte en son centre la marque noire de l’enfer (Hadès).

Mais depuis toujours le coquelicot annonce la fin du frima plus sûrement que tous les météorologues du monde activant sans relâche leurs milliards de teraflops comme boule de cristal. Le poète Robert Desnos écrit joliment pour le décrire "le champ de blé met sa cocarde".

Elle a inspiré tous les poètes et chanteurs. L’inoubliable Mouloudji chantait :

Mais pour aimer les coquelicots

Et n'aimer que ça… faut être idiot !"

Il est fier le coquelicot avec sa crête rouge et son nom qui vient de la ressemblance de ses pétales avec la crête du coq (en vieux français Coquerico).

Jules Renard écrivait :

Ils éclatent dans le blé, comme une armée de petits soldats :

Mais d'un bien plus beau rouge, ils sont inoffensifs. 

C’est la prolétaire des champs. Symbole du sang versé par les ouvriers en colère, Il faillit être la couleur du drapeau de la France à l’avènement de la courte seconde république pour se trouver finalement réunie au bleuet et au lys sur notre drapeau grâce à l’éloquence de Lamartine. Les communards le portaient en cocarde avant qu’il ne se trouve mêlé à leurs sangs suite à la répression effroyable ordonnée par Adolphe Thiers.

Elle pousse souvent en banc pour le bonheur des peintres qui n’ont hélas pas tous le talent de Claude Monet. D’ailleurs peindre un champ de coquelicots après Monet c’est comme peindre une Sainte Victoire après Cézanne, c’est impossible !

Certaine (proche de moi…) ose quand même s’attaquer au mythe, en toute communion avec la nature généreuse. Elle capture des milliards de pixels qu’elle agence en photos écarlates. Elle la déshabille sans pudeur. Pour un peu elle rougirait, la fleur, si la nature ne lui avait pas déjà fait décliner cette couleur à l’infini.

Et puis parler de fleurs des champs, alors que le monde est à fleur (rouge) de peau, au bord de la crise de nerfs, c’est peut-être vouloir donner un peu de couleur de vie et d’espoir à la grisaille ambiante.

Patrice Leterrier

28 Mai 2009

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