Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 19:48

P

uis-je vous avouer que je suis presque pris soudain d’une Obamallergie. Car enfin ne nous y trompons pas! Barak Obama n’est ni un Dieu, ni le christ ni même l’abbé Pierre. C’est un avocat américain ex-sénateur démocrate de l’Illinois qui navigue adroitement dans le marigot politique américain où il y a beaucoup plus de requins et de barracudas que de carpes. Certes le pire n’étant jamais vraiment décevant, l’Amérique avait touché avec Georges W Bush un tel abysse de médiocrité, d’erreurs historiques et de cynisme masqué sous un torrent de bons sentiments dégoulinant de morale à trois balles et manichéens à souhait qu’à part l’élection d’un vieillard vétéran rescapé d’un autre temps – je parle de Mc Cain bien sûr - il ne pouvait vraiment rien arriver de pire aux américains après un tel désastre. Mais pourquoi cet engouement hystérique pour Barak Obama en France? Parce qu’il a honteusement piqué toutes ses idées à Ségolène Royal comme elle l’affirme dans le très sérieux journal Le Monde? N’en déplaise à l’ex-futur Présidente, sans faire un crime de lèse royauté, je me permets de dire que je n’y crois pas une seconde. Parce qu’il a un taux de mélanine un peu supérieur à celui d’un viking? Probablement que la symbolique d’un président métis à la peau noir, un bronzé comme dit par provocation Silvio Berlusconi, joue son rôle dans cette nouvelle religion épousée sans réticence par les médias. La gueule de bois des lendemains qui déchantent risque d’être à la hauteur de l’engouement fantastique que cette prise de pouvoir provoque. Chacun attend la petite phrase qui viendra trôner au Panthéon des vérités éclairant l’avenir comme le "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays" de J.F Kennedy. Quelque soit l’enthousiasme et l’énergie de ce bel esprit impressionnant, Barak Obama n’est pas un magicien. La tâche qui l’attend est gigantesque et les espoirs qu’il porte sont démesurés et souvent totalement irréalistes tant les fondamentaux du partie démocrate sur les grands sujets du monde ne sont pas si différents au fond de ceux défendus par Georges W. Bush. Il ne s’agit bien sûr pas dans cette crise d’allergie médiatique à l’Obamania de ne pas se réjouir du changement. Il ne s’agit pas par exemple de le qualifier, comme l’intellectuel américain Noam Chomsky, "du moins pire des deux maux". Mais Barak Obama, tout talentueux et tout désireux de changer les choses qu’il soit, ne pourra pas réaliser de miracle. Il est peu probable par exemple, même si c’était une divine et délicieuse surprise, qu’il puisse libérer totalement la politique américaine de l’influence de l’American Israël Public Affairs Committee devant lequel il a d’ailleurs promis en Juin 2008 son soutien à Israël en s’engageant à "aider Israël dans sa recherche de partenaires crédibles avec qui faire la paix" tout en le protégeant "contre les ennemis jurés à sa destruction". Bien sûr, l’histoire retiendra qu’aujourd’hui les Etats Unis d’Amérique ont officiellement un président à la peau noire qui porte l’espoir d’un renouveau et surtout pour nous celui d’une plus grande écoute du reste du monde. Mais ce serait injuste à son égard d’attendre qu’il puisse en un instant bouger toutes les lignes et bousculer les pesanteurs si influentes de la société américaines. Bonne chance à l’Amérique de Barak Obama et à bas l’obamania qui est l’une des pires caricatures de la médiacratie dominante.

Patrice Leterrier

20 janvier 2009

 

Partager cet article
Repost0

commentaires