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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 22:15


 

C est notre difficulté depuis tant d’années à réduire le taux et la durée du chômage qui explique la crainte des Français face à l’avenir". Ces propos sont ceux du candidat Nicolas Sarkozy. Certes le contexte n’a plus rien à voir avec celui qui prévalait lorsqu’il les tenait. Certes il n’avait pas, plus que d’autres, prévu la crise qui frappe le monde. Elle a détruit en 2008 2,6 millions d’emplois aux USA. Lundi, on pouvait lire dans la presse "73 000 postes supprimés en un seul jour dans le monde…Tous les secteurs de l'économie sont touchés: les banques, les télécoms, l'informatique, le bricolage, l'électronique". La sinistrose gagne tous les médias et chacun y va de sa couche pour finir de nous désespérer un peu plus. Les plus malins voire les plus hypocrites - ou plus probablement les plus remplis stupidement de leur suffisance pitoyable - y vont de leur "je vous l’avais bien dit". Les nostalgiques des idéologies se réjouissent de ce qu’ils appellent "la mort du capitalisme". Les gourous de tous bords - qui décidément ont tous les culots malgré le désaveu cinglant subi par leurs anciennes prévisions – se lancent dans des élucubrations des plus abracadabrantesques. Mais il reste la détresse des français de plus en plus nombreux confrontés à l’érosion de leur pouvoir d’achat et la menace de perdre leur emploi. Jeudi la grève, qui aura lieu à l’appel des syndicats, aura comme thème dominant la défense du pouvoir d’achat et de l’emploi. Un sondage organisé par le journal Libération révèle que 69 % des français sont favorables à cette grève (46% disent "soutenir" et 23% "avoir de la sympathie" pour les grévistes). On peut bien sûr s’indigner, comme le fait Yves de Kerdel dans sa chronique du Figaro d’aujourd’hui, du fait que "cette grève nationale va non seulement gêner de manière scandaleuse ceux qui s’échinent à faire en sorte que le pays ne sombre pas davantage dans la récession, mais peser sur l’activité économique du pays". On peut aussi condamner les propos honteusement démagogiques d’une Marie-George Buffet qui a trouvé le remède miracle pour sortir de la crise en déclarant sans se démonter que "la première des urgences est de suspendre les licenciements". Même monsieur de la Palice – célèbre pour des propos qu’il n’a jamais tenus(*) - n’aurait pas trouvé plus belle évidence pour stopper la montée du chômage! La grève sera probablement largement suivie mais elle doit être d’abord comprise comme un signal d’angoisse, un appel à l’action. La crise est là et il ne faudrait pas que les hommes politiques responsables – il en reste - laissent des apprentis sorciers, seulement préoccupés par leur popularité et prêts à mettre le feu aux poudres, détourner les français de la dure réalité en leur faisant miroiter des lendemains qui chantent. Pire encore, il ne faudrait pas qu’ils abandonnent, par désespoir ou lassitude, les efforts de créativité et d’innovation qui seuls peuvent nous faire sortir par le haut du marasme ambiant. Shimon Pérès nous rappelle que "les optimistes et les pessimistes meurent de la même manière mais vivent différemment".

Patrice Leterrier

27  janvier 2009


 

(*) Les soldats du maréchal Jacques II de Chabannes dit Jacques de La Palice, qui trouva la mort lors du siège de Pavie en 1525, lui écrivirent une chanson pour célébrer son courage qui finissait par "Hélas, s’il n’était pas mort, Il ferait encore envie"

 

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