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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 21:51

L

a tempête qui s’est abattue sur le sud ouest de la France a révélé une fois de plus l’extraordinaire centralisation des sources énergétiques en France et son corollaire qui est l’extrême sensibilité du réseau de distribution à la fureur des éléments. Voilà un argument de plus pour sortir de la dépendance du tout nucléaire et de son centralisme inquiétant. Voilà qui pourrait donner, au moment de la réparation des dégâts que les assurances chiffrent entre 600 millions et 1 milliard d’euros, un coup d’accélérateur à l’installation de piles photovoltaïques dans une région généralement inondée par un soleil généreux (en témoigne la centrale solaire de Font Romeu). Daniel Lincot, dans la revue Pour la Science de Janvier 2009, nous apprend que "chaque mètre carré de sol reçoit entre 0,8 mégawattheure par an en Finlande et 2,9 au Sahara (1,3 en moyenne en France). Cela représente entre 80 et 290 litres d'équivalent pétrole : c'est considérable. L'énergie solaire reçue par la Terre chaque année représente environ 10 000 fois la consommation énergétique mondiale". Il affirme que d’ici 10 à 15 ans l’électricité photovoltaïque sera compétitive avec les autres sources traditionnelles. Les piles photovoltaïques ne posent pas de problème environnemental comme les éoliennes. Elles peuvent même être totalement intégrées comme élément architectural et dans ce cas elle donne d’ailleurs droit à des primes d’installation. L’électricité photovoltaïque produite est rachetée entre 5 et 6 fois le prix facturé par EDF. En cette période où l’activité est en chute libre et où on nous annonce, que pour le seul mois de décembre 2008, 45 800 nouveaux chômeurs sont venus s'inscrire sur les listes, portant le nombre total de chômeurs en France à 2 114 300, le développement de l’industrie photovoltaïque a créé près de 70 000 emplois en Europe dans ce domaine en quelques années (dont 40 000 en 2007 !). Le gouvernement s’agrippe - avec quelques raisons - sur la relance par l’investissement comme la seule véritablement créatrice de croissance durable. Il y aurait sur ce sujet l’occasion d’un nouveau coup de pouce à des créations d’emplois porteurs d’une meilleure intégration environnementale et sur un marché qui connait une croissance sans commune mesure avec l’apathie ambiante. On pourrait aussi diminuer la dépendance des usagers aux immenses portiques, les bras écartés comme des épouvantails, qui défigurent nos paysages pour transporter le courant jusqu’aux foyers les plus reculés. Nous admirons, bien sûr, l’abnégation et le courage des "hommes au service des hommes" qui réparent les lignes à haute tension dans des conditions souvent épouvantables, mais au fond ne serait-il pas préférable de moins dépendre d’eux ? Bien sûr le photovoltaïque n’est pas une solution miracle avec un bilan carbone aujourd’hui moins bon que le nucléaire, une certaine inadéquation puisqu’il fournit le plus d’énergie quand il fait chaud, des coûts d’entretiens non nuls, etc. Surtout, il ne prend tout son sens que dans une démarche cohérente c'est-à-dire si les mesures d’isolation et d’économie d’énergie de base sont d’abord prises. Mais malgré les objections, c’est possible aujourd’hui, ce sera évident dans 10 ans et les dégâts de la tempête donnent peut-être l’occasion de changer de logique. Et puis qu’a-t-il de plus durable sur cette bonne vieille terre que les rayons du soleil?

Patrice Leterrier

2 février 2009

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