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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 22:07

L

undi, je vous parlais de l’occasion - qui sera probablement manquée - de rebondir après la tempête du 24 janvier. Selon les derniers chiffres publiés par La Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), elle va maintenant coûter aux assurances entre 1,0 et 1,4 milliard. Je vous suggère d’allez voir un reportage intéressant (premier lien hypertexte du courriel). Vous y trouverez tous les ingrédients de la réussite d’un projet passionnant dans le sud-est du Portugal qui n’est pas si loin des Pyrénées et du pays basque : une centrale solaire, des équipements sur des écoles, une usine de panneaux solaires qui a créé 500 emplois. On y trouve un exemple édifiant d’un renversement de la logique centralisée – qui est l’une des causes de la fragilité du système de distribution électrique français - vers une autonomie au niveau d‘une commune ou d’un groupe de communes. Le rêve quoi ! Sauf qu’il s’agit bien d’une réalité. C’est très excitant et ça change de la colère consternante de Madame Laurence Parisot affirmant qu’"on fabrique de l'appauvrissement quand on fait grève toute une journée". Je croyais que nous avions un problème de surcapacité et je croyais aussi que le droit de grève était inscrit dans la constitution en France? Elle nous conseille de traiter la crise comme une tempête c'est-à-dire comme une fatalité causée par les éléments alors que la crise a des responsables bien humains encore assez grassement payés malgré leurs responsabilités écrasantes dans le désastre actuel (Cf. La grosse colère de Barak Obama contre les ténors de Wall Street et le bras de fer sur les bonus des dirigeants du gouvernement français). Dans les colonnes de la Tribune, Peter Gumbel - grand reporter pour Fortune et Time – de retour de Davos rapporte le cas d’un industriel posant une question dévastatrice : "dans tous les autres secteurs de l'économie, ceux qui fabriquent et distribuent des produits toxiques sont sévèrement punis et parfois mis en prison, dit-il. Pourquoi cela n'est pas le cas dans la finance ?" Il a cru rêver aussi en entendant Indra Nooyi, PDG de PepsiCo, s’écriait "dans le capitalisme, il y une ligne très fine entre le simple profit et la cupidité.". Si ce n’est pas du cynisme de la part de cette dirigeante d’un des symboles du capitaliste merchandiseur, c’est du masochisme ahurissant! Philippe Herlin, chercheur en finance (on se demande ce qu’il pourrait bien trouver mais c’est un autre sujet…), publie aujourd’hui dans les colonnes du même journal un article sur la crise financière qui est aussi "une crise des concepts, de ses méthodes, notamment du calcul du risque" (deuxième lien hypertexte du courriel). On pourrait s’agacer de cette tautologie mais il n’est jamais trop tard pour en prendre conscience et ne pas retomber dans les schémas qui ont conduits à la faillite actuelle du système. Il se réfère à un ouvrage clé de Benoit Mandelbrot publié en 2004 "Une approche fractale des marchés" (Editions Odile Jacob). Certains d’entre vous, amateurs d’art ou de mathématiques, connaissent peut-être Benoît Mandelbrot, ce mathématicien franco-américain qui est l’inventeur des fractales. Sa théorie n’est pas nouvelle puisque le modèle d'évolution des cours de la bourse basée sur la géométrie fractale date de 1961 ! Cette théorie financière a l'avantage de mieux prédire la survenue des variations extrêmes, ce que ne permet pas l'usage de l'analyse technique basée sur la théorie de Charles Dow qui, malgré son grand âge, reste encore en vigueur chez beaucoup d’analystes. Philippe Herlin nous invite à changer "notre façon de penser la finance. Et vite" Une réflexion vient inévitablement après ce brillant plaidoyer du chercheur. Comment se fait-il qu’un domaine aussi important que la sécurité financière ne fasse pas l’objet de toutes les attentions des autorités et que la recherche dans ce domaine ne soit pas aussi développée par exemple que dans celui de la sécurité nucléaire qui procède de principes d’isolations, de contrôles stricts et plein d’autres méthodes de contrôle souvent systémiques qui pourraient utilement être adaptées par des financiers s’ils avaient seulement le sens des responsabilités à la place de l’avidité méprisable qui les habite trop souvent.

Patrice Leterrier

4 février 2009


Redécouvrir Benoit Mandelbrot en période de turbulences

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