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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 09:01

 

L

a science, bien avant Galilée et bien longtemps après, a toujours eu des rapports complexes avec les autorités religieuses. Aujourd’hui, le débat fait rage autour de la bioéthique. La science, pas plus les neurosciences que d’autres disciplines, ne pourra jamais apporter la réponse à la question de savoir si Dieu existe! Certains peuvent penser hélas, d’autres affirmeront sans hésiter heureusement. Mais une question taraude certains chercheurs. Existerait-il une zone cérébrale identifiée où siégerait le sentiment religieux? Les recherches menées depuis des années pour essayer d’identifier cette "zone" connaissent aujourd’hui une avancée intéressante. En 1997, une équipe de l’université de Californie dirigée par le Docteur Michael A. Persinger avait crû identifier une zone, impliquée dans les troubles épileptiques, dont la stimulation semblait provoquer l’apparition de sentiments religieux. Il avait construit un "casque de Dieu" qui, par une stimulation magnétique des lobes temporaux, provoquait, selon ses observations le sentiment d’une présence spirituelle. Ces travaux ont alimenté des spéculations sur le rôle de l’épilepsie dans les apparitions divines, phénomène commun à toutes les religions. Il est évidemment impossible de vérifier la présence ou non de troubles épileptiques frontaux chez Moïse, Jésus Christ, Saint Paul ou encore Bernadette Soubirous ni même chez Mahomet ou Bouddha… Le Professeur Richard Dawkins, un éthologiste fervent militant de l’athéisme auteur de "pour en finir avec Dieu"*, avait contesté ces résultats en expérimentant lui-même sans succès le "casque de Dieu". On peut opposer au très médiatique prosélyte de l’athéisme que sa forte suggestion négative faussait probablement les résultats. Mais voici que des chercheurs de la Washington University in Saint Louis (USA) viennent de battre définitivement en brèche la théorie d’une zone de la religiosité dans le cerveau. Ces chercheurs ont demandé à des volontaires, dont on peut supposer que les croyances étaient sincères, de penser à des thèmes religieux. En utilisant l’imagerie cérébrale basée sur la résonance magnétique ils ont pu identifier non pas une zone mais plusieurs zones impliquées dans les processus cognitifs des volontaires. Ils ont en particulier décelé une zone des lobes frontaux du cortex (spécifique à l’homme) et aussi une zone plus interne du cerveau que nous partageons avec les grands singes et d’autres primates. L’homme serait-il pour autant programmé génétiquement pour avoir des croyances religieuses? Rien ne permet de l’affirmer mais, toujours selon ces chercheurs, les croyances religieuses amélioreraient les chances de survie des individus, ce qui expliquerait, selon les adeptes de Darwin, pourquoi elle est universelle. Ils affirment aussi que les croyances et comportements religieux sont propres à l’espèce humaine et n’ont pas d’équivalent chez les animaux. L’identification de zones spécifiques impliquées dans le sentiment religieux ne permet évidemment pas de trancher sur l’origine culturelle, biologique ou divine des croyances. Bien sûr les croyants ont leur explication transcendantale et personne, sauf peut-être les adeptes du professeur Dawkins, ne songent à les en dissuader…

Patrice Leterrier

10 Mars 2009

 

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