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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 23:47

Nos chers chérubins

 


L

’équipe du professeur R. Sprengelmeyer de l’Université de Saint Andrews en Ecosse vient de lever le voile d’un mystère vieux comme le monde. Tout le monde a pu assister à la maternité, dans les jardins publics ou plus simplement chez soi, chez une amie, en famille au spectacle sidérant de femmes se penchant sur un berceau. L’effet totalement magique d’un visage de nourrisson est immédiat sur le comportement des femmes. Elles se mettent à ânonner des borborygmes incompréhensibles en souriant béatement comme pénétrées d’un plaisir qui pourrait parfois faire croire qu’elles frôlent l’orgasme à la vue de ces petits êtres souvent rougeauds, grimaçants et agités par des mouvements saccadés peu gracieux. Tout le monde a pu aussi constater le contraste avec la réaction des représentants de la caste masculine qui, au mieux, restent prostrés dans un silence diplomatique accompagné d’un sourire de circonstance au pire en profitent pour aller discuter boulot ou match de football devant un verre. Les scientifiques appellent cela l’effet nourrisson. Et bien mesdames ne cherchez plus une raison sordide à l’insensibilité de vos compagnons et vous messieurs ne vous flagellez pas inutilement en vous sentant coupable de votre insensibilité irraisonnée. Tout ça est, tout simplement et prosaïquement, une vulgaire question d’hormones! La démonstration a été faite par les scientifiques de l’université de Saint Andrews. Ils ont montré à des jeunes femmes et à des jeunes hommes des visages de poupons présentant des différences plus ou moins apparentes quant à la taille des yeux, la rondeur des joues ou du nez, qui les rendaient plus ou moins attirants. Comme on s'en doutait, les femmes ont détecté ces différences bien plus efficacement, mais la suite de l'expérience a permis de comprendre pourquoi : chez les femmes âgées de plus de 53 ans, l'effet nourrisson s'estompe, signe d'une influence hormonale, puisque les hormones féminines telles que la progestérone et les estrogènes cessent d'être produites à partir de la ménopause, vers 51 ans. La progestérone et les estrogènes expliqueraient donc l'effet nourrisson. Les psychologues s'en sont assurés en étudiant la sensibilité de jeunes femmes à l'effet nourrisson, selon qu'elles prennent ou non la pilule. Cette dernière contient en effet une association de progestérone et d'estrogènes. Le test fut sans appel : la pilule renforce l'effet nourrisson. Là encore, c'est logique, puisque les estrogènes et la progestérone reproduisent le climat hormonal de la femme enceinte. En pareille situation, l'organisme se prépare à être en totale fusion avec un probable nouveau-né. Nous voici donc rassurés sur l’état mental de nos compagnes face aux chérubins et dédouanés de notre manque d’attirance pour ces chérubins qui finissent pour la plupart par être adorés assez également par leurs pères et mères.

Patrice Leterrier

13 Mars 2009


 

 
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